CONGRES DEPARTEMENTAL DES COMMUNISTES DE L'ESSONNE (22/06/2026)

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Les 19 et 20 juin, les congrès fédéraux du Parti étaient appelés à amender le texte de la base commune, avec plusieurs sujets qui font débat, dont la présidentielle de 2027.

 

C’est à Grigny, au bord du lac de l’Essonne et à l’abri du soleil de plomb de cette fin de printemps caniculaire, que les communistes du département se sont réunis, les 19 et 20 juin, à l’occasion du Congrès départemental du PCF. Après les conférences de section, le week-end précédent, il s’agit de la dernière étape avant le Congrès national, du 3 au 5 juillet à Lille.

Au programme, l’examen d’environ 300 amendements adoptés dans les sections de l’Essonne, dont la rédaction témoigne d’une fédération assez partagée sur l’orientation à choisir pour les trois prochaines années. Lors du vote du texte de la base commune, le 7 juin, 44,86 % des militants ont choisi le projet soutenu par le secrétaire national, Fabien Roussel, qui inclut notamment une candidature à la présidentielle. Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) s’est dit « disponible » pour se présenter à l’élection – une conférence nationale, le 5 juillet à l’issue du Congrès, doit enregistrer les différents candidats, avant un vote au début de l’automne.

36,63 % des communistes de l’Essonne ont préféré, eux, le texte alternatif « Communistes à l’offensive », qui défend une ligne d’union de la gauche et refuse l’automaticité d’une candidature PCF. « Il y a du débat dans la fédération, c’est normal, confirme le secrétaire départemental, Amadou Deme. Il faut que les discussions puissent avoir lieu sereinement, qu’on ne tombe pas dans des logiques de clans. »

La menace de l’extrême droite dans toutes les têtes

Alors que les 72 délégués des sections réunis à Grigny votent les amendements à un rythme soutenu, pour respecter les délais impartis, il est décidé de prendre un temps dédié à la présidentielle. Avec, notamment, une question à trancher : faut-il amender le texte de la direction nationale pour y ajouter une « clause de revoyure » ?

Concrètement, celle-ci, proposée dans un des textes alternatifs (« Stratégie communiste »), pose le principe d’une conférence nationale dans plusieurs mois, qui aura à charge d’acter ou de retirer la candidature PCF, en fonction de l’état du paysage à gauche et du risque de victoire du Rassemblement national.

Pour Laurent Santoire, délégué de Massy, le vote du 7 juin a tranché le sujet : « C’est ce que veut la majorité des communistes. La campagne commence maintenant, on ne va pas inventer une candidature conditionnelle qui pourrait se retirer si les conditions sont réunies ! On ne sera pas crédibles dans les médias et je ne me reconnais pas dans le populisme de Mélenchon. »

« Le fait de ne pas soutenir une candidature automatique, cela ne vaut pas ralliement à Mélenchon », rétorque Sarra Sebaoui, de Morsang-sur-Orge. « La gauche n’est jamais aussi faible que quand elle est divisée, et le risque de bascule vers l’extrême droite n’a jamais été aussi grand », appuie en écho Anne Brochot, de Grigny.

« C’est bien pour cela que nous devons avoir un candidat et nous mettre en rangs, camarades. Nous sommes ceux avec les meilleurs arguments pour dissuader les gens de voter RN », réplique un autre. « Je refuse de réfléchir sous la pression du RN », fulmine une militante âgée, qui dénonce le « piège des institutions de la Ve République ».

Les échanges montent en intensité, mais restent cordiaux. Le vote tranche : 35 voix contre 33, les communistes de l’Essonne adoptent le principe de clause de revoyure. Ils s’opposent, en revanche, à renouer avec le format du Nouveau Front populaire (NFP) pour les législatives : « Le NFP est anachronique. Place publique était dedans, veut-on s’allier avec eux vu l’orientation de la campagne de Glucksmann ? Par ailleurs, LFI et PS ne souhaitent de toute façon plus s’allier. Ce serait un cadre contre-productif », justifie Iban Dard-Merle, de Juvisy.

Un autre amendement, adopté de manière plus consensuelle, propose d’inclure le bilan des forces militantes dans le texte de base commune. « L’affaiblissement du PCF devrait nous interroger, défend un délégué de la section de Montgeron. Il nous faut une vision réaliste de l’état des forces avant de nous décider sur une candidature. » Le texte adopté ce samedi évalue à 5 000 le nombre de militants perdus depuis 2023 et 12 000 depuis 2018.

L’occasion de réfléchir aussi aux modalités de la future campagne. À Grigny, on croise Antonin Hérault, qui détient peut-être une partie de la réponse. À 23 ans, l’étudiant, conseiller d’opposition à Massy, multiplie les vidéos contre la mairie de droite (sur la Palestine, les classes qui étouffent pendant la canicule…), avec un certain succès sur TikTok.

« J’ai gagné la bataille culturelle dans ma section pour qu’on utilise plus les réseaux… Mais tout le monde ne maîtrise pas les outils, ça demande aussi de former des gens, pour que tout ne repose pas sur les plus jeunes », avance, souriant, le militant, favorable à une candidature communiste. Tout ne se jouera pas sur Internet, bien sûr. Mais c’est un des fronts de la bataille qui s’annonce.

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