01/06/2008
MARXISME ET ECONOMIE
Idées exprimées lors d’une conférence tenue à la faculté d’Orsay par l’économiste marxiste Dimicoli Yves le 30/05/08 que nous portons à votre connaissance .
Résumé de Chantal et Gérard.
I) CRISE DU CAPITALISME :L’ARGENT POUR L’ ARGENT
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Le capitalisme évolue par crises successives dues à une suraccumulation du capital qu’il résout en utilisant les progrès techniques en remplaçant la main de l’homme par des machines.
Cycle de longue période (40 à 60 ans) entrecoupé de périodes moyennes de 10 ans environ
Exemples de longues périodes : 1789 à 1844, 1845 à 1896, 1896 à 1949, 1949 à 200….
2 types de correction d’une crise capitaliste par le système :
En augmentant le nombre de machines , il augmente le nombre de chômeurs.
Correction par les luttes des salariés, par exemple à la libération par de nombreux acquis
les salariés ont relancé l ‘économie.
Tournant depuis 1967 , les corrections effectuées par l’application des nouvelles technologies, du fait du haut niveau technique atteint (révolution informationnelle) , poussent à chercher un autre type de civilisation.
L’apparition de nouveaux pays émergents ont permis une augmentation du volume du marché.
La révolution informationnelle ne remplace plus uniquement la main de l’homme mais son cerveau ,engendrant des gains de productivité inouïs et nécessitant plus de formation des salariés.
Evolution vers le capitalisme financier, l’argent ne sert plus au développement de l’homme mais uniquement à des échanges marchands.
Guerre économique au niveau mondial pour la constitution de réseaux oligopolistiques. A l’intérieur de ce réseau les entreprises vont s’organiser pour le partage des coûts.
Augmentation de l’importance du marché financier :
Ce réseau oligopolistique va chercher en bourse la résolution de ses difficultés, avec une création de nouveaux produits financiers, certains virtuels, entraînant une hypertrophie du marché financier.
3 crises financières ont résolu en partie les difficultés du système :
celle de 1987 et 1989
de la « net » économie
des surprimes.
400 milliards de $ de perte bancaire dont 200 aux USA , en France perte de 13 milliard €.
300 000 salariés travaillent dans le secteur bancaire ils vont supporter des restructurations .
Pour faire face à leur difficultés les banques vont resserrer les crédits notamment aux PME
Les nanotechnologies vont permettre dans un premier temps de relancer le système et on verra poindre une crise systémique vers les années 2010.
En 2007 les créances des ménages pauvres américains sont transformées par les banques en titres sur papier qui sont eux mêmes découpés et disséminés dans le monde entier ce qui permet un partage des risques. Le système a fonctionné sans problèmes tant qu’il y a eu une hausse de l’immobilier avant de rentrer en crise dés que cette hausse a cessé. D’où perte de la confiance dans les banques qui aurait pu aller jusqu’ au blocage total du système ce qui a nécessité l’intervention des banques centrales par l’apport de liquidités très importantes.
Les spéculateurs se sont alors déplacés vers les marchés qui présentaient un déséquilibre entre l’offre et la demande.
L’exemple du pétrole : blocage par les grandes compagnies de toute révolution énergétique.
Refus de développer de nouveaux puits car recherche trop chère.
Du fait des pays émergents , augmentation de la demande.
Exemple aussi de l’alimentaire, même processus.
II ) PISTES REALISTES POUR CHANGER
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Les banques ont fait 28 milliards € de bénéfice en 2006.
1536 milliards € ont été utilisés pour l’économie et 2203 pour les opérations sur titre financier !!.
A l’heure actuelle resserrement sélectif du crédit : pas pour les OPA réalisées par les grands groupes ( exemple RICARD 12 milliards sont prêtés à 4% ) mais pour la PME qui veut investir le prêt sera à 7 ou 10% avec en plus hypothèque sur la maison de l’entrepreneur.
Les banques utilisent l’argent déposé par les salariés ( ou autres ) pour la financiarisation.
