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05/07/2026

Congrès du PCF : Fabien Roussel réélu

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Les communistes ont reconduit Fabien Roussel à la tête de leur parti, à l’issue du 40e congrès national, à Lille. Le secrétaire national, dont la candidature devrait être officialisée le 6 septembre, veut désormais jeter « toutes ses forces » dans la campagne présidentielle.

Lille (Nord), envoyés spéciaux.

Les communistes ont fait leur choix pour les trois prochaines années. Au 40e congrès national du PCF, ce week-end à Lille, dans ses terres du Nord, le secrétaire national, Fabien Roussel, a été réélu à la tête du parti, qu’il dirige depuis 2018. La liste unique de 162 membres qu’il conduisait pour le conseil national du PCF a obtenu 70,1 % des voix des 660 congressistes.

« Nous venons de franchir un moment important, démocratique, dans l’histoire de notre parti et dans l’histoire de notre pays, dans laquelle nous voulons jouer tout notre rôle », a déclaré Fabien Roussel en clôture de l’événement, dimanche, sous les applaudissements et devant une forêt de drapeaux rouges. Et de formuler un souhait : « J’espère que les orientations fixées ce week-end et depuis le 38e congrès s’inscriront dans la durée, pour les 15 à 20 ans qui viennent. Si nous n’avons pas de stratégie à géométrie variable, alors cela paiera. »

Durant les trois jours du congrès national, les débats ont parfois été vifs entre militants, dans l’enceinte du Grand Palais de Lille, qui accueillait l’événement. Avec pour principal sujet de crispation, comme en amont lors des congrès de section et dans les fédérations départementales, le scrutin de 2027. Les communistes s’accordent sur le constat : la présidentielle présente un risque historique de victoire de l’extrême droite en France.

Mais c’est sur la méthode que les militants divergent. D’un côté, les tenants de la stratégie défendue par Fabien Roussel – majoritaires au sein du parti – assurent que présenter une candidature communiste permettra d’affaiblir le Rassemblement national en élargissant le score total gauche. « Pour battre le RN, il faut être majoritaire dans le pays, or la gauche plafonne à 30 %. Nous allons chercher à convaincre les abstentionnistes, les indécis, les déçus. Je ne désespère pas qu’ils nous fassent à nouveau confiance », assure Fabien Roussel.

« Il va falloir reprendre le pouvoir à tous ces parasites »

Pour cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux veut que les communistes fassent campagne sur l’augmentation des salaires, la nationalisation de secteurs stratégiques (dont l’acier avec ArcelorMittal et l’énergie avec Total), l’extension des services publics, la paix, mais aussi le plan climat 2050 du PCF, très ambitieux mais resté jusqu’ici peu audible dans le débat public. Et, bien sûr, contre le capital : « Il va falloir reprendre le pouvoir à tous ces parasites, ces oligarques, qui nous empêchent de vivre dignement. Que les riches passent enfin à la caisse, qu’ils assument les efforts, qu’ils polluent moins », déclare Fabien Roussel.

« Nous sommes les seuls à pouvoir nous adresser aux électeurs du RN et leur proposer une réelle alternative pour changer leur quotidien, avance Léon Deffontaines, porte-parole du PCF. Notre enjeu n’est pas de diviser la gauche, mais au contraire d’augmenter son total de voix. »

Les défenseurs d’une ligne plus unitaire à gauche s’inquiètent qu’une candidature ne parvienne pas à faire recette (2,28 % en 2022) et, pire, réduise les chances de la gauche d’accéder au second tour. « On ne fait pas naître une conscience de classe en neuf mois. La société qui attend l’union de la gauche ne va pas se laisser faire, alerte Saliha Boussedra, déléguée du Gard. Toute la question est de savoir où nous serons quand la base populaire voudra l’union. »

Une situation qui pourrait affaiblir, selon eux, le PCF dans la perspective des négociations pour les législatives. « Le plus grand danger qui guette notre parti, c’est son effacement de l’Assemblée nationale », a averti le coprésident des députés GDR Stéphane Peu.

