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20/09/2017

Le goujat, la tambouille et la plus grande fête populaire de France

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(La chronique de José FORT)

Le mal élu à la présidence de la République française, 8 Français sur 10 n’ont pas voté pour lui, le déjà défraichi  Macron, peut être assuré au moins d’une chose : il figurera au Guinness des records de la muflerie.

Souvenez-vous de quelques-uns de ses bons mots :

« Si j’étais chômeur, j’essaierai de me battre d’abord » ;

«  Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » ;

Et encore «  femmes illettrées  », « libéralisme valeur de gauche », «  je n’aime pas ce terme de modèle social », «  la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » et plus récemment « faignants et  cyniques ». Avec une petite dernière sur les «  grincheux ».

J’en arrive à penser qu’en sortant du ventre de sa mère, la première chose que Macron s’est demandé c’est combien de gens il pourrait emmerder au cours de sa vie. Macron est un expert en matière de goujaterie. Pas seulement.

 Il est aussi le produit de ces « gagneurs », ces «  compétiteurs », bref cette génération accouchée par les banques et la grande bourgeoisie qui lui ont confié trois objectifs : casser les conquêtes sociales au nom de la «  réforme » et du « modernisme », installer durablement l’ultra libéralisme, tenter une opération rassemblant les ventres mous du spectre politique français dans une formation « en Marche » qui bat, déjà, sérieusement de l’aile.

 Il est aussi le produit d’une stratégie du spectacle de la communication contrôlée au millimètre près frisant le ridicule comme récemment sur l’ile ravagée de Saint Martin. Son entourage avait laissé croire que le président avait dormi sur un lit de camp et s’était lavé avec un seau d’eau, alors qu’il avait  été hébergé et avait dormi dans la chambre d’ami d’une gendarmette.

  Il y a aussi les copains et les coquins à recaser. Dernier exemple, la nomination de  Stéphane Bern à la défense du patrimoine national. Un bouffon de la télévision venu du « Figaro », comme s’il n’y avait pas des spécialistes notamment les architectes des bâtiments de France pour assurer une telle fonction. Mais peut être existe-t-il un lien entre le lourd endettement contracté par M. Bern après l’achat d’un château en Eure et Loir et sa nouvelle mission.

Au beau milieu de ce marigot, un moment de fraternité : la fête de « l’Humanité ». Un beau succès cette année, malgré le temps incertain et des mesures d’organisation obligatoires par ces temps troublés. Du monde partout à La Courneuve le week-end dernier. La foule devant la scène centrale, la foule dans les avenues  de la fête, la foule aux dizaines et dizaines de débats. Et retenez bien un fait prometteur : une foule jeune, très jeune.

 Comment expliquer le succès de la fête de l’Huma  que certains veulent inscrire au patrimoine national. Il s’agit en fait d’un cocktail mêlant la lutte contre les injustices, pour le progrès social et la solidarité internationaliste ; un cocktail aux multiples ingrédients allant de l’envie de faire la fête aux besoins de se retrouver, de dialoguer, de confronter, de s’aimer. Bref, une folle envie de communisme, au sens plein du terme.

Avez-vous remarqué que dans ce rassemblement à plusieurs centaines de milliers de personnes aucun incident n’est à déplorer ? Avez-vous noté que le succès de cette fête repose sur le bénévolat de milliers de militants communistes ? Avez-vous observé que les sans-grades deviennent harangueurs de foules tandis que les intellos s’agrippent aux fourneaux des cuisines ? Avez-vous aussi regretté que d’une phrase banale de Pierre Laurent  sur le thème « personne n’a le monopole de la vérité », une vague médiatico-politico-mélenchoniste ait voulu réduire la fête à leur sport préféré : la tambouille politicienne ?

  Le succès de la plus grande fête populaire de France donne des couleurs aux communistes et plus généralement à toute la gauche. Ce qui aurait ravi un de ses fidèles, le regretté Jean Ferrat, dont on ne se lasse pas d’écouter la chanson  « Camarade ». Ecoutons.

 José Fort, sur Radio Arts-Mada tous les lundi en direct à 19h et sur Chansons Rouges Mosaik Radio en différé dans le Top Magazine du lundi de 12h, 18h, 23h et mardi à 8h

30/07/2017

Tous bolivariens !

