05/01/2010
L'ABECEDIAIRE DE L'APRES COPENHAGUE
Par André Chassaigne, député communiste du Puy de Dôme
En ce début de janvier 2010, je n'ai pas encore écrit les traditionnels vœux de la nouvelle année. Dans l'attente, je propose ce "petit abécédaire" inspiré par ma participation au Sommet de Copenhague, écrit durant la "trêve des confiseurs" .
comme ACCORD. On dit que l’Accord de Copenhague est « politique ». En fait c’est un texte sans ambition de 3 pages, simple déclaration d’intention pour ne pas revenir la besace vide après des années de préparation, les 2 semaines de négociations du Sommet, les 48 heures du round final… et la nuit blanche des chefs d’Etats.
comme Borloo. Je ne lui ferai pas un procès d’intention en lui reprochant de ne pas avoir mis le paquet ! Certes, il accroche sa charrue à une étoile, mais le soc reste coincé par le roc d’intérêts égoïstes. Dommage qu’il reste muet sur les véritables raisons de l’échec. « Couvrez ce capitalisme que je ne saurais voir ! »
comme COMPETITION. La compétition pour les ressources et de plus grandes parts de marché, ainsi que les traités et les accords de libre échange, ont abouti à la privatisation et à la marchandisation des ressources naturelles, intensifiant leur pillage, notamment dans les pays sous-développés. L’utilisation de ces ressources s’est faite sur la base d’un système économique non durable, construit sur un accès sans limite aux ressources dans sa recherche du profit, avec les désastres écologiques qui en découlent.
Principales victimes, les pays en développement sont aussi les plus vulnérables et les moins armés pour faire face à la situation. Aussi, réclament-ils un soutien financier de la part des pays riches pour mettre en œuvre un nouveau mode de développement économique en émission de carbone et pour s’adapter aux conséquences du changement climatique.
comme Délégation française. Nous étions une douzaine de députés et sénateurs représentant les groupes politiques et commissions, au côté de grands noms de la cause environnementale (Brice Lalonde, Nicolas Hulot, Yann Artuss-Bertrand…) de scientifiques de renom (notamment le climatologue Jean Jouzel) et bien évidemment les représentants du ministère de l’écologie et de l’environnement (MEEDATT) avec les Secrétaires d’Etat Chantal Jouanno et Valérie Létard.
comme Espoir. L’espoir que la catastrophe puisse être un jour conjurée, que des centaines de millions d’humains ne pouvant plus se nourrir ne soient plus dans le couloir de la mort, que la tragédie collective des habitants des terres menacées ne soit plus qu’un mauvais rêve. Cet espoir exige un accord mondial non seulement sur les émissions des gaz à effet de serre de tous le pays mais aussi une garantie d’accès de tous au développement.
comme Fiasco. Le fiasco de Copenhague a certes été habillé d’un semblant d’accord que le Président Sarkozy s’est efforcé de présenter au mieux aux journalistes et à la délégation française. Engagements, chiffres, objectifs… qui ne se retrouvent pas dans le texte final dont la vacuité n’a même pas permis d’obtenir le soutien de l’ensemble des Etats représentés. « C’est pas beau de mentir, Monsieur le Président ! »
comme G 77. C’est le regroupement des pays du Sud qui demandent un accord contraignant pour les pays riches. Le G 77 réclamait que l’objectif pour 2050 ne soit pas de limiter seulement le réchauffement planétaire à 2°c, mais au seuil critique de 1,5°c. Un réchauffement de 2°c se traduirait en effet, dans les pays africains, par un réchauffement de l’ordre de plus de 3°. Quant aux Etats insulaires, certains seraient totalement submergés ! Le G 77 demandait notamment aux pays industrialisés la diminution de moitié des gaz à effet de serre d’ici à 2020 et le financement, à hauteur de 1 % de leur PIB, de la lutte contre le réchauffement climatique.
comme HUGO CHAVEZ. Un simple extrait du discours prononcé par le Président de la République Bolivarienne du Venezuela le 16 décembre : « On pouvait me dire, monsieur le président, un fantôme parcourt le Copenhague, en paraphrasant Karl Marx, le grand Karl Marx. Un fantôme parcourt les rues de Copenhague, et je crois que ce fantôme marche en silence dans cette salle, il passe entre nous, il passe par les couloirs, sort par dessous, monte. Ce fantôme est un fantôme épouvantable, presque personne ne veut le nommer. Le capitalisme est le fantôme ! (Applaudissements). Presque personne ne veut le nommer, c’est le capitalisme ».
comme Industrialisation. L’industrialisation des économies occidentales est la cause première du changement climatique. L’émission sans précédent de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a pour origine l’accroissement de la combustion de carburants fossiles dans l’industrie, mais aussi le commerce mondial libéralisé, les choix de transport, le développement de l’activité militaire, pour ne nommer que quelques secteurs significatifs .
Les conséquences de la croissance industrielle ont été aggravées par le système libéral qui se livre à une production excessive, guidée par le seul profit, pendant qu’une très large proportion de l’humanité est enlisée dans la pauvreté, avec une consommation ne permettant pas de répondre aux simples droits humains.
comme JUSTICE SOCIALE. Au-delà du problème bien réel du changement climatique, un discours vise à instaurer une sorte de « terreur climatique » pour faire passer des mesures antisociales : bel exemple que la contribution climat-énergie, sauce taxe carbone à la française ! De plus, en ne mettant pas en cause le mode de production capitaliste, fondé sur le libre-échange et le productivisme, on occulte cette question fondamentale de la justice sociale, dans les pays dits riches comme dans ceux en développement.
comme Kyoto. Le protocole de Kyoto est seulement entré en vigueur en 2005, ratifié par 175 pays à l’issue de 7 années de négociations. Il engage les signataires à réduire leur émission de gaz à effet de serre d’au moins 5 % d’ici 2012 par rapport à leur niveau de 1990. Mais cette contrainte de réduction disparaît de fait avec l’accord de Copenhague : chaque pays fera désormais ce qu’il voudra, avec une simple information tous les 2 ans, sans sanctions ni vérification internationale.
