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22/06/2017

11 élus PCF et 5 ultra-marins forment le groupe Gauche Démocratique Républicaine l’Assemblée Nationale

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chassaigneassemblee.jpg16 députés composeront le groupe Gauche Démocratique Républicaine présidé par André Chassaigne : Le groupe Gauche démocrate et républicaine a officialisé, avec deux composantes.
Une composante PCF Front de gauche qui comprend Alain Bruneel, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Pierre Dharreville, Jean-Paul Dufrègne, Elsa Faucillon, Sébastien Jumel, Jean-Paul Lecoq, Stéphane Peu, Fabien Roussel et Hubert Wulfranc.
Une composante ultramarine, qui accueille Bruno-Nestor Azerot, Huguette Bello, Moetai Brotherson, Jean-Philippe Nilor et Gabriel Serville.

Jean-Paul Dufrègne (03 - Allier)
Pierre Dharréville (13 - Bouches-du-Rhône)
André Chassaigne (63 - Puy-de-Dôme)
Fabien Roussel (59 - Nord)
Alain Bruneel (59 - Nord)
Jean-Paul Lecoq (76 - Seine-Maritime)
Sébastien Jumel (76 - Seine-Maritime)
Hubert Wulfranc (76 - Seine-Maritime)
Elsa Faucillon (92 - Hauts-de-Seine)
Marie-George Buffet (93 - Seine-Saint-Denis)
Stéphane Peu (93 - Seine-Saint-Denis)
Bruno Nestor Azerot (972 - Martinique)
Jean-Philippe Nilor (972 - Martinique)
Gabriel Serville (973 - Guyanne)
Huguette Bello (974 - Réunion)
Moetai Brotherson (Polynésie)

Déclaration

Les député-e-s de France continentale et d'outre-mer, signataires de la présente déclaration, constituent un groupe technique au sein de l’opposition afin de bénéficier des droits associés à la constitution d'un groupe et garantir les moyens d'action et d'expression de chacun de ses membres.

Le groupe comprend deux composantes :

- des député-e-s du Parti communiste français

- des député-e-s de Martinique, de la Guyane, de La Réunion, de la Polynésie

Les député-e-s du groupe de la Gauche démocrate et républicaine auront à cœur de répondre à l’exigence de renouvellement des pratiques démocratiques exprimée par nos concitoyens lors des scrutins présidentiel et législatif et de faire vivre le débat parlementaire.

L’ampleur des inégalités et des difficultés sociales impose une action résolue au plan national, européen et en outre-mer, en vue de promouvoir la justice et la cohésion sociale, l’éducation, la santé, le droit au logement, l'emploi et les droits des salariés, la pérennité des services publics, ainsi qu’une réorientation des politiques européennes.

L’urgence environnementale nécessite également des mesures fortes pour la protection de la biodiversité et du patrimoine naturel. Notre action s’inscrit dans le respect des territoires, des identités et des peuples.

Fidèles à leurs principes et dans le respect de leur spécificité, les député-e-s du groupe GDR se rassemblent autour des valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. L'expression de leurs sensibilités diverses est un atout et une richesse au service de leurs concitoyen-ne-s et de la réussite de la gauche. Leur liberté de vote est garantie.

15/07/2016

La cuisine au beurre de « la Maison France »

hollandebeurre.jpgUne fois de plus, ce 14 juillet, le Président de la République a fait l’autopromotion de ce qu’il appelle « la Maison France », « sa » Maison France, nous servant les mêmes plats sous le panonceau qu’il a fixé au fronton depuis 2012 : « Restaurant ouvrier, cuisine bourgeoise ».

Mais les mets sont quelque peu frelatés quand il affirme « ne rien faire qui puisse altérer le modèle social » et « ne pas prendre sur les droits des salariés ».

J’avouerai même qu’il m’a fait dresser les cheveux sur la tête (sans allusion aucune à une révélation récente…) quand il a comparé la loi "travail" aux conventions collectives de 1936 et affirmé que la place des syndicats était renforcée. Chacun appréciera à l’heure des référendums d’entreprise et de la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche !

Au final, la carte de « la Maison France » ne change pas. Elle reste toujours aussi déconnectée des préoccupations du quotidien et des attentes populaires. Et si les convives ne sont pas satisfaits et digèrent mal les ingrédients à la sauce libérale, les responsables en seront la croissance insuffisante et les conséquences du Brexit.

