03/07/2026
« Si nous sommes candidats, nous devons aller jusqu’au bout »
PCF Alors que se tient ce week-end, à Lille, le congrès du Parti communiste, son secrétaire national, Fabien Roussel, a répondu à nos questions sur sa vision du projet communiste, l’intérêt d’une candidature présidentielle, et les défis de l’organisation.
C’est l’heure des choix décisifs pour le PCF. Les communistes ont rendez-vous à Lille (Nord), du 3 au 5 juillet, pour le 40e congrès national du Parti, où seront fixées les grandes orientations stratégiques et idéologiques pour les trois prochaines années. Le secrétaire national, Fabien Roussel, reçoit l’Humanité en amont du congrès, pour répondre aux questions brûlantes qui agitent la gauche et ont animé les débats dans les sections et les fédérations départementales du PCF.
La France a connu et va connaître de graves épisodes caniculaires. La planète brûle, le capitalisme la mène à l’abîme. Comment le PCF peut-il être à la hauteur de ce moment crucial ?
Il y a urgence à changer immédiatement de politique à court et long terme. Les communistes ont travaillé à un plan climat pour la France, qui fixe une trajectoire et un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Il apporte des réponses pour atténuer le réchauffement climatique, et pour s’adapter, et limiter les effets des grandes chaleurs l’été et des grands froids l’hiver. Nous sommes la seule force politique à avoir fait ce travail et je mets au défi d’autres forces de planifier aussi précisément les moyens à mettre en œuvre dans l’agriculture, les transports, le logement, l’industrie, les services publics.
Quels sont les grands axes de ce plan ?
C’est d’abord une réforme en profondeur de nos modes de production, de consommation et de déplacement. 50 % de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent des importations. Il faut s’attaquer à cela, avoir une production relocalisée, socialement et écologiquement utile. Cela suppose une nouvelle industrialisation, qui s’appuie sur le mix énergétique, le renouvelable et le nucléaire, dans le cadre d’un pôle public de l’énergie. Enfin, nous portons des mesures d’urgence : rénovation des logements et des bâtiments publics, achat de clims, installation de volets, baisse du prix de l’électricité et du train. Le gouvernement prétend que le pays n’en a pas les moyens. C’est faux.
On entend souvent la droite dire que la transition écologique se fera sur le dos des pauvres. Qui financera ce plan du PCF ?
Nous voulons sauver le climat et nous voulons les Jours heureux pour tout le monde. Notre plan propose de vivre mieux avec de meilleurs salaires, des véhicules automobiles électriques accessibles, des factures d’électricité beaucoup moins chères et des logements rénovés.
Ce sont tous ces leviers-là qu’il faut utiliser. Où trouver l’argent ? On touche là le cœur du système capitaliste. Il faut en finir avec les dividendes et le coût du capital. Nous voulons produire plus de richesses socialement et écologiquement utiles pour pouvoir les réorienter et répondre aux besoins. Lutter pour le climat, c’est un combat de classe.
Que suppose le concept de « socialisme aux couleurs de la France », que vous défendez dans le congrès du PCF ?
Quel nom donne-t-on à la société que nous voulons construire pour sortir du capitalisme ? Dans ce socialisme du XXIe siècle que nous voulons bâtir, la question de la paix est centrale, face à l’impérialisme. La production et l’appropriation publique et sociale des moyens de production sont aussi fondamentales, comme le pouvoir des salariés sur les choix de leur entreprise.
Enfin, nous mettons au cœur de notre projet de société le rôle des services publics et l’émancipation culturelle. Voilà pourquoi nous voulons revisiter ce concept de socialisme, pour le mettre aux couleurs de notre époque et d’une France qui manifeste son attachement à l’égalité.
Dans les enquêtes d’opinion, les Français plébiscitent les services publics mais pas la gauche qui les défend…
Plus nous serons de voix à défendre l’utilité de nos services publics, leur financement, le rôle essentiel qu’ils jouent, plus les Français seront convaincus que la gauche porte une alternative d’espoir et de changement. Notre originalité en tant que communistes, c’est que nous mettons aussi l’accent sur la création de nouveaux services publics. On parle de l’énergie, des transports qui sont en train d’être démantelés, du logement, de la petite enfance, du médicament…
La question du consentement à l’impôt, très abîmé par dix ans de discours macronistes anti-fiscalité, est-elle un chantier que le PCF compte investir ?