Très défendu par les pays africains pour être le seul instrument légalement contraignant, ce protocole n’est pas forcément enterré définitivement. Fort heureusement !
comme Libéralisme. Le modèle économique libéral se délecte de la création attendue d’un nouveau marché mondial, celui du carbone, à l’image du marché européen ETS (European Trading Scheme). Les experts adoubés du libéralisme chantent depuis des années les vertus des Mécanismes de Développement Propres (MDP), c’est-à-dire l’achat par les grands groupes industriels et sociétés financières de crédits d’émissions dégagés par les économies de pollution au Sud. Cette bourse du carbone ne serait pas seulement un aliment de plus pour répondre à la boulimie de tout marchand, elle permettrait aussi un magnifique tour de passe-passe : les pays industrialisés externaliseraient ainsi leur vertu en instaurant à leur profit un marché mondial d’indulgence en achetant des droits de polluer.
Le marché à saisir est énorme : les seuls crédits de carbone forestiers seraient évalués à 1,5 Mds. Le cours reste à fixer au grè de l’offre, avec une demande pressante, et à la clef une bulle spéculative toujours susceptible d’exploser.
comme Mobilisation. L’année 2010 s’annonce comme celle d’une bataille décisive où les peuples du monde entier devront contraindre leurs dirigeants à changer de cap, sous peine de compromettre profondément et de manière irréversible l’avenir de l’Humanité. « Aux citoyens d’exiger une attitude plus responsable de leur gouvernement » est une phrase très entendue depuis l’échec du Sommet.
comme Négociations. Le processus de négociations, engagé deux ans avant Copenhague devait aboutir à un nouveau traité mondial visant à corriger les causes et la conséquence des émissions de gaz à effet de serre. Il a été remis en cause durant le Sommet : discussions parallèles, manque de transparence, domination des pays riches ont réduit à néant le travail réalisé. Non seulement les 200 pages de négociations n’ont pu être finalisées mais aucun consensus n’a pu se dégager.
comme ONG. Grâce au contre-pouvoir des grandes organisations environnementales, soutenues par les mouvements sociaux et de nombreux scientifiques, Copenhague restera tout de même dans l’Histoire comme l’échéance qui a permis l’articulation d’une nouvelle force internationale. Le Klimaforum09, sommet alternatif de Copenhague, a en effet débouché sur une Déclaration des Peuples (« System Change- not climate change ») signée par plus de 300 ONG et mouvements sociaux des 5 continents. Elle servira de base commune à leurs prochains combats.
comme « Puits de carbone ». Des massifs forestiers comme l’Amazonie ou le bassin du Congo ont un rôle primordial pour lutter contre l’effet de serre en captant le CO2 présent dans l’atmosphère. Les préserver est un des meilleurs atouts de la planète. Mais les « crédits carbone » accordés comme contre-partie pour service rendu à la communauté mondiale, alimenteront un marché de carbone forestier. Ces crédits pourront être rachetés par les pays industriels pour leur permettre de continuer à polluer. L’économie de carbone pourrait être pillé comme l’ont été les ressources naturelles des pays d’Afrique depuis 150 ans !
comme REDD, c’est-à-dire le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestières des Nations Unies (UN-Redd). Ce programme, destiné à arrêter la déforestation, est affiché comme une réelle avancée. Mais, la préservation des forêts a un coût pour l’économie des pays concernés, d’autant qu’il s’agit bien souvent de pays pauvres. Le principe d’aider financièrement les pays à préserver leurs forêts est désormais admis. Reste à fixer le mode de financement… et trouver l’argent nécessaire !
comme STERN. Le rapport Stern sur l’évaluation économique du changement climatique affirme que l’inaction coûtera très cher en 2100. Si rien n’est fait, le réchauffement climatique coûterait alors 5 500 milliard d’Euros, soit plus que les guerres mondiales et le récession des années 30 réunies.
comme Titanic. Une phrase a beaucoup circulé au Bella Center de Copenhague, où se déroulaient les travaux : « On est sur le Titanic, on coule, il n’y a pas de canots de sauvetage et l’équipage ne s’en rend pas compte ». La réalité n’est pas très éloignée de cette image !
Elle l’est d’autant moins quand le grand timonier de l’économie mondiale est le Président des Etats-Unis, qu’il s’appelle Bush ou Obama. Le choix de navigation est clair : les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto, n’iront pas plus loin que leur objectif initial de 4 % de réduction de leurs émissions par rapport à 1990, très en dessous des 25 à 40 % préconisés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).
comme Urgence climatique. L’urgence climatique n’est pas un simple slogan : les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des sommets. Les spécialistes disent qu’à ce rythme les températures pourraient être de 5 ° supérieures à celles de la période préindustrielle. Bien évidemment avec toutes les conséquences que le réchauffement climatique implique : multiplication de phénomènes météo extrêmes (ouragans, orages violents, inondations, sécheresses…) montée du niveau des océans et engloutissement des terres, multiplication des conflits pour la maîtrise de l’eau et des terres agricoles.
comme Vivre. Si un positionnement environnementaliste a pu répondre pendant longtemps à quelque calcul politicien, il est devenu désormais une exigence incontournable, celle de la vie des générations futures. A l’issue de la manifestation de Copenhague, organisée le 12 décembre en marge des négociations sur le climat et réunissant près de 100 000 manifestants, le directeur de Greenpeace International, Kumi Naidu déclarait à la tribune : « Chaque année, 300 000 personnes meurent à cause du changement climatique. Ce n’est pas une question d’adaptation mais de survie ».