En aucun cas bien sûr le parti pris des privilégiés et l’austérité imposée aux plus démunis.;Quant au jeune et dynamique chef de brigade qui essaie d’ouvrir une maison concurrente avec les mêmes recettes, le maître du Palais souffle le chaud et le froid, saluant la démarche citoyenne et le porteur d’idées… tout en menaçant de se passer de ses services.

chassaigne4.jpgAu final, aucun doute sur le devenir d’une succursale mise en place pour appâter le chaland et sauver la maison mère.Pour résumer, beaucoup de cinéma, en ces temps de Grande Vadrouille, autour d’une cuisine au beurre qui ne fait plus recette.

André Chassaigne

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09/07/2015

"Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe.

chassaigne_0.jpg

Débat sur la Grèce à l'Assemblée nationale. Intervention André Chassaigne mercredi 8 juillet 2015.
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,
 
Nous vivons un moment historique : la politique et la démocratie sont de retour en Europe !
Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe.
Les Grecs ont dit « Non » aux diktats de la Troïka, « Non » à l’Europe de l’austérité aveugle, générale et absolue, « Non » à l’Europe des financiers, principaux responsables de la crise qui frappe l’Europe des peuples.
 
La Grèce a dit « Non » aux humiliations. Elle a refusé de courber l’échine et relevé la tête.
Le peuple grec a signifié, en notre nom, qu’il est insupportable de voir M. Juncker, organisateur de la fraude et l’évasion fiscales lorsqu’il était premier ministre au Luxembourg, jouer les pères-la-vertu. 
Qu’il est insupportable de voir M. Draghi et la BCE se montrer inflexibles, alors même que l’actuel président de la BCE était responsable de Goldman Sachs en 2006 et a contribué à falsifier les comptes de l’État grec pour favoriser son entrée dans l’euro. 
Qu’il est encore plus insupportable de voir Mme Lagarde aussi intransigeante pour 1,6 milliard d’euros dus au FMI, alors qu’elle était si conciliante avec Bernard Tapie quand elle était ministre de M. Sarkozy.
 
Le dogmatisme n’est pas du côté de Tsipras, comme certains voudraient le faire croire. Il est de celui d’une Troïka autiste qui impose un cadre austéritaire et rigoriste, sans possibilité de négociation. 
A l’inverse, le gouvernement grec ne cesse de chercher la voie du dialogue et du compromis. 
 
Alexis Tspiras n’est ni radical, ni irresponsable.
Il n’est pas pour le statu quo. 
Son programme prévoit des réformes fiscales et économiques d’importance.
Il propose des mesures fortes de lutte contre la corruption et la fraude fiscale.
Il entend faire tomber les cartels et rétablir la justice sociale, dans un pays où 10% de la population détient 56% de la richesse nationale.
Il ne demande pas l’effacement de la dette, mais son rééchelonnement.
 
Il ne parle pas de quitter la zone euro, mais souhaite clairement continuer à négocier avec les créanciers de la Grèce.
Son sens des responsabilités et son volontarisme se heurtent aux ultimatums successifs de l’Eurogroupe et à une intolérable opération de diabolisation. Notre ministre de l’économie en a fourni une illustration en comparant Syriza au Front national. Quel manque de culture historique et politique ! 
Le référendum de dimanche dernier a révélé la vraie nature de la crise européenne. Elle n’est pas économique et financière. Elle est idéologique et politique.
 
Ce que craignent les dirigeants européens, c’est une contagion politique du référendum de dimanche, qui verrait les peuples reprendre le pouvoir pour mettre fin aux politiques d’austérité. Le processus est pourtant enclenché. Après la Grèce, le mouvement Podemos, en Espagne, prend le relais et montre la voie en remportant des victoires significatives à Madrid et Barcelone.
 
Avec le résultat d’un référendum populaire en sa faveur, le gouvernement grec revient à la table des négociations, fort d’une légitimité renouvelée. 
 
Néanmoins, l’hypothèse d’une sortie de la zone euro – qui n’a jamais été évoquée par les Grecs – est un spectre que certains, l’Allemagne en particulier, aiment agiter.
Il revient à la France de faire entendre raison à la chancelière Angela Merkel qui se comporte comme si la zone euro était son domaine réservé.
Sa rigidité sur la question du remboursement de la dette grecque n’a d’égale que l’ignorance de l’histoire récente de l’Allemagne.
 
