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01/04/2026

Fabien Roussel hausse le ton et propose de nationaliser Total

Fabien Roussel essence.jpgInvité ce matin sur les ondes de France Inter, le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a dénoncé la flambée des prix de l’essence et appelé à une intervention immédiate de l’État.

Au cœur de sa stratégie : une proposition de loi déposée par les sénateurs communistes pour bloquer les prix, encadrer les marges et nationaliser TotalEnergies. Une ligne politique qui assume une confrontation directe avec la logique de marché au nom de la protection des ménages.

Un appel à une intervention immédiate de l’État

La hausse rapide des prix des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la nervosité des marchés énergétiques, a replacé la question du pouvoir d’achat au centre du débat public. Dans de nombreuses stations, le litre de gazole a largement dépassé le seuil symbolique des deux euros, ravivant l’inquiétude des ménages et des professionnels dépendants de la route.

Fabien Roussel a choisi de porter l’offensive sur le terrain médiatique. Ce matin, sur France Inter, le dirigeant du PCF a dénoncé une « situation insupportable » pour les Français, accusant les grands groupes pétroliers de profiter de la crise. Selon lui, l’État dispose des outils juridiques nécessaires pour agir rapidement, mais refuse de les utiliser.

Au-delà du constat, il souhaite « faire de la question énergétique un marqueur de justice sociale ». Pour lui, laisser les prix s’envoler revient à accepter un transfert direct des richesses des ménages vers les entreprises énergétiques et les marchés financiers.

La proposition de loi des sénateurs communistes, un dispositif de régulation exceptionnel

Au cœur de cette offensive politique se trouve une proposition de loi déposée au Sénat par les élus communistes. Le texte vise à instaurer une régulation exceptionnelle des prix de l’énergie, en s’appuyant sur les dispositions du code de commerce permettant à l’État d’intervenir en cas de circonstances exceptionnelles.

La mesure principale consiste à plafonner temporairement le prix des carburants à un niveau considéré comme supportable pour les ménages, autour de 1,60 euro le litre. Le texte prévoit aussi un encadrement strict des marges sur l’ensemble de la chaîne énergétique, du raffinage à la distribution, ainsi qu’un renforcement des contrôles et des sanctions en cas d’abus.

Autre levier : la réduction temporaire de la TVA sur les carburants et l’électricité, ce qui aurait des effets immédiats sur la facture finale. Les sénateurs communistes proposent enfin une clause de sauvegarde permettant d’étendre le blocage aux prix de l’électricité si la crise devait s’aggraver.

Mais la dimension la plus politique de cette initiative réside dans la nationalisation évoquée par Fabien Roussel. Il a réaffirmé que, si les grands groupes énergétiques refusaient de limiter leurs marges, l’État devrait reprendre le contrôle des entreprises jugées stratégiques pour garantir la sécurité énergétique du pays.

Une bataille politique sur le rôle de l’État face aux crises

Au-delà des mesures concrètes, la prise de position du secrétaire national du PCF traduit une vision plus large du rôle de l’État dans l’économie. Pour les communistes, la hausse des prix de l’énergie révèle les limites d’un modèle fondé sur la dérégulation et la dépendance aux marchés internationaux.

Fabien Roussel défend ainsi la création d’un pôle public de l’énergie capable de stabiliser les prix sur le long terme et de garantir une énergie accessible à tous. Il pointe l’augmentation des Certificats d’Économie d’Énergie, accusée d’avoir renchéri indirectement le coût des carburants et du chauffage.

par Léa Triolen pour Liberté Actus

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30/03/2026

Pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes

PCF congres.jpg

La direction du Parti communiste, réunie ce week-end, a approuvé le texte qui pourrait servir de base de discussion lors du 40e congrès, en juillet prochain. Proposition est faite d’une candidature « combative » pour 2027.

 

Le débat peut s’ouvrir. Ce dimanche à Paris, le Conseil national (CN) du PCF a approuvé à 77 % des voix le projet de base commune de discussion, « Un communisme de conquêtes », qu’il soumet aux adhérents à l’occasion du congrès du parti, qui se tiendra les 3, 4 et 5 juillet à Lille.

Les 38e et 39e congrès ont porté « l’ambition de rendre à nouveau visible notre parti dans le débat public » et « permis de renouveler notre projet et de préciser nos propositions », a rappelé en introduction Léon Deffontaines, responsable de la commission chargée de la rédaction du texte.