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Jean Ortiz, Samedi, 29 Juillet, 2017 - l'Humanité

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.
Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.
 
Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.
 
Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.
 
L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.
Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...
 
L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.
 
Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.
Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.
 
 

11:08 Publié dans ACTUALITES, International, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vénézuela, maduro, élections | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

10/03/2017

«Imposture» du FN et «danger» de la droite: Pierre Laurent a présenté son livre dans l'Essonne et Evry

«imposture» du fn et «danger»,pierre laurent,l'essonne,evryPlusieurs centaines centaines d'exemplaires vendus et dédicacés hier en Essonne et Evry de son livre salutaire « Imposture du FN et danger de la droite » à l'occasion de la sortie cet ouvrage et de la venue de Pierre Laurent.

A l'échelle nationale déjà plus de 10 000 exemplaires ont été écoulés dès le premier jour.

Pierre Laurent a publié «vingt répliques» aux programmes du Front national et de la droite pour la présidentielle afin de dénoncer «l’imposture» du premier et «le danger» du deuxième.

«imposture» du fn et «danger»,pierre laurent,l'essonne,evry«Marine Le Pen combat-elle le capitalisme ?», «Marine Le Pen peut-elle parler au nom du peuple?», «Le coût du travail est-il la cause de la crise ?», «Y-a-t-il trop de fonctionnaires en France?»: le responsable communiste répond à 20 questions, dix sur le FN, 9 sur la droite, une sur les différences entre les deux partis en matière d’immigration.

«Tout est fait pour rendre les Français prisonniers d’un choix entre Front national et réponses libérales portées par la droite ou Emmanuel Macron», écrit M. Laurent en introduction de cet ouvrage de 90 pages, publié aux éditions de l’Atelier et qu’il a rédigé avec Alain Hayot et Marc Brynhole et qui sort mercredi.

Il y «démonte la phénoménale mystification que constitue ce jeu de rôles, cette partition à deux voix que nous chantent le Front national et la droite».

Evoquant «une énorme manipulation des esprits qui vise à berner la population dans son ensemble», il reproche à Mme Le Pen de «dresser les uns contre les autres» les ouvriers, les travailleurs, le peuple. A M. Fillon, il fait grief de «favoriser considérablement le capital, les actionnaires et les dirigeants des entreprises» dans son programme.

S’appuyant sur des citations précises de discours, ainsi que sur des données publiques compilées par l’Insee ou par l’OCDE, M. Laurent se fixe comme objectif de «fournir des arguments (...) des outils pour mener une bataille d’idées» contre droite et extrême-droite.

(«Front national l’imposture, droite le danger, 20 répliques à leurs programmes» de Pierre Laurent, Alain Hayot, Marc Brynhole, éditions de l’Atelier, 96 pages, 6 euros)

Un livre à lire et faire lire absolument

16/02/2017

PCF : SORTONS DE L'IMMOBILISME

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En choisissant de ne pas présenter de candidat(e) issu(e) de ses rangs à l’élection présidentielle, le PCF a, dans le même temps, décidé par une résolution adoptée à 94% « de continuer d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une telle candidature commune et empêcher la victoire de la droite et de l’extrême droite. »

Les communistes ont mandaté « la direction nationale et le secrétaire national du PCF pour poursuivre ces efforts… », et ont décidé que le choix « de s’engager sans attendre autour d’une candidature » (en l’occurrence celle de JL.Mélenchon) « [n’était] pas le terme de [leurs] efforts de rassemblement. »

Deux événements politiques considérables, le discrédit de la candidature Fillon et, surtout, le résultat de la primaire socialiste avec la défaite de Valls et le succès de Benoît Hamon, créent une situation tout à fait nouvelle. Cela relance le défi et la possibilité d’un rassemblement de la gauche et des écologistes pour battre la droite et l’extrême-droite, rompre avec le social-libéralisme et sortir de l’austérité avec une candidature commune à la présidentielle, un contrat majoritaire pour les législatives et une dynamique de luttes populaires.

Lâcher l'exigence d'une candidature commune pour la présidentielle rendrait impossible un succès de la gauche pour cette échéance et donc peu crédible l'idée de majorité de gauche pour les législatives. Ne pas relever ce défi serait prendre la responsabilité de laisser la voie libre à la droite et à l'extrême-droite. Face à une situation aussi lourde de conséquences, l'immobilisme n'est plus de mise. Il faut sortir du blocage actuel à gauche et cesser d'opposer réalisme, efficacité et radicalité, de privilégier les éléments de division au détriment des possibilités de convergence.