Faut-il rappeler que notre voisin a bénéficié d'une restructuration de sa dette au sortir de la guerre, qui lui a permis de remettre son économie sur les rails ?
Comme l’a souligné fort justement l’économiste Thomas Piketty, l’Allemagne est le «  meilleur exemple d'un pays qui, au cours de l'histoire, n'a jamais remboursé sa dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale. [...] L'Allemagne est LE pays qui n'a jamais remboursé ses dettes. Elle n'est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations.».
Pourquoi ce qui a été fait, hier, pour l'Allemagne, ne le serait pas, aujourd'hui, pour la Grèce ?
 
Monsieur le Premier ministre, sachez-le, la sortie de la Grèce de la zone euro n’est pas la solution.
Comme nos prédécesseurs ont pu le faire au moment de la renégociation de la dette allemande, nous devons faire preuve d’audace.
Il faut accepter d’ouvrir dès à présent le dossier de la restructuration de la dette grecque, sans laquelle aucune solution durable ne pourra être trouvée.
 
Il faut aussi que notre pays obtienne l’inscription, à l’agenda européen, d’une grande Conférence européenne sur la dette, réunissant décideurs politiques et société civile pour restructurer durablement une dette publique européenne qui sert de prétexte à la mise sous séquestre des droits des peuples. 
 
Il est aujourd’hui indispensable de convertir la dette grecque, d’en allonger l’échéance, afin de libérer l’économie grecque du poids des intérêts et des remboursements qui bloquent son redressement ;
 
Il faut ensuite cesser de privilégier le remboursement des créanciers au détriment de la relance de l’économie grecque. Cela passe par des investissements opérationnels, la construction d’une administration et d’un système fiscal modernes, la remise en état de marche du système de santé, la relance de l’éducation...
 
L’Europe en a les moyens, la BCE en a les moyens. Depuis le 22 janvier, elle crée chaque mois 60 milliards d’euros par son nouveau programme de quantitative easing avec l’objectif d’aller jusqu’à 1 140 milliards. 
Au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle devrait mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire pour la mise en place d’un Fonds de développement économique, social et écologique européen.
 
La BCE, le FMI et les chefs de gouvernements européens s’y refusent. Ils ont terriblement peur que Syriza démontre qu’une autre politique est possible en Europe et ils semblent même prêts, pour l’en empêcher, à pousser la Grèce hors de l’euro.
 
Pour la droite européenne, à laquelle les sociaux-libéraux emboitent le pas, il semble même plus facile d’éjecter la Grèce hors de l’Europe que de gérer son maintien dans la zone euro.
 
Peu importe que le gouvernement grec ait déjà renoncé à de grandes parties de son programme. Les dirigeants européens se montrent inflexibles et se rangent derrière l’Allemagne pour ne pas prendre le risque d’affaiblir Angela Merkel qui a pris l’engagement démagogique devant les allemands qu’il n’y aurait pas un euro de plus pour la Grèce. Pour éviter de déstabiliser la coalition au pouvoir en Allemagne, il faut, comme le remarquait Romaric Godin dans La Tribune, « absolument accabler la Grèce, en affirmant qu'elle est seule responsable de ses maux, qu'elle est irréformable et que son gouvernement est aux mains d'extrémistes démagogues… »
 
La France ne peut se permettre d’être passive, de manquer d’ambition comme ce fut le cas, en 2012, avec la capitulation devant l’exigence d’une renégociation du TSCG !
 
La France, deuxième puissance du continent, peut et doit jouer un rôle majeur dans les négociations. Elle ne peut se résigner à voir le projet européen devenir la propriété des fanatiques de l’orthodoxie, qu’ils soient d’outre-Rhin ou d’ailleurs.
 
En France comme en Europe, les politiques budgétaires restrictives n’ont pas produit les effets attendus : nombre de nos concitoyens ont vu leurs impôts augmenter, les prestations dont ils bénéficient diminuer, les salaires stagner, un chômage de masse endémique s’installer. 
 