Cette fois-ci, « il s’agit de franchir une étape décisive : affirmer le rôle central du PCF dans la conquête de pouvoirs pour le monde du travail » et « recréer une base sociale forte en faisant progresser la conscience de classe », avance-t-il. À un an de la présidentielle, la question de la stratégie des communistes est également posée.

« Le 40e congrès propose aux communistes de prendre toute leur place lors de la prochaine élection présidentielle et de mettre en débat (…) ses propositions avec les citoyennes et les citoyens, avec les forces de gauche et écologistes, avec les militants syndicaux et associatifs, avec le monde du travail, de la culture et de la création. Les communistes sont donc en campagne dès aujourd’hui », expose le texte proposé par le CN, qui précise que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins nationaux et locaux du pays ».

Pour les élections législatives, il est proposé de « construire les rassemblements les plus larges, afin de faire élire le plus grand nombre possible de députés de gauche » à l’échelle des territoires et de discuter avec les autres forces de progrès pour déterminer les candidatures les mieux à même de l’emporter dans les circonscriptions « menacées d’un succès de l’extrême droite ou de ses alliés ».

« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann »

Minoritaires, plusieurs voix ont pris leur distance avec l’hypothèse d’une candidature communiste. « Notre obsession doit être de tout faire pour construire l’alternative à l’extrême droite et au capitalisme radicalisé, avance ainsi le conseiller de Paris Jean-Noël Aqua. Nous devons tout faire pour être utile en 2027, faire gagner une politique de progrès et d’émancipation. » Il rappelle l’aspiration unitaire de l’électorat de gauche et invite à « partir de l’existant pour l’améliorer », la « voie de victoire ouverte par le Nouveau Front populaire en 2024 ».

Il s’inquiète de ne pas voir dans le projet de base commune de « chemin concret pour battre l’extrême droite et ouvrir une victoire de la gauche ». « Le PCF peut faire entendre sa voix sans se placer d’emblée dans une perspective d’échec de la gauche face à la droite et l’extrême droite. On ne peut faire l’économie d’une réflexion sur un rassemblement de notre camp social et politique », alors que l’extrême droite est proche de 35 % d’intentions de vote, appuie le secrétaire départemental du Finistère, Ismaël Dupont.

D’autres, comme Muriel Ternant (Territoire de Belfort), se prononcent pour une candidature communiste « au service d’un projet révolutionnaire » et qui « pourrait éventuellement être retirée au bénéfice d’une stratégie de mise en échec de l’accession de l’extrême droite au pouvoir ». Nicolas Cossange (Hérault) rappelle, lui, que l’élection présidentielle est « un moment phare de la vie politique » et permet de présenter les propositions du PCF. Il ajoute qu’en 2017 le soutien à Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas traduit par un accord aux législatives.

« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann », souligne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, pour qui « c’est en ayant une candidature combative à l’élection présidentielle, comme nous avons su le faire en 2022, que nous serons en meilleure position pour avoir le plus de députés possible ».

La présidentielle en ligne de mire

Pour 2027, expose le projet de base commune, l’objectif sera de porter une « politique de classe seule à même de reconquérir le monde du travail », sous la forme d’un « pacte » avec les Français qui « replace au centre du débat public le travail et l’emploi, la justice sociale et l’égalité réelle, la souveraineté populaire et la refondation de la République, l’édification d’un nouvel ordre mondial fondé sur la paix et la coopération entre les peuples ». Dans ce cadre, « il faudra insister énormément sur la désindustrialisation » qui nourrit la « montée de l’extrême droite dans les sous-préfectures », avance Pierre Lacaze, responsable aux élections.

Le congrès doit être l’occasion de mettre à jour l’analyse des communistes, mais aussi de redéfinir leur projet. L’un des principaux débats portera sur la réintroduction dans leur doctrine de la notion de « socialisme aux couleurs de la France » qui devrait leur permettre de mieux présenter leur ambition autour de cinq piliers fondamentaux : la planification démocratique et écologique, la socialisation massive des moyens de production, la coopération entre nations souveraines, la promotion des droits et libertés et l’émancipation culturelle. Un plan d’action devrait également être mis en place pour animer deux « campagnes structurantes » et permanentes, l’une pour une « nouvelle industrialisation et de nouveaux services publics », l’autre « pour la paix et l’autodétermination des peuples ».

