17/06/2015
Le monologue antisocial du gouvernement
Soutenu par le patron du Medef, Manuel Valls a une nouvelle fois dégainé le 49-3 sur la loi Macron, privant les députés de débats et de vote. Un coup de force qui ne passe pas chez beaucoup d’élus de gauche.
«L’Assemblée nationale prend acte de l’engagement de responsabilité du gouvernement. » Ainsi a été conclu avant même d’avoir débuté le débat en seconde lecture sur la loi Macron par la bouche du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Quelques minutes plus tôt, Manuel Valls venait d’annoncer officiellement – même si cela ne faisait aucun doute – le recours à l’article 49-3 de la Constitution pour adopter sans débats ni vote le projet de loi pour l’activité et la croissance défendu par le ministre de l’Économie.
Encouragement surprise de Gattaz
C’est donc le texte issu d’une commission spéciale largement acquise au gouvernement, auquel s’ajouteront les amendements retenus discrétionnairement par le gouvernement, qui continuera la navette parlementaire. Officiellement, il s’agirait d’aller vite car les Français seraient impatients de s’entasser dans les autocars ou de travailler le dimanche. En réalité, l’opposition est trop forte dans la majorité pour s’assurer de l’adoption du texte, malgré le soutien de certains députés de l’UDI et l’encouragement surprise de Pierre Gattaz, dans un communiqué publié quelques heures avant l’intervention du premier ministre. Le président du Medef se réjouit du recours au 49-3 pour faire adopter la loi Macron sans « zigzag » et appelle les députés de droite à la voter.
À gauche par contre l’opposition est forte. « C’est d’une extrême gravité, estime André Chassaigne, chef de file des députés Front de gauche. On considère que le Parlement est une forme de poids lourd qui gêne, qui bloque des décisions qui devraient être prises très rapidement et que l’on peut se passer de la discussion parlementaire. C’est un déni de démocratie. » Le frondeur Pascal Cherki, qui estime que le gouvernement intime ainsi aux députés de « fermer leurs gueules », fulmine : « Le souverain c’est le peuple et ses représentants, pas le bureau du Medef ! » Et son collègue Christian Paul d’ajouter : « Le premier ministre s’éloigne de la gauche. »
Face au 49-3, la Constitution prévoit une seule alternative : faire adopter par l’Assemblée une motion de censure qui pour être déposée nécessite la signature de 58 députés. C’est ce que comptent faire les députés communistes, qui ont lancé à tous les députés de gauche une proposition afin de ne pas avoir à voter celle qui est déposée par la droite. Le nombre de signataires nécessaires ne sera probablement pas atteint.
Pour autant la proposition a été reçue avec beaucoup d’intérêt. Les frondeurs ne s’y joindront pas cette fois-ci « parce qu’on ne l’a pas fait en première lecture et que cela demande du temps et de l’organisation », explique Pascal Cherki, mais « pour la première fois on a eu un débat et des camarades députés ont demandé “pourquoi ne pas la signer et la voter ?” ». Pour le député de Paris, qui rappelle le temps qu’il a fallu pour que naisse la fronde, « c’est un vrai signe ». Chez les écologistes aussi, Sergio Coronado – qui avait participé à une tentative de dépôt d’une motion de censure lors de la première lecture – a défendu en réunion de groupe ce projet, mais son groupe « a décidé de ne pas s’y associer ».
Les députés du Front de gauche décideront aujourd’hui de leur stratégie de repli s’ils ne pouvaient aller jusqu’au bout de leur initiative. À ce jour, beaucoup de députés à gauche pensent boycotter la séance. Pendant ce temps, la provocation continue : le porte-parole des députés PS, Hugues Fourage, estimait que le 49-3 sera utilisé une troisième fois pour l’adoption définitive de la loi Macron en juillet.