IL FAUT ROMPRE LE PLUS TOT POSSIBLE AVEC CE SYSTEME, C’EST UN ENJEU DE CIVILISATION.
Pour cela 4 entrées possibles : local, départemental et régional,
national,
européen,
mondial.
Il y a différentes façons de produire et d’utiliser les richesses.
La valeur ajoutée est constituée par : les salaires,
les prélèvements publics et sociaux,
les profits .
Il est bien entendu que pour le système capitaliste seul les profits doivent être augmentés entraînant la baisse des 2 autres.
Dans le département de l’Essonne il y a 18,15 milliards € de dépôt et 18.05 milliards €
de crédits dont un solde de 100 millions € , la région Ile de France a elle un solde de 167 millions € de crédits, à l’évidence notre département n’investit pas assez..
Il faut constituer un fond régional emploi formation, FREF, permettant de prendre en charge une partie du crédit des PME.
Exemple : si le taux du crédit est de 4% il peut être ramené à 3% pour la création et la formation de 10 emplois et à 2% pour la création et la formation de 20 emplois.
CETTE BATAILLE DOIT ETRE MENEE SANS ATTENDRE AVEC LES CITOYENS , LES ELUS , LES ASSOCIATIONS ET LES ENTREPRENEURS.
Les FREF de 21 régions dirigées par la gauche peuvent constituer un fond national pour l’emploi : FNPE.
Il faut aussi récupérer dans ce fond les 27 milliards € des exonérations des cotisations
patronales.
Il faut constituer un pôle financier public avec : caisse des dépôts et consignations
caisses d’épargne
banques mutualistes
banque postale
banques renationalisées.
Cet argent public doit être redéployé.
Il y a plusieurs étages : BCE,
BCN (banques nationales des 27 pays de l’union ),
banques ordinaires (BNP,CA…)
Le rôle de la BCE actuel: elle ne rend de compte à personne et ne doit lutter que contre l’inflation , elle refinanciarise les banques nationales et locales quand il y a crise.
Nous devons porter nos efforts en commençant par le bas avec l’appui des luttes il faut faire bouger les banques locales amenant ainsi le système européen à refinancer les crédits pour l’emploi et donc changer les exigences du système et sa logique , la BCE doit avoir des taux d’intérêt plus bas pour l’emploi et plus haut quand il s’agit de spéculation.
MONDIAL
Les institutions qui régissent le monde sont au service du capital financier et des USA : BM, FMI, OMC.Le FMI pourrait refinancer les banques nationales dans un redeploiement vers l’emploi.
DSK président du FMI problème franco-francais.
Par le passé vision étatiste et accaparement des moyens de production , l’expérience historique a montré des progrès mais aussi les limites.
Le secteur public a été géré par un savoir faire capitaliste et il est en échec.
En 1981 la nationalisation du secteur bancaire sans changer son mode de fonctionnement a entraîné sa reprivatisation.
Il faut remplacer le terme de NATIONALISATION par celui d’APPROPRIATION SOCIALE.
Nationalisation : propriété de l’état, EDF est un service public national en France mais il a une attitude de capitaliste dans le monde.
Une appropriation sociale doit comporter un aspect national, européen et mondial, de plus ces
nouveaux types d’entreprises publiques doivent fonder leur politique sur d’autres rapports entre les salariés et les usagers.
III) EXEMPLES DE PROPOSITIONS DU PCF
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Instauration de contrôles nouveaux sur les banques et fonds d’investissements .
Création de FREF dans toutes les régions.
Les salariés doivent pouvoir solliciter ces FREF et intervenir sur les gestions des entreprises.
Développement des pouvoirs d’intervention et de coopération des usagers avec les personnels dans tous les services publics, des niveaux local et national aux niveaux européen et mondial.
Création d’un pôle financier public national pour favoriser une croissance réelle riche en emplois de qualité et avoir ainsi une véritable politique industrielle pour notre pays.
La BCE doit avoir une autre mission, elle sera contrôlée par le parlement européen et les parlements nationaux avec la possibilité de propositions alternatives des travailleurs dans les entreprises et les services publics.