Comme cela a été rappelé au Sommet par de nombreux participants des pays les plus touchés, la grande majorité des écosystèmes de la planète sont abîmés, 20 % de l’écorce terrestre est dégradé. La transformation des terres, les altérations de cours d’eau douce, la perte de la diversité biologique sont déjà une réalité. Les peuples les plus fragilisés en paient déjà le prix fort.
comme WAGON. J’espère plutôt « wagon-lit » avec une pensée pour mon ami Yves Cochet qui a passé 17 h en train pour rejoindre Copenhague, marquant ainsi son opposition à la pollution excessive du transport aérien. A-t-il regretté l’absence du TGV ?
comme XEROPHILE. Les plantes xérophiles vivent dans des lieux secs. Je ne doute pas que Monsanto ait déjà déposé de multiples brevets pour assurer le maintien de culture en milieux hostiles, avec des semences génétiquement modifiées. Sans aucun doute, le capitalisme est déjà en ordre de marche pour tirer profit du réchauffement climatique. L’essentiel est d’occulter sa propre responsabilité et de sauver le système : surfer sur les vagues après avoir déclenché la tempête !
comme YANG. Ce principe fondamental de la philosophie taoïste chinoise correspond à la notion de passivité. Le Ying aurait été sans doute préférable ! Quant au Yuan, la monnaie chinoise, il attend sans aucun doute son heure dans un système monétaire toujours dominé par le dollar.
comme Zéro. « Zéro pointé » pour Copenhague ? Pas seulement ! C’est aussi la note infligée, en guise de rappel à l’ordre, par le Conseil Constitutionnel au projet de taxe carbone, élaboré par le gouvernement sur une base tellement inégalitaire qu’il a été censuré. Les plus modestes devaient payer, les pollueurs étaient épargnés : « Ainsi étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions de 1018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, les émissions de l’industrie chimique utilisant de manière intensive de l’énergie (…), celles du transport aérien et du transport routier passagers », souligne le Conseil constitutionnel dans son rapport. Des régimes de faveur « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique », résume le Conseil, qui note, surtout, que cela « aurait créé une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ». Rien à ajouter..
11:26 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : copenhague, environnement | |
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23/12/2009
L'UNION EST UN COMBAT
L’«autre gauche» est toujours en pleine négociation pour désigner ses têtes de listes pour les régionales. Mais c’est en Île-de-France que les discussions méritent d’être regardées de plus près. Là, le patron du PG et le dauphin de Marie-George Buffet se disputent la première place.
POINT DE VUE
«Ça n’est pas possible que le Parti communiste ait 75% des têtes de listes et les autres formations 25%, explique Eric Coquerel, le monsieur « négociations » du Parti de gauche, Les gens ne comprendraient pas. Ils auraient le sentiment que le Front de gauche ne serait qu’une alliance autour d’un seul parti. Il faut que nous arrivions à trouver quelque chose de plus… “respectueux” ».
Pas de trêve des confiseurs pour les tenants de « l’autre gauche ». L’union est un combat, dit-on. Et celui de la désignation des têtes de liste du Front de Gauche pour les régionales est loin d’être fini. Même si du côté du PG, on cite volontiers en exemple plusieurs avancées « positives » comme la désignation de Gérard Boulanger, l’avocat des parties civiles au procès Papon, pour conduire la liste en Aquitaine.
Mais c’est en Île-de-France que se joue la « bataille » la plus intéressante. Le PCF ne veut rien lâcher : ce sera Pierre Laurent, le numéro deux du parti, et personne d’autre. Un vote des militants communistes locaux est d’ailleurs venu sanctionner cette décision en fin de semaine dernière (86,3% des suffrages).
Mais Jean-Luc Mélenchon la veut aussi, cette place. Il l’a dit avec force et au visage du principal intéressé, il y a quelques jours, lors de la Convention nationale du PG. Eric Coquerel, lui, se charge de le dire à nouveau aujourd’hui : « Nous pensons que Jean-Luc Mélenchon a toute la légitimité pour occuper cette place, pour rassembler plus largement qu’un autre. L’objectif, c’est de faire un score à deux chiffres et pas 6% à 7%... »
Derrière cette « bataille » pour la tête de liste en Île-de-France se joue une autre « bataille » : celle de « l’après régionales ». C’est en tout cas ce que l’on doit avoir à l’esprit du côté de la place du Colonel-Fabien.
Céder aux exigences de Mélenchon en région parisienne, ce serait plonger dans l’ombre Pierre Laurent, le dauphin tout désigné de Marie-George Buffet. Ce serait mettre dans la lumière — plus qu’il ne l’est déjà — Jean-Luc Mélenchon.
Ce serait, en quelque sorte, accepter la fleur au fusil l’OPA de Mélenchon sur le PCF. Cette OPA que la direction actuelle du Parti communiste redoute tant. Cette OPA à laquelle tout le monde songe sans jamais oser vraiment l’évoquer.
Marie-George Buffet, par exemple, expliquait en milieu de semaine dernière, « que l'Ile-de-France, de par son histoire, [devait] être animée par une tête de liste du PCF ». Mais plus que pour son histoire passée, c’est pour l’avenir de son parti que la Secrétaire générale croit ne pas devoir laisser le champ libre au patron du PG en région parisienne...
09:54 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union, gauche | |
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29/07/2009
« Le dernier jour de se donner la main » ?