08:41 Publié dans ACTUALITES, Dessin, ELUS COMMUNISTES, Front de Gauche, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 49-3, pcf, chassaigne, valls |
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14/06/2015
Élections régionales : le PCF appelle au rassemblement et à la convergence citoyenne
RÉSOLUTION DU CONSEIL NATIONAL
Les élections régionales auront lieu en décembre prochain.
Au lendemain de l'adoption de la loi NOTre qui bouleverse l'organisation de la République, la portée territoriale, nationale et européenne des nouvelles régions souligne l’importance de ce scrutin. Après les départementales il s'agit pour le pouvoir et le Medef de faire de cette entité territoriale un relais de la mise en concurrence des territoires au détriment de l'emploi, du progrès social, de la démocratie locale et des dépenses publiques d’intérêt général. A la clef, ce seront de nouvelles souffrances pour les populations.
Ces élections seront également la dernière consultation électorale avant 2017 dans un contexte de politique austéritaire aggravée et de recomposition politique accélérée.
Deux enjeux sont mêlés avec ces élections :
- L'avenir de la République : des régions au service de la solidarité et de l'égalité ou des régions au service de la compétition et des inégalités.
- Une issue véritablement de gauche à la crise politique ou l'enfoncement dans une situation qui bloque tout espoir.
Nous refusons la perspective de régions au service exclusif de la métropolisation libérale laissant à l'autre bout de la chaîne, des « déserts» et des territoires d’exclusion.
Nous voulons préserver le droit à l'égalité territoriale, travailler à une harmonisation des territoires dans une vision équilibrée de l'aménagement. Nous voulons promouvoir un nouveau modèle de développement économique, agricole et urbain en liaison avec de nouveaux droits de la personne et des salarié-e-s. Nous voulons des régions solidaires citoyennes, démocratiques, écologiques, féministes.
Nous voulons faire entrer dans le pouvoir régional les exigences populaires de solidarité et d'égalité, faire des élections régionales un moment du rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent des politiques de gauche alternatives à l'austérité, à l'offensive sécuritaire et liberticide actuelle.
Nous voulons construire pour cela des dynamiques politiques et citoyennes jusqu'aux urnes qui mettent en échec la droite et l'extrême droite et ouvrent la possibilité de politiques publiques de gauche offensives.
Dans les régions dirigées par des majorités de gauche, les communistes avec leurs élu-e-s ont permis des avancées pour les populations que nous revendiquons dans le contexte actuel : un réseau ferré public œuvrant au désenclavement et défendant des politiques de tarification sociale, des espaces de gratuité ou de nouveaux droits ; des engagements conséquents dans la construction et la rénovation des lycées, le développement de la formation professionnelle incluant les publics défavorisés ; le soutien à l’innovation et la recherche, aux PME PMI et la création de politiques d'ESS favorisant l’emploi de proximité ; la promotion de la culture du sport pour toutes et tous et de l’éducation populaire, l'avancement de politiques d'égalité entre les hommes et les femmes.
Le PCF a fortement contribué à ces acquis que nous ne voulons pas voir abandonner ou brader. Nous refusons que la droite et l’extrême droite s’emparent de nouveaux pouvoirs et points d’appui pour 2017. Mais nous ne découplons pas cet objectif d’œuvrer à des politiques solidaires, citoyennes, écologiques remettant l'humain au coeur des priorités régionales à rebours des logiques financières de concurrence imposées par l'Europe.
Aujourd'hui, il s'agit de permettre de nouvelles avancées en combattant les logiques de compétitivité et leurs effets ravageurs pour les politiques publiques locales. Il s'agit encore de s'attaquer au coût du capital , de mobiliser de nouveaux moyens financiers au service d'objectifs d'emploi, de formation, de promotion de tous les services publics.
Pour une nouvelle union populaire, nous appelons au rassemblement et à la convergence citoyenne.
Le PCF a pris la décision de rencontrer dans chaque région l'ensemble des forces de gauche et de travailler avec elles les conditions du rassemblement politique et citoyen le plus large à gauche.