D’ici le 3 mai, trois cents communistes au moins peuvent déposer un texte de base commune alternative. L’un d’entre eux, « Le communisme partout », a déjà été présenté par des contributeurs du site Nos révolutions. « Nous souhaitons réparer le lien entre le parti et l’ensemble des mouvements sociaux », explique à l’Humanité l’un de ses rédacteurs, Antoine Guerreiro. Ce texte se propose de renouer une alliance « prioritairement avec les insoumis ». Un autre texte, proche du blog Matérialisme et communisme, est en préparation.

Le membre de l’exécutif Frédéric Boccara a déclaré qu’« il y a besoin d’un texte alternatif reprenant l’ambition des 38e et 39e congrès », estimant que le document proposé par le Conseil national est en « régression sur les avancées marxistes » et qu’il ne pose pas la question « de l’articulation avec des éléments communs de programme face au danger d’extrême droite ». Les communistes détermineront le texte sur lequel ils plancheront par un vote les 6 et 7 juin, avant, dans le courant de juin, d’en débattre dans les sections et fédérations.

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11:27 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : pcf, congrès | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

26/03/2026

ANALYSE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES PAR PIERRE LACAZE

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Les communistes, souhaités battus par l’extrême droite, les droites et Mélenchon, résistent et même gagnent.
Au-delà de l’abstention massive, de la question du narcotrafic, de la présidentialisation de la campagne, de la division à gauche, du contexte de guerre qui ont marqué ces élections, je souhaite donner à voir les résultats du PCF et les rapports de force politique.
 
Face au RN – qui l’avait déjà déclaré gagnée pour eux -, le PCF à Nîmes, dans une liste d’union de la gauche, avec une liste LFI contre, gagne une ville de 150 000 habitants, ce qui n’était pas arrivé depuis 25 ans.
 
Comme en 2020 où nous regagnons Villejuif et Bobigny perdues à l’élection précédente, en 2026 nous regagnons aussi à nouveau une ville de plus de 30 000 habitants : Aubagne, 47 000 habitants, perdue aussi en 2014, la tête de liste apparentée PCF regagne la ville devant le candidat du RN.
Ces victoires ne masquent pas l’avancée de l’extrême droite et ses gains, mais comme à Marseille, à Saint-Amand, à Lens, à Avion, elles montrent que le PCF, la gauche unie peuvent la faire battre.
 
Aucun commentateur, aucun parti ne peut passer à côté de ces résultats qui font du PCF, et de loin, la deuxième force de gauche du pays en nombre de maires et d’élus, comme en présence dans les différents territoires, grandes villes et petit villages.
C’est un atout important pour notre pays, pour la démocratie, pour nos enfants et seniors, pour les plus en difficulté, pour le monde associatif et culturel comme pour le monde du travail, les ouvriers, les salariés qui peuvent compter sur nos élus, et les dirigeants communistes en sont fiers.
 
Ces résultats ce sont ceux des électeurs qui ont choisi une tête de liste PCF ou apparenté et qui dès le premier tour ont élu plus de la moitié des maires communistes ; bravo à eux et à leurs équipes. Mais aussi les électeurs qui ont fait élire nos maires au second tour, maires que je félicite car l’affrontement fut violent, souvent sale, ou qui ont voté pour nos candidats malheureusement battus parfois de quelques voix et que je tiens à saluer.
 
Au-delà des victoires de nos maires par centaines, je veux saluer tous nos conseillers municipaux dans les majorités comme dans les oppositions, plusieurs milliers qui vont être utiles à leurs concitoyens.
 
Nos bons résultats ce sont aussi ceux de nos élus en responsabilité souvent importante dans des milliers de mairies comme à Paris et Marseille, Lyon où la campagne fut difficile, mais aussi à Nantes, Montpellier, Nancy, Rennes, Lille, Tours, Grenoble et bien d’autres où les majorités sortantes ont gagné ; mais aussi à Saint Étienne et Amiens où Léon Deffontaines sera président délégué de la Métropole.
 