Par Jack Ralite, sénateur de Seine-Saint-Denis
Le 21 août 2008, au moment de la grande dispersion, le gouvernement, par un décret de sa ministre du Logement de l’époque, madame Boutin, a décidé que des résidents étaient devenus indésirables dans les HLM. Ce décret, en effet, établit une nouvelle norme pour le droit à un logement HLM. Cette norme décide d’augmenter, en fonction des revenus, le loyer de locataires qui ne sont pas considérés comme pauvres, d’expulser ceux d’entre eux n’ayant pas 70 ans refusant de s’y soumettre, et d’abaisser le plafond de ressources pour accéder à un logement HLM avec effet rétroactif, c’est-à-dire en bafouant des contrats de location. Ainsi, le décret Boutin considérait que les HLM ne doivent être habités que par des « hommes à part », des « hommes dépréciés », qui sont supposés ne pouvoir vivre qu’entre eux, sans autre voisinage que leur double, des êtres à qui il est demandé de se faire oublier, des êtres entrés par force dans des histoires closes, que l’on oblige à rester à quai comme assignés à résidence dans une portion de l’espace social à échanges et responsabilités limités, des êtres privés du « risque de vivre », comme tout le monde, seul moyen pourtant d’avoir le « risque de guérir ». Non, non et non ! Ces êtres que le président de la République a osé appeler « racailles » à Argenteuil, a menacés du Karcher à La Courneuve quand leurs souffrances les ont conduits à des actes désespérés, a trouvé indignes de lire la Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, ces êtres ne sont pas des gens « à part » et sont même sources d’innovations à la mesure des déchirements dont ils sont victimes. Ces êtres souvent précaires et comme suspendus ainsi dans le vide paraissent à ceux qui ne les rencontrent jamais, étranges (l’étrange pauvre et le pauvre étranger) alors qu’ils avaient créé un lien d’intimité, d’humanité, de sociabilité avec leurs quelques voisins ayant une situation nettement meilleure que la leur et qui ne les rejetaient pas. Ils avaient réussi une alchimie sociale où l’inhospitalité était exclue, où la tendresse n’était pas interdite. Certes, depuis un certain temps, ces rapports étaient déjà devenus moins fréquents, parfois même rares, et souvent était prononcée l’expression : « On va devenir un ghetto. » Le décret du 21 août 2008, dont madame Boutin ose dire qu’il va donner des logements pour les plus pauvres, alors qu’elle en construit trop peu et en tout cas pas assez, trouve sans doute que ce compagnonnage de proximité était de trop puisqu’elle tente avec son décret de lui porter un coup fatal tout en répétant son attachement à la mixité sociale. Madame Boutin et le gouvernement nous mettent à un « moment brèche » qui nécessite un refus à l’étage voulu. Il faut dire la vérité : ce ne sont pas des occupants riches que la ministre du Logement, au nom du gouvernement et du président de la République, veut chasser des HLM, ce sont des gens modestes qui ont lutté, appris et réussi à avoir un statut décent, ce sont des personnes originaires de la ville où sont leurs HLM, y vivant depuis longtemps et ayant participé à l’histoire de ce lieu.
Apportons la preuve de leur supposée richesse et de l’intraitabilité gouvernementale, par ailleurs si douce aux spéculateurs.
À Aubervilliers, où il y a près de 8 000 HLM publiques, 14 locataires étaient jusqu’à présent concernés par le surloyer. Une dérision caricaturale existante dans beaucoup d’autres offices HLM. Pour que ça n’atteigne pas une nuance comique, révélant l’opération gouvernementale, le décret du 21 août 2008 a diminué le plafond de ressources pour avoir accès à un logement HLM et fait que des gens qui étaient jusqu’ici normalement locataires deviennent des locataires anormaux : avec les 14 historiques, l’office HLM d’Aubervilliers a 154 locataires devenus sans droits !
Quelques exemples significatifs : Vous êtes logés depuis 1980 dans 84 mètres carrés. Les enfants sont partis depuis quelque temps, vous restez à deux personnes, vos retraites s’élèvent à 3 700 euros par mois. Vous payez actuellement 402 euros de loyer (700 euros avec les charges). Si la loi est appliquée vous devrez payer 296,10 euros de surloyer, soit un total de 996,10 euros. Vous êtes un jeune ménage dans 70 mètres carrés, vous travaillez tous les deux et gagnez chacun 1 584 euros par mois. Vous êtes éligibles au surloyer, car vous gagnez 20 % de plus que le plafond et allez devoir payer 47,25 euros de plus. L’un de vous deux obtient une augmentation de 100 euros par mois, vous devrez payer un surloyer de 89,25 euros. Si l’autre obtient la même augmentation, le surloyer sera alors de 131,25 euros. Bref, plus vous allez croire gagner plus, plus vous allez devoir payer plus : avec 200 euros de plus par mois, vous aurez 131,25 euros de surloyer. Veuve depuis un an, vous occupez un logement de 65 mètres carrés, votre retraite est de 1 500 euros par mois, vous touchez depuis un an la pension de réversion de votre mari, vous payez actuellement 311 euros par mois de loyer. Votre surloyer serait de 258,37 euros, soit avec les charges 769 euros par mois. Vous êtes un ménage avec deux enfants de 18 et 21 ans, logés dans un 86 mètres carrés, avec 5 600 euros par mois pour 4 personnes, vous ne payez pas de surloyer. Mais l’un de vos enfants trouve un travail comme stagiaire à 1 000 euros par mois, vous devrez alors payer 58,05 euros par mois de surloyer. Pas de chance ! Votre deuxième enfant trouve aussi un travail à 1 000 euros par mois, votre surloyer sera alors de 367,65 euros par mois, avec les charges cela fera 1 067 euros par mois. Si l’un de vos enfants a le malheur de gagner plus de 1 776,50 euros par mois, il ne pourra même pas s’inscrire pour demander un HLM. On pourrait prendre d’autres exemples dans d’autres villes. En Seine-Saint-Denis, et particulièrement dans les huit villes de Plaine Commune, le décret Boutin multiplie les proscrits d’HLM par 10. Dans le parc de l’office départemental HLM du 93, 42 payaient le surloyer, 500 devront le payer…