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« Je voulais être utile tout de suite » : à la rencontre des jeunes adhérents du PCF

Un nouveau vote prévu le 6 septembre

Le 7 juin, le vote du texte de la base commune, qui avait placé en tête avec 61 % des voix le projet défendu par la direction nationale du PCF, avait marqué une étape importante vers la candidature : oui, il y aura bien un communiste à l’élection présidentielle. S’étant d’ores et déjà dit « disponible » et « en campagne », Fabien Roussel, dont la candidature a été validée à 65 % par la conférence nationale ce dimanche, est le plus désigné pour concourir au scrutin – les militants seront appelés à valider cette option le 6 septembre lors d’un nouveau vote.

Malgré tout, la question de la candidature à la présidentielle s’est réinvitée dans le débat lors du congrès national autour d’un amendement bien précis : la « clause de revoyure ». Soit l’idée de tenir une conférence nationale en janvier prochain, afin d’examiner si le maintien de la candidature PCF est opportun ou non, au regard de la dynamique de campagne des communistes et de celles des autres forces de gauche.

Une clause de revoyure dont Fabien Roussel ne voulait absolument pas, estimant que laisser ouverte l’hypothèse d’un retrait handicaperait la campagne : « La présidentielle, c’est l’Everest. Je ne vais pas faire l’ascension en tongs et avec deux boulets aux pieds. »

Un avis suivi par la majorité des congressistes communistes, qui ont rejeté à 66 % l’option, samedi. « La clause de revoyure, c’est affaiblir la candidature avant même qu’elle ait lieu, a défendu à la tribune Adrien Tiberti, de la fédération de Paris. Nous sommes le seul parti à nous être effacés à plusieurs présidentielles. Alors nous n’avons pas de leçon de rassemblement à recevoir. »

« Nous devons nous donner les moyens de regarder tous ensemble quelle sera la situation en janvier. Il en va de notre responsabilité politique, a argumenté, en vain, l’ancien secrétaire national du PCF Pierre Laurent. Personne n’a proposé de ne pas engager la campagne présidentielle maintenant. En janvier, nous pourrions discuter d’un accord programmatique et législatif de toutes les forces de gauche. Sinon, nous nous mettons nous-mêmes dans un étau qui nous passe à la trappe au Parlement. »

Fermement opposé à la clause de revoyure, et à l’absence d’une candidature qui revient selon lui à « creuser la fosse pour enterrer le parti », l’ancien président du groupe communiste à l’Assemblée André Chassaigne a également attiré l’attention sur le risque de division, sur fond d’anathèmes entre militants : « Nous sommes tous communistes, il n’y a ni identitaires ni liquidateurs ! »

Jean-Luc Mélenchon, l’éléphant dans la pièce du congrès

Et maintenant ? Les communistes, qui ont planché durant le congrès sur la question du socialisme comme société de transition avant le communisme, sont invités à se mettre en marche autour du triptyque marxiste « nationalisation, planification, socialisation ». Devant la presse, Fabien Roussel assure, lui, ne « pas vouloir faire la même campagne qu’en 2022. Il y a cinq ans, il y avait un besoin de se démarquer. En 2027, il faudra consacrer 100 % de notre énergie à convaincre sur notre projet et non à parler de ceux des autres ».

Non sans égratigner au passage Jean-Luc Mélenchon, le candidat LFI dont le nom était l’éléphant dans la pièce de ce congrès, renvoyé par le secrétaire national à ses « excès » et à ses « sorties à caractère antisémite ». Dans son discours de clôture, Fabien Roussel a toutefois réservé ses piques à l’extrême droite et aux candidats de la droite, Édouard Philippe et Gabriel Attal, et à leur bilan sur la désindustrialisation et les retraites.

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03/07/2026

« Si nous sommes candidats, nous devons aller jusqu’au bout »

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PCF Alors que se tient ce week-end, à Lille, le congrès du Parti communiste, son secrétaire national, Fabien Roussel, a répondu à nos questions sur sa vision du projet communiste, l’intérêt d’une candidature présidentielle, et les défis de l’organisation.

Aurélien Soucheyre Cyprien Caddeo l'Humanité

C’est l’heure des choix décisifs pour le PCF. Les communistes ont rendez-vous à Lille (Nord), du 3 au 5 juillet, pour le 40e congrès national du Parti, où seront fixées les grandes orientations stratégiques et idéologiques pour les trois prochaines années. Le secrétaire national, Fabien Roussel, reçoit l’Humanité en amont du congrès, pour répondre aux questions brûlantes qui agitent la gauche et ont animé les débats dans les sections et les fédérations départementales du PCF.