Relation entre la BCE et les BCN pour lutter contre la spéculation.
Refondation du FMI avec des droits de vote démocratisé l’émancipant du contrôle des USA,
avec une monnaie commune mondiale à partir des droits de tirage spéciaux (DTS ). Sur ces bases , le FMI pourrait refinancer les banques centrales pour le co-développement des peuples.
Instauration de biens et services communs pour toute l’humanité en coopération pour le crédit, l’alimentation, l’eau, l’écologie, l’énergie, les transports, les réseaux de communication, la santé, l’éducation, la culture…
IV) PROBLEME DE LA RECHERCHE
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USA est le pays qui dépense le plus , le secteur privé participe , relation étroite.
France : dépense nettement insuffisante par rapport aux autres pays de l’UE. Moindre participation des entreprises pose le problème de la capacité technologique et même de coopération , il y a une difficulté de liaison recherche/production. Le MEDEF veut régler par une réponse élitiste avec le choix de pôles d’excellence en compétition qui écraseront tous les autres entraînant une hypertrophie et congestion d’une part et une désertification d’autre part préjudiciable au développement harmonieux des régions.
Démembrement du CNRS , ses équipes pluridisciplinaires vont être dispersées avec perte de leur complémentarité et au profit de leur instrumentalisation par le patronat .
Au contraire il faut développer la coopération : liaison recherche-formation-emploi.
20:02 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dimocili yves, pcf, économie |
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27/05/2008
Jaurès, Clemenceau et Valls
Article de Gilles Candar, historien, responsable des Oeuvres de Jaurès chez Fayard, signataire de l'appel de Gauche Avenir
À l’issue de son dernier livre (Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche), Manuel Valls évoque le débat Jaurès / Clemenceau à la Chambre des députés de juin 1906 et il indique que ses préférences vont vers le président du Conseil Clemenceau, et ses « cathédrales républicaines » patiemment construites, non vers le fondateur de L’Humanité Jean Jaurès et ses « palais de fééries ».
En un sens, historien de la période, je pourrais me réjouir de cet intérêt pour des controverses un peu anciennes. J’hésite à le faire. De toute évidence, Manuel Valls ne veut pas proposer une lecture nouvelle des débats entre socialistes et radicaux au début du siècle, il choisit un prétexte pour dire que les socialistes doivent rompre avec leurs traditions, leurs réflexes, leur mémoire, et s’inventer un nouveau passé… Je ne suis pas sûr que les références imprécises et vagues auxquelles est contraint Manuel Valls l’aident dans sa tâche, ni que celle-ci soit nécessaire ou souhaitable.
Prendre au mot Manuel Valls pourrait s’avérer cruel : de quoi est-il question dans ce fameux débat de 1906 ? Les mineurs se sont mis en grève, après la catastrophe de Courrières. Onze cent victimes environ, catastrophe nationale qui pose le problème de la sécurité, du profit et des vies humaines. Vingt mille soldats sont envoyés dans le Nord-Pas-de Calais pour reprendre le contrôle de la situation. C’est le moment clef qui voit Clemenceau, champion de la gauche radicale et ardent dreyfusard, se muer en « premier flic de France », bientôt « le Tigre », ministre de l’Intérieur efficace et promoteur de ce que je proposerais d’appeler « une gauche d’ordre ».
En ce même printemps 1906, Clemenceau, « le briseur de grèves » pour reprendre une expression de Jacques Julliard (Clemenceau briseur de grèves, Julliard/Gallimard « archives », 1965), mate aussi un mouvement social chez les postiers : ces fonctionnaires ne sauraient avoir le droit de faire grève, bloque le déploiement syndical du 1er mai en plaçant Paris dans une sorte de « petit état de siège » (45 000 soldats contrôlent la capitale avec de nombreuses réquisitions militaires) tandis que le secrétaire général de la CGT, Griffuelhes, est arrêté et poursuivi pour complot contre la sûreté de l’État, en compagnie de quelques militants monarchistes (cf. Frédéric Monier, Le Complot dans la République, La Découverte, 1998).