Les inégalités ne cessent de se creuser partout en Europe, avec un taux de pauvreté inégalé en Allemagne, mais avec aussi des riches de plus en plus riches. Alors que la dette française a été multipliée par huit en trente ans, le patrimoine des 1 % les plus riches a été multiplié par dix, les deux chiffres s’établissant à un peu plus de 2 000 milliards d’euros. 
 
Monsieur le Premier ministre, 
En ces moments de crise, la France doit être à la hauteur et ne peut être spectatrice de la tragédie grecque.
Nous regrettons que le débat auquel nous sommes conviés aujourd’hui ne soit pas sanctionné par un vote. 
Il appartenait au Parlement de confier un mandat de négociation clair à l’exécutif.
Il revient en effet au gouvernement ainsi qu’au président de la République, François Hollande, de faire entendre une autre voix, une voix claire et forte pour rompre avec la logique folle de l’orthodoxie financière. 
Il lui revient et il vous revient de faire respecter le choix du peuple grec et de rappeler avec gravité que la France n’hésitera pas à opposer son veto à toute tentative d’exclusion de la Grèce de la zone euro.
Non au « Grexit ».
Il en va de l’honneur de la France.
 
 
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17/06/2015

Le monologue antisocial du gouvernement

valls493.jpg

Soutenu par le patron du Medef, Manuel Valls a une nouvelle fois dégainé le 49-3 sur la loi Macron, privant les députés de débats et de vote. 
Un coup de force qui ne passe pas chez beaucoup d’élus de gauche.

«L’Assemblée nationale prend acte de l’engagement de responsabilité du gouvernement. » Ainsi a été conclu avant même d’avoir débuté le débat en seconde lecture sur la loi Macron par la bouche du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Quelques minutes plus tôt, Manuel Valls venait d’annoncer officiellement – même si cela ne faisait aucun doute – le recours à l’article 49-3 de la Constitution pour adopter sans débats ni vote le projet de loi pour l’activité et la croissance défendu par le ministre de l’Économie.

Encouragement surprise de Gattaz

C’est donc le texte issu d’une commission spéciale largement acquise au gouvernement, auquel s’ajouteront les amendements retenus discrétionnairement par le gouvernement, qui continuera la navette parlementaire. Officiellement, il s’agirait d’aller vite car les Français seraient impatients de s’entasser dans les autocars ou de travailler le dimanche. En réalité, l’opposition est trop forte dans la majorité pour s’assurer de l’adoption du texte, malgré le soutien de certains députés de l’UDI et l’encouragement surprise de Pierre Gattaz, dans un communiqué publié quelques heures avant l’intervention du premier ministre. Le président du Medef se réjouit du recours au 49-3 pour faire adopter la loi Macron sans « zigzag » et appelle les députés de droite à la voter.

À gauche par contre l’opposition est forte. « C’est d’une extrême gravité, estime André Chassaigne, chef de file des députés Front de gauche. On considère que le Parlement est une forme de poids lourd qui gêne, qui bloque des décisions qui devraient être prises très rapidement et que l’on peut se passer de la discussion parlementaire. C’est un déni de démocratie. » Le frondeur Pascal Cherki, qui estime que le gouvernement intime ainsi aux députés de « fermer leurs gueules », fulmine : « Le souverain c’est le peuple et ses représentants, pas le bureau du Medef ! » Et son collègue Christian Paul d’ajouter : « Le premier ministre s’éloigne de la gauche. »

Face au 49-3, la Constitution prévoit une seule alternative : faire adopter par l’Assemblée une motion de censure qui pour être déposée nécessite la signature de 58 députés. C’est ce que comptent faire les députés communistes, qui ont lancé à tous les députés de gauche une proposition afin de ne pas avoir à voter celle qui est déposée par la droite. Le nombre de signataires nécessaires ne sera probablement pas atteint.

Pour autant la proposition a été reçue avec beaucoup d’intérêt. Les frondeurs ne s’y joindront pas cette fois-ci « parce qu’on ne l’a pas fait en première lecture et que cela demande du temps et de l’organisation », explique Pascal Cherki, mais « pour la première fois on a eu un débat et des camarades députés ont demandé “pourquoi ne pas la signer et la voter ?” ». Pour le député de Paris, qui rappelle le temps qu’il a fallu pour que naisse la fronde, « c’est un vrai signe ». Chez les écologistes aussi, Sergio Coronado – qui avait participé à une tentative de dépôt d’une motion de censure lors de la première lecture – a défendu en réunion de groupe ce projet, mais son groupe « a décidé de ne pas s’y associer ».