La France a connu et va connaître de graves épisodes caniculaires. La planète brûle, le capitalisme la mène à l’abîme. Comment le PCF peut-il être à la hauteur de ce moment crucial ?

Il y a urgence à changer immédiatement de politique à court et long terme. Les communistes ont travaillé à un plan climat pour la France, qui fixe une trajectoire et un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Il apporte des réponses pour atténuer le réchauffement climatique, et pour s’adapter, et limiter les effets des grandes chaleurs l’été et des grands froids l’hiver. Nous sommes la seule force politique à avoir fait ce travail et je mets au défi d’autres forces de planifier aussi précisément les moyens à mettre en œuvre dans l’agriculture, les transports, le logement, l’industrie, les services publics.

Quels sont les grands axes de ce plan ?

C’est d’abord une réforme en profondeur de nos modes de production, de consommation et de déplacement. 50 % de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent des importations. Il faut s’attaquer à cela, avoir une production relocalisée, socialement et écologiquement utile. Cela suppose une nouvelle industrialisation, qui s’appuie sur le mix énergétique, le renouvelable et le nucléaire, dans le cadre d’un pôle public de l’énergie. Enfin, nous portons des mesures d’urgence : rénovation des logements et des bâtiments publics, achat de clims, installation de volets, baisse du prix de l’électricité et du train. Le gouvernement prétend que le pays n’en a pas les moyens. C’est faux.

On entend souvent la droite dire que la transition écologique se fera sur le dos des pauvres. Qui financera ce plan du PCF ?

Nous voulons sauver le climat et nous voulons les Jours heureux pour tout le monde. Notre plan propose de vivre mieux avec de meilleurs salaires, des véhicules automobiles électriques accessibles, des factures d’électricité beaucoup moins chères et des logements rénovés.

Ce sont tous ces leviers-là qu’il faut utiliser. Où trouver l’argent ? On touche là le cœur du système capitaliste. Il faut en finir avec les dividendes et le coût du capital. Nous voulons produire plus de richesses socialement et écologiquement utiles pour pouvoir les réorienter et répondre aux besoins. Lutter pour le climat, c’est un combat de classe.

Que suppose le concept de « socialisme aux couleurs de la France », que vous défendez dans le congrès du PCF ?

Quel nom donne-t-on à la société que nous voulons construire pour sortir du capitalisme ? Dans ce socialisme du XXIe siècle que nous voulons bâtir, la question de la paix est centrale, face à l’impérialisme. La production et l’appropriation publique et sociale des moyens de production sont aussi fondamentales, comme le pouvoir des salariés sur les choix de leur entreprise.

Enfin, nous mettons au cœur de notre projet de société le rôle des services publics et l’émancipation culturelle. Voilà pourquoi nous voulons revisiter ce concept de socialisme, pour le mettre aux couleurs de notre époque et d’une France qui manifeste son attachement à l’égalité.

Dans les enquêtes d’opinion, les Français plébiscitent les services publics mais pas la gauche qui les défend…

Plus nous serons de voix à défendre l’utilité de nos services publics, leur financement, le rôle essentiel qu’ils jouent, plus les Français seront convaincus que la gauche porte une alternative d’espoir et de changement. Notre originalité en tant que communistes, c’est que nous mettons aussi l’accent sur la création de nouveaux services publics. On parle de l’énergie, des transports qui sont en train d’être démantelés, du logement, de la petite enfance, du médicament…

La question du consentement à l’impôt, très abîmé par dix ans de discours macronistes anti-fiscalité, est-elle un chantier que le PCF compte investir ?

Bien sûr. Mais avant de parler d’impôts, parlons salaires. Le salaire implique le pouvoir de vivre dignement et aussi le financement de la protection sociale avec le salaire brut et les cotisations. Je préfère qu’il y ait beaucoup plus de Français qui payent des impôts parce qu’ils ont un bon salaire. Ensuite nous appelons à davantage de tranches d’imposition pour un impôt plus juste. Que les classes moyennes paient moins et que les riches payent plus.

La gauche peut-elle gagner en 2027 ?