Les régions ne sauraient être les relais des choix gouvernementaux et européens. La situation de crise sociale économique écologique ou encore démocratique appelle au contraire des politiques clairement anti austéritaires et anti libérales.
Des convergences de projet s'affirment entre les forces du Front de gauche, écologistes, Nouvelle donne, des militants ou personnalités socialistes, acteurs sociaux, militant-e-s antiracistes, et féministes, culturels, intellectuels et syndicalistes qui, comme nous, cherchent à œuvrer à l’alternative à gauche ouvrant la possibilité de plate formes régionales et de listes de large rassemblement de 1er tour pour des politiques régionales d'une gauche offensive et citoyenne.
Un premier état des lieux montre que le débat des communistes s'oriente très majoritairement vers ce choix et sa mise en œuvre. Il y a de la disponibilité pour favoriser l'implication politique et citoyenne la plus large possible sous toutes les formes et à tous les niveaux.
Il atteste également de la volonté largement partagée des communistes de travailler pour le second tour à la fusion des listes capables de battre ensemble la droite et l’extrême droite.
Nous travaillerons à ce rassemblement en fonction des configurations régionales, avec l'objectif de pousser tout au long de la mandature les objectifs que nous aurons portés dans la campagne du premier tour et d'assurer la présence de nombreux élu-e-s communistes, Front de gauche et issus de nos listes de rassemblement dans les nouvelles assemblées.
Leur présence sera un facteur déterminant pour les politiques qui y seront menées et pour travailler les rapports de force en lien avec les citoyen-e-s et le mouvement social.
Les discussions montrent le besoin pour le PCF d’être à l’offensive pour faire vivre nationalement notre démarche.
Dans les semaines qui arrivent les communistes seront appelés à déterminer leurs choix de rassemblement et leurs chefs de file région par région. Ils resteront maîtres de leurs décisions jusqu'au terme des consultations en cours. Les options diverses, si elles existent dans les régions, devront être soumises à leur choix.
Le Conseil national tient à souligner que notre démarche de pactes régionaux et de listes de large rassemblement au premier tour autour de ces pactes sera d'autant plus forte et efficace si elle est mise en œuvre nationalement dans toutes les régions.
Passer à la vitesse supérieure.
Alors que nous tenons ce Conseil national du PCF, le débat politique est en train de s’accélérer. Nationalement comme dans les régions. Le congrès du PS a attesté de sa volonté de sceller son unité autour d’un soutien au Président de la République. Tout montre que le malaise reste pourtant aussi profond
De plus en plus de voix, socialistes comme du Front de gauche, d’EELV , de Nouvelle Donne, de la sphère sociale disent leur volonté d’en finir avec cette politique gouvernementale qui conduit tout droit à la montée de l'abstention, à la désespérance, la montée de l'abstention nourrissant le vote FN et celui pour la droite la plus revancharde. Le champ des possibles grandit pour construire des majorités de projets et d’idées, des majorités pour gouverner.
Aujourd’hui il ne suffit plus de désigner ce que nous refusons, il s’agit alors d’affirmer ensemble et dans le respect de chacun ce que nous entendons faire.
Les élections régionales seront déterminantes pour les politiques qui y seront menées bien sûr, elles pourront être également déterminantes dans notre capacité à relancer l'intervention populaire. Le CN du PCF appelle à se rassembler faisant de ces élections un moment utile à nos concitoyens, permettant de faire grandir une nouvelle gauche porteuse d'alternative.
Il ne s’agit pas de nier les différences ni même de se cacher qu’il reste encore un long chemin à parcourir, mais notre responsabilité comme celle du Front de gauche est de nous mettre au service du mouvement citoyen, de celles et ceux qui continuent à lutter comme ils sont aujourd’hui des dizaines de milliers à le faire au sein de leur entreprise, pour préserver des lignes SNCF, des lycées, des hôpitaux de proximité, pour une mobilisation citoyenne face à la finance et une autre utilisation de l'argent des banques et des budgets, le maintien d’une agriculture paysanne, d’une association culturelle..
