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11/06/2026

Fabien Roussel : l’IA sera « avec nous » si elle est « à nous » !

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Tribune publié par l'Humanité

Le sommet « IA avec nous » s’ouvre à Lille sous l’égide du président de la République. Les enjeux sont immenses. Je partage l’alerte de nombreux scientifiques, intellectuels, citoyennes et citoyens sur les défis de l’intelligence artificielle et fais miens les mots du pape Léon XIV soulignant que nous ne pouvons pas laisser l’IA nuire à ce que notre « magnifique Humanité » a en commun : la vérité, la dignité du travail et la liberté. Ni laisser s’épanouir ses usages guerriers. J’y ajoute la nécessité de maîtriser l’impact écologique de cette technologie. Alors que l’ONU estime que l’IA devrait faire doubler la consommation d’énergie et d’eau des centres de données d’ici 2030, le défi à relever est immense.

Ma conviction est que l’IA sera « avec nous » si et seulement si elle est « à nous ». L’IA pose en grand les questions de la planification de la révolution numérique et de l’appropriation publique et sociale des moyens de production. C’est en répondant à ces enjeux que la France pourra être indépendante, que nous pourrons limiter l’impact écologique, et que l’IA pourra libérer les travailleurs et travailleuses des tâches aliénantes et dégager du temps pour la vie, la création, la délibération collective.

Dans les mains du capital privé, l’IA est une menace. Dans les mains du peuple, elle est un outil au service du progrès social.

Contrairement au récit dominant, l’IA telle qu’elle se déploie aujourd’hui détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, vampirise et uniformise la création et concentre les gains sur une infime minorité de détenteurs de capital. C’est pourquoi je soutiens la proposition portée par le sénateur communiste Pierre Ouzoulias visant l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. C’est un premier pas essentiel.

Laissée aux mains du privé, l’IA ne libérera pas l’être humain : elle le surveillera, le remplacera sans partage des gains, l’appauvrira. La menace n’est pas dans la technologie. Elle est dans son usage et son rapport de propriété. C’est cela qu’il faut penser, changer.

L’heure est à planifier et démocratiser l’IA. C’est parce que nous avons su planifier dans les domaines de l’énergie et de la défense que nous conservons aujourd’hui une relative autonomie.

C’est nécessaire aujourd’hui pour l’IA. La France doit construire un pôle public du numérique doté de véritables moyens ; une recherche correctement financée ; une industrie solide pour disposer des matériels et infrastructures ; une maîtrise souveraine de l’intégralité de la chaîne de valeur – de la fonderie des semi-conducteurs jusqu’aux modèles socles ; un droit de regard des salariés sur les usages de l’IA dans chaque entreprise ; et une formation massive de nos enseignants.

Aucune de ces conditions n’est remplie par l’empilement de milliards du CIR avec ceux des cérémonies Choose France ! Pire, nos jeunes mathématiciens, data scientists, chercheurs en IA sont encore obligés de partir à l’étranger pour travailler. Il y a pourtant un gisement d’emplois immense pour nos jeunes dans les métiers du numérique.

En outre, parce que l’IA ne connaît pas les frontières, développer la coopération est essentiel.

Si nous ne pouvons pas accepter d’être dominés, ne cherchons pas non plus à être les dominants. Privilégions la coopération : les effets d’échelle sont si importants que nous devons construire notre souveraineté en coopération avec d’autres peuples, et d’abord avec nos voisins européens, grâce à une gestion respectueuse et intelligente de nos interdépendances.

La France devrait appeler à construire une coopération internationale publique sur la recherche en IA, avec un partage des infrastructures entre pays du Sud et du Nord, et une gouvernance démocratique mondiale de ces technologies, à rebours de la guerre impérialiste actuelle.

Pour conclure, mesurons que si le capitalisme de plateforme peut générer des profits sans précédent dans l’histoire, sa domination tient sur des bases fragiles. De nombreux chercheurs et experts, des patrons mêmes, nous disent que le dépassement de la propriété privée par la mise en commun qu’incarne le logiciel libre est un moyen efficace pour tenir en respect les géants. Et la logique contamine peu à peu le matériel avec les logiques d’architectures ouvertes.

