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05/08/2015

TURQUIE, PKK: Pierre Laurent demande à Hollande d'agir

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Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Pierre Laurent a écrit lundi à François Hollande pour demander que la France agisse "pour que la Turquie stoppe ses opérations contre le PKK et revienne à la table des négociations", a-t-on appris mardi.

"L'amalgame fait par la Turquie entre le PKK et Daesh est inacceptable et doit être dénoncé. Notre pays ne peut cautionner les bombardements turcs et doit agir pour que la Turquie stoppe ses opérations contre le PKK et revienne à la table des négociations", écrit Pierre Laurent dans une lettre dont l'AFP a eu copie.

"Sous la pression évidente des États-Unis, le président Erdogan a lancé des frappes contre les positions de Daesh (le groupe État islamique, ndlr) en Syrie mais les a accompagnées dans le même temps de frappes contre les positions du PKK en Irak et en Turquie, brisant le cessez-le-feu décrété en 2013 à l'initiative du PKK", dénonce-t-il.

"Ces actions sont inacceptables et doivent être condamnées fermement", juge Pierre Laurent.

"L'action militaire et répressive de la Turquie est de nature à précipiter la région, déjà en guerre, dans un embrasement dont nul ne peut, vous le reconnaîtrez, prévoir l'issue", ajoute-t-il.

"Nombreux reconnaissent aujourd'hui ce que je dénonçais depuis longtemps pour l'avoir constaté lors de ma visite à Suruç en octobre dernier. Les forces de Daesh ont largement bénéficié du soutien de la Turquie, passant aisément la frontière turco-syrienne pour s'approvisionner en armes, matériels et combattants alors que les volontaires kurdes se portant au secours de la population de Kobané étaient empêchés de passer", selon lui.

"La France ne peut donc rester silencieuse et doit activement œuvrer au retour de la paix et de la démocratie, à un cessez-le-feu et à la reprise des négociations avec le PKK que son dirigeant Abdullah Öcalan engageait, en mars dernier, dans l'étape historique du désarmement, étape saluée par le président Erdogan lui-même", écrit Pierre Laurent.

"Il est du devoir de la France de se démarquer nettement des soutiens, en particulier américains", précise-t-il estimant que "cela signifie la suspension de toute coopération militaire, policière ou judiciaire avec le régime d'Ankara qui a fait le choix d'une répression brutale contre quiconque s'oppose à sa politique".

Pierre Laurent "réitère ici (s)a demande solennelle de voir la France prendre l'initiative pour que l'Union européenne sorte le PKK de la liste des organisations terroristes".

Sources : Public Sénat

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27/07/2015

Essayer d’être communiste

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Jean Ortiz, article publié dans l'Humanité

Est morte une perversion du « vieux rêve qui bouge », pas l’idée communiste elle-même. Le certificat de décès est celui d’une caricature de nos valeurs ; les aspirations qui sous-tendent notre engagement n’ont pas été invalidées par le fiasco historique.

L’idée communiste continue à travailler le monde malgré la débâcle du « socialisme réel » : les crimes, les camps, les baillons, l’arbitraire, le parti-Etat, mais aussi une certaine égalité sociale, du travail pour tous, la santé et l’éducation gratuites, les services publics... Si la perversion est morte et enterrée (paix à son âme !), le deuil sera long. Très long. Il va peser longtemps encore contre les révolutionnaires. « Changer la vie » a produit le meilleur et le pire... Mais l’alternative reste bien encore et toujours : « socialisme ou barbarie ».

manouchian-grand.jpgPensons à Rosa, à tous ceux qui « se levèrent avant l’aube » pour contribuer à ce « monde meilleur », à nos libertés, à nos acquis sociaux... pensons à ces morts qui ne meurent jamais, anonymes ou célèbres, communards, mineurs et vignerons insurgés, résistants de la première heure, FTPF, MOI-istes, militants anticolonialistes, métallos grévistes, syndicalistes réprimés, assassinés, internationalistes altruistes, Brigadistes d’une patrie d’idéal, « passeurs » antifranquistes, martyrs de Charonne, de « l’Affiche rouge », communistes solidaires de l’Algérie, du Vietnam, de Lumumba, de Cuba, du Chili, de Mandela, des Palestiniens...

Leurs doigts montraient la lutte... Regardons la lutte. Inscrivons nos pas dans le chemin, à la fois à poursuivre et à inventer, ENSEMBLE. Avec lucidité, enthousiasme, et sans nostalgie de ce qui a échoué... même si la vraie nostalgie peut être un rêve d’avenir.