Bien sûr. Mais avant de parler d’impôts, parlons salaires. Le salaire implique le pouvoir de vivre dignement et aussi le financement de la protection sociale avec le salaire brut et les cotisations. Je préfère qu’il y ait beaucoup plus de Français qui payent des impôts parce qu’ils ont un bon salaire. Ensuite nous appelons à davantage de tranches d’imposition pour un impôt plus juste. Que les classes moyennes paient moins et que les riches payent plus.
La gauche peut-elle gagner en 2027 ?
Je veux contribuer à ce que la gauche soit suffisamment forte pour l’emporter. La vraie question est celle du rapport de force entre la gauche, la droite et l’extrême droite. L’enjeu est d’aller conquérir ou reconquérir l’électorat qui nous manque aujourd’hui pour pouvoir l’emporter : les déçus, la France qui bosse ou est privée d’emploi. Et qu’on arrive à regagner pour la gauche celui ou celle qui a pu voter pour d’autres forces politiques, parfois à l’extrême droite. C’est ça qui m’obsède continuellement.
À court terme, quel électorat le PCF priorise-t-il ?
Majoritairement, ce sont aujourd’hui les abstentionnistes qui manquent à la gauche, pour qu’elle passe de 30 à 50 %. Nous n’allons pas nous battre contre les autres forces de la gauche pour aller chercher ses électeurs. Notre priorité, c’est le monde du travail, les salariés.
C’est pour cela que je veux autant parler de progrès social, de salaire et de paix car la guerre pénalise les travailleurs. Ensuite, il faut que nous soyons beaucoup plus percutants pour défendre une République féministe, le principe d’égalité, combattre le racisme, l’antisémitisme, protéger la jeunesse.
Jordan Bardella assume une ligne pro-patronat. Est-ce une aubaine pour convaincre les électeurs du RN qui, jusqu’ici, croyaient au vernis social de l’extrême droite ?
Dans beaucoup de villes où le RN avait fait 50 % aux élections législatives de 2024, il a fortement baissé aux municipales. Nous l’avons vécu à Saint-Amand-les-Eaux. Vincent Bouget a réussi à le faire reculer à Nîmes. On sait faire, on a des expériences concrètes. Je fais totalement la différence entre le militant du RN et son électeur. L’électorat est de plus en plus volatil. Beaucoup sont perdus, y compris dans le monde du travail et ouvrier. Il faut aller leur parler. Montrer l’arnaque sociale du RN fera partie de la campagne. Mais plutôt que de parler du RN, je préfère que l’on consacre notre énergie à parler de notre projet et à convaincre.
Comment le PCF compte-t-il lutter contre le racisme qui nourrit le vote RN ?
Partout sont fabriqués des ennemis, des boucs émissaires pour diviser les peuples. Les citoyennes et citoyens de religion ou de culture musulmane subissent des discours et des actes racistes intolérables, l’antisémitisme progresse également. Nous avons des propositions fortes pour une condamnation plus ferme des actes racistes. Il faut mettre à jour la loi Gayssot. Mais il faut aussi mettre le doigt là où ça fait mal par des sanctions, une peine d’inéligibilité et en même temps renforcer l’éducation à l’égalité.
Il y a, dans l’électorat de gauche, une forte aspiration à l’unité et une peur que la gauche rate à nouveau la marche du second tour. Ne craignez-vous pas que, dans un contexte de multiplication des candidats, une dynamique de vote utile profite à un seul au détriment des autres, dont celui du PCF ?
D’abord, je ne laisserai pas dire que, si la gauche est divisée, c’est de la faute des communistes. Entre LFI et le PS, ce sont des bordées d’insultes quotidiennes. Moi-même j’ai été insulté. On devrait pouvoir travailler chacun à son projet sans injures, c’est la condition du rassemblement. On peut toujours appeler à l’union, il n’y aura pas de candidature unique. C’est un fait. L’essentiel n’est pas là.
Pour gagner, la gauche doit être plus forte dans son projet et son adresse au monde du travail et c’est à cela que nous voulons travailler. Par ailleurs, j’aimerais bien qu’on vote pour ses idées à l’élection présidentielle. Entre la tactique du vote utile du premier tour et le vote barrage du second, quand est-ce qu’on choisit un candidat pour son programme ?