Le Parti Communiste peut beaucoup y aider : il avance en effet des propositions précises fortes d'une cohérence associant l’énoncé d’objectifs sociaux audacieux à la conquête de pouvoirs par les salariés et les citoyens sur l’utilisation de l’argent des entreprises, des banques, de l’État et même de l’Union européenne. Il est encore temps de prendre une initiative marquante. Pour cela le PCF doit sortir de l'attentisme.

Nous demandons que Pierre Laurent et le Comité Exécutif National réunissent d'urgence le Conseil national du PCF. Celui-ci pourrait décider d'appeler à une rencontre des candidats et des forces politiques de la gauche anti-austérité, et lancer une pétition nationale unitaire pour que soit construite, autour de quelques grands axes, une plate-forme commune pour lutter contre les marchés financiers et répondre aux attentes populaires. Cela concernerait particulièrement l'emploi, le travail, les salaires, l'écologie, la protection sociale et les services publics, la démocratie, l'entreprise, les banques et l'Europe.

Depuis le mardi 14 février, un appel intitulé « PCF : sortons de l’immobilisme » qui a recueilli plus de 600 signatures en quarante-huit heures, se répand de manière virale, auprès des cadres et des militants du Parti communiste.

Il a notamment été signé par quatre parlementaires (les députés André Chassaigne, Patrice Carvalho, Gaby Charroux et la sénatrice Evelyne Didier), mais aussi par trois membres du comité national exécutif et par plus d’une trentaine de secrétaires départementaux qui étaient réunis, mercredi au siège du PC, à Paris

contact pour signer : choixclair@gmail.com

19/01/2017

PRIORITE A L'INDUSTRIE

industrie.jpgPIERRE LAURENT

Il y a quelques jours, j'ai co-signé une tribune "Priorité à l'industrie" aux côtés notamment de Philippe Martinez, Arnaud Montebourg, Jacques Généreux, Roland Gori, Bernard Thibault ou Eric Coquerel...

Priorité à l’industrie !Ce chiffre là glace d’effroi. Et même en pleine campagne électorale, où les discours doivent donner de l’élan, il faut bien le citer. Peut-être même le crier : depuis 2001, l’industrie française a perdu chaque jour, en moyenne, 165 emplois. Une ville comme Lourdes ou Fontainebleau « rayée » chaque trimestre, et cela pendant quinze ans. Au total, près d’un million d’emplois directs perdus. Ca suffit !

Si enclin à fustiger de « démagogue » tout discours à rebours de ses idées austéritaires, le patron des patrons, Pierre Gattaz, promettait effrontément de créer « 1 million d’emplois » si le coût du travail baissait suffisamment. Selon la même magie de l’appauvrissement, François Fillon, assure lui de diviser par deux le taux de chômage. Ils trompent les Français ! Pour retrouver le sentier du développement et de l’emploi, le pays ne doit pas jouer les pères fouettards du salariat mais s’appuyer sur la mère de toutes les batailles productives : l’industrie. Même à l’heure du numérique et de la robotique, l’industrie entraîne avec elle toute l’activité, la recherche, l’investissement et, au final, l’emploi.

Réorienter les activités industrielles et productives
Dans une dynamique nouvelle de développement, les activités industrielles devront être vigoureusement stimulées et réorientées de manière à répondre aux besoins fondamentaux tels qu’une alimentation saine, respectueuse de la rareté des ressources naturelles (terre, eau, air), une santé protégée et des logements économes en énergie … Cette réorientation s’inscrit pleinement dans la perspective de la nécessaire transition écologique et ne pourra être opérée qu’avec des travailleurs mieux formés.

Changer la place du travail et favoriser un nouvel entrepreneuriat dans l’économie et la société
La place du travail dans notre société et dans notre économie est très fortement questionnée aujourd’hui. Le chômage et le mal-emploi se répandent, les compétences sont globalement mal valorisées. Or l'innovation n’est pas le fruit spontané des nouvelles technologies mais bien le résultat des interactions humaines.
Le développement industriel a besoin de salariés innovants, aux compétences reconnues, bien rémunérés, occupant des emplois stables et prenant une part active aux décisions. Seuls des salariés compétents et impliqués sont, en effet, en mesure de donner aux entreprises les capacités d’innover. Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible.