Vous ne savez pas tout ! Une modification de la loi de finances, votée le 30 décembre 2008, offre un dégrèvement fiscal à celui qui investit dans le logement dont on sait que le loyer de sortie est supérieur au logement social. Le dégrèvement est de 75 000 euros par logement. C’est une niche fiscale débouchant sur des loyers inaccessibles aux expulsés soi-disant riches des HLM. C’est une réédition de la loi de Robien qui avait créé une démarche semblable et dont beaucoup des logements ainsi construits avec un avantage fiscal n’ont pas trouvé preneurs. On est vraiment dans le règne de l’insensé, de l’arrogance, de la pollution des rapports humains, de l’analphabétisme social, de l’absence d’une pensée, même restreinte de l’« en-commun » et du « vivre-ensemble ». C’est à se demander si madame Boutin et son circonvoisinage politique et gouvernemental ne souhaitaient pas qu’arrive « le dernier jour de se donner la main » (Aragon). Le processus est d’ailleurs commencé. Autrefois, un pauvre menacé d’expulsion s’en allait à « la cloche de bois ». Aujourd’hui, pendant l’année de répit qui a été arrachée pour appliquer le décret, ces ouvriers qualifiés, ces cadres moyens sont en train de partir un à un, en silence, du logement où ils étaient heureux de vivre. C’est d’autant plus inacceptable que les logements privés de la Ville de Paris qui ont tant fait parler en leur temps, avec des loyers bas pour des personnes à hauts revenus, ont été exonérés du décret du 21 août 2008.
Continue toujours parallèlement la résistance des maires ne voulant pas de logements sociaux et n’appliquant pas la loi Gayssot qui exige que chaque commune construise 20 % de logements sociaux.
Finalement, en France, il n’y a que les très riches qui sont fiers de l’être. Les pauvres et les couches moyennes sont culpabilisés par la politique du pouvoir. Les premiers parce qu’ils sont accusés de ne pas faire d’efforts, les seconds parce qu’ils ont l’audace de gagner un peu plus. Une bataille parlementaire a eu lieu où les groupes communistes ont joué un grand rôle, non sans succès. Mais la charitable madame Boutin a rattrapé, par un vote nocturne, l’essentiel de ce qui avait été gommé. Il n’y a pas d’autre solution que de se battre et de se battre ensemble, en voisinage de lutte, comme on vivait jusqu’ici en voisinage de palier. On doit pouvoir faire reculer le gouvernement soit en remettant en cause le décret, ce qui serait le mieux, soit en faisant en sorte, dans une ville comme Aubervilliers, que tout le territoire soit classé en ZUS, ce qui rendrait le décret inapplicable.
Il faut en finir avec la ségrégation sociale, et il n’est pas question de faire des accommodements. Ne nous limitons pas à sa constatation lucide, transformons-la en un mouvement, et le mot n’est pas trop grand, de civilisation, puisqu’il s’agit du respect et de la dignité d’hommes et de femmes, ceux et celles qui sont chassés, ceux et celles qui vont rester avec le risque de la ghettoïsation.
REACTIONS
Posté le mardi 28 juillet 2009
10:55 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : logement, surloyer | |
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10/05/2009
DAVID CONTRE GOLIATH
Témoignage personnel sur une drôle de campagne
Mardi 05 mai 2009, 7 h du matin, gare d’Evry Courcouronnes : Nous sommes une dizaine de militants communistes, du Parti de Gauche ou de la Gauche unitaire (minoritaire du NPA) a distribuer un tract pour annoncer la réunion départementale du Front de Gauche qui doit se dérouler le 06 mai à Grigny (plus de 600 personnes y participeront). Dans toutes les gares de l’Essonne une distribution identique à lieu.
Depuis plusieurs semaines à Evry, ou ailleurs les militants du Front de Gauche sont bien seuls sur le terrain à mener campagne (pour dire la vérité j’ai bien vu aussi une pauvre militante du MODEM bien isolée diffuser aussi son tract sur le marché des Loges à Evry).
Mardi 05 mai 2008, 8 h 30, centre EDF de Lisses . Plusieurs centaines d’agents de EDRF attendent à l’appel de la CGT les militants des Partis Politiques pour les soutenir, eux qui sont en grève depuis plusieurs semaines pour les salaires, les effectifs et sauver ce service public attaqué de toutes parts.
Patrick Le Hyaric, tête de liste du Front de Gauche en Ile de France est présent, ainsi que Christian Picquet, porte parole de la Gauche unitaire, ainsi que Patrice Finel, conseiller général pour le Parti de Gauche, les autres représentants des Partis sont absents sur ce terrain, mais rassurez vous, bien présents sur les plateaux de Télévision, ou les Radios qui leurs sont largement ouverts (c’est le cas par exemple de Manuel Valls le député de la circonscription présent le lendemain dans la matinale de France Inter).
Quelques minutes plus tard , sous les applaudissements, Marie George Buffet, la députée de Seine St Denis rejoindra aussi les manifestants.
Je suis également présent avec d’autres camarades, pour aussi apporter mon soutien en tant que Maire adjoint communiste d’Evry, la ville voisine, mais également pour tourner une vidéo en utilisant un appareil de photo (c’est aussi un peu ma passion) en modeste amateur.
Cette vidéo diffusée sur Dailymotion et You Tube, reprise par le journal l’Humanité sera visionnée en moins d’une semaine par près de 2000 internautes. (pour ceux qui en connaissent les règles et pratiques c’est pas mal, et j’en suis un peu fier).