Je veux contribuer à ce que la gauche soit suffisamment forte pour l’emporter. La vraie question est celle du rapport de force entre la gauche, la droite et l’extrême droite. L’enjeu est d’aller conquérir ou reconquérir l’électorat qui nous manque aujourd’hui pour pouvoir l’emporter : les déçus, la France qui bosse ou est privée d’emploi. Et qu’on arrive à regagner pour la gauche celui ou celle qui a pu voter pour d’autres forces politiques, parfois à l’extrême droite. C’est ça qui m’obsède continuellement.

À court terme, quel électorat le PCF priorise-t-il ?

Majoritairement, ce sont aujourd’hui les abstentionnistes qui manquent à la gauche, pour qu’elle passe de 30 à 50 %. Nous n’allons pas nous battre contre les autres forces de la gauche pour aller chercher ses électeurs. Notre priorité, c’est le monde du travail, les salariés.

C’est pour cela que je veux autant parler de progrès social, de salaire et de paix car la guerre pénalise les travailleurs. Ensuite, il faut que nous soyons beaucoup plus percutants pour défendre une République féministe, le principe d’égalité, combattre le racisme, l’antisémitisme, protéger la jeunesse.

Jordan Bardella assume une ligne pro-patronat. Est-ce une aubaine pour convaincre les électeurs du RN qui, jusqu’ici, croyaient au vernis social de l’extrême droite ?

Dans beaucoup de villes où le RN avait fait 50 % aux élections législatives de 2024, il a fortement baissé aux municipales. Nous l’avons vécu à Saint-Amand-les-Eaux. Vincent Bouget a réussi à le faire reculer à Nîmes. On sait faire, on a des expériences concrètes. Je fais totalement la différence entre le militant du RN et son électeur. L’électorat est de plus en plus volatil. Beaucoup sont perdus, y compris dans le monde du travail et ouvrier. Il faut aller leur parler. Montrer l’arnaque sociale du RN fera partie de la campagne. Mais plutôt que de parler du RN, je préfère que l’on consacre notre énergie à parler de notre projet et à convaincre.

Comment le PCF compte-t-il lutter contre le racisme qui nourrit le vote RN ?

Partout sont fabriqués des ennemis, des boucs émissaires pour diviser les peuples. Les citoyennes et citoyens de religion ou de culture musulmane subissent des discours et des actes racistes intolérables, l’antisémitisme progresse également. Nous avons des propositions fortes pour une condamnation plus ferme des actes racistes. Il faut mettre à jour la loi Gayssot. Mais il faut aussi mettre le doigt là où ça fait mal par des sanctions, une peine d’inéligibilité et en même temps renforcer l’éducation à l’égalité.

Il y a, dans l’électorat de gauche, une forte aspiration à l’unité et une peur que la gauche rate à nouveau la marche du second tour. Ne craignez-vous pas que, dans un contexte de multiplication des candidats, une dynamique de vote utile profite à un seul au détriment des autres, dont celui du PCF ?

D’abord, je ne laisserai pas dire que, si la gauche est divisée, c’est de la faute des communistes. Entre LFI et le PS, ce sont des bordées d’insultes quotidiennes. Moi-même j’ai été insulté. On devrait pouvoir travailler chacun à son projet sans injures, c’est la condition du rassemblement. On peut toujours appeler à l’union, il n’y aura pas de candidature unique. C’est un fait. L’essentiel n’est pas là.

Pour gagner, la gauche doit être plus forte dans son projet et son adresse au monde du travail et c’est à cela que nous voulons travailler. Par ailleurs, j’aimerais bien qu’on vote pour ses idées à l’élection présidentielle. Entre la tactique du vote utile du premier tour et le vote barrage du second, quand est-ce qu’on choisit un candidat pour son programme ?

On en vient à la question de la structure même du scrutin présidentiel…

L’élection présidentielle doit être contestée. Le PCF la dénonce, depuis toujours. Le mode de scrutin est anachronique, dépassé, mortel pour la démocratie. Maintenant, nous ne pratiquons pas la chaise vide. Je préfère être présent dans la campagne pour porter une nouvelle République, de nouvelles institutions, que d’être absent et de déléguer à d’autres le soin de parler pour nous.

Le risque d’une victoire de l’extrême droite reste néanmoins réel…

Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention, priverait le débat public d’idées essentielles pour combattre l’extrême droite et gagner des avancées.