On en vient à la question de la structure même du scrutin présidentiel…
L’élection présidentielle doit être contestée. Le PCF la dénonce, depuis toujours. Le mode de scrutin est anachronique, dépassé, mortel pour la démocratie. Maintenant, nous ne pratiquons pas la chaise vide. Je préfère être présent dans la campagne pour porter une nouvelle République, de nouvelles institutions, que d’être absent et de déléguer à d’autres le soin de parler pour nous.
Le risque d’une victoire de l’extrême droite reste néanmoins réel…
Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention, priverait le débat public d’idées essentielles pour combattre l’extrême droite et gagner des avancées.
Cela ne créerait aucune dynamique. Ce qui m’inquiète, moi, c’est ceux qui pensent que l’union sans ambition pour le pays est la solution à tous les problèmes. Quand des gens m’interpellent sur l’union de la gauche, je leur demande ce qu’ils veulent. « Derrière Jean-Luc Mélenchon ? » On me répond : « Ah non, surtout pas lui ! » Et si je dis : « Glucksmann, alors ? », j’entends : « Ah non ! » Travaillons à renforcer la gauche et à la rendre majoritaire dans le pays.
Concernant le congrès, que retenez-vous du travail d’amendements accompli dans les sections et les fédérations départementales ?
Il y a eu plus de 5 000 amendements déposés. Je suis content que nous ne nous soyons pas focalisés sur la présidentielle, mais que nous ayons travaillé à la reconstruction d’une organisation communiste, à notre projet de société, la question du socialisme… Cela représente six mois de débats très riches. On va voter trois fois. Nous sommes une vraie force démocratique, par rapport à d’autres.
Parmi les amendements votés dans plusieurs fédérations et qui seront débattus au congrès, il y a l’option d’une clause de revoyure concernant la candidature à la présidentielle. Le PCF pourrait choisir de se retirer en cours de campagne, en fonction des dynamiques à gauche. Qu’en pensez-vous ?
Je respecte ceux qui proposent cela. Mais si les communistes décident que présenter un candidat est important pour mener la bataille politique et idéologique, alors nous devons aller jusqu’au bout, et sans tarder. On ne peut pas avoir la main qui tremble.
Ni avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En tout cas, pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne. Si un autre candidat au sein du PCF veut présenter sa candidature en disant qu’il est prêt à la retirer, il est libre de le faire.
Les débats en amont du congrès ont montré des inquiétudes sur la baisse des adhésions au PCF – 5 000 adhérents en moins depuis 2023, 12 000 en moins depuis 2018. Comment enrayer cette perte de militants ?
Si je regarde la courbe de pertes des adhérents, je constate qu’elle ralentit. J’ai fixé au dernier congrès l’objectif de réaliser 10 000 adhésions. Nous avons atteint cet objectif à 78 %, en enregistrant de nombreuses adhésions pendant le mouvement pour les retraites, la campagne sur les services publics et l’industrie et pendant la présidentielle 2022. Il y a aujourd’hui 15 fédérations qui ont progressé ou ont maintenu leur nombre d’adhérents. J
Je préfère me concentrer sur ceux qui réussissent que de parler, comme d’autres me le proposent, de ce qui n’a pas marché. Oui, c’est un combat, mais c’est possible d’inverser la courbe, et je travaillerai avec ceux qui ont réussi à le faire, pour se fixer l’objectif dans trois ans de ne pas avoir perdu un adhérent.
Sur la question de l’implantation, l’un des objectifs fixés au dernier congrès était la création de cellules dans les entreprises. Quel bilan en tirez-vous ?
Il y a eu des créations de cellules qui n’auraient pas existé si nous n’avions pas fixé cet objectif mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Je le redis : nous ne sommes pas un super syndicat. Partout où les communistes s’organisent, c’est pour porter une alternative au capitalisme. Donc trois communistes dans une entreprise, c’est déjà une organisation.
C’est déjà trois communistes qui peuvent s’organiser, tracter et réfléchir sur l’outil de production. Pareil dans un village. Et c’est essentiel : la mise en mouvement des travailleurs et travailleuses autour d’objectifs élevés de transformation sociale est indispensable à de nouvelles conquêtes.