C’est contre ce comportement assurément nouveau de la part du pouvoir radical, qui tranche en tout cas avec celui des années du Bloc des gauches, que s’élèvent Jaurès et les socialistes. Jaurès n’est pas du côté des nuées et des vues générales. Certes, il a un projet d’ensemble pour la société, il croit alors en la nécessité de la socialisation de la propriété, ce qui n’est peut-être plus notre cas, du moins plus selon les mêmes modes. Mais c’est aussi un homme de réalisations, de réforme, d’action quotidienne… Il l’a prouvé, dans l’affaire Dreyfus, et tout récemment en contribuant largement au vote de la loi de séparation des Églises et de l’État (sans doute davantage que Clemenceau, mais là aussi, il faudrait un vrai débat, forcément plus long et complexe…). Il veut fonder le débat politique sur des bases rationnelles, librement et largement discutées. Il demande pour l’heure une autre politique sociale : les retraites ouvrières et paysannes, enfin ! l’impôt sur le revenu, etc. Clemenceau ne croit guère dans les « masses », il a une conception élitaire de l’humanité, beaucoup plus individualiste. Il est davantage l’homme des « coups », parfois efficaces : il va être un « grand ministre de l’Intérieur » et il gagne en mai 1906 les élections législatives grâce à sa posture répressive et ses habiletés tactiques.
Mais après ? Le programme social (retraites, journée de dix heures, réforme fiscale, contrats collectifs…) est évacué ou du moins remis en position marginale. L’essentiel est la gestion et surtout l’ordre… Eh bien, dans la mémoire de la gauche, cette période (1906-1909) dominée par Clemenceau a peu compté, ou alors comme un contre-exemple. Je ne crois pas qu’il y ait intérêt à la ressusciter et à s’en inspirer. En revanche, Jaurès, Sembat, Guesde, les socialistes et les syndicalistes du début du siècle, s’ils ne peuvent fournir les solutions concrètes pour les programmes du XXIe siècle, d’autant que leurs messages n’étaient pas univoques, ni immuables, restent nos références par leur volonté d’émancipation, leur courage et leur patience, leur quête de vérité, au quotidien comme par leurs conceptions d’ensemble (les cathédrales ont aussi besoin d’architectes, sinon l’effondrement menace…). Peut-être par cet excès d’optimisme que certains prêtaient à Jaurès, j’ai la faiblesse de croire qu’en y réfléchissant mieux, Manuel Valls se rapprochera des bancs socialistes de l’hémicycle en 1906 et finira par entendre Jaurès.
Gilles Candar,
responsable de l’édition des Œuvres de Jaurès chez Fayard
13:32 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jaurès, clemenceau et valls |
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29/04/2008
Manuel Valls : "Changer la gauche pour la faire gagner"
de Muncerus
Oui, Manuel Valls aime la gauche ! Quand elle est celle de la droite et qu’elle ne fait plus qu’alimenter cette dynamique contrastive dont a besoin le libéralisme pour assurer la pérennité de son système !
Le tropisme libéral, voilà ce qui pousse le maire d’Evry à envisager un aggiornamento du PS tel que ledit parti ne subsiste sous un autre nom que pour s’inscrire dans la même démarche moderniste de ses prédécesseurs de la fameuse "deuxième gauche", celle qui aura si bien contribué à délier le Parti Socialiste de ses engagements fondateurs. Au reste Manuel Valls ne manque pas de revendiquer sa filiation avec Michel Rocard et il s’empresse, dans son intervention de ce matin sur France-Inter, de faire élogieuse référence à "la ligne Bockel-Blair, portée par Rocard et DSK".
L’inconvénient réside dans le fait que la poussée droitière au sein du PS, inaugurée dès l’émergence de la "deuxième gauche" dans les années 70, a fini par bouleverser l’ensemble de la gauche et par modifier les comportements de l’électorat, lequel, d’abstention en vote provocateur, a fini par laminer les espoirs de cette gauche maintenant moribonde.