La chute du mur de Berlin n’a pas invalidé notre idéal, cet horizon d’humanité réhumanisée, l’exigence du bien commun, des biens communs, du partage, du collectif, de la socialisation, du bonheur individuel et collectif, « de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous » (Paul Eluard).

La « question sociale », essentielle, reste à résoudre. Elle est désormais imbriquée, intrinsèquement liée, à la « question écologique ». On ne résoudra pas l’une sans l’autre... « Socialisme (écosocialisme) ou barbarie ». Le capitalisme porte en lui un ordre prédateur et cannibale de l’homme et de l’environnement, de la nature, des écosystèmes, un mode suicidaire de produire, de consommer, de croître...

L’ordre injuste et violent du monde est délibérément, volontairement organisé par les classes dominantes. Il ne constitue pas un état naturel à subir, donné à tout jamais, intouchable. 1% de la richesse de 229 familles les plus riches de la planète suffirait à assurer l’eau potable à chaque être humain. Question de volonté politique...

Alors repolitisons tout, réapproprions-nous notre histoire, notre « identité », vivante, à la fois héritage et création permanente, n’abandonnons pas la colère à d’autres, ne nous laissons pas assimiler au « système » par des pratiques politiciennes, trop électoralistes, faisons FRONT, entrons en résistance, en révolte politique, éthique, humaine, contre cet ordre sauvage qui fabrique des monstres, et qui s’en sert, qui saigne des millions de « pauvres » (assis sur des trônes de pétrole) ; qui standardise, lobotomise, mercantilise, affame afin d’amasser des fortunes kolossales, kkollossalles, pour une poignée de vampires assoiffés de profits, qui répand la peur et la haine de l’autre, qui fait le plein de vacuité... Et le pire empire chaque jour. Alors : « Socialisme ou barbarie ».

Revalorisons tout ce que le néolibéralisme dévalorise, détruit : la justice sociale, l’humain, le vivre ensemble, le lien social, le travail, la souveraineté nationale, le métissage, l’interculturalité, l’eau, le vent, les forêts, l’amour, le désir, l’art, la philosophie... Rendons désirable l’alternative civilisationnelle communiste...

Oui je crois -encore- en l’utopie sociale et politique. Les réalités d’aujourd’hui sont tellement têtues qu’elles peuvent devenir le monde nouveau de demain. Les maîtres du monde veulent nous empêcher de rêver : empêchons-les de dormir ! (paraphrase)   Donnons un horizon révolutionnaire à nos actes, et nommons-le. Nommons-le. Soyons nous-mêmes et ouvrons toutes grandes portes et fenêtres. « Etre ne suffit plus à l’homme, il lui faut être autre ; ainsi s’exerce le gouvernement de l’esprit » (Louis Aragon)

Soyons donc nous-mêmes et autres à la fois; révolutionnons-nous, ensemble, pour être pleinement nous mêmes. « Sans les autres, personne ne serait autre chose que rien » (Mafalda). Bien vu !! Donnons du sens à tout. Atout sens, et « désormais le mot révolution sera le nom de la civilisation » (Victor Hugo)

« L’archaïsme » a donc de l’avenir. La révolution commence aujourd’hui. Si nous le voulons.

Ici et maintenant. Par de petits matins, des espaces à libérer, des solidarités à construire, des idées à combattre, de nouvelles façons de faire de la politique... ON LACHE RIEN ! Dehors il fait lourd.

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22/07/2015

Eleveurs : "Les annonces gouvernementales ne répondent pas à l'urgence" (PCF)

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À l'issue du Conseil des Ministres vient d'être annoncé le plan destiné aux éleveurs. L'ensemble des mesures, notamment les allégements, reports de charges et cotisations vont être les bienvenus, à la condition qu'en bénéficient les plus fragiles et modestes. Les banques de l'agriculture doivent mettre la main à la poche.

Ces mesures de situation de crise arrivent tardivement au regard du diagnostic connu : démantèlement des outils de régulation, libéralisation des marchés, concentration de l'agriculture au profit des géants de l'agroalimentaire... Les annonces gouvernementales ne répondent pas aux enjeux et à l'urgence de la situation.

Faute d'affronter la rémunération du travail paysan en posant fermement la répartition de la plus value entre producteur, transformateur et distributeur, les orientations indiquées ce jour risquent de n'être qu'incantatoires, comme le soulignent les éleveurs.