11:16 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, congres, fabien roussel |
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30/05/2026
Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en "intellectuel collectif" »
Natacha Malet, membre du conseil national du PCF, présidente de la commission de transparence des des débats du XLe congrès de la fédération des Bouches du Rhône
La Marseillaise : Comment se déroule le congrès du PCF ?
Natacha Malet : Les communistes ont produit des contributions. On a une commission nationale du texte qui a travaillé à l’élaboration d’un projet de base commune de discussion, qui a été envoyé aux membres du conseil national. Ils ont pu l’amender et l’ont adopté à 77%. Ce texte a ensuite été porté à la connaissance de l’ensemble des adhérents pendant cinq semaines. À l’issue de ce délai, la commission nationale de transparence des débats a validé trois textes alternatifs remplissant les conditions requises par nos statuts. Ces textes ont été ensuite portés à la connaissance de l’ensemble des adhérents par le PCF, même s’ils avaient déjà été publiés sur des sites Internet ou les réseaux sociaux par leurs signataires.
Les 6 et 7 juin, les communistes sont appelés aux urnes dans leurs sections. En quoi consiste ce vote ?
N.M. : Les communistes vont délibérer entre eux pour choisir parmi ces textes, lequel répond le mieux aux enjeux à relever pour le prochain mandat. Pour pouvoir voter, il faut être à jour de ses cotisations. Chaque communiste est appelé à se positionner sur l’un des quatre textes. Celui qui sera choisi majoritairement sera la base de discussion de tous les communistes qui pourront ensuite l’amender.
De quelle manière ?
C’est un grand exercice démocratique qui va permettre de faire évoluer le texte retenu à travers des amendements proposés et votés dans les congrès de section qui se tiendront les 13 et 14 juin, les congrès départementaux les 20 et 21 juin, et le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet. On peut aussi faire des vœux et des contributions qui sont mises en ligne sur le site du congrès afin de participer à la réflexion collective.
Le PCF est parfois considéré comme monolithique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?
N.M. : Ce processus de congrès montre qu’il y a du pluralisme dans le PCF. Je n’aime pas le mot « tendance » qui ne fait pas partie de nos règles de vie collective mais, en fonction des réalités vécues dans chaque territoire par chaque militant, il est possible d’appréhender différemment les enjeux à venir tout en ayant une boussole commune qui est le communisme.
Qu’est-ce qui fait le plus débat ? La stratégie électorale, les alliances ?
N.M. : Pas seulement, nos débats ne se structurent pas autour d’enjeux électoralistes. Le congrès est l’occasion de réfléchir à l’état du monde, aux moyens de le changer, au projet de société que nous portons pour la France, à la façon de faire reculer l’extrême droite et les logiques capitalistes... C’est ce qui nous fait dire que le PCF agit en « intellectuel collectif ».
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15:50 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : natacha malet, pcf, congrès |
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30/03/2026
Pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes
11:27 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : pcf, congrès |
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09/07/2018
Congrès. Les parlementaires communistes au Jeu de Paume
Un serment symbolique contre la "monarchie présidentielle": les parlementaires communistes se sont rassemblés lundi devant la salle du Jeu de Paume peu avant le début du Congrès à Versailles.
17:11 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : congrès, versailles, parlementaires pcf |
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10/05/2016
Les communistes affinent leur choix
Les militants du PCF ont choisi, à 51,2 % des suffrages exprimés, de retenir la proposition de la direction de leur parti comme base de discussion de leur 37e Congrès, qui comprend notamment la proposition d’une « primaire de projet » pour rassembler la gauche sur un projet alternatif en 2017.
Ce n’est pas la fin des discussions ouvertes à l’occasion de la préparation du 37e Congrès, mais le début d’une nouvelle phase pour les communistes. Un débat qui va se poursuivre dorénavant dans le cadre prévu par les statuts de leur parti, c’est-à-dire par l’amendement du document qu’ils ont choisi par leur vote, la semaine dernière, comme base commune de discussion. « Le texte qui sera choisi début mai continuera d’évoluer et de s’enrichir », avait souligné avant le scrutin Pierre Laurent dans un « appel aux militants », le secrétaire national du PCF souhaitant concilier « le respect de la diversité et la volonté de converger jusqu’au congrès en construisant l’unité de tous les communistes à partir de choix majoritaires ».