L’exemple actuel de l’Italie devrait pour le moins interpeller Manuel Valls. La nouvelle de ce jour qui nous apprend l’accession du post-fascisme à la mairie de Rome place la cerise sur le gâteau que s’était déjà offert Berlusconi en remportant les élections législatives aux dépens de Veltroni, ancien maire de Rome et grand adepte de cette gauche tellement délavée que l’électeur italien a préféré opter pour une droite parfaitement décomplexée.
Le Parti Socialiste, en France, vient de se doter d’un document préparatoire en vue de son prochain congrès, par lequel il confirme sa vocation réformiste. Dont acte. Mais ce texte est tout autant à vocation refondatrice, il est significatif du progressif délitement des références qui jusqu’ici marquaient encore le socialisme français au coin de la fidélité à sa lutte maintenant séculaire. Tout au plus s’accorde-t-on à "ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est", à se révolter contre les injustices et à espérer une vie meilleure. Quant aux objectifs poursuivis, ils le seront une fois affirmée la nécessité de bâtir "une société nouvelle qui dépasse les contradictions du capitalisme". Et, si l’on poursuit la lecture du document, force est de constater que le PS, s’il adoptait ce texte lors de son prochain congrès, se situerait définitivement dans une mouvance droitière à connotation sociale. Alors, les Kouchner, Bockel et autres Besson feraient véritablement figures de pionniers et "l’élargissement" selon Sarkozy aurait quelque allure de plaisante lapalissade.
Jusque dans son rythme, d’une remarquable fluidité, la langue nouvelle adoptée par les rédacteurs de cette "déclaration de principes du PS" gomme toutes aspérités susceptibles d’éveiller quelque élan réactif de la part du lecteur branché. Le vocabulaire est soigneusement peigné de manière à ne pas effaroucher l’adhérent potentiel, de façon à ne pas heurter le militant nouveau qui, avec sa carte à 20 euros, entend peser sur l’inflexion des choix dans le sens d’une modernisation de la pensée unifiante.
Mais, comme le note Manuel Valls lui-même, il s’agit bien d’un "texte de rattrapage" qui se donne pour but de relooker l’affichage sans trop laisser paraître le virage idéologique. Aussi la rhétorique humaniste subsiste-t-elle vaguement, notamment dans le "préambule", et l’on ne craint pas d’avouer que le PS "plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières"...
Bref, tout le monde trouvera son compte dans cette sorte de concordat et les hiérarques du parti pourront, dans un grand mouvement d’ensemble, signer au bas de la page sans prendre le risque de compromettre leur avenir.
Reste qu’en affirmant que le texte d’Alain Bergougnoux n’est qu’un texte de "rattrapage" encore plein des relents du siècle passé, Manuel Valls lève le voile sur ses intentions réelles. Et lorsqu’il déclare préférer Clemenceau à Jaurès, on saisit encore mieux dans quelle perspective se situe l’ancienne "plume" de Jospin. Un réformisme de couleur toute "radicale" en quelque sorte et, somme toute, de nature à satisfaire une large couche de l’électorat. Adopter cette "souplesse" qu’observe Manuel Valls chez les britanniques et donc "changer la gauche pour la faire gagner".
Nul doute qu’Alphonse Allais nous eût asséné une formule encore plus édifiante !
20:37 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valls, député, evry, ps, droite |
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19/04/2008
Quelle position prendre à propos de la campagne sur le Tibet ?
La campagne sur le Tibet a commencé bien avant les derniers évènements de Lhassa et nul doute qu’elle va durer. La question du positionnement du PCF sur cette campagne n’est donc pas une affaire secondaire.Que dit la direction actuelle ? Dans le dernier texte publié à ce sujet et adressé aux communistes dans La lettre du PCF, elle accuse les pays occidentaux de « mollesse » et de « cynisme ». Si l’on suit de telles accusations, ce n’est donc plus de boycott de la cérémonie d’ouverture des JO dont il devrait être question, mais d’une escalade vers la guerre froide. A gauche, pour l’instant, seul Jean-Luc Mélenchon s’est démarqué de cette campagne (voir sur le site de l’Humanité la version intégrale de son texte dont des extraits ont été publiés dans le journal du 12 avril).