Les députés du Front de gauche décideront aujourd’hui de leur stratégie de repli s’ils ne pouvaient aller jusqu’au bout de leur initiative. À ce jour, beaucoup de députés à gauche pensent boycotter la séance. Pendant ce temps, la provocation continue : le porte-parole des députés PS, Hugues Fourage, estimait que le 49-3 sera utilisé une troisième fois pour l’adoption définitive de la loi Macron en juillet.

Adrien Rouchaleou
Mercredi, 17 Juin, 2015
L'Humanité
 

18/12/2014

Cuba/USA : Une nouvelle ère pour le peuple cubain

chassaignecuba1.jpgLe 17 décembre 2014 restera une date historique pour le peuple cubain.

L’annonce de l’établissement de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba amorce une période nouvelle pour la Républicaine Cubaine issue de la Révolution de 1959 et du renversement du régime du dictateur pro-américain Batista. Elle confirme la reconnaissance internationale de l’indépendance et de la souveraineté du peuple cubain.

La levée attendue du blocus américain, qui asphyxie en toute illégalité Cuba depuis près de 53 ans, rendra enfin possible le développement économique de l’île.

Elle aura des conséquences importantes pour la vie quotidienne des Cubains, en lien avec le profond renouvellement des institutions cubaines et les importantes évolutions économiques en cours.

La libération de part et d’autre de prisonniers accusés d’espionnage est à saluer comme un acte politique fort.

Tous les amis du peuple cubain ont une pensée plus particulière pour les 3 derniers prisonniers cubains de Miami, condamnés à de très lourdes peines à l’issue d’un procès inique.

Les députés du Front de gauche se réjouissent de cette situation nouvelle et continueront à agir pour que se concrétisent les mesures annoncées et la levée totale de l’embargo.

André Chassaigne, président du groupe d'amitiés France-Cuba à l'Assemblée Nationale

15/12/2014

La bombe à Macron

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La présentation du projet de loi « Macron » pour « libérer l’activité » ne fait que confirmer l’ancrage libéral de l’exécutif. Le Président de la République et le Premier ministre font la promotion de ce texte comme une loi de « progrès et de liberté » et prétendent « s’attaquer à la rente ».
 
En vérité, cette loi est une bombe libérale qui fait du droit une marchandise, qui entérine de nouveaux reculs pour les salariés, qui privatise des aéroports rentables pour les offrir à des fonds étrangers avides de nouveaux profits, comme on le voit à Toulouse ou à Nice. Parmi la centaine d’articles de ce texte, on créée également pour nos concitoyens un transport de 3ème classe en autocars, qui contribuera à torpiller au passage le service public ferroviaire, la sécurité des voyageurs et qui va clairement à l’encontre de la transition énergétique.

 Arc-bouté sur la mise en œuvre rapide des recettes des puissants, l’exécutif entend faire de ce texte une référence dans la soumission aux exigences de la finance : privatiser et libéraliser plus, toujours plus vite. Car derrière quasiment chaque mesure de ce projet de loi, se cachent de nouveaux et profonds reculs sociaux et de société. Pour l’extension du travail du dimanche, ce sont plus d’un siècle de conquêtes sociales qui sont balayés d’un revers de main. L’attaque contre la justice prud’homale concrétise un vieux rêve patronal : la liberté de licencier vite, sur la base d’une procédure expéditive. La libéralisation des professions réglementées du droit, tels que les notaires ou les avocats, entend, elle, imposer une conversion accélérée au modèle anglo-saxon, sans tenir compte des atouts indéniables de notre droit, notamment en terme d’équilibre territorial et d’indépendance.

 L’enrobage sémantique de cette « bombe à Macron » tient quant à lui de la plus grande hypocrisie : ce serait le seul moyen, après « l’échec » du pacte de responsabilité, pour relancer « la croissance et l’activité ». Le ministre de l’Economie se prend ainsi pour Hercule nettoyant les écuries d’Augias en s’attaquant aux professions règlementées.