Concernant les infrastructures, nous rappelons que notre Constitution républicaine dit bien que les monopoles doivent être publics. Alors respectons-la !

Faisons de l’IA un outil de notre émancipation et non une nouvelle arme à la main des puissants !

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05/06/2026

On ne gagne aucune bataille dans le repli et le sectarisme. 

JC, PCF

Dans son célèbre 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Marx parle de la révolution comme d’une « vieille taupe ». Elle creuse bien loin des regards, souvent dans l’ombre, mais toujours avec méthode. 

Un travail lent et fastidieux, invisible à la surface, mais qui, à force de galeries, finit par déformer le sol et produire des surgissements importants. Une métaphore qui résonne avec la période dans laquelle nous sommes.

Notre pays est traversé par de profonds bouleversements. L’impérialisme, en crise, est une source continuelle de violence et de guerres face auxquelles les jeunes peuvent se sentir impuissant. En France, le quinquennat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière année après avoir tapissé le terrain à l’extrême droite.

Quand tout s’accélère à la surface, creuser peut sembler vain. Cette pression est palpable. Qui ne s’est jamais demandé à quoi bon parler d’emplois, de Parcoursup ou des droits des apprentis quand la menace paraît déjà si proche ? 

Pourtant, le danger de la période n’est pas seulement que l’extrême droite continue de progresser. C’est aussi qu’elle parvienne à nous convaincre qu’il serait trop tard pour construire la conscience de classe capable de la faire reculer. 

Deux pièges nous sont tendus. 

Le premier serait de croire que l’élection présidentielle pourrait, à elle seule, permettre à la gauche de battre définitivement le RN, à condition de suivre la plus cotée des candidatures sociales-démocrates, ou de poser bien gentiment sur une photo de famille entre responsables de gauche.

Nous ne méprisons aucune bataille électorale. Mais aucune solution de dernier recours ne suffira à faire durablement reculer l’extrême droite si notre classe demeure dispersée, désorganisée et privée de sa force collective.

Le deuxième serait de penser que, face à l’urgence, la priorité serait de rassembler seulement les militants, de fédérer un petit cercle de déjà convaincus autour d’une radicalité de surface, qui parle à ceux qui savent déjà, mais abandonne tous ceux qu’il nous faut convaincre. On ne gagne aucune bataille dans le repli et le sectarisme. 

L’urgence n’abolit pas notre rôle, elle le rend plus nécessaire encore. On ne fera pas reculer durablement l’extrême droite en renonçant à s’adresser aux jeunes qu’elle trompe ou qu’elle condamne à la résignation.

Notre tâche est d’organiser les jeunes là où ils se forment, étudient et travaillent. Là où le capitalisme isole et organise le déclassement, nous devons construire la solidarité et développer la conscience de classe.

Céder à l’urgence, ce serait renoncer à construire ce qui constitue aujourd’hui notre principal atout : une jeunesse organisée, consciente et mobilisée, capable non seulement d’empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir, mais d’en arracher les racines. 

Ce travail peut paraître ingrat. Il n’est pas perceptible dans les sondages ou sur les plateaux de télévision. Il n’emprunte ni esthétique insurrectionnelle, ni radicalité performative. Il ne tient pas la promesse d’une solution miraculeuse.

Pourtant, c’est lui qui rend la victoire possible. 

Souvenons-nous que, dans notre histoire, quand la gauche gagne, c’est bien souvent parce que les communistes ont assumé ce travail lent, difficile mais indispensable.  

Creusons, camarades ! Dans les lycées, les CFA, les facs, les IUT et les entreprises. Et demain, les générations suivantes nous diront, comme Marx en son temps, « bien creusé, vieille taupe ! »

 

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02/06/2026

« Empreinte 2050 » : programme du PCF pour la neutralité carbone

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Les rédacteurs du document « Empreinte 2050 », programme du PCF permettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici la moitié du siècle, ont fait un bilan de leurs rencontres avec les citoyens, les industriels, les syndicalistes, lundi 1er juin, à Paris.