Le PCF entend s’engager sans réserve dans cet objectif !
Conseil national du PCF
Paris, le 10 juin 2015.
22:52 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : régionales, pcf, élections |
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11/06/2015
"L'hôpital est à l'os, on lui demande encore 3 milliards d'euros"
Entretien avec Frédéric Pierru, sociologue, chercheur au CNRS et à la chaire santé de Sciences-Po, ANNE-LAURE DE LAVA, L'Humanité Dimanche
La « tarification à l’activité », qui a remplacé en 2008 le budget global, oblige les hôpitaux à s’endetter. Chercher la productivité, avec un budget de plus en plus contraint, conduit à une gestion à la petite semaine.
HD. Quelle est la situation financière des hôpitaux ?
Frédéric Pierru. On entend souvent qu’elle s’est améliorée via la tarification à l’activité (T2A). Mais cette dernière n’a fait que doper l’activité de manière artificielle. Car le cadre budgétaire est plus serré que jamais. L’ONDAM (objectif national des dépenses de l’assurance maladie), qui détermine chaque année l’augmentation des budgets hospitaliers, a été fixé à un niveau historiquement bas. La seule évolution des charges fait augmenter les dépenses hospitalières de 3 % chaque année.
Or, l’augmentation de l’ONDAM est de 1,9 % pour 2017. On s’achemine vers un déficit structurel. L’hôpital est à l’os, et on lui demande encore 3 milliards d’économies. C’est irréaliste! Tout ce qui a pu être gratté en termes logistiques, de restauration, de blanchisserie, voire de personnels administratifs, l’a été. Restent les réductions de personnels, qui représentent 70 % des budgets.
HD.comment est-on arrivé à de tels déficits ?
F. P. Le déficit est une construction purement comptable. Il a été créé par la T2A. Les établissements recevaient avant une enveloppe globale. En fonction des dépenses, on consentait une rallonge en fin d’année si nécessaire. La grande révolution de la T2A a été d’obliger les hôpitaux à fixer ces dépenses en fonction des prévisions de recettes.
Le message est: débrouillez-vous pour couvrir vos dépenses, si vous n’y arrivez pas, recourez à l’emprunt et/ou coupez dans les dépenses, donc le personnel. Comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement a récemment décidé d’annuler quelque 429 millions d’euros de crédit destinés à la psychiatrie et aux soins de suite. Comment voulez-vous que les hôpitaux soient, dans ces conditions, à l’équilibre malgré leurs efforts en matière de productivité ? C’est un jeu de dupes.
HD.comment peuvent-ils gérer ?
F. P. Ils vivent d’expédients. Ainsi l’accumulation des comptes épargne-temps (CET) qu’ils ne peuvent plus payer. On est dans une course à la productivité, sans jamais voir le bout du tunnel. La gestion n’est que de court terme. Cela se traduit par un absentéisme et un turnover massifs. Plutôt que de chercher à répondre à cette expression de la souffrance au travail, on colmate les brèches via l’intérim, des « pools » de remplaçants, la multiplication des contrats précaires, ou le rappel sur repos des soignants. Sur le coup, cela permet de faire tourner malgré tous les services, mais c’est au prix de la mise à mal des collectifs soignants dont dépendent la qualité des conditions de travail et la performance des équipes.
JEAN-LUC GIBELIN, RESPONSABLE DE LA COMMISSION SANTÉ DU PCF
« pour commencer, effaçons les intérêts d’emprunts destinés à combler la dette! »
« pour sortir l’hôpital de ses graves difficultés, il faut faire du service public une priorité politique. Développer l’emploi public qualifié, avec un plan de formation soutenu et sur la durée.
Le financement doit être libéré de la t2a et des budgets contraints depuis les ordonnances Juppé de 1996. c’est à l’État de financer les investissements, plus à la sécu.