De concert avec une organisation du travail fortement rénovée, de nouvelles formes de travail et d’entrepreneuriat devront être stimulées. L’innovation ouverte, l’externalisation ouverte, les tiers lieux, les « fab lab », les très jeunes entreprises devront être soutenus. L’économie sociale et solidaire devra être encouragée et l’économie collaborative promue et protégée afin de ne pas devenir un avatar « ubérisé » du capitalisme financiarisé.

Remettre la finance à sa place
La finance continue d’étouffer l’industrie. Le temps des marchés financiers et celui des publications de résultat trimestriel ne sont pas ceux de l’entreprise et des projets industriels. Sans parler des exigences excessives de rendement des capitaux propres qui privent les entreprises de nombreuses opportunités industrielles et commerciales. Le principe même de cette finance folle est profondément inégalitaire puisque il rémunère les « facteurs » selon leur propension à la mobilité.

Ancrer les activités dans les territoires
C'est un autre enjeu essentiel de la nouvelle dynamique de développement. Un tel ancrage repose sur les différentes dimensions de la proximité territoriale : compétences, ressources et valeurs. Si le renforcement des différentes dimensions de la proximité trouve naturellement sa place dans une dynamique nouvelle de développement, il en va de même de l’économie circulaire ou encore de l’économie de la fonctionnalité. L’économie circulaire élimine la notion de « déchet » en considérant, dès la conception des produits, leur recyclage et leur réparabilité dans une perspective opposée à l’obsolescence admise, voire programmée. L’économie de la fonctionnalité met, elle, l’accent sur une utilisation raisonnée et le plus souvent partagée des services que peuvent rendre les biens, plutôt que leur propriété individuelle.

Nous ne croyons pas que la politique d’austérité suivie depuis des années soit de nature à donner à la France la perspective et le dynamisme dont elle a besoin. Les coupes claires budgétaires ne peuvent que provoquer la récession et la contraction des débouchés des entreprises.

Seul un développement des activités productives soutenu par une politique publique de relance et des dispositifs financiers tournés vers l’investissement dans l’industrie (et non au versement de dividendes accrus) permettra de retrouver le chemin de la prospérité. Il s’agit d’un enjeu collectif qui engage tous les Français, et qui doit être au cœur des débats qui vont animer les campagnes électorales à venir.

20/11/2016

La voie du rassemblement sur des contenus à gauche

Laurent Frajerman, L'Humanité

Frajeman.jpgJLM2017 est une belle façon de transformer un handicap (peu de militants dans l’action, un meeting tous les trois mois) en atout (une campagne 2.0, des dizaines de milliers de soutiens virtuels). Mais le talent d’un seul homme et le soutien des médias ne serviront pas un changement progressiste de politique, du fait de l’impasse de sa stratégie. C’est l’illusion du sorpasso.

Pour les mélenchonistes, si toutes les forces à la gauche du social-libéralisme s’unissent, elles peuvent espérer atteindre 15 à 20 % des suffrages, dépasser leur adversaire à gauche et in fine remporter l’élection. Cette stratégie vise à remplacer une force dominante à gauche (le PS) par une autre (La France insoumise) et se base paradoxalement sur l’un des défauts de la Ve République, la bipolarisation.

Mais elle implique de réunir au second tour les 30-35 % d’électeurs de gauche (ce qui suppose que les électeurs de centre gauche ne soient pas effrayés par la perspective de donner autant de pouvoirs à un candidat si radical) et d’y ajouter au moins 15 % d’électeurs venus de l’abstention ou ne se reconnaissant pas dans le clivage gauche-droite. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon se présente comme la première force à gauche tout en récusant ce clivage.

 
Syriza et Podemos servent de modèle. Mais, même si le PS est dans un piteux état, la percée d’Emmanuel Macron prouve que, comme en Italie, la chute de la social-démocratie peut aussi se faire au bénéfice d’une recomposition politique au centre. Une majorité de Français ne pensent pas qu’une rupture franche est possible et souhaitable. Le fatalisme et le recul des idées progressistes sont patents depuis la crise de 2008, l’échec de la mobilisation syndicale de 2009 et la déception vis-à-vis de Hollande. Si le capitalisme et la mondialisation sont rejetés, pour autant les patrons sont plus populaires que les syndicats !
 