Notre parti reste très présent dans les Métropoles avec des gains d’élus, malgré les pertes pour la gauche de Strasbourg, Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Besançon et Poitiers.
Nous avons construit ces victoires à 90 % dans des accords avec les socialistes et les écologistes, et à la marge avec LFI avec la mairie de Saint-Denis au premier tour et de La Courneuve que nous perdons, mais où nous serons dans la majorité. Et très peu de gains, plutôt des défaites, dans des accords de second tour entre le PS et LFI qui vont s’avérer infructueux, notamment à Toulouse où le rejet de Mélenchon fait perdre très sèchement le député LFI
 
Je voulais souligner ces victoires, ces bons résultats du PCF, le poids politique réel que nous représentons à l’issue de ces municipales, car beaucoup vont chercher à masquer, à banaliser cette résistance du PCF.
 
Cette réalité n’échappera à personne, à aucun commentateur, même s’ils la taisent, et ne fera plaisir peut-être qu’aux communistes et à nos amis.
 
À l’issue du scrutin et au vu des résultats des différents partis de gauche, nous sommes en situation d’affronter la crise démocratique et économique du pays ; et les prédicateurs qui avaient annoncé notre écroulement ou notre disparition comme vieux parti dépassé en sont pour leur frais et vont adapter leurs discours ou analyses, je n’en doute pas.
 
Nous sommes à la veille des sénatoriales, de la présidentielle et des législatives ou des départementales et régionales de 2028 dans une situation correcte.
Je souhaitais donner à voir cela avant d’aborder les difficultés, car au-delà de la résistance du PCF et de ses belles victoires à Nîmes et Aubagne, il y a les percées et la progression du RN, la montée des droites partout, l’abstention, la division avec LFI et les défaites à gauche qui sont des éléments du débat politique post municipales.
À Vierzon nous perdons la ville dans des conditions difficiles internes au PCF et face à l’union des droites suite au maintien de la liste Modem dont les candidats ont été exclus.
 
Dans le Pas-de-Calais la poussée locale RN autour de la ville d’Hénin-Beaumont nous fait perdre des villes. À La Courneuve et dans d’autres villes, le départ du maire sortant a été compliqué à gérer.
Sur l’ensemble du territoire nous résistons : maintien de nos villes dans le Val-de-Marne, en Isère, dans les Hauts-de-Seine ; nous conservons à l’échelle nationale 90 % des villes au-dessus de 10 000 habitants
Il y a aussi des défaites, notamment Vénissieux, Champs-sur-Marne, dans un contexte assumé par LFI nationalement de nous prendre la ville ou de nous faire perdre. Je veux saluer Michel Picard et Maud Tallet pour leurs combats.
On perd de 25 et 66 voix avec des comportements inqualifiables durant la campagne, le jour même du vote et dans les bureaux de vote, qui ne sont pas acceptables.
 
À Vitry, Echirolles, Malakoff et autres, ils avaient les mêmes ambitions et ils ont échoué.
Dans la majorité de nos villes nous avons prouvé que nous pouvions gagner et nous avons assumé une stratégie d’union et de non présidentialisation de la campagne qui nous a aidés, car nous avions anticipé la poussée de la droite dans le pays.
Ces rassemblements, ces unions à gauche que nous avons construits suite à la décision de Fabien Roussel et des communistes dès décembre 2024 de rassembler largement dans les villes à majorité de gauche comme dans les villes de conquête, ont permis au premier tour de faire gagner beaucoup de villes, malgré les listes LFI, et de gagner au second tour.
 
C’est la plupart du temps au premier tour que se gagne l’élection en faisant une différence nette avec nos concurrents ou adversaires. Dans ce contexte, cette stratégie a été payante, y compris pour perdre le moins possible face au RN et à LR ou Horizons et Renaissance.
Le PS et les Écologistes, comme tous les partis de gauche hors LFI, ont plutôt suivi cette proposition de rassemblement mais subissent plus de pertes que le PCF.
Les Écologistes perdent plus de la moitié de leurs villes de plus de 100 000 habitants et gagnent quelques villes de plus de 10 000 ; il s’agit pour eux de défaites à analyser après les succès de 2020.
 