La dette cumulée des hôpitaux est de 30 milliards. on doit demander l’effacement du montant des intérêts d’emprunts. on ne peut tolérer que les fonds de la sécu aillent consolider les profits de Hsbc, de la société générale ou de bnp paribas. enfin, les regroupements hospitaliers de territoire (rHt) de la loi touraine vont créer une hyperconcentration. nous avons au contraire besoin d’un maillage au plus près de la population, avec une médecine de ville articulée à des centres de santé. »
11:17 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hôpitaux, santé, économie, pcf |
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09/06/2015
TPE/PME : il fallait y penser, Manuel Valls veut « Tout pour l'emploi » en facilitant les licenciements et la précarisation du marché du travail
Décidément, pour reprendre la formule de Pierre Gattaz lors de l'annonce du pacte de responsabilité, le patronat vit avec ce quinquennat un rêve éveillé. Non content d'encaisser près de 70 milliards d'ici 2017 avec la baisse du « coût du travail », le Medef obtient une nouvelle victoire avec les annonces du jour pour l'emploi dans les TPE et PME. Après la simplification du compte-pénibilité, voilà le nouvel épisode du « plus belle la vie » patronal qui inscrit à son tableau de chasse une très vielle revendication : le plafonnement des indemnités prud'homales.
Depuis quelques semaines, on a eu droit à la ritournelle sur « les freins et les peurs à l'embauche ». La vérité, c'est que dans notre pays le marché du travail est déjà très fortement flexibilisé et précarisé. Alors que le nombre de CDD n'a jamais été aussi élevé ( au premier trimestre 2015, 87,1 % des déclarations d'embauche sont des CDD parmi lesquels 70 % pour une durée de moins d'un mois), le Gouvernement propose d'ouvrir plus encore le robinet en permettant que les CDD et les contrats d'intérim soient renouvelés deux fois. Comment construire sa vie, se projeter avec un horizon ne dépassant pas quelques semaines ?
Compliqué de se séparer d'un salarié ? Depuis sa création en 2008, plus de 1,8 millions de ruptures conventionnelles ont été enregistrées. Entre 20 000 et 32 000 sont signées chaque mois. Cette rupture est le plus utilisée dans les TPE que dans les autres entreprises et elle touche plus particulièrement les salariés seniors.
L'annonce faite sur le renforcement des contrôles permettant de lutter contre le recours aux travailleurs détachés demande des clarifications. Enfin, dans sa réponse à une question sur le ciblage du CICE vers les PME/TPE, le Premier ministre a une nouvelle fois botté en touche après avoir soutenu une motion lors du dernier Congrès du PS pointant cette question. Une nouvelle fois, F.Rebsamen a sorti sa boule de cristal en estimant à 60 000 le nombre d'emplois attendus par la prime à l'embauche de 4000 euros pour les entreprises sans aucun salarié.
Au final, Manuel Valls sécurise le patronat et précarise les salariés en renforçant des mécanismes déjà à l’œuvre qui n'ont en rien créer de l'emploi mais du chômage. C'est une tout autre direction qu'il faut prendre pour le soutien à l'activité des TPE et PME, avec de la visibilité pour les carnets de commande d'un côté, et , de l'autre, mettre fin à la pression des banques et des donneurs d'ordres. Il s'agit donc de donner du pouvoir d'achat aux familles et d’accompagner les TPE et PME en favorisant un financement de leurs investissements matériels, de la recherche et de l’innovation.
16:49 Publié dans ACTUALITES, Economie, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pme, emplois, pcf, valls |
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08/06/2015
Élections en Turquie : Le résultat du HDP rouvre la voie de l'espoir en Turquie (PCF)
Communiqué du Parti communiste français.
Le climat délétère et le déchaînement de violence orchestrés par le président Erdogan, son parti l'AKP et l'extrême droite, n'auront pas eu raison du puissant mouvement populaire qui s'est exprimé dimanche 7 juin lors des élections législatives turques.