Quant à la droite agitée ces dernières heures, c'est elle qui a offert à la grande distribution les coudées franches sur les prix bas et les importations massives. La fuite en avant vers les fermes usines et la libre concurrence vont continuer de favoriser l'élimination des exploitations les plus modestes, aux dépends de la santé publique et du consommateur.

Nous proposons de reconstruire une production nationale pour répondre au besoin humain. Le droit à une alimentation de qualité pour tous appelle à une vraie politique de gauche. Rémunérer justement les producteurs et mieux répartir la valeur ajoutée dans les filières agricoles.

Nous proposons de légiférer sur la réduction des marges et pratiques abusives dans la grande distribution. Les prix agricoles doivent faire l'objet de négociations annuelles et pluralistes à travers des conférences des prix. Les filières alimentaires relocalisées doivent être soutenues.

L'Europe doit reconquérir l'ambition de sa souveraineté alimentaire. Elle doit se doter d'outils de gestion et de planification, tels des stocks régulateurs, des prix indicatifs... Pour que la PAC soit au service de l'intérêt général, il faut faire échec au projet de Traité Transatlantique.

Nous invitons le monde agricole, salarié, citoyen, à construire des majorités d'idées et de projets sans attendre. L'occasion nous est donnée lors des élections régionales, d'encourager l'agriculture paysanne et la transition écologique en relocalisant notre alimentation. Des solutions émergent : conditionnalités des aides publiques aux entreprises agroalimentaires, circuit court dans la restauration collective, gestion publique du foncier.

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PIERRE LAURENT RENCONTRE SYRIZA ET ALEXIS TSIPRAS

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J'étais à Athènes pour évaluer avec Alexis Tsipras la nouvelle situation, en Grèce et en Europe, après l'accord du 13 juillet, extorqué au gouvernement grec par la droite dure et les créanciers.

J'ai rencontré aussi Tasos Koronakis, le Secrétaire général de Syriza, et les deux représentants du parti au bureau exécutif du Parti de la gauche européenne, Yiannis Bournous et Natasa Theodorakopoulou.

C'était un premier geste urgent de solidarité du PGE et des communistes français.

La lucidité et le courage politique de nos camarades sont remarquables. Pour eux comme pour nous, le combat continue pour "libérer les Grecs et les européens de la prison de l'austérité" (AT).

Nous allons, ensemble et dans nos pays respectifs, prendre le temps de tirer toutes les leçons de ce tournant historique en Europe.

Notre conviction partagée est que cette réflexion est indispensable, après le choc, pour se fixer de nouveaux objectifs communs et que nous devons penser les conditions d'une élévation générale du débat d'idées et du rapport de forces européen.

Quelques pistes, comme la proposition d'un observatoire "troïka watch" sous l'égide du Parlement européen, sont déjà sur la table.

RDV à la Fête de l'Huma où la délégation de Syriza sera nombreuse et de haut niveau, contente de dialoguer avec nous.

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13/07/2015

GRECE : DECLARATION DE PIERRE LAURENT !

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Un accord de compromis a été trouvé ce matin par les chefs d'Etats de la Zone euro. Cet accord écarte le scenario du « Grexit » et l'asphyxie financière de la Grèce, voulus par Wolfgang Schaeuble et Angela Merkel, qui jusqu'à la dernière minute ont tenté la mise sous tutelle intégrale de la Grèce, la négation de sa souveraineté, sa soumission aux puissances financières, sa vente à la découpe.

Si un accord est signé, c'est grâce au courage du Premier Ministre grec. Pour la première fois, un chef de gouvernement a osé affronter les puissances dominantes qui pensent que tout leur est permis en Europe. Le soutien de son peuple n'a cessé de grandir depuis janvier pour cette raison. Je me réjouis que la France ait joué un rôle positif à ses côtés.

Certaines des concessions faites ont étés imposées à la dernière minute. N'oublions pas que ce fut sous la menace et après 2 semaines de fermeture des banques. Le gouvernement grec a fait un choix responsable, celui de permettre avant tout la stabilité financière durable du pays et l'investissement pour l'emploi et le redressement productif du pays. La dette sera rééchelonnée et les taux d'intérêts renégociés. Alexis Tsipras a confirmé son intention de faire porter les efforts sur les grecs les plus riches et de protéger les classes populaires. La BCE doit immédiatement décider la réouverture des robinets pour les banques grecques.