Le PS subit le plus de défaites y compris après ses choix controversés de fusion avec LFI dans quelques villes. Il reste le premier parti de gauche sur le territoire, mais au-delà des pertes et des gains dans les grandes villes ils perdent dans les villes moyennes et sortent divisés notamment du second tour, LFI n’a pas suivi ce choix du rassemblement au premier tour mais plutôt a cherché à se compter en espérant, ils ne s’en cachaient pas, gagner des villes sur la gauche.
C’est plutôt raté, certes ils gagnent 3 villes au PCF et 4 villes socialistes. Ils auront une dizaine de maires au lieu de 3, mais ils perdent les trois villes gagnées en 2020, et y compris dans les grandes villes de plus de 100 000 habitants ou de plus de 10 000, ils disparaissent des conseils municipaux où ils étaient et en intègrent peu en faisant souvent moins de 5 ou 10 % des voix.
 
Et malgré leurs efforts et les moyens déployés, ils seront totalement absent des communes dans la plupart des territoires hors Métropoles. Et des résultats très en dessous des législatives, seulement trois ou quatre députés sur 19 se sortent de leurs candidatures ou même du résultat des européennes.
 
C’est la droite et l’extrême droite qui sortent renforcées de ces élections. Y compris dans les Métropoles et le phénomène est plus fort en dehors des grandes villes.
C’est une alerte supplémentaire après les défaites de 2024 dans de nombreux départements. La droite LR et autres ont au global progressé lors des municipales comme l’extrême droite.
 
La gauche c’est des villes perdues dans les territoires ruraux ; pour le PCF nous perdons 40 villes de plus de 3 500 habitants quand nous en gagnons 10 ; c’est plus pour le PS et les Écologistes, et LFI n’existe pas.
Dans les plus petits villages nous avons sur une centaine de communes à retravailler avec le maire qui a pris la suite d’un maire communiste qui ne se représentait pas et où, avec la fin du panachage et des difficultés d’organisation, nous n’avons pas pu renouveler le maire alors qu’il n’y avait qu’une liste.
 
Là où l’affrontement avec la droite s’est aussi fait souvent avec deux listes la gauche a aussi reculé.
 
Le RN sort renforcé d’une présidentialisation de la campagne qu’il a souhaité comme Mélenchon mais aussi comme le PS et les écologistes au travers de l’annonce de la primaire lors de tournées municipales. Il réalise aussi des percées dans les Métropoles, notamment Nice avec la victoire de Cioti ou Toulon et Marseille avec des défaites, mais il gagne des villes en passant de 27 maires élus au premier tour à 70, et on assiste à une forte progression à l’échelle nationale. Il réalise des scores au-dessus de 10 % voire beaucoup plus sur l’ensemble du territoire.
 
À Paris le RN fait 1 % mais Sarah Knafo réalise plus de 10 %.
Ne négligeons pas que dans beaucoup de territoires et de communes nos choix, nos têtes de liste, nos candidats, nos élus avec d’autres ont permis de faire échec aux objectifs beaucoup plus ambitieux que s’était donnés l’extrême droite. Leur échec dans le Nord ou à Martigues, leur colère à Nîmes où un de leur principal dirigeant est en échec m’invitent à penser que les communistes sont les plus utiles et les plus efficaces pour battre l’extrême droite. Nous sommes sur le terrain leurs adversaires, les meilleurs pour dénoncer leur imposture.
 
Il faut poursuivre et s’appuyer sur nos résultats dans de nombreux territoires, comme nous l’avons fait lors de ces municipales, pour ouvrir un chemin d’espoir.
 
Pierre Lacaze

13/01/2026

Le secrétaire national du PCF revendique le droit au bonheur

fabien roussel,voeux 2026

« Je voudrais revendiquer le droit au bonheur, le droit à la paix, pour toute cette grande famille humaine et bien sûr pour notre pays et le peuple de France. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lance ses vœux pour 2026. Face à un monde « qui a la crève », tel qu’il le formule, le communiste revendique l’espoir.

En amorce, une standing ovation des militants communistes pour les ambassadeurs du Venezuela et de Cuba, présents sous l’imposante coupole de Colonel-Fabien. Pour ses vœux 2026, depuis le siège parisien du PCF, le secrétaire national Fabien Roussel a consacré une large partie de son discours à la lutte contre l’impérialisme de « l’ogre Sam », après l’attaque états-unienne à Caracas et l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse.