Reccip Erdogan et l'AKP, même s'ils arrivent premiers, essuient un revers cinglant. Le président, désavoué, perd la majorité sur laquelle il comptait pour infliger une révision constitutionnelle lui assurant les peins pouvoirs. Le peuple turc a sanctionné les difficultés économiques croissantes, l'autoritarisme, les interférences dans la vie privée et la disparition de l’État de droit. Les électeurs ont aussi condamné une politique étrangère agressive qui déstabilise la région.
Si le CHP (social-démocrate) et le MHP (extrême droite) stagnent, la gauche turque avec le Parti démocratique des peuples (HDP) fait, après la présidentielle, une nouvelle percée remarquable. Dans le contexte d'une campagne électorale clivante et violente contre le peuple, le HDP a su quant à lui faire converger autour d'un programme social, écologique et féministe les forces progressistes et toutes les minorités.
Le HDP, avec un score national de 13 %, a relevé le défi de passer largement la barre éliminatoire des 10 % prévue pour bloquer toute alternative démocratique aux islamo-conservateurs. Le HDP envoie 80 député-e-s dans cette nouvelle assemblée et devient une force politique désormais incontournable. En France, le HDP arrive en seconde position avec 20 % des voix parmi les électeurs turcs votant au consulat.
Le PCF salue le résultat du HDP, il salue à travers ce résultat le courage, le sang-froid et la détermination dont ont fait montre les militant-e-s et électrices et électeurs du HDP. Malgré les attaques sanglantes, les menaces, les coups fourrés et les pressions, des millions de femmes et d'hommes de tout le pays, par-delà leurs appartenances culturelles, se sont rassemblés sur les candidatures du HDP pour exprimer la voix de la paix, de la justice et de la démocratie contre celle de la violence, de la haine et de l'injustice.
Ce magnifique résultat rouvre la voie de l'espoir en Turquie mais aussi pour tous les peuples en lutte dans sa région et en Europe. Le soutien exprimé à travers ce vote au projet politique porté par les député-e-s du HDP, un projet démocratique, féministe et écologiste, ouvre une perspective progressiste de paix et de solidarité dans un pays dont les dirigeants, Erdogan en tête, ont joué la carte du soutien militaire à Daesh en Syrie contre les populations de Kobané prises en étau entre le régime syrien et les « djihadistes » ; populations qui n'ont eu de soutien en Turquie que des municipalités et population de Diyarbakir, Surç et Mardîn dirigées par des majorités BDP.
Le PCF souhaite associer à cette victoire des forces de la vie et de la liberté, la mémoire des trois responsables kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, froidement exécutées en plein Paris le 9 janvier 2013 avec l'implication probable des services de renseignements turcs, le MIT.
Le PCF qui participait aux délégations d'observateurs internationaux, ce 7 juin 2015, est heureux d'avoir été, comme il l'est depuis des années, aux côtés du HDP et des forces démocratiques turques et kurdes durant cette journée de vote qui marquera certainement un tournant dans l'histoire de la Turquie.
15:58 Publié dans ACTUALITES, International, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, erdogan, hdp |
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06/06/2015
Attentats Turquie : le PCF apporte sa solidarité aux militants et aux familles des victimes
Nous apprenons avec effroi que plusieurs explosions ont eu lieu au meeting de campagne de S.Demirtas à Diyarbakir faisant 4 morts, 316 blessés, dont 10 grave. Cet attentat arrive après plusieurs autres dans différents locaux du HDP, des assassinats de militants et la perquisition chez S.Demirtas dans une campagne électorale sous haute tension.
Nous tenons à apporter toute notre solidarité à S.Dermitas, aux militants et militantes du HDP et aux familles des victimes.
Nous saluons l'appel au calme et à la responsabilité lancé par S.Dermitas.
Nous demandons à ce que toute la vérité soit faite et que les responsables soient jugés.
Le gouvernement d'Erdogan s'honorerait de condamner ses actes odieux, contraire à toute démocratie.
Les élections de dimanche doivent pouvoir se dérouler en toute démocratie et transparence.