Les comportements politiques dépendent de la structure de classe de la société. Or, la situation française n’est pas aussi catastrophique qu’en Espagne et en Grèce : le chômage augmente, mais n’a pas plus que doublé, l’austérité n’aboutit pas à une chute vertigineuse des salaires. La législation sociale résiste. Il ne s’agit pas de nier la crise, mais de constater que les couches moyennes et les couches populaires stables ne sont pas laminées. De ce fait, le consensus social et politique n’est qu’ébranlé. Le désespoir des couches précarisées s’exprime négativement. Priment la demande d’autorité et le communautarisme, islamiste ou populiste.
 
Le danger de la démagogie est réel. Les communistes qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon l’imaginent en porte-parole de leurs idées. Ils risquent de déchanter, car il contrôle sa campagne et ses options s’éloignent de celles du PCF. Il reprend les thèses des Verts sur le nucléaire, la décroissance. Son discours contre les élites peut servir à dénoncer aussi bien les élus de la République, les intellectuels que les profiteurs.
 
En 2012, il s’était adressé à l’intelligence du peuple, aujourd’hui, il flatte la colère floue « contre ceux d’en haut ». Il propose implicitement de quitter l’UE sans expliquer comment la France pourra gérer sa forte dépendance au commerce européen, comment résister seul aux assauts des marchés financiers. Jusque-là, sa trajectoire le menait de la gauche de la social-démocratie au gauchisme, comme Marceau Pivert, qui clamait « tout est possible » en 1936 alors que Maurice Thorez tenait compte du rapport de forces réel, et notamment du risque fasciste. Désormais, Jean-Luc Mélenchon infléchit son discours dans un sens souverainiste, curieuse synthèse d’Olivier Besancenot et de Jean-Pierre Chevènement, avec une pointe de José Bové.
 
Le danger du sectarisme nous guette. Malheureusement, un beau score de Jean-Luc Mélenchon serait annonciateur d’une défaite historique aux législatives suivantes. L’ancien ministre socialiste théorise que les deux gauches sont irréconciliables. Puisqu’il récuse tout désistement, pourquoi les électeurs socialistes voteraient-ils au second tour pour un candidat de gauche mieux placé que le leur ? En 1928, l’application par le PCF des consignes sectaires de Staline avait fait la joie des candidats réactionnaires. Depuis le Front populaire, les communistes savent que l’union est un combat. Aujourd’hui, il faut battre à la fois la droite et les sociaux-libéraux. La voie du rassemblement à gauche sur des contenus transformateurs n’est pas simple, mais il n’en existe pas de raccourci pour défendre notre modèle social et obtenir des changements concrets.
 
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09/11/2016

PIERRE LAURENT : ELECTION DE TRUMP, UN SERIEUX AVERTISSEMENT

USA statue de la libérté.jpgL’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis marque la victoire des logiques de peur et de haine. Cette élection est le symptôme d’une société américaine malade d’elle-même. Ceux qui pensaient voter « anti-système » ont élu un milliardaire qui a su détourner leurs colères des véritables causes et responsables de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, et qui a ouvert les vannes de la division d’un pays déjà gangréné par un racisme structurel.

En flattant un orgueil nationaliste démesuré, Trump a excité les passions les plus vives. Son élection ouvre une période sombre pour les Américains et aggravera les tensions internationales nourries par la politique étrangère américaine et l’OTAN.

La victoire de Donald Trump sonne comme un sérieux avertissement en France et en Europe. La responsabilité des forces de gauche et de transformation sociale est de mettre un coup d’arrêt net à l’avancée des populismes et des extrêmes droites.

Elles doivent unir leurs forces pour mettre fin aux politiques d’austérité et au pouvoir des marchés et institutions financières qui piétinent les souverainetés populaires et nationales, et détournent les richesses produites du développement humain, social et écologique. Ouvrir la voie à de réelles politiques de progrès et justice sociales, d’égalité et de solidarité, conditions de l’édification d’un monde de paix, est la seule alternative viable au capitalisme financier dominant.

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