L'Europe vit des moments historiques. Les pressions et humiliations subies par Alexis Tsipras et le peuple grec durant tout le week-end soulèvent de lourdes questions pour nous tous, pour l'avenir de la coopération dans la zone euro. Le combat pour l'égalité des pays, le respect de la démocratie et de la diversité, pour la solidarité, pour la reconquête de pouvoir sur la finance doit se poursuivre. C'est une question existentielle pour un avenir solidaire dans l'Union européenne.

Tous les européens ont intérêt à amplifier leur soutien à cette bataille politique et leurs luttes contre l'austérité dans leur propre pays. J'appelle toutes les forces démocratiques et de gauche à travailler ensemble à un projet commun pour sortir l'Europe de la tourmente libérale.

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06/07/2015

GRECE : 61,31 % POUR LE NON !

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"Les chantages financiers et mesquineries politiques n'auront pas raison du souffle de dignité et de liberté qui envahit le berceau de la démocratie", a salué sur son compte twitter Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
 
Les résultats définitifs donne une large victoire du "OXI" (Non) avec 61,31%. Alexis Tsipras a assuré à ses compatriotes que le résultat du référendum ne marquait pas "une rupture avec l'Europe", mais au contraire "un renforcement du pouvoir de négociation" de son gouvernement. Il a déclaré que "cette fois la dette serait sur la table" de ces négociations.
 
Il n’y a pas eu de pluie de grenouilles, comme redouté avant le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, contre lequel la France, les Pays-Bas puis l’Irlande avaient voté non (1). Pour les lecteurs lisant ces lignes dimanche, de nuit, difficile à dire, mais pour les lecteurs matinaux du lundi, un simple regard sur la webcam du port du Pirée les rassurera : les eaux de la Méditerranée ne sont pas chargées de sang non plus. La Grèce, malgré son vote franc et massif en faveur du NON (selon les projections du ministère de l’Intérieur basée sur la moitié des suffrages dépouillés vers 21 h 30, le non recueille 61,31 % des voix, contre 38,69 % pour le oui), n’a pas subi les sept plaies d’Egypte. Même les criquets du FMI ont freiné des mandibules pour un temps…
 
S’il fallait une image pour résumer la confiance des gouvernants grecs dans la volonté de leur peuple de ne pas se laisser marcher sur les pieds, celle d’Alexis Tsipras, le premier ministre, votant dimanche matin dans une école primaire du quartier Agios Panteleimonas, la fournissait. Léchant avec gourmandise le rabat de l’enveloppe de son vote, il semblait dès 9h30 attendre une bonne nouvelle. Elle n’est officiellement venue que vers 21 heures, confirmant une série de sondages réalisés en Grèce juste avant le scrutin, donnant le non entre 49 et 54%, malgré une énorme et dispendieuse campagne du « Nai » (oui) sur les antennes privées et le mobilier urbain. Le podium d’un meeting pour le oui s’est même offert « une star de variétés »,  raconte un jeune Grec interrogé par notre envoyé spécial de l’Humanité Thomas Lemahieu (dans notre édition du 6 juillet), connue « pour des chansons style Remue tes fesses ». « Il doit gagner cent fois ce que nous réussissons à rassembler pour survivre, mais il vient nous expliquer que, lui aussi, il a vraiment souffert de l’austérité… »
 
Autre « nom » à vanter le « Nai », Nikos Aliagas, l’animateur de TF1, qui du haut de son train de vie demandait lui aussi aux Grecs de se serrer la ceinture, applaudi sur Twitter par… Laurence Pariisot, l’ex-patronne des patrons français…
 
Aux deux extrêmités des inégalités grecques, un fossé se creuse qui valide la lutte des classes qui pour une part a porté Tsipras au pouvoir : « Les chômeurs, ceux qui ont subi une chute vertigineuse de leur niveau de vie ont opté pour le non, expliquait hier  Aristides Baltas, ministre de l’Education, à notre consoeur Rosa Moussaoui (dans notre édition de lundi).  De l’autre côté, ceux qui ont profité de la crise ou qui n’ont pas été affectés par les politiques d’austérité constituent le centre de gravité du oui. » Le sociologue Michel Vakaloulis ne disait pas autre chose, sur I-télé, expliquant le succès du oui car « les classes productives, et la jeunesse, votaient massivement. En revanche les retraités et les petits entrepreneurs votaient pour le oui. La question sociologiquement était tranchée. »
 