19:00 Publié dans ACTUALITES, International, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, attentat, pcf, kurdes |
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05/06/2015
De l’air, avec la fête de l’Humanité
Deux cerises, l’une représentant la belle bleue, notre terre commune à défendre d’un possible désastre environnemental, l’autre rouge, comme une invitation à écrire un nouveau projet émancipateur de développement humain. Tels se présentent l’affiche et le bon de soutien de la 80ème édition de la Fête de l’Humanité qui se tiendra les 11, 12 et 13 septembre prochains au parc départemental Georges Valbon à la Courneuve.
Une image pour incarner les deux urgences de notre temps. La première, moins habituelle et de plus en plus prégnante, invite à l’indispensable combat pour un nouveau système plaçant en son cœur le développement humain durable, contre le réchauffement climatique et pour la réussite de la Conférence mondiale sur le climat. La fête se veut un appel à ne pas rester les spectateurs effarés de l’épuisement des ressources naturelles, de l’assèchement de la biodiversité, des migrations climatiques et du saccage de notre planète commune. Un appel à porter avec énergie l’idée de réduire la dette écologique pour sauver d’abord le climat, notre terre, les êtres humains qu’elle nourrit et non plus les puissances d’argent. Quoi de plus révolutionnaire !
Des actions concrètes seront menées pendant trois jours, qui placeront le bilan carbone de l’événement sous contrôle strict. On y roulera électrique, la propreté et le recyclage des déchets seront surveillés. Au cœur de notre motivation, le message clair d’une écologie qui ne peut s’accommoder de la course effrénée au profit financier.
La question sociale, au sens large, sera la seconde urgence, portée avec d’autant plus de force que tout est fait pour l’évacuer du débat public alors que tant de vies sont mutilées! Leur redonner un sens, un espoir de bonheur suppose en tout premier lieu de contester le choix de l’austérité, dogme européen qui, du chômage à la précarité, aggrave tout et d’abord la crise qu’il est sensé résoudre. Lui résister est à l’ordre du jour, pour que l’humain inspire toutes les décisions jusqu’à modifier la destination de l’argent afin qu’il devienne roi pour le travail, la création, l’innovation, la recherche et la solidarité.
Idées au demeurant simples mais qui, par les temps qui courent, sont loin d’occuper dans les consciences la place qu’elles occupaient il n’y a pas encore si longtemps. C’est pourquoi nous souhaitons que la préparation de la Fête et sa tenue participent de l’impérieuse contre-offensive idéologique, politique, culturelle qu’il convient de conduire face au rouleau compresseur des idées ultralibérales dominantes et de leurs corollaires, celles qui nourrissent le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et le rejet de l’autre, au seul motif qu’il est différent.
Ce ne sera possible que si, au traditionnel et précieux engagement désintéressé des militants communistes, vient s’associer celui de milliers de progressistes, d’humanistes, d’écologistes. L’engagement de tous ceux qui se sentent concernés par les ambitions d’une Fête qui, dès lors, pourra devenir la leur dès sa préparation et en retour, prendre dans son déroulement les couleurs d’un arc-en-ciel plus large que celui des années précédentes. Un arc-en-ciel, expression de l’ampleur du rassemblement à construire au-delà du Parc de La Courneuve pour que les choses changent.
Hommes, femmes, jeunes de gauche, créateurs, chercheurs, penseurs, militants associatifs, syndicalistes, la Fête de l’Humanité 2015 a besoin de vous pour être à la hauteur des enjeux sociaux, politiques, moraux et démocratiques de l’heure. Elle a besoin de vos idées, de vos expériences, de vos espérances, certes avec votre venue sur la fête mais aussi pour, en amont, contribuer au succès d’un évènement populaire de nature à influer sur l’évolution d’un rapport des forces plus favorable au monde du travail et de la création.
Participez, sur votre lieu de travail ou d’études, dans votre quartier ou votre village, venez construire ce qui sera, grâce à vous, une immense agora consacrée à la recherche des voies inédites pour sortir d’une situation à bien des égards périlleuse. Venez donner leur réalité à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. Venez faire vivre la solidarité internationale.