Cela ne créerait aucune dynamique. Ce qui m’inquiète, moi, c’est ceux qui pensent que l’union sans ambition pour le pays est la solution à tous les problèmes. Quand des gens m’interpellent sur l’union de la gauche, je leur demande ce qu’ils veulent. « Derrière Jean-Luc Mélenchon ? » On me répond : « Ah non, surtout pas lui ! » Et si je dis : « Glucksmann, alors ? », j’entends : « Ah non ! » Travaillons à renforcer la gauche et à la rendre majoritaire dans le pays.

Concernant le congrès, que retenez-vous du travail d’amendements accompli dans les sections et les fédérations départementales ?

Il y a eu plus de 5 000 amendements déposés. Je suis content que nous ne nous soyons pas focalisés sur la présidentielle, mais que nous ayons travaillé à la reconstruction d’une organisation communiste, à notre projet de société, la question du socialisme… Cela représente six mois de débats très riches. On va voter trois fois. Nous sommes une vraie force démocratique, par rapport à d’autres.

Parmi les amendements votés dans plusieurs fédérations et qui seront débattus au congrès, il y a l’option d’une clause de revoyure concernant la candidature à la présidentielle. Le PCF pourrait choisir de se retirer en cours de campagne, en fonction des dynamiques à gauche. Qu’en pensez-vous ?

Je respecte ceux qui proposent cela. Mais si les communistes décident que présenter un candidat est important pour mener la bataille politique et idéologique, alors nous devons aller jusqu’au bout, et sans tarder. On ne peut pas avoir la main qui tremble.

Ni avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En tout cas, pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne. Si un autre candidat au sein du PCF veut présenter sa candidature en disant qu’il est prêt à la retirer, il est libre de le faire.

Les débats en amont du congrès ont montré des inquiétudes sur la baisse des adhésions au PCF – 5 000 adhérents en moins depuis 2023, 12 000 en moins depuis 2018. Comment enrayer cette perte de militants ?

Si je regarde la courbe de pertes des adhérents, je constate qu’elle ralentit. J’ai fixé au dernier congrès l’objectif de réaliser 10 000 adhésions. Nous avons atteint cet objectif à 78 %, en enregistrant de nombreuses adhésions pendant le mouvement pour les retraites, la campagne sur les services publics et l’industrie et pendant la présidentielle 2022. Il y a aujourd’hui 15 fédérations qui ont progressé ou ont maintenu leur nombre d’adhérents. J

Je préfère me concentrer sur ceux qui réussissent que de parler, comme d’autres me le proposent, de ce qui n’a pas marché. Oui, c’est un combat, mais c’est possible d’inverser la courbe, et je travaillerai avec ceux qui ont réussi à le faire, pour se fixer l’objectif dans trois ans de ne pas avoir perdu un adhérent.

Sur la question de l’implantation, l’un des objectifs fixés au dernier congrès était la création de cellules dans les entreprises. Quel bilan en tirez-vous ?

Il y a eu des créations de cellules qui n’auraient pas existé si nous n’avions pas fixé cet objectif mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Je le redis : nous ne sommes pas un super syndicat. Partout où les communistes s’organisent, c’est pour porter une alternative au capitalisme. Donc trois communistes dans une entreprise, c’est déjà une organisation.

C’est déjà trois communistes qui peuvent s’organiser, tracter et réfléchir sur l’outil de production. Pareil dans un village. Et c’est essentiel : la mise en mouvement des travailleurs et travailleuses autour d’objectifs élevés de transformation sociale est indispensable à de nouvelles conquêtes.

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22/06/2026

CONGRES DEPARTEMENTAL DES COMMUNISTES DE L'ESSONNE

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Les 19 et 20 juin, les congrès fédéraux du Parti étaient appelés à amender le texte de la base commune, avec plusieurs sujets qui font débat, dont la présidentielle de 2027.

 

C’est à Grigny, au bord du lac de l’Essonne et à l’abri du soleil de plomb de cette fin de printemps caniculaire, que les communistes du département se sont réunis, les 19 et 20 juin, à l’occasion du Congrès départemental du PCF. Après les conférences de section, le week-end précédent, il s’agit de la dernière étape avant le Congrès national, du 3 au 5 juillet à Lille.