Une tâche ardue après une consultation très disputée, où pas moins de quatre textes alternatifs au document soumis par le Conseil national du PCF ont été déposés, soient cinq propositions en lice, pour trancher trois questions à l’ordre du jour : « Clarifier dans un texte fort et lisible » le projet des communistes ; définir les choix stratégiques du parti pour les échéances électorales de 2017 ; et procéder aux « transformations nécessaires » du PCF. Si le scrutin a réuni moins de votants que lors des précédents congrès, avec 30 127 électeurs contre 34 662 pour le 36e Congrès de 2013 et 39 692 pour le 34e en 2008, ce n’est pas tant la participation qui est en cause (son taux s’améliore même, avec 56,92 % contre 54 % au 36e Congrès et 50,38 % au 34e), que l’érosion du nombre d’inscrits, c’est-à-dire d’adhérents à jour de leurs cotisations, dont les causes seront sans doute scrutées de près par les congressistes.
Majorité absolue en voix pour la base commune
Avec 14 942 voix et 51,2 % des suffrages exprimés, la proposition du Conseil national, articulée en trois textes distincts correspondant aux trois points de l’ordre du jour du Congrès (« Le temps du commun » ; « 2017 : une autre voie pour l’avenir de la France » ; et « Des transformations utiles et concrètes pour un Parti communiste de nouvelle génération »), devient la base de discussion de tous les communistes. Le premier texte alternatif, intitulé « L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen », signé entre autres par l’historien Frédérick Genevée, le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc ou l’ex-président d’Espaces Marx Patrice Cohen-Seat, a recueilli quant à lui 6 910 voix et 23,68 % des suffrages. Le troisième texte alternatif (dans l’ordre du dépôt) nommé « Unir les communistes, le défi renouvelé du Parti communiste », a obtenu 12,87 % et 3 755 voix. Ses signataires comptaient, entre autres, le secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais Hervé Poly et la maire de Vénissieux Michèle Picard.
Suivent enfin les deux autres textes alternatifs, numéro 4 et numéro 2 dans l’ordre du dépôt, respectivement baptisés « Reconstruisons le parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes », signé notamment par Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF, et « Pour une politique communiste », porté par les animateurs de l’association La Riposte dont Greg Oxley. Ils ont rassemblé 6,86 % et 2 001 voix pour le premier cité, et 5,4 % et 1 575 voix pour le second. 944 communistes, représentant 3,13 % des votants, ont voté blanc ou nul.
C’est donc à partir de l’orientation proposée par le Conseil national que devront se construire les choix de congrès des communistes. Une orientation qui pose tout à la fois « les axes du projet communiste du 21e siècle » (sécurité d’emploi et de formation, nouveau mode de développement social et écologique, révolution citoyenne, nouveau pacte républicain, Europe refondée, mondialité de paix et de coopération), le choix pour la présidentielle de 2017 d’une « primaire de projet pour désigner une candidature » de « rassemblement des forces citoyennes et politiques » de gauche mobilisées contre la politique du gouvernement, et la volonté de « faire du PCF un parti d’éducation populaire et de conquête du pouvoir » qui développe une « pratique citoyenne » de la politique.
Quatre semaines pour élargirle cercle du débat
Ce sont en particulier ces deux derniers points qui ont donné lieu à des options différentes soumises au vote, et qu’il va falloir maintenant rassembler. « Nous allons écouter et avancer tous ensemble. Dans cette première phase du débat, se sont exprimées des idées, mais aussi des préoccupations et des inquiétudes », note le porte parole du PCF Olivier Dartigolles, pour qui « il reste quatre semaines pour créer les conditions qu’un plus grand nombre de camarades entrent dans cette discussion ».