Aucun homme de raison ne devrait accepter que son semblable, devenu par la force des choses un courageux migrant qui fuit les guerres et les persécutions, la misère et les privations, voit son existence, celle de ses enfants menacées. Grand moment de solidarité avec les peuples d’Afrique et du Moyen-Orient, la fête réaffirmera avec force l’exigence d’un Etat pour le peuple palestinien et la libération immédiate de ses prisonniers politiques dont Marwan Barghouti est devenu la figure de proue. Elle célébrera l’héroïque résistance kurde et ses dignes combattants qui luttent contre l’obscurantisme le plus rétrograde. Internationaliste dans l’âme, la Fête de l’Humanité est aussi celle du combat pour la paix, pour le désarmement nucléaire et un monde sans armes et sans guerres !
Du Forum social aux différentes allées, elle portera notre détermination à lutter contre les inégalités qui gangrènent nos sociétés. Elle sera le lieu de l’opposition à la funeste loi sur le renseignement qui corsette la démocratie. Elle offrira un espace fédérant les combats contre le projet de Traité transatlantique qui vise à l’expansion infinie du capital au détriment des biens communs et des besoins humains. Par tous ses pores, transpirera le soutien au peuple grec dont la volonté est piétinée par la finance reine et ses relais politiques. La Fête 2015 ambitionne d’être en phase avec ceux qui, en Europe, chacun à sa façon, s’engagent dans de nouveaux chemins démocratiques qui donnent ses chances à une alternative de la réussite.
Elle appellera à construire une société d’émancipation, de respect et de partage, afin que personne ne soit inquiété pour ses opinions, sa religion, sa couleur de peau, pour faire vivre, cent dix ans après, le puissant principe de laïcité qui est la condition d’une vie en commun. Au cours de plusieurs initiatives, la Fête rendra hommage à des amis qui n’y seront pas cette année, victimes de la tuerie au siège de Charlie Hebdo et à toutes les victimes des effroyables attentats de janvier dernier.
Elle sera également la Fête de tous ceux qui n’acceptent pas que la culture paie les pots cassés des absurdes et aveugles politiques d’austérité. Ensemble, nous appellerons à la solidarité avec les différents festivals annulés ou supprimés qui mettent en partage la création et font le visage de notre France, ouverte, généreuse et fraternelle. Nous invitons leurs organisateurs à nous contacter pour qu’avec eux nous trouvions les moyens, sans attendre, de donner le plus grand retentissement à leur légitime protestation.
De ses expositions, de son village du livre, de ses différentes scènes, la Fête va promouvoir toutes les formes de l’art et de la culture. La grande scène accueillera : L’orchestre de chambre de Paris associé à nos amis palestiniens de Kamandjati, Les Hurlements d’Léo, Zoufris Maracas, l’Orchestre Divertimento, Soviet Suprem, Triggerfinger, l’Orchestre National de France, Youssoupha, Shaka Ponk, Texas, Manu Chao et d’autres invités. Nous les présenterons le 20 juin.
Elle sera, au-delà du soutien au journal l’Humanité qui en a grand besoin, l’expression de l’attachement à une presse écrite en pleine mutation, menacée dans son ensemble alors que son apport est nécessaire au pluralisme, donc à la démocratie.
Nos concitoyens ont besoin, grand besoin, d’une belle et grande fête de l’Humanité. Ils sont des millions à espérer que ça bouge, à souhaiter être entendus et respectés. La Fête pourrait leur en donner l’occasion. Encore faut-il les informer de sa tenue, de son contenu, de son sens politique et culturel, dans une démarche qui vise à rassembler et à solliciter aide et collaboration de celles et ceux qui aspirent à sortir du climat étouffant actuel. Qui aspirent à se donner des forces et de l’air.
16:01 Publié dans ACTUALITES, Fête de l'Humanité 2015, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête de l'humanité 2015 |
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