« Un tel kidnapping est injustifiable, quel que soit le chef d’État. La question n’est pas la nature du régime en question, mais la violation du droit international », a martelé celui qui veut revendiquer le « droit au bonheur et à la paix » pour « la jeunesse de France et celle du monde ».

Il a aussi apporté son soutien à la jeunesse iranienne, qui poursuit depuis plus de 15 jours des manifestations contre le régime des mollahs. Une révolte amorcée il y a deux ans déjà par le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». 

Après avoir rendu un hommage aux victimes de la tragédie de Crans-Montana et à leurs proches, il dédie ce moment à « la jeunesse » et questionne « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? car la guerre menace partout ». Un terrible constat, plus de 60 pays sont en guerre, c’est du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Jamais nous n’abandonnerons la paix, jamais nous n’abandonnerons nos enfants », martèle le dirigeant communiste depuis le siège historique du parti place Colonel-Fabien.

Le secrétaire national du PCF a axé ensuite son discours de rentrée sur la lutte contre l’impérialisme américain et appelé à nouveau la France à « retrouver une diplomatie libre et indépendante ». Sur le plan national, il a rappelé la nécessité de relancer la production industrielle française.

Alors que le budget de l’État pour 2026 fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce mardi, le secrétaire national du PCF est clair sur la consigne donnée à ses troupes : « Nous ne pouvons pas voter un budget qui alimente la guerre », prévient-il. Et porte un « budget qui fait le choix du pouvoir d’achat, d’investir dans les salaires, la production, énergie, formation, innovation et la transition écologique ». Tout en glissant un mot pour les milliers de salariés menacés par des plans sociaux, Fabien Roussel appelle le gouvernement à déclarer « l’État d’urgence industriel ». Enfin, à l’approche des élections municipales, le PCF, fort de 900 chefs de file dans le pays, pour battre « la droite et l’extrême droite », au travers de l’union. « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », tacle le maire de Saint-Amand-les-Eaux.

Le secrétaire national du PCF rappelle que l’argent existe, citant les révélations du rapport du sénateur Fabien Gay (également directeur de l’Humanité) qui évalue à 211 milliards le montant des aides publiques versées sans contrepartie aux entreprises. « Voilà à quoi servent les élus communistes », a salué Fabien Roussel.

Sources L'Humanité et la Marseillaise

 
 
 

09/01/2026

Municipales 2026 : bâtir la France, commune après commune

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Nous souhaitons une belle et heureuse année à toutes celles et tous ceux qui s’engagent, qui militent, qui font vivre le communisme municipal au quotidien. À celles et ceux qui, souvent loin des projecteurs, tiennent debout les services publics locaux, promeuvent la solidarité concrète et donnent un contenu réel à la promesse républicaine. Aux progressistes, aux internationalistes, aux féministes, aux antiracistes, aux acteurs de notre écologie populaire, sociale et démocratique…

L’année 2026 sera une année décisive. Les élections municipales seront l’occasion de changer le réel au quotidien. Dans une époque trouble, où l’extrême droite gagne des positions, nos communes sont les premiers lieux de résistance et d’offensive, là où se construit la France de demain. Elles permettent de porter des projets de dignité humaine, de solidarité, de transition énergétique et écologique juste, de sécurité humaine au sens large : alimentation, accès à la santé, au logement, à la tranquillité publique, aux droits fondamentaux, à rebours du système dominant…

Ce rendez-vous démocratique local sera aussi celui des enjeux intercommunaux qui sont trop souvent un impensé politique. À travers la gestion des déchets, de l’eau, des espaces verts, des voiries, les politiques de l’emploi, de la formation, du soutien à la vie associative : les territoires sont des lieux de pouvoir et des leviers de transformation sociale à ne pas négliger. Les municipales dessineront, dès septembre prochain, la prochaine composition du Sénat.

Municipales et sénatoriales forment l’architecture du bloc territorial de la nation et de la représentation nationale que nous devons construire pierre après pierre, commune après commune.

Ces élections peuvent ouvrir une séquence nouvelle, rompre avec la petite musique de l’inéluctable basculement réactionnaire et d’extrême droite du pays. Si le pire est toujours possible, il n’est jamais écrit d’avance. L’élection municipale repose sur l’ancrage local, les dynamiques citoyennes, le tissu social territorial. Elle sera aussi la première manche de la présidentielle de 2027 pour que le progrès social et écologique et notre pays retrouvent toute leur place.