En France, commentateurs et sondeurs persistaient dans le week-end à fausser les questions (et parfois les réponses), orientant vers le oui les électeurs indécis. En montrant par exemple des files de Grecs retirant leurs économies, quitte à photographier des journalistes, comme le raconte la correspondante de Libération, saisie avec notre confrère Fabien Perrier devant un guichet d’Athènes . Les Grecs « apeurés » retirent « autant d'argent que possible », même si les retraits sont « limités à 60 euros par personne et par jour, faisant chuter l'activité en accentuant le climat d'angoisse générale », comme l’écrit l’Agence France presse ? Quels Grecs, sachant que nombre d’entre eux ne touchent pas plus de 800 euros par mois, quand ils ont du travail ? L’Agence France Presse, faisant publicité de son objectivité et fournissant en dépêches et reportages la plupart des journaux n’ayant pas de correspondant sur place, orientait ses commentaires avant l’issue du scrutin : « nombreux sont ceux qui estiment qu'en cas de non, la Grèce devra en assumer les conséquences, à savoir peut-être une sortie chaotique de l'euro, avec des conséquences économiques et sociales potentiellement dramatiques ».
 
En cas de oui, reste à imaginer… Et si l’on accuse le gouvernement grec de pousser à la sortie de l’euro en estimant que la question posée (« Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l'Eurogroupe du 25 juin? ») peut conduire à une interprétation sécessionniste (« une question d'autant plus alambiquée que la Grèce n'est plus sous aucun programme d'aide depuis mardi soir », écrit l’AFP), les sondeurs français aussi savent tordre leur langue. Ainsi BVA, qui pour Orange et I-Télé, leur demandait dimanche s’ils souhaitaient que la Grèce reste dans la zone euro ! On découvrait d’ailleurs non sans surprise que, à gauche comme au centre (75% des sympathisant du PS, 63% de ceux du Front de gauche, 71% du Modem, 64% de l’UDI 64%) sont largement favorables au maintien de la Grèce dans la zone euro, à droite, le sujet est moins tranché : 50% des sympathisants des « Républicains » seulement souhaitent le maintien (contre 47%), et 80% de ceux du FN veulent un « Grexit » pur et simple…
Ce dimanche, contrairement au simpliste duel annoncé, le cœur a parlé mais la raison ne s’efface pas. Certes, la voix des eurobéats ne s’éteindra pas sans tonner encore. Quitte à dire les pires bêtises, à l’instar du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, estimant que grâce à la zone euro « les Allemands (ont pu) faire une réunification plus heureuse ». OU à chercher à verrouiller une fois de plus le système : faut-il lire autre chose dans l’annonce précipitée d’une rencontre Merkel-Hollande, lundi soir à l’Elysée alors que le dépouillement montrait un basculement vers le non ?
 
Heureusement, le gouvernement grec garde le cap, conforté dans sa volonté par la voix du peuple, consulté « non pas pour stopper les négociations et pour sortir de l’euro, mais pour les poursuivre dans des conditions meilleures », estimait hier Aristides Baltas. Y compris pour d’autres pays européens qui pourraient se retrouver, demain, dans la même situation. L’Italie l’a bien compris, qui par la voix de son premier ministre Matteo Renzi, rappelant qu’il est « évident que, le jour d'après, on devra se remettre à parler » : «la Grèce ne peut finir ainsi ». Même Emmanuel Macron a du admettre qu’il fallait « dès demain (lundi, NDLR) reprendre des discussions politiques ». Dès les premiers résultats connus, Athènes annonçait d’ailleurs de son côté une « intensification des initiatives à partir de ce soir pour arriver à un accord ». Cette fois-ci, les « partenaires » joueront-ils le jeu ?
 
(1)    Choix des peuples rectifié par les parlements de ces pays (en France ou aux Pays-Bas) ou modifié lors d’un second vote sous pression des créanciers internationaux (Irlande).
 
Grégory Marin, Humanite.fr
 
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03/07/2015

DECLARATION DE ZOE KOSTANTOPOULOU PRESIDENTE DU PARLEMENT GREC !

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Déclarations de la Présidente du Parlement au sujet des ingérences grossières dans le processus du référendum et la tentative d’en changer la question.

Ces derniers jours et ces dernières heures on a enregistré un déluge d’ingérences grossières dans le processus démocratique du référendum, proclamé pour la première fois en 41 ans depuis la fin de la dictature des colonels, à l’instigation du Premier ministre, puis sur proposition du gouvernement et décision du Parlement.