 

En mai 2023, les plans climat fleurissent de toutes parts, présentant des chemins conduisant la France à la neutralité carbone. « Nous en voulions un qui conteste tous ces plans climat s’inscrivant dans le système capitaliste », a exposé Amar Bellal, responsable de la commission Écologie du PCF lors d’une soirée au siège de la formation, lundi, consacrée aux deux ans du Plan climat « Empreinte 2050 ». Un point d’étape pour tirer le bilan de 105 réunions publiques, d’une cinquantaine d’auditions de syndicats, d’organisations professionnelles, de représentants d’entreprise du secteur de l’énergie, de scientifiques.

« Avec ce programme qui vise à annuler l’empreinte carbone, nous avons, à partir des besoins auxquels on souhaite répondre, déduit une planification des productions et des consommations », expose Michel Doneddu, ingénieur. « Il y aura des secteurs en croissance, d’autres en décroissance », souligne Amar Bellal.

« Empreinte 2050 » prévoit une forte réindustrialisation pour répondre aux besoins nationaux. Puisque 51 % des émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) sont importés, la relocalisation pourrait permettre de réduire l’empreinte carbone cumulée de 900 mégatonnes de CO2 d’ici 2050, et créer des centaines de milliers d’emplois.

Deuxième axe fort : l’électrification massive du pays pour limiter le recours aux ressources fossiles. Le développement immédiat des énergies renouvelables et du nucléaire à partir de 2035 (20 EPR seraient programmés d’ici 2050) doit quasiment faire doubler la production électrique entre 2022 et 2050.

Une planification écologique

La planification fixerait des objectifs par secteur d’activité afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Ainsi, l’électrification, l’essor de l’hydrogène et des carburants de synthèse, le déploiement du fret ferroviaire, la baisse du trafic aérien chez les plus aisés, etc., doivent permettre une réduction des émissions de GES de 97 % dans le secteur des transports. L’évolution des pratiques agricoles et le développement des forêts comme puits de carbone doivent réduire de moitié les émissions. Au cœur du plan climat, on trouve un immense travail de modélisation des effets du plan sur les émissions de GES. « Cette expertise crédibilise nos propositions », salue Amar Bellal.

Depuis deux ans, la confrontation avec les acteurs des différents secteurs s’est avérée fructueuse et a fait évoluer « Empreinte 2050 », a relaté Michel Doneddu. Ainsi, alors qu’il est prévu une baisse drastique de la production de biogaz et biocarburants, les acteurs du secteur ont alerté sur le besoin de « réserver une part des biogaz et biocarburants à l’agriculture », même si celle-ci doit être électrifiée, car certaines de ces cultures sont « des coproduits qui servent à l’alimentation animale ».

D’autres rencontres ont servi à présenter la conception communiste des biens communs. Aux interlocuteurs qui jugeaient possible de comptabiliser la capture du carbone des océans, la France administrant le deuxième espace maritime au monde, Michel Doneddu fait valoir que « les océans appartiennent à tout le monde » et que des États sans accès maritime, tels que « la République tchèque ou la Mongolie », seraient lésés.

« Le climat et les Jours heureux »

Ce plan s’articule à la visée communiste, selon ses concepteurs. « C’est une question sociale que de s’occuper d’écologie. Faire du social sans écologie est un leurre. Nous tentons de démontrer qu’il est possible d’avoir et le climat et les « Jours heureux » », insiste Amar Bellal. « Empreinte 2050 » n’a pas opté pour des « changements individuels brutaux » en matière de consommation, et s’articule autour des moyens technologiques actuels.