Dans les 35 000 communes de France, il nous revient de rendre visibles des acquis sociétaux, de créer des surprises, avec conviction et innovation. Face aux ingénieurs du chaos, qui prospèrent sur la peur, la colère et le ressentiment, les collectivités et les élu.es communistes sont les ingénieurs de la confiance, du progrès, du bonheur, les architectes d’une France « en avance ».

Philippe Rio, Maire communiste de Grigny, Président de la coopérative des élus

Chronique publiée par le journal l'Humanité

04/01/2026

Le PCF dénonce une agression impérialiste au Venezuela

Venezuela, PCF

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont revendiqué des frappes militaires contre le Venezuela et affirmé avoir capturé puis exfiltré le président Nicolás Maduro. Une opération que le Parti communiste français condamne fermement, en mettant la France face à ses responsabilités.

Dans un communiqué publié ce samedi, le PCF ne s’embarrasse d’aucune ambiguïté. Il condamne « avec la plus grande fermeté l’offensive militaire menée par les États-Unis contre le Venezuela » et l’arrestation annoncée du chef de l’État vénézuélien, y voyant « une violation flagrante de la souveraineté du Venezuela, du droit international et de la Charte des Nations unies ». Pour les communistes, Washington a franchi toutes les lignes rouges.

Cette offensive n’est pas un coup de tonnerre isolé. Le PCF rappelle qu’elle s’inscrit dans une longue séquence d’ingérences méthodiques : sanctions économiques massives, asphyxie financière, pressions diplomatiques, tentatives de coups de force et reconnaissance de dirigeants autoproclamés. La nouveauté, cette fois, tient à la disparition de tout vernis juridique ou diplomatique. L’impérialisme ne se dissimule plus.

Et le Parti communiste en désigne clairement le moteur. Cette opération révèle « le fond réel de cette politique », écrit-il, à savoir « l’accaparement des immenses ressources pétrolières du Venezuela au profit des intérêts économiques et financiers nord-américains ». Derrière les discours moralisateurs sur la démocratie et la lutte contre le narcotrafic, le PCF pointe une logique vieille comme l’impérialisme lui-même : le contrôle des ressources stratégiques par la force.

Sur le terrain, les premières informations font état de frappes touchant plusieurs zones du pays, y compris des secteurs civils. Le PCF met en garde contre les conséquences humaines d’une telle escalade. « Ce sont toujours les peuples qui paient le prix de ces aventures impérialistes », rappelle le communiqué, évoquant morts civiles et destructions d’infrastructures dans un pays déjà étranglé par des années de sanctions.

Face à cette situation, le PCF réclame « l’arrêt immédiat de toute opération militaire », le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Venezuela, ainsi que « des preuves de vie et la libération immédiate des personnes arrêtées, en premier lieu le Président Maduro, et le respect strict de leurs droits fondamentaux ». Il exige également la levée des sanctions économiques, qualifiées de « forme de guerre contre le peuple vénézuélien ».

Mais le communiqué ne se limite pas à une dénonciation de Washington. Il interpelle frontalement Paris et Bruxelles. Le PCF appelle le gouvernement français et l’Union européenne à rompre avec « toute complaisance ou alignement sur la politique des États-Unis ». La France, insiste-t-il, doit « porter une voix indépendante » et « saisir immédiatement le Conseil de sécurité de l’ONU », plutôt que d’accompagner, par son silence ou ses ambiguïtés, une nouvelle violation du droit international.

Au-delà du Venezuela, les communistes posent une question centrale. Si une grande puissance peut aujourd’hui capturer un chef d’État étranger par la force, quel État peut encore se croire à l’abri demain ? Pour le PCF, la paix, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le multilatéralisme ne relèvent pas du discours incantatoire. Ils constituent une ligne de fracture politique, et un combat.

Source Liberté Actus

 

30/12/2025

Le patronat organise le grand déménagement de notre industrie

PCF Industrialisation.jpg

Face aux difficultés du tissu industriel français, symbolisées par la récente liquidation judiciaire de Brandt, le communiste Aymeric Seassau appelle l’État à agir et dénonce le rôle du capital.

Pourquoi appelez-vous à sonner « l’état d’urgence industriel » ?