Au programme, l’examen d’environ 300 amendements adoptés dans les sections de l’Essonne, dont la rédaction témoigne d’une fédération assez partagée sur l’orientation à choisir pour les trois prochaines années. Lors du vote du texte de la base commune, le 7 juin, 44,86 % des militants ont choisi le projet soutenu par le secrétaire national, Fabien Roussel, qui inclut notamment une candidature à la présidentielle. Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) s’est dit « disponible » pour se présenter à l’élection – une conférence nationale, le 5 juillet à l’issue du Congrès, doit enregistrer les différents candidats, avant un vote au début de l’automne.

36,63 % des communistes de l’Essonne ont préféré, eux, le texte alternatif « Communistes à l’offensive », qui défend une ligne d’union de la gauche et refuse l’automaticité d’une candidature PCF. « Il y a du débat dans la fédération, c’est normal, confirme le secrétaire départemental, Amadou Deme. Il faut que les discussions puissent avoir lieu sereinement, qu’on ne tombe pas dans des logiques de clans. »

La menace de l’extrême droite dans toutes les têtes

Alors que les 72 délégués des sections réunis à Grigny votent les amendements à un rythme soutenu, pour respecter les délais impartis, il est décidé de prendre un temps dédié à la présidentielle. Avec, notamment, une question à trancher : faut-il amender le texte de la direction nationale pour y ajouter une « clause de revoyure » ?

Concrètement, celle-ci, proposée dans un des textes alternatifs (« Stratégie communiste »), pose le principe d’une conférence nationale dans plusieurs mois, qui aura à charge d’acter ou de retirer la candidature PCF, en fonction de l’état du paysage à gauche et du risque de victoire du Rassemblement national.

Pour Laurent Santoire, délégué de Massy, le vote du 7 juin a tranché le sujet : « C’est ce que veut la majorité des communistes. La campagne commence maintenant, on ne va pas inventer une candidature conditionnelle qui pourrait se retirer si les conditions sont réunies ! On ne sera pas crédibles dans les médias et je ne me reconnais pas dans le populisme de Mélenchon. »

« Le fait de ne pas soutenir une candidature automatique, cela ne vaut pas ralliement à Mélenchon », rétorque Sarra Sebaoui, de Morsang-sur-Orge. « La gauche n’est jamais aussi faible que quand elle est divisée, et le risque de bascule vers l’extrême droite n’a jamais été aussi grand », appuie en écho Anne Brochot, de Grigny.

« C’est bien pour cela que nous devons avoir un candidat et nous mettre en rangs, camarades. Nous sommes ceux avec les meilleurs arguments pour dissuader les gens de voter RN », réplique un autre. « Je refuse de réfléchir sous la pression du RN », fulmine une militante âgée, qui dénonce le « piège des institutions de la Ve République ».

Les échanges montent en intensité, mais restent cordiaux. Le vote tranche : 35 voix contre 33, les communistes de l’Essonne adoptent le principe de clause de revoyure. Ils s’opposent, en revanche, à renouer avec le format du Nouveau Front populaire (NFP) pour les législatives : « Le NFP est anachronique. Place publique était dedans, veut-on s’allier avec eux vu l’orientation de la campagne de Glucksmann ? Par ailleurs, LFI et PS ne souhaitent de toute façon plus s’allier. Ce serait un cadre contre-productif », justifie Iban Dard-Merle, de Juvisy.

Un autre amendement, adopté de manière plus consensuelle, propose d’inclure le bilan des forces militantes dans le texte de base commune. « L’affaiblissement du PCF devrait nous interroger, défend un délégué de la section de Montgeron. Il nous faut une vision réaliste de l’état des forces avant de nous décider sur une candidature. » Le texte adopté ce samedi évalue à 5 000 le nombre de militants perdus depuis 2023 et 12 000 depuis 2018.

L’occasion de réfléchir aussi aux modalités de la future campagne. À Grigny, on croise Antonin Hérault, qui détient peut-être une partie de la réponse. À 23 ans, l’étudiant, conseiller d’opposition à Massy, multiplie les vidéos contre la mairie de droite (sur la Palestine, les classes qui étouffent pendant la canicule…), avec un certain succès sur TikTok.