Cela appelle à des transformations profondes. Les investissements dans la transition climatique se doivent d’être massifs : 186 milliards d’euros par an, soit 7,9 % du PIB. Le plan prévoit une nationalisation des grands groupes énergétiques, une réduction du temps de travail qui permettra d’absorber la baisse d’activité dans certains secteurs, la création d’une Sécurité emploi formation pour favoriser les nécessaires reconversions professionnelles, des droits d’intervention des salariés dans les entreprises.

En phase de mise à jour, « Empreinte » aura prochainement un petit frère. Une équipe planche sur un plan d’adaptation au réchauffement climatique, celui-ci étant déjà une réalité. Un plan, lui aussi « en rupture avec le capitalisme ».

Environnement, PCF

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30/05/2026

Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en "intellectuel collectif" »

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Natacha Malet, membre du conseil national du PCF, présidente de la commission de transparence des des débats du XLe congrès de la fédération des Bouches du Rhône

La Marseillaise : Comment se déroule le congrès du PCF ?

Natacha Malet : Les communistes ont produit des contributions. On a une commission nationale du texte qui a travaillé à l’élaboration d’un projet de base commune de discussion, qui a été envoyé aux membres du conseil national. Ils ont pu l’amender et l’ont adopté à 77%. Ce texte a ensuite été porté à la connaissance de l’ensemble des adhérents pendant cinq semaines. À l’issue de ce délai, la commission nationale de transparence des débats a validé trois textes alternatifs remplissant les conditions requises par nos statuts. Ces textes ont été ensuite portés à la connaissance de l’ensemble des adhérents par le PCF, même s’ils avaient déjà été publiés sur des sites Internet ou les réseaux sociaux par leurs signataires.

Les 6 et 7 juin, les communistes sont appelés aux urnes dans leurs sections. En quoi consiste ce vote ?

N.M. : Les communistes vont délibérer entre eux pour choisir parmi ces textes, lequel répond le mieux aux enjeux à relever pour le prochain mandat. Pour pouvoir voter, il faut être à jour de ses cotisations. Chaque communiste est appelé à se positionner sur l’un des quatre textes. Celui qui sera choisi majoritairement sera la base de discussion de tous les communistes qui pourront ensuite l’amender.

De quelle manière ?

C’est un grand exercice démocratique qui va permettre de faire évoluer le texte retenu à travers des amendements proposés et votés dans les congrès de section qui se tiendront les 13 et 14 juin, les congrès départementaux les 20 et 21 juin, et le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet. On peut aussi faire des vœux et des contributions qui sont mises en ligne sur le site du congrès afin de participer à la réflexion collective.

Le PCF est parfois considéré comme monolithique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

N.M. : Ce processus de congrès montre qu’il y a du pluralisme dans le PCF. Je n’aime pas le mot « tendance » qui ne fait pas partie de nos règles de vie collective mais, en fonction des réalités vécues dans chaque territoire par chaque militant, il est possible d’appréhender différemment les enjeux à venir tout en ayant une boussole commune qui est le communisme.

Qu’est-ce qui fait le plus débat ? La stratégie électorale, les alliances ?

N.M. : Pas seulement, nos débats ne se structurent pas autour d’enjeux électoralistes. Le congrès est l’occasion de réfléchir à l’état du monde, aux moyens de le changer, au projet de société que nous portons pour la France, à la façon de faire reculer l’extrême droite et les logiques capitalistes... C’est ce qui nous fait dire que le PCF agit en « intellectuel collectif ».

Natacha Malet, PCF

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20/04/2026

Le Parti de la gauche européenne veut une Europe des peuples

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Les représentants des communistes et progressistes issus de 40 partis organisés dans les différents pays du continent européen se sont retrouvés à Bruxelles pour le congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) qui les fédère.

À l’ordre du jour : créer les conditions d’un autre avenir en Europe, « en rupture avec l’austérité et la militarisation ».