Et pourtant c’est un mélange d’amertume et d’écoeurement, partagé par de nombreux autres militants que de constater les faibles moyens dont nous disposons pour diffuser nos idées, en comparaison à d’autres qui bénéficient d’un défilé permanent à la télé par exemple.
TF1 devait être présent ce jour là et réaliser un reportage. Ils ne sont pas venus. 2 minutes sur TF1 à 13 h, et ce sont 5 millions de téléspectateurs qui regardent, 3 minutes de diffusion sur Dailymotion, et c’est 2000 internautes. C’est bien David contre Goliath.
Les chiffres de passage du PCF sur les chaînes publiques (FR3 étant une exception pour le moment, mais la nomination d’Arlette Chabot pour contrôler l’ensemble des moyens de propagande, excusez moi d’informations, sur France Télévision ne laisse guère d’illusions pour la suite), sont éloquents.
Dans l’émission phare Ripostes de la Cinq animée par Serge Moati, par exemple, le temps de passage d’un communiste (parlementaire, dirigeant ou journaliste) est égal à zéro depuis plus de 2 ans. La censure y est totale et permanente à notre encontre.
Il en est de même pour les moyens d’Etat mis à la disposition de M. Sarkozy et de l’UMP pour la diffusion de sa propagande.
Par exemple, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF a eu parfaitement raison de demander à la commission nationale des comptes de campagne que les frais engagés pour le meeting de Nimes du 06 mai, de M. Sarkozy organisé par le Préfet avec les deniers publics, en présence de tous les candidats UMP du Grand Sud Ouest à l’élection Européenne, et bien sûr repris par TF1, France 2, France Inter, M6…soient comptabilisés dans les frais de campagne et que les propos diffusés dans les médias publics soient décomptés du temps de parole imparti à l’UMP.
Je peux témoigner, en tant que candidat à plusieurs reprises à diverses élections, que la commission nationale des comptes est très exigeante sur nos frais de campagne « ce qui par ailleurs est normal », et demande systématiquement des justificatifs sur tout.
C’est ainsi que mon camarade Bruno Piriou, conseiller général PCF de la ville voisine Corbeil, s’est vu reproché d’avoir utilisé pendant la campagne municipale contre Serge Dassault une salle sans la preuve d’une facture de location, et que pour cela il risque d’être invalidé.
Toujours est présente cette image de David contre Goliath, du pot de terre contre le pot de fer.
Pourtant ce qui nous donne l’espoir, c’est que nous savons tous comment s’est terminé cette histoire, très mal pour Goliath.
17:14 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, front de gauche, censure | |
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14/12/2008
RETOUR DU CONGRES DU PCF
TEMOIGNAGE DE JEAN LUC MELANCHON PUBLIE SUR SON SITE WEB
Je rentre du congrès du Parti Communiste. Il neigeait sur Paris. Je pensais à ce que j’ai vu. Pendant ce temps, le métro cahotait. Je faisais le bilan de la journée avec Eric Coquerel, le secrétaire national aux relations extérieures du Parti de Gauche. Autour de nous les gens parlaient des course de Noël! Bon. Faisons le bilan.
Tout ce que disent et discutent les communistes nous concerne, pour peu qu’on soit de gauche. Tout simplement parce que ce dont ils traitent c’est de la vie , la terrifiante crise qui s’avance, la politique pour changer l’ordre injuste des choses. Vu?
Ca n’a rien à voir avec leurs scores aux élections, le bilan de l’union soviétique et ainsi de suite. C’est de la pensée. Mais un chapitre particulier de leur discussion nous implique. Impliquer c’est plus fort que concerner. C’est le chapitre sur les élections européennes et la stratégie du PCF à ce propos.
Et les congressistees communistes ont délibéré. Incroyable Parti Communiste. Ils votent ligne à ligne (elles sont numérotées), page par page, amendement par amendement avec des boitiers de vote. Ca dure. Mais pas trop. Mais quand même. Un pour, un contre, pour chaque amendement! Donc il faut être patient. Il leur faut trois jours pour venir à bout de leur texte…Ca peut faire sourire. Moi ça me stupéfie.
Rien à voir avec l’incroyable foire qu’est un congrès socialiste où trois mille personnes parlent en même temps pendant que défilent à la tribune des rangées de camarades qui font des vocalises. J’ai terriblement pratiqué et aimé ça. Mais en voyant ces communistes, leur «ruches», leurs amendements et leurs votes ligne à ligne, j’étais pétrifié.
Comme par un retour au réel. A la pudeur après l’obscénité. Si j’étais encore membre du PS je courrai dire aux camarades ce que j’ai vu. «Camarades, vous êtes devenus fous! Un congrès appartient aux congressistes» Bon.
Je perdrai mon temps, je le sais bien. Les socialistes se fichent totalement de leurs propres textes. Ils ne les lisent pas. Même quand ils les signent....
Bon les communistes ont voté à plus de soixante dix pour cent en faveur de la ligne qui propose un Front de gauche aux élections. Ca c’est le fait politique du week end.
Mais comme ils sont plus forts en discussion qu’en médias, les communistes ont oublié de dire quel était l’objet de leur congrès. Quel en était le but ? Donc ils se sont mis à la merci du premier venu capables de fournir un sujet médiatique aux médias.
Suivez mon regard. Un bon sujet médiatique est: «le PC est mort, la preuve ce sont des communistes qui le disent». Et ainsi de suite.
Gardons notre sang froid. Ca dure juste quelques heures. Puis revient la parole au terrain. Ca nous laisse une chance de nous faire entendre au contact. Juste pour dire qu’il existe enfin une alternative à la droite et aux sociaux démocrates libéraux.