Aymeric Seassau

Membre du CEN du PCF, responsable à la nouvelle inustrialisation

Cet appel part d’un constat. La France et son appareil productif sont arrivés à un point de non-retour : nous sommes le tout dernier pays d’Europe en part de l’industrie dans le PIB. Peut-on vraiment vivre dans un pays dans lequel 78 % des médicaments, 87 % des vêtements et 92 % des équipements électroniques consommés sont produits à l’étranger ?

D’autant que c’est encore en train de reculer puisque avec la liquidation de Brandt, on perd le dernier producteur de cuisson en France. C’est grave pour la nation tout entière pour notre souveraineté de production, pour la transition écologique, puisqu’en perdant notre industrie, on en vient à importer de l’autre bout du monde ce que l’on pourrait fabriquer ici.

Et c’est grave pour la balance commerciale, l’emploi, et donc la protection de la protection sociale. C’est pour cela que nous lançons un cri d’alerte en appelant à l’état d’urgence industriel. Notre pays ne peut plus laisser cette casse se poursuivre. Il ne s’en remettrait pas.

Que symbolise, selon vous, la récente liquidation de Brandt ?

C’est un cas qui est extrêmement éloquent, mais il y en a d’autres : Mittal, Vencorex… Le premier responsable de cette situation, c’est le patronat, qui organise un grand déménagement industriel depuis plusieurs années. Et qui, comble de l’indécence, s’emploie dans le même temps à capter les politiques publiques en direction des entreprises pour alimenter le capital et reverser des dividendes record.

Disons les choses : en France, nous avons l’un des patronats les moins patriotes du monde puisque nos grands groupes ont 62 % de leurs emplois à l’étranger, contre 38 % en Allemagne et 28 % en Italie. Une situation amplifiée par l’abandon de l’État, symbolisé aujourd’hui par Emmanuel Macron, qui promeut la start-up nation au détriment de la France des usines.

Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir.

Le PCF a mené une campagne sur le thème de l’industrie ces dernières semaines. Un tour de France a été réalisé pour recueillir doléances et propositions. Que retenez-vous de ce travail de terrain ?

Nous disons une chose : si l’État ne peut pas tout faire, l’État ne peut pas non plus ne rien faire. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises dès maintenant. Comme déclarer un moratoire sur les licenciements pour ne plus perdre d’emplois industriels, réformer les tribunaux de commerce pour que les demandes des salariés soient entendues, notamment lorsqu’ils se prononcent en faveur d’une proposition de reprise favorable à l’emploi et à l’écologie.

Mais aussi se doter d’un pôle public bancaire, composé de la Caisse des dépôts, de la BPI (Banque publique d’investissement, NDLR) et de la Banque postale, pour en faire un levier économique nous permettant de nationaliser des groupes stratégiques. Mais aussi travailler sur la formation : il faut savoir qu’il existe beaucoup d’emplois industriels non pourvus en France par manque de compétences.

Cela suffira-t-il à faire vivre cette « nouvelle industrialisation » que vous appelez de vos vœux ?

Lorsque nous disons « nouvelle industrialisation », ça ne veut pas dire revenir à l’état antérieur. Mais en créer une qui répond aux enjeux de notre temps, en particulier la transition écologique. Il faut planifier une nouvelle stratégie industrielle nationale où l’État comme les travailleurs jouent pleinement leur rôle, notamment en sécurisant l’emploi et la formation, en reconstruisant et en défendant des filières industrielles stratégiques, en mobilisant les marchés publics pour favoriser le « produire en France »…

Et cela veut aussi dire relocaliser, conditionner les aides publiques à des objectifs décarbonés, peser sur la concurrence déloyale lorsque des produits interdits de production sur le territoire européen sont importés et mettre en place des barrières pour empêcher les produits nocifs et nuisibles pour le climat sur le continent.

Que répondre à ceux qui vous diront que nationaliser coûte cher ?

Nous proposons un plan de 100 milliards pour nationaliser lorsque c’est nécessaire et ainsi empêcher la casse de notre appareil productif dans nos territoires. On peut penser que c’est une grande somme, mais, en comparaison, nous déboursons aujourd’hui 211 milliards par an en aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou indirectes. Soit le double de ce qui est alloué aux collectivités territoriales. Quel est ce pays qui investit davantage dans le capital que dans la sauvegarde de ses emplois et ses services publics ?