« J’ai gagné la bataille culturelle dans ma section pour qu’on utilise plus les réseaux… Mais tout le monde ne maîtrise pas les outils, ça demande aussi de former des gens, pour que tout ne repose pas sur les plus jeunes », avance, souriant, le militant, favorable à une candidature communiste. Tout ne se jouera pas sur Internet, bien sûr. Mais c’est un des fronts de la bataille qui s’annonce.

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05/06/2026

On ne gagne aucune bataille dans le repli et le sectarisme. 

JC, PCF

Dans son célèbre 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Marx parle de la révolution comme d’une « vieille taupe ». Elle creuse bien loin des regards, souvent dans l’ombre, mais toujours avec méthode. 

Un travail lent et fastidieux, invisible à la surface, mais qui, à force de galeries, finit par déformer le sol et produire des surgissements importants. Une métaphore qui résonne avec la période dans laquelle nous sommes.

Notre pays est traversé par de profonds bouleversements. L’impérialisme, en crise, est une source continuelle de violence et de guerres face auxquelles les jeunes peuvent se sentir impuissant. En France, le quinquennat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière année après avoir tapissé le terrain à l’extrême droite.

Quand tout s’accélère à la surface, creuser peut sembler vain. Cette pression est palpable. Qui ne s’est jamais demandé à quoi bon parler d’emplois, de Parcoursup ou des droits des apprentis quand la menace paraît déjà si proche ? 

Pourtant, le danger de la période n’est pas seulement que l’extrême droite continue de progresser. C’est aussi qu’elle parvienne à nous convaincre qu’il serait trop tard pour construire la conscience de classe capable de la faire reculer. 

Deux pièges nous sont tendus. 

Le premier serait de croire que l’élection présidentielle pourrait, à elle seule, permettre à la gauche de battre définitivement le RN, à condition de suivre la plus cotée des candidatures sociales-démocrates, ou de poser bien gentiment sur une photo de famille entre responsables de gauche.

Nous ne méprisons aucune bataille électorale. Mais aucune solution de dernier recours ne suffira à faire durablement reculer l’extrême droite si notre classe demeure dispersée, désorganisée et privée de sa force collective.

Le deuxième serait de penser que, face à l’urgence, la priorité serait de rassembler seulement les militants, de fédérer un petit cercle de déjà convaincus autour d’une radicalité de surface, qui parle à ceux qui savent déjà, mais abandonne tous ceux qu’il nous faut convaincre. On ne gagne aucune bataille dans le repli et le sectarisme. 

L’urgence n’abolit pas notre rôle, elle le rend plus nécessaire encore. On ne fera pas reculer durablement l’extrême droite en renonçant à s’adresser aux jeunes qu’elle trompe ou qu’elle condamne à la résignation.

Notre tâche est d’organiser les jeunes là où ils se forment, étudient et travaillent. Là où le capitalisme isole et organise le déclassement, nous devons construire la solidarité et développer la conscience de classe.

Céder à l’urgence, ce serait renoncer à construire ce qui constitue aujourd’hui notre principal atout : une jeunesse organisée, consciente et mobilisée, capable non seulement d’empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir, mais d’en arracher les racines. 

Ce travail peut paraître ingrat. Il n’est pas perceptible dans les sondages ou sur les plateaux de télévision. Il n’emprunte ni esthétique insurrectionnelle, ni radicalité performative. Il ne tient pas la promesse d’une solution miraculeuse.

Pourtant, c’est lui qui rend la victoire possible. 

Souvenons-nous que, dans notre histoire, quand la gauche gagne, c’est bien souvent parce que les communistes ont assumé ce travail lent, difficile mais indispensable.  

Creusons, camarades ! Dans les lycées, les CFA, les facs, les IUT et les entreprises. Et demain, les générations suivantes nous diront, comme Marx en son temps, « bien creusé, vieille taupe ! »

 

15:43 Publié dans ACTUALITES, Jeunesse communiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jc, pcf | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

02/06/2026

« Empreinte 2050 » : programme du PCF pour la neutralité carbone

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Les rédacteurs du document « Empreinte 2050 », programme du PCF permettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici la moitié du siècle, ont fait un bilan de leurs rencontres avec les citoyens, les industriels, les syndicalistes, lundi 1er juin, à Paris.