Première difficulté à lever, selon Frédérick Genevée, représentant du texte « L’ambition communiste... », dont les auteurs s’opposent à l’idée d’une « primaire » qui ouvrirait, selon eux, la porte à une nouvelle union avec le PS : l’adoption de la base commune par une majorité absolue tout juste supérieure à 51 %, quand les derniers congrès avaient accordé des scores plus confortables, à 60,9 % au 34e Congrès de 2008, et à 73,16 % au 36e de 2013 – mais avec un précédent à 55 % au 32e en 2003 – , crée « une situation inédite ». S’il prend acte du choix majoritaire en faveur de la base commune, Frédérick Genevée estime que la base commune « doit être réécrite en grande partie, et pas par des amendements à la marge ». « On peut rassembler sur des contenus politiques et dans la composition des directions », dit-il, en insistant sur « l’exigence de radicalité et de modernité qui s’est exprimée, qui peut se traduire dans un Front de gauche réactualisé ».
Reste que cette option n’est pas majoritaire dans le PCF. Opposé à l’idée de primaire, Hervé Poly, pour le texte « Unir les communistes... », refuse la proposition de « liquidation du PCF » que constitue à ses yeux « l’adhésion à une autre organisation » : « C’est l’option de ‘’métamorphose’’ du PCF rejetée en 2008 qui fait sa réapparition », tranche-t-il. « Les communistes ne veulent ni d’un parti en tendances, ni de synthèse molle, ni de règlements de comptes », rappelle de son côté Olivier Dartigolles, qui invite à œuvrer au rassemblement des communistes autour de « trois sujets » : le « bouillonnement » que traduit la mise en mouvement de forces de gauche en France et dans le monde, « l’actualité de l’engagement communiste », et la proposition de répondre « à partir de la base commune, à la demande des électeurs de gauche de construire pour 2017 un rassemblement qui ne pourra en aucun cas se faire avec les représentants de la politique actuelle, aujourd’hui disqualifiés ».
11:47 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, congrès, résolution |
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16/04/2016
Les communistes à l'offensive pour ouvrir une solution progressiste à gauche
20:02 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, congrés, propositions |
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06/03/2016
Le Conseil national du PCF adopte le « Projet de base commune de discussion » du 37ème congrès
Réuni les 5 et 6 mars à Paris, le Conseil national du PCF a adopté une résolution appelant à amplifier sous toutes ses formes la mobilisation contre le projet de loi El Khomri et à participer aux journées d'action des 9 et 31 mars. Cette résolution lance également une campagne nationale d'actions et de propositions sur le thême « Zéro chômage, pour une sociéte de partage ».
Le Conseil national a adopté le « Projet de base commune de discussion » soumis par la direction nationale aux débat des communistes pour le 37eme congrès du PCF qui aura lieu du 2 au 5 juin.
Ce projet comporte trois textes.
Le premier intitulé « Le temps du commun » porte sur le projet du Parti communiste.
Le second, intitulé « 2017 : une autre voie pour la France » propose de « construire dans les conditions inédites crées par l'échec du quinquennat de François Hollande une nouvelle étape de rassemblement à gauche pour ouvrir un chemin d'espoir ». Il s'agit de « poursuivre la démarche du Front de gauche et d'écrire une nouvelle étape »
Le PCF lance « une grande consultation citoyenne pour construire un mandat populaire pour 2017 », avec l'objectif de rencontrer 500.000 personnes d'ici la fin de l'été. Le PCF propose de construire dès maintenant, à travers des « état généraux » dans chaque circonscription des candidatures aux élections législatives pour une majorité sur un contrat de législature démocratique et d'intégrité.
Il propose de s'incrire dans le processus de primaire à gauche sur la base de la construction avant l'été d'un socle commun d'entrée dans cette primaire. Pour le conseil nattional, « ce processus, pour réussir, passe par une démarche collective, populaire et citoyenne ». Il doit viser à « écarter l'impasse Hollande et Valls par l'émergence d'une autre voie à gauche ».
Enfin, le troisième texte vise à construire « les transformations utiles et concrètes pour un Parti communiste de nouvelle génération », ce texte doit déboucher sur l'adoption d'un relevé de décisions lors du Congrès.
Les 3 textes de la base commune ont été respectivement adopté par 90 %, 81 % et 88 %. Il seront rendus publics lors d'une conférence de presse qui précédera « les lundi de gauche » :
Lundi 6 mars à 18h au siège du conseil national
Espace Neimeyer, 2 place Colonel Fabien, Parie 19eme
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, présentera et commentera pour la presse les travaux du Conseil national.
17:21 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : congrès, pcf |
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