Une position politique communiste pourrait pourtant rappeler quelques vérités. Que la Révolution chinoise a été synonyme de progrès pour les tibétains, y compris en termes de droits de l’homme, sauf à penser que le progrès de l’espérance de vie ou l’abolition du servage, pour ne prendre que ces deux exemples, sont des données étrangères aux droits de l’homme. Que l’idée de génocide, ou de génocide culturel, au Tibet est une absurdité, à moins qu’il ne faille considérer que des rapports sociaux fondés sur la doctrine de la prédestination doivent être protégés au Tibet, alors qu’une autre version de cette doctrine est violemment combattue lorsqu’elle est défendue par la droite française à propos des enfants de 2 ans. Que le temps n’est plus où les occidentaux étaient en position de lancer des diktats aux grands pays d’Asie. Que la question du boycott des JO n’est pas posée pour les JO de Londres, alors que la Grande-Bretagne a participé à l’invasion, à la destruction de l’Irak et à son occupation. Que si un régime devait être menacé de représailles, c’est celui des Etats-Unis, qui viole tous les jours le protocole de Kyoto et est ainsi, à l’heure actuelle, le régime le plus dangereux pour l’avenir de l’humanité. Que ce régime se sert des forces obscurantistes tibétaines contre la Chine comme il s’est jadis servi des forces obscurantistes afghanes contre l’URSS…
Tous ces faits mériteraient d’être développés et débattus plus amplement. Et rien ne dit que ceux qui s’inquiètent sincèrement de la situation des Tibétains y seront indifférents.
Eric Le Lann
08:54 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, chine, pcf |
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21/03/2008
L'ANTICOMMUNISME
L’anticommunisme n’a jamais été aussi virulent en France qu’actuellement.
On le rencontre à droite bien entendu mais de plus en plus parmi ceux qui se disent de gauche.
Je ne reviendrai pas sur l’attaque en règle menée par la PS contre la Seine St Denis, attaque on l’oublie trop souvent soutenue par Devidjian.
Une autre attaque de l’idéologie communiste vient elle des médias.
Des médias privés bien entendu dont la palme revient sans conteste à M6 et TF1. Citons quelques phrases au détour de reportages du style « libéré du communisme », « dictature communiste », « pays encore communiste »…. sont légion.
Le service public s’y met aussi avec là encore des coups virulents venant de chroniqueurs estampillés « à gauche ». Philippe VAL, Rédacteur en chef de Charlie Hebdo s’est attaqué à deux reprises en moins d’un mois à l’idéologie communiste. D’abord dans les colonnes de son journal, ensuite dans sa chronique hebdomadaire sur France Inter.
Ph. Val s’en est pris il y a trois semaines aux FARC, colère légitime si l’on songe aux conditions de détention abominables des otages. Les FARC se réclament du marxisme (ou du moins sont catalogués comme tels par le gouvernement colombien téléguidé par Washinton). Ugo Chavez est un des rares chefs d’état a avoir dialogué avec les FARC et ainsi obtenu quelques libérations d’otages. Le fait qu’Ugo Chavez soit, qu’on le veuille ou non, le seul interlocuteur valable des FARC n’en fait pas pour autant un soutien à leurs exactions. Ce pas a pourtant été franchi par Philippe VAL. Non content de s’arrêter là, le chroniqueur d’Inter a resservi l’amalgame désormais bien connu entre les théories de Marx et les crimes commis en son nom. Amalgame on l’oublie souvent monté par les extrêmes droites européennes afin de minimiser les crimes d’Hitler.
Ce vendredi matin, à l’occasion de la journée spéciale Mai 68 sur France Inter, Philippe Val nous explique qu’avant mai 68, le peuple n’avait le choix qu’entre la soumission à l’ordre établi rétrograde ou la « dictature communiste ». Heureusement, des hommes comme Philippe Val se sont levés et depuis on peut être de gauche, féministe, écologiste, libéré sexuellement et surtout anticommuniste (On aurait presque envie d’ajouter : Alléluia).