 

En mai 2023, les plans climat fleurissent de toutes parts, présentant des chemins conduisant la France à la neutralité carbone. « Nous en voulions un qui conteste tous ces plans climat s’inscrivant dans le système capitaliste », a exposé Amar Bellal, responsable de la commission Écologie du PCF lors d’une soirée au siège de la formation, lundi, consacrée aux deux ans du Plan climat « Empreinte 2050 ». Un point d’étape pour tirer le bilan de 105 réunions publiques, d’une cinquantaine d’auditions de syndicats, d’organisations professionnelles, de représentants d’entreprise du secteur de l’énergie, de scientifiques.

« Avec ce programme qui vise à annuler l’empreinte carbone, nous avons, à partir des besoins auxquels on souhaite répondre, déduit une planification des productions et des consommations », expose Michel Doneddu, ingénieur. « Il y aura des secteurs en croissance, d’autres en décroissance », souligne Amar Bellal.

« Empreinte 2050 » prévoit une forte réindustrialisation pour répondre aux besoins nationaux. Puisque 51 % des émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) sont importés, la relocalisation pourrait permettre de réduire l’empreinte carbone cumulée de 900 mégatonnes de CO2 d’ici 2050, et créer des centaines de milliers d’emplois.

Deuxième axe fort : l’électrification massive du pays pour limiter le recours aux ressources fossiles. Le développement immédiat des énergies renouvelables et du nucléaire à partir de 2035 (20 EPR seraient programmés d’ici 2050) doit quasiment faire doubler la production électrique entre 2022 et 2050.

Une planification écologique

La planification fixerait des objectifs par secteur d’activité afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Ainsi, l’électrification, l’essor de l’hydrogène et des carburants de synthèse, le déploiement du fret ferroviaire, la baisse du trafic aérien chez les plus aisés, etc., doivent permettre une réduction des émissions de GES de 97 % dans le secteur des transports. L’évolution des pratiques agricoles et le développement des forêts comme puits de carbone doivent réduire de moitié les émissions. Au cœur du plan climat, on trouve un immense travail de modélisation des effets du plan sur les émissions de GES. « Cette expertise crédibilise nos propositions », salue Amar Bellal.

Depuis deux ans, la confrontation avec les acteurs des différents secteurs s’est avérée fructueuse et a fait évoluer « Empreinte 2050 », a relaté Michel Doneddu. Ainsi, alors qu’il est prévu une baisse drastique de la production de biogaz et biocarburants, les acteurs du secteur ont alerté sur le besoin de « réserver une part des biogaz et biocarburants à l’agriculture », même si celle-ci doit être électrifiée, car certaines de ces cultures sont « des coproduits qui servent à l’alimentation animale ».

D’autres rencontres ont servi à présenter la conception communiste des biens communs. Aux interlocuteurs qui jugeaient possible de comptabiliser la capture du carbone des océans, la France administrant le deuxième espace maritime au monde, Michel Doneddu fait valoir que « les océans appartiennent à tout le monde » et que des États sans accès maritime, tels que « la République tchèque ou la Mongolie », seraient lésés.

« Le climat et les Jours heureux »

Ce plan s’articule à la visée communiste, selon ses concepteurs. « C’est une question sociale que de s’occuper d’écologie. Faire du social sans écologie est un leurre. Nous tentons de démontrer qu’il est possible d’avoir et le climat et les « Jours heureux » », insiste Amar Bellal. « Empreinte 2050 » n’a pas opté pour des « changements individuels brutaux » en matière de consommation, et s’articule autour des moyens technologiques actuels.

Cela appelle à des transformations profondes. Les investissements dans la transition climatique se doivent d’être massifs : 186 milliards d’euros par an, soit 7,9 % du PIB. Le plan prévoit une nationalisation des grands groupes énergétiques, une réduction du temps de travail qui permettra d’absorber la baisse d’activité dans certains secteurs, la création d’une Sécurité emploi formation pour favoriser les nécessaires reconversions professionnelles, des droits d’intervention des salariés dans les entreprises.

En phase de mise à jour, « Empreinte » aura prochainement un petit frère. Une équipe planche sur un plan d’adaptation au réchauffement climatique, celui-ci étant déjà une réalité. Un plan, lui aussi « en rupture avec le capitalisme ».

Environnement