Le communiste autrichien Walter Baier, a été reconduit à la présidence du PGE. Quant au PCF qui a défendu sa volonté d’aboutir à une « Europe des peuples et nations, libres, souverains et associés », rompant avec les traités actuels qui fonde l’Europe libérale, il sera représenté par trois membres dans la nouvelle direction. La communiste parisienne Hélène Bidard devient vice-présidente du PGE. Le responsable des relations internationales, Vincent Boulet et la communiste varoise en charge des questions de logement au PCF, Sylvie Vinceneux, intègrent quant à eux le bureau exécutif.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a participé à une table ronde intitulée « L’union fait la force : la classe ouvrière se soulève contre l’austérité » au côté du ministre slovène de la Solidarité Simón Maljevac, du syndicaliste suédois Claes-Mikael Ståhl, de la députée allemande Janina Böttger ou encore de l’altermondialiste grecque, Rena Dourou. « Face à l’austérité et aux logiques libérales, la gauche doit se rassembler autour du combat pour la Paix et le respect des travailleuses et des travailleurs. Construire une Europe des peuples, de la justice sociale et de la paix, c’est notre priorité », a insisté le dirigeant communiste français.

Un message d’unité et de solidarité

Le congrès du PGE, fut également l’occasion de réaffirmer l’engagement internationaliste de ses membres au-delà du continent européen avec des temps forts sur Gaza et Cuba. Emilio Lozada García, chef du département des relations internationales du Comité central du Parti communiste cubain s’est notamment entretenu avec Fabien Roussel. Des rencontres avec une délégation du Parti communiste chinois comme avec les représentants des « Démocrates socialistes » américains, conduits par Megan Romer.

La délégation du PCF a également saisi l’occasion de ce congrès pour une rencontre bilatérale avec le Parti du travail de Belgique en présence de son secrétaire général Peter Mertens. Le PTB, membre récent du PGE, travaille étroitement avec le PCF notamment.

Dans un continent marqué par la montée de l’extrême droite et les divisions des adversaires de l’Union européenne libérale avec la création par LFI de « L’Alliance de gauche européenne pour les peuples et la planète » avec d’autres partis réformistes radicaux, ce congrès du PGE a été l’occasion d’envoyer un message d’unité et de solidarité à toutes celles et tous ceux qui souhaitent une alternative progressiste en Europe.

01/04/2026

Fabien Roussel hausse le ton et propose de nationaliser Total

Fabien Roussel essence.jpgInvité ce matin sur les ondes de France Inter, le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a dénoncé la flambée des prix de l’essence et appelé à une intervention immédiate de l’État.

Au cœur de sa stratégie : une proposition de loi déposée par les sénateurs communistes pour bloquer les prix, encadrer les marges et nationaliser TotalEnergies. Une ligne politique qui assume une confrontation directe avec la logique de marché au nom de la protection des ménages.

Un appel à une intervention immédiate de l’État

La hausse rapide des prix des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la nervosité des marchés énergétiques, a replacé la question du pouvoir d’achat au centre du débat public. Dans de nombreuses stations, le litre de gazole a largement dépassé le seuil symbolique des deux euros, ravivant l’inquiétude des ménages et des professionnels dépendants de la route.

Fabien Roussel a choisi de porter l’offensive sur le terrain médiatique. Ce matin, sur France Inter, le dirigeant du PCF a dénoncé une « situation insupportable » pour les Français, accusant les grands groupes pétroliers de profiter de la crise. Selon lui, l’État dispose des outils juridiques nécessaires pour agir rapidement, mais refuse de les utiliser.

Au-delà du constat, il souhaite « faire de la question énergétique un marqueur de justice sociale ». Pour lui, laisser les prix s’envoler revient à accepter un transfert direct des richesses des ménages vers les entreprises énergétiques et les marchés financiers.

La proposition de loi des sénateurs communistes, un dispositif de régulation exceptionnel

Au cœur de cette offensive politique se trouve une proposition de loi déposée au Sénat par les élus communistes. Le texte vise à instaurer une régulation exceptionnelle des prix de l’énergie, en s’appuyant sur les dispositions du code de commerce permettant à l’État d’intervenir en cas de circonstances exceptionnelles.