On en arrive à ce paradoxe que la droite n’a même plus à combattre le communisme, elle laisse cette tâche à une partie de la gauche (qui s’en acquitte avec beaucoup de zèle).
Je terminerai ce courriel par cette question : pourquoi cet acharnement ? et ce conseil : il est grand temps de relire Marx.
Gilles MOREL
09:37 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anticommunisme |
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15/03/2008
Oser le rouge, par Robert Solé
Plusieurs défaites incompréhensibles des Bleus trouvent enfin une explication : selon des scientifiques britanniques, les équipes de football dont les joueurs portent un maillot rouge gagnent plus souvent que les autres. Cette couleur de feu et de sang provoque, paraît-il, des effets sensoriels qui défavorisent la partie adverse.
10:32 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie george buffet, communisme |
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10/01/2008
LE BAL DES COCUS
Ca devient pénible à la longue de voir ceux-là même qui vendent leur âme pour un plat de lentilles, déplorer ensuite que le premier sagouin venu leur achète et regretter qu’il en fasse ensuite n’importe quoi ( ou plutôt exactement et exclusivement ce dont il a envie et besoin) !
C’est fou, de se mettre volontairement dans les mains d’un flibustier et de s’étonner ensuite qu’il n’ait pas de morale, et t’ait piqué ton portefeuille, tes clopes et même ton caleçon !
Je ne dirais pas que ces gens-là se prostituent , ce serait bien trop déshonorant pour les prostituées.
Ces gens-là se vendent, comme on vend une bagnole, une action ou une maison. Ils se vendent au plus offrant, au plus fort. Ca ne va pas plus loin. C’est du marché basique et à court terme. Autrement dit, ils sont complètement contaminés par le capitalisme.
Les journalistes s’étonnent benoitement que les citoyens leur crachent au visage et ne les prennent plus au sérieux.
Mais quiconque a déjà observé un journaliste face à Sarkozy ne peut ensuite que le mépriser et avoir envie de lui arracher les esgourdes, en temps normal (il y a des exceptions mais bon…).
Tiens, on ne dira pas que ce sont des exemples, (ou alors on ne dira pas des exemples de quoi), mais Duhamel, Elkabach, Guetta, Chabot, PPDA, Apathie…
Les hommes politiques (et surtout ceux « de gôche ») s’étonnent également de la désaffection croissante dont ils sont l’objet, de la montée du populisme et des tirs de missiles qu’ils essuient dernièrement de façon récurrentes par les uns ou les autres à la première réunion publique venue.
Mais quiconque a déjà observé un homme politique « de gôche » face à Sarkozy ne peut ensuite que le détester et avoir envie de lui crever les yeux.
Tiens, on ne dira pas que ce sont des exemples, (ou alors on ne dira pas des exemples de quoi), mais Lang, Kouchner, Valls, Besson, Amara, Attali, Ayrault, Hollande, j’en passe…
En fait, ils sont presque drôles à regarder, comme aurait dit Aznavour…
Et là où le comique atteint des sommets, c’est quand l’une de ces catégories de cocus volontaires s’en prend à l’autre croyant être plus malin…
Le truc marrant,par exemple, c’est que sortent aujourd’hui, dans la presse « comme il faut », les bonnes feuilles de trois livres sur Cécilia Sarkozy, et l’ex-couple présidentiel (attention là je prends des risques…) – il serait écrit dans ses feuillets que l’excellentissime serait un abominable de coureur de jupons, un pingre achevé et autres joyeusetés.
Le comportement des hommes politiques à l’égard des femmes en général (toujours les oubliées, en fin de compte, avec d’autres, des politiques nationales) et des leurs en particulier, a toujours été extrêmement révélateur de ce qu’ils feraient d’un pays ou de leurs concitoyens.
Une élection présidentielle, c’est comme un mariage pour 5 ans, hélas et sans divorce possible.
Pour ceux qui ont cru avoir épousé la Belle, se réveiller à côté de la Bête, ça fiche les jetons non ?
Ben ouai.
Et pour les colocs’ aussi....
12:21 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cocu, sarko, journaliste |
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