Le front de gauche des communistes et du parti de gauche. Un front ouvert, bien sur. Incomplet, bien sur. Mais un Front. Il existe vraiment. C’est un point d’appui vital. Ca va fonctionner. Les rieurs vont changer de camp!
20:31 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mélanchon jean luc, parti de la gauche, parti socialiste, élection | |
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09/12/2008
COMMUNES AU PAIN SEC
Par Diaz Diego, Maire adjoint d’Evry, et Pigaglio Christian, conseiller municipal et conseiller communautaire de l’agglomération d’Evry Centre Essonne
OURAGAN SUR LES COMMUNES DE FRANCE
Un premier ministre hué et sifflé par le congrès des maires de France (AMF) en Novembre 2008, le fait est extrêmement rare, et la discrétion manifeste sur cet incident par la plupart des moyens d’informations, n’a pu occulter cet événement.
LA RAISON
Cette hostilité de la part des premiers magistrats des communes de France est liée aux restrictions budgétaires et aux restructurations en chaînes qui se traduisent par toujours moins de services publics, qui heurtent les besoins sociaux et la relance.
C’est un sujet fondamental qui concerne la vie de tous et le quotidien de chacun., mais complètement écarté du débat public en dehors de la presse spécialisée et de très rares journaux comme l’Humanité (à lire à ce propos un débat instructif entre quatre maires de différentes sensibilités dans la publication du 29/11/08).
Nicolas Sarkozy dans sa frénésie de réformes veut mettre au pas les collectivités locales en les encadrant budgétairement, et en réduisant considérablement l’application du fondement républicain de la libre administration des collectivités locales, datant de la Révolution Française (celle de 1789, pas la sienne), qui se traduit par exemple par le service minimum dans les écoles, en contradiction totale avec la loi fondamentale de la République.
UN BUDGET CATASTROPHE
Le projet de loi des finances 2009 se traduit pour les communes par :
- des dotations de l’Etat aux collectivités locales qui seront gelées au niveau d’une inflation prévue à 2 %, soit pour les collectivités locales et les habitants, en tenant compte de l’inflation (panier des maires qui comprend les dépenses du personnel, de fonctionnement, d’équipements…) une perte nette des recettes de 2,5 % à 3 %.
- En outre (cerise sur le gâteau), dans les 2 % sont inclus pour la première fois le remboursement de la TVA payée par les collectivités (Fonds de compensation de la TVA, FCTVA) ce qui ramène en réalité la revalorisation de les dotations à 0,8 %. L’investissement des communes est ainsi lourdement menacé.
- L’Etat prévoit également de supprimer la taxe professionnelle ce qui constitue une aberration économique flagrante. Depuis la révolution industrielle, l’essor et le développement des collectivités sont intimement liés à l’existence d’un tel impôt économique. Routes, infrastructures, réseaux, aménagement des zones industrielles, transports sont largement réalisés par ce financement.
Que la base de calcul de cet impôt soit revue est une évidence, en mettant plus à contribution les entreprises financières, et moins celles créatrices d’emplois, mais de là à supprimer le principe de la taxe professionnelle constitue un non sens économique incontestable.
MOTEUR DE L’INVESTISSEMENT PUBLIC
70 % des investissements publics sont assurés par les collectivités locales, 800 000 emplois dans le privé en dépendent. S’attaquer à cette réalité, affaiblir les capacités financières des villes, départements et régions va amplifier la spirale de la récession.
A tout cela s’ajoute les difficultés de plus en plus grande de recourir à l’emprunt qui sont non seulement à des taux très élevés et qui se croisent avec des remboursement d’anciens prêts dont le quart avaient été obtenus avec des produits sophistiqués qui aujourd’hui avec la crise explosent.
COMMENT CELA SE TRADUIT DANS LES DIFFERENTES COMMUNES
Plus de 80 % des dépenses sont incompressibles et près de 60 % concernent dans la section fonctionnement les frais de personnel.
Les variantes d’ajustement sont très limitées.
- l’augmentation des impôts locaux (taxe d’habitation, taxe foncière, taxe professionnelle pour ce qu’il en reste) qui se heurte évidemment à la situation financière dégradée des ménages propriétaires ou non, et de nombreuses entreprises. L’impact est de toute façon limité puisque plus de la moitié du budget des collectivité est composée de dotations ou autres produits ;
- l’augmentation des tarifs pour les usagers (restaurant municipal, enfance, sport…), outre que cela est le plus souvent encadré par la loi, les conséquences sur la population peuvent être désastreuses ;
- la diminution des subventions aux associations (sportives, culturelles, éducatives, citoyennes…) qui ne peut que détériorer le lien social, la confiance et s’avérer finalement catastrophique ;
- compresser les effectifs du personnel et amoindrir ainsi le service public et qui de plus, par décalage se traduira par des cohortes de chômeurs supplémentaires, et en particulier chez les plus jeunes ;
- diminuer l’investissement avec les conséquences citées plus haut.
L’EXEMPLE DE LA COMMUNAUTE D’AGGLOMERATION D’EVRY
Les orientations budgétaires dans le cadre du désengagement massif de l’Etat se définissent ainsi. :
- augmentation de la Taxe Professionnelle d’un taux de 16,22 % à 16,67 % ;
- ajustement de l’autofinancement au plus juste (10 M€) ;
- diminution du budget d’investissement de 10 % (de 33 à 30 M€) ;
- stagnation des recettes de fonctionnement à 78 M€.
Les présentations des orientations budgétaires dans les différentes communes de l’agglomération (Evry, Courcouronnes, Bondoufle, Lisses, Ris Orangis) n’ont pas encore étaient faites à l’occasion des conseils municipaux, mais tout indique que la note sera salée pour les collectivités, les habitants et l’économie du pays.