La mesure principale consiste à plafonner temporairement le prix des carburants à un niveau considéré comme supportable pour les ménages, autour de 1,60 euro le litre. Le texte prévoit aussi un encadrement strict des marges sur l’ensemble de la chaîne énergétique, du raffinage à la distribution, ainsi qu’un renforcement des contrôles et des sanctions en cas d’abus.

Autre levier : la réduction temporaire de la TVA sur les carburants et l’électricité, ce qui aurait des effets immédiats sur la facture finale. Les sénateurs communistes proposent enfin une clause de sauvegarde permettant d’étendre le blocage aux prix de l’électricité si la crise devait s’aggraver.

Mais la dimension la plus politique de cette initiative réside dans la nationalisation évoquée par Fabien Roussel. Il a réaffirmé que, si les grands groupes énergétiques refusaient de limiter leurs marges, l’État devrait reprendre le contrôle des entreprises jugées stratégiques pour garantir la sécurité énergétique du pays.

Une bataille politique sur le rôle de l’État face aux crises

Au-delà des mesures concrètes, la prise de position du secrétaire national du PCF traduit une vision plus large du rôle de l’État dans l’économie. Pour les communistes, la hausse des prix de l’énergie révèle les limites d’un modèle fondé sur la dérégulation et la dépendance aux marchés internationaux.

Fabien Roussel défend ainsi la création d’un pôle public de l’énergie capable de stabiliser les prix sur le long terme et de garantir une énergie accessible à tous. Il pointe l’augmentation des Certificats d’Économie d’Énergie, accusée d’avoir renchéri indirectement le coût des carburants et du chauffage.

par Léa Triolen pour Liberté Actus

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30/03/2026

Pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes

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La direction du Parti communiste, réunie ce week-end, a approuvé le texte qui pourrait servir de base de discussion lors du 40e congrès, en juillet prochain. Proposition est faite d’une candidature « combative » pour 2027.

 

Le débat peut s’ouvrir. Ce dimanche à Paris, le Conseil national (CN) du PCF a approuvé à 77 % des voix le projet de base commune de discussion, « Un communisme de conquêtes », qu’il soumet aux adhérents à l’occasion du congrès du parti, qui se tiendra les 3, 4 et 5 juillet à Lille.

Les 38e et 39e congrès ont porté « l’ambition de rendre à nouveau visible notre parti dans le débat public » et « permis de renouveler notre projet et de préciser nos propositions », a rappelé en introduction Léon Deffontaines, responsable de la commission chargée de la rédaction du texte.

Cette fois-ci, « il s’agit de franchir une étape décisive : affirmer le rôle central du PCF dans la conquête de pouvoirs pour le monde du travail » et « recréer une base sociale forte en faisant progresser la conscience de classe », avance-t-il. À un an de la présidentielle, la question de la stratégie des communistes est également posée.

« Le 40e congrès propose aux communistes de prendre toute leur place lors de la prochaine élection présidentielle et de mettre en débat (…) ses propositions avec les citoyennes et les citoyens, avec les forces de gauche et écologistes, avec les militants syndicaux et associatifs, avec le monde du travail, de la culture et de la création. Les communistes sont donc en campagne dès aujourd’hui », expose le texte proposé par le CN, qui précise que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins nationaux et locaux du pays ».

Pour les élections législatives, il est proposé de « construire les rassemblements les plus larges, afin de faire élire le plus grand nombre possible de députés de gauche » à l’échelle des territoires et de discuter avec les autres forces de progrès pour déterminer les candidatures les mieux à même de l’emporter dans les circonscriptions « menacées d’un succès de l’extrême droite ou de ses alliés ».

« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann »

Minoritaires, plusieurs voix ont pris leur distance avec l’hypothèse d’une candidature communiste. « Notre obsession doit être de tout faire pour construire l’alternative à l’extrême droite et au capitalisme radicalisé, avance ainsi le conseiller de Paris Jean-Noël Aqua. Nous devons tout faire pour être utile en 2027, faire gagner une politique de progrès et d’émancipation. » Il rappelle l’aspiration unitaire de l’électorat de gauche et invite à « partir de l’existant pour l’améliorer », la « voie de victoire ouverte par le Nouveau Front populaire en 2024 ».