Dans les faits, il agit plutôt en porteur d’eau de la Commission européenne. Car, pour rassurer Bruxelles sur les intentions de la France en matière de réforme structurelle, le Premier ministre a pris soin d’inscrire ce texte dans une visée globale qui comprend, entre autres, le renforcement des contrôles des chômeurs, la mise en place d’un système plus incitatif à la reprise d’emploi, le plafonnement des indemnités de licenciements…

 Voilà donc ce qui anime la volonté du pouvoir de faire passer par la force ce texte d’adoubement néolibéral. Devant l’ampleur des contestations qu’il cristallise, la menace du recours à l’article 49-3 de la Constitution, permettant de faire adopter sans vote un texte par les parlementaires, est sans doute l’ultime provocation d’un exécutif qui assume sa mue politique en direction des puissants.

chassaigne4.jpgC’est donc à la constitution d’un vaste front commun du refus du dictat libéral que nous devons nous atteler dans les prochaines semaines.

André Chassaigne, député PCF du Puy de Dôme

23/11/2014

Barrages hydroélectriques : les vannes de la libéralisation sont ouvertes !

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Le projet de loi relatif à la transition énergétique, examiné la semaine dernière  en urgence à l’Assemblée nationale, et sous la contrainte du temps programmé, aura tout de même donné lieu à une clarification sur les conceptions fondamentales que chacun porte sur notre futur système énergétique. Malheureusement, les fondements de la maîtrise publique du secteur, acquise par le travail acharné du ministre communiste Marcel Paul, avec la loi du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l'électricité et du gaz, continuent d’être attaqués sans relâche. 

Pour ne prendre qu’un exemple, les articles 28 et 29 consacrés aux concessions hydrauliques, et dont les députés communistes et du Front de Gauche ont défendu la suppression, vont permettre l’ouverture à la concurrence de l’exploitation de ces concessions, autrement dit la privatisation des barrages. L’article 29 crée ainsi une nouvelle catégorie de société d’économie mixte (SEM) qui aurait la charge de l’exploitation des nouvelles concessions. Mais ces SEM, originellement prévues avec une part majoritaire du public et une part minoritaire du privé, verraient leur part publique réduite à 34 % du capital. Cela signifie que l’investissement privé pourra monter à 66 %... une privatisation qui ne veut pas dire son nom !

 Cette perspective d’attribuer à d’autres opérateurs l’exploitation d’ouvrages jusqu’alors concédés à EDF nourrit naturellement de nombreuses interrogations et inquiétudes.

 Le premier problème concerne la hausse des tarifs, puisque une redevance importante sera imposée aux nouveaux exploitants, ce qui conduira mécaniquement et inévitablement à une hausse des prix.

 Le deuxième problème a trait à la continuité de l’approvisionnement du réseau électrique, soumis à la bonne volonté des nouveaux exploitants. Pour des raisons de rentabilité, un exploitant pourra s’abstenir de fournir de l’électricité, même en cas d’urgence consécutive à des aléas climatiques, s’il estime qu’il pourra gagner plus d’argent à une autre échéance.

  Le troisième problème concerne les garanties accordées à tous les acteurs de l’eau. Chacun sait qu’un barrage ne sert pas uniquement à la production électrique mais aussi à d’autres usages (pêche, tourisme, irrigation, activités sportives…). Qu’est-ce qui empêchera demain un exploitant privé d’accompagner ces usages d’une compensation financière ?
  Le quatrième problème est celui des inévitables destructions d’emplois. Les inquiétudes sont grandes quant à l’avenir du personnel des exploitants actuels.

  L’histoire des privatisations dans notre pays montre bien que, dans les faits, on commence par une petite ouverture pour arriver progressivement, par sédimentation, à la libéralisation totale. Et nous savons par expérience ce que donne la privatisation : l’intérêt général disparaît au profit d’intérêts privés, d’intérêts financiers.

Une véritable loi de transition énergétique devrait au contraire s’attacher à réorienter la politique de l’énergie vers des logiques de long terme, qui ne peuvent être mises en œuvre que par la maîtrise publique, et non pas par la recherche d’intérêts financiers, nécessairement de court terme. Ainsi, pour la production hydroélectrique, d’autres solutions auraient pu être trouvées, comme la prolongation des concessions pendant quatre-vingt-dix ans.


Avenir des concessions hydroélectriques... par andrechassaigne