Les représentants d’hier, les co-responsables de la destruction du pays et du peuple, et leurs partenaires nationaux et étrangers, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher l’expression de la volonté populaire.

Pour empêcher ou annuler le référendum.Et maintenant, puisqu’ils ont échoué dans cette tentative, ils font tout ce qu’ils peuvent pour en modifier le résultat, rendre floue et dénaturer la question très claire, en adressant au peuple un nouveau chantage: Que soi-disant, si les citoyens disent «non», nous devrons quitter l’Union Européenne ou la zone euroQue si’ls disent « non », il n’y aura aucune nouvelle négociation

Que si ils disent « non », cela signifiera qu’ils «ne veulent pas d’aide».Certains, chefs d'État mais aussi représentants de la Commission et d’autres institutions et organismes, n’hésitent pas à interférer grossièrement dans les affaires internes du pays et à suggérer au peuple ce qu’il doit voter au référendum, en modifiant la vraie question.Ce qui est important c’est non seulement ce qu’ils disent, mais qui le dit.Le disent les représentants des gouvernements qui se sont alliés aux gouvernements qui ont détruit le pays et ont fait des échanges avec eux.Le disent les représentants d’organisations internationales qui ont participé à des programmes catastrophiques qui ont décomposé la société et causé d’ indicibles malheurs.

Le disent des dignitaires, qui ont admis s’être trompés dans le cas de la Grèce, encore et encore.Mais le disent aussi les représentants du système politique corrompu des anciens partis, de la corruption et des combines, ceux qui ont créé une dette illégale, honteuse et insoutenable et qui veulent la mettre sur le dos du peuple, de la jeunesse et des générations futures, sans rendre de comptes.Le oui ne signifie pas oui à l’Europe.Il signifie oui à l’ultimatum adressé par la Troïka au gouvernement grec.Le oui signifie oui aux mémorandums, à la soumission et à la servitude.

Oui à des diminitutions suplémentaires des salaires et des retraites, Oui au chômage et à la précarité de l’emploi,Il signifie oui à l’abandon de la souveraineté et de la démocratie, au bradage des biens publics, à de lourds impôts sans fin.

Il signifie aussi oui à la dégradation de la Grèce de pays membre à part égale de l’UE en pays paria et en colonie de la dette. Le non signifie non aux tactiques et pratiques antidémocratiques

Non aux chantages anti-européens et aux ultimatumsNon aux blocages artificiels

Non à l’asphyxie du peuple, avec les banques fermées

Non à l’asservissement d’États-membres par d’autres États-membres

Non à la soumission économique et politique.

Le Gouvernement s’est redressé.

Il n’a pas cédé, il n’a pas capitulé en trahissant la confiance des citoyens. Le Parlement en 2015 a été à sa hauteur.

Il n’a pas fait loi d’État les mesures qui ont condamné de nombreuses générations à un esclavage mémorandaire. Pour la première fois le peuple peut réellement décider de son avenir.

Pour la première fois il peut repousser lui-même, par son vote, le dernier chantage.

Pour la première fois, le peuple peut lever la tête et avec son vote, avec le non, secouer le joug des mémorandums.

Qu’il vote et se batte pour sa dignité et son avenir.

Et qu’il défende le seul gouvernement qui lui a fait confiance et lui a rendu le pouvoir qui lui appartient et qu’il défende le Parlement qu’il a lui-même élu et qui lui a rendu le pouvoir qu’il en tire et exerce en sa faveur.

Qu’il ne permette pas le renversement du gouvernement par ceux qui, depuis des mois élaborent des scénarios de déstabilisation et de détournement, pour remettre le pays et le peuple aux forces de la corruption, des combines et de la tromperie, qui ont tirer profit des mémorandums sur le dos de la société.

Et qu’il envoie le message retentissant et optimiste aussi aux autres peuples d’Europe, que la démocratie est l’affaire des hommes et des peuples, non des banques, des banquiers et des marchés.Les «non» du peuple grec ont, dans l’Histoire, rendus fiers non seulement les Grecs, mais l’humanité toute entière.

Un tel «non» rendra fières les générations futures et défendra la véritable âme de l’Europe, qui ne se base pas sur des ultimatums et des chantages, mais sur une coexistence égalitaire, la démocratie et la solidarité.traduction Frédérique Bouvier

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