Il s’inquiète de ne pas voir dans le projet de base commune de « chemin concret pour battre l’extrême droite et ouvrir une victoire de la gauche ». « Le PCF peut faire entendre sa voix sans se placer d’emblée dans une perspective d’échec de la gauche face à la droite et l’extrême droite. On ne peut faire l’économie d’une réflexion sur un rassemblement de notre camp social et politique », alors que l’extrême droite est proche de 35 % d’intentions de vote, appuie le secrétaire départemental du Finistère, Ismaël Dupont.

D’autres, comme Muriel Ternant (Territoire de Belfort), se prononcent pour une candidature communiste « au service d’un projet révolutionnaire » et qui « pourrait éventuellement être retirée au bénéfice d’une stratégie de mise en échec de l’accession de l’extrême droite au pouvoir ». Nicolas Cossange (Hérault) rappelle, lui, que l’élection présidentielle est « un moment phare de la vie politique » et permet de présenter les propositions du PCF. Il ajoute qu’en 2017 le soutien à Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas traduit par un accord aux législatives.

« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann », souligne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, pour qui « c’est en ayant une candidature combative à l’élection présidentielle, comme nous avons su le faire en 2022, que nous serons en meilleure position pour avoir le plus de députés possible ».

La présidentielle en ligne de mire

Pour 2027, expose le projet de base commune, l’objectif sera de porter une « politique de classe seule à même de reconquérir le monde du travail », sous la forme d’un « pacte » avec les Français qui « replace au centre du débat public le travail et l’emploi, la justice sociale et l’égalité réelle, la souveraineté populaire et la refondation de la République, l’édification d’un nouvel ordre mondial fondé sur la paix et la coopération entre les peuples ». Dans ce cadre, « il faudra insister énormément sur la désindustrialisation » qui nourrit la « montée de l’extrême droite dans les sous-préfectures », avance Pierre Lacaze, responsable aux élections.

Le congrès doit être l’occasion de mettre à jour l’analyse des communistes, mais aussi de redéfinir leur projet. L’un des principaux débats portera sur la réintroduction dans leur doctrine de la notion de « socialisme aux couleurs de la France » qui devrait leur permettre de mieux présenter leur ambition autour de cinq piliers fondamentaux : la planification démocratique et écologique, la socialisation massive des moyens de production, la coopération entre nations souveraines, la promotion des droits et libertés et l’émancipation culturelle. Un plan d’action devrait également être mis en place pour animer deux « campagnes structurantes » et permanentes, l’une pour une « nouvelle industrialisation et de nouveaux services publics », l’autre « pour la paix et l’autodétermination des peuples ».

D’ici le 3 mai, trois cents communistes au moins peuvent déposer un texte de base commune alternative. L’un d’entre eux, « Le communisme partout », a déjà été présenté par des contributeurs du site Nos révolutions. « Nous souhaitons réparer le lien entre le parti et l’ensemble des mouvements sociaux », explique à l’Humanité l’un de ses rédacteurs, Antoine Guerreiro. Ce texte se propose de renouer une alliance « prioritairement avec les insoumis ». Un autre texte, proche du blog Matérialisme et communisme, est en préparation.

Le membre de l’exécutif Frédéric Boccara a déclaré qu’« il y a besoin d’un texte alternatif reprenant l’ambition des 38e et 39e congrès », estimant que le document proposé par le Conseil national est en « régression sur les avancées marxistes » et qu’il ne pose pas la question « de l’articulation avec des éléments communs de programme face au danger d’extrême droite ». Les communistes détermineront le texte sur lequel ils plancheront par un vote les 6 et 7 juin, avant, dans le courant de juin, d’en débattre dans les sections et fédérations.

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11:27 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : pcf, congrès | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!