LA CONCLUSION PROVISOIRE
Pour Jean Marc DURAND, membre de la commission économique du PCF : « Les mesures fiscales 2009 vont aggraver la crise. Participant de l’esprit global de la loi des finances 2009, la suppression de 30 600 emplois de fonctionnaires, la croissance nulle en volume des dépenses de fonctionnement de l’état et la limitation draconienne de l’augmentation des dotations des collectivités territoriales à 1,1 milliard d’€, va accélérer le minage des services publics.
L’exonération de la taxe professionnelle de tous les investissements réalisés par les entreprises d’octobre 2008 à fin 2009 a été annoncée au motif d’aider ces dernières à surmonter la crise. Cette annonce s’inscrit dans un objectif plus général de suppression de la taxe professionnelle sur un fond de remodelage général des échelons des collectivités locales. Cela ferait de nombreuses victimes au rang desquelles des ménages populaires confrontés soit à la suppression massive de services, soit à des hausses colossales de leurs impôts locaux, taxe foncière et taxe d’habitation. »
23:05 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, communes, pcf | |
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18/12/2007
CHRONIQUE EVRYENNE
Pour cette dernière chronique de l’année 2007 je vous propose quelques notes prises au détour de mes rencontres. Avant tout quelques mots sur la préparation des élections municipales à Evry pour vous dire que les discussions continuent avec le PS, les Verts et le PCF pour constituer une liste d’union. Juste une information, la liste officielle devrait être publiquement annoncée le 17 janvier, et les communistes prendront une décision finale avant le 07 janvier. Rendez-vous donc à l’année prochaine pour en connaître plus.
Pendant une semaine j’ai pu voir et discuter avec plusieurs centaines d’habitants, en particulier avec des Séniors et des personnes plus âgées qui vivent dans des résidences d’hébergement pour les plus anciens à l’occasion de la distribution des colis ou de repas.
Tous les sujets à ces occasions ont été abordés, de la visite de Kadafi à Paris qui a beaucoup choquée, à la baisse vertigineuse du pouvoir d’achat des retraités, à la remise en cause de la Sécurité sociale, en passant aux particularités des religions ou sectes dans certains pays d’Afrique. J’ai beaucoup appris, et également perçu une grande inquiétude sur l’avenir.
Bien sûr tout cela baigné par des petites ou grandes nouvelles personnelles sur la santé, les soucis, la famille d’un certain nombre d’habitants rencontrés.
La semaine s’est terminée par un petit déjeuner organisé par le Conseil de quartier autour du Noël Allemand et ces particularités, et l’arbre de Noël de la maison de quartier des Champs Elysée avec la participation de plusieurs centaines d’enfants. J’ai également participé à une exposition organisée par le bailleur 3F, sur la rénovation de 450 logements dans le quartier du Champtier du Coq à Evry. Rénovation exemplaire réalisée avec la coopération des locataires du bailleur, de la ville, du département et de la région. J’ai pu ainsi discuter longuement avec plusieurs participants. Beaucoup m’ont dit leurs inquiétudes après les propos irresponsables du chef de l’Etat qui veut expulser les locataires (très minoritaires) des logements sociaux pour revenus trop élevés. Dans le quartier du Champtier du Coq près de 1000 logements sociaux sont ainsi dans le collimateur de Nicolas Sarkozy. Cette décision transformerait ainsi tout ce quartier en ghetto et supprimerait toute idée de mixité sociale. La Droite en France est méprisante et profondément élitiste. Elle est de plus ignorante des réalités du terrain. L’élu de Neuilly est sur un nuage, très loin du monde des humains.
A l’occasion de cette journée j’ai aussi discuté avec des Syndics de gestion de copropriétés qui m’ont informé que le prix du chauffage en cette période conjugué avec l’augmentation du prix du gaz, et un hiver très rigoureux explose ( il sera probablement autour de 15 %).
Ce monde là est dur pour les plus humbles, meilleur pour d’autres. J’ai ainsi appris par exemple que le journaliste présentateur vedette du 13h de TF1, Jean-Pierre Pernaut gagne plus de 1000 € par jour. Comment voulez vous qu’il puisse comprendre quelque chose au monde qui l’entoure, et nous comprenons mieux aussi pourquoi il a tant de haine des grévistes.
Un dernier mot à propos de l’insécurité. Nous savons tous, nous élus, que la Presse pour des raisons diverses ne traite qu’un infime partie des faits. J’ai par exemple été choqué par le témoignage de plusieurs habitants de mon quartier. Ainsi une personne sourde et muette a été attaquée par un jeune couple à la sortie de la gare de Grand Bourg à 18 h. Imaginez comment cette personne a pu réagir. Plus grave, si l’on peut dire à cette échelle de l’ignoble, cette semaine une jeune fille de 14 ans qui se rendait à son collège, proche de 50 mètres, a été violemment agressée à coup de poing, et tallaidée à coup de cutter au visage par cinq « courageux » jeunes hommes âgée de 15 à 20 ans, à 13 h, tout cela pour voler 5 €.
La jeune fille est traumatisée et la mère que j’ai rencontrée accablée.
Depuis quelques semaines, ce sont des dizaines de faits qui m’ont ainsi été relatés.
Dans les propositions communistes sur le programme municipal, j’ai voulu que le mot insécurité soit repris. Mes camarades, ont souhaité que cela soit transformé en « droit à la vie paisible des citoyens ». Peu importe l’expression, mais une chose est sûre nous ne pouvons être indifférent aux drames que subissent les citoyens face à des individus qui ont des comportement de hyènes.
Nous ne pouvons rester pour des raisons idéologiques indifférents à la misère humaine, quelle quel soit.
A bientôt, et bonnes fêtes.
Diaz Diego
23:22 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Diaz, chronique, Evry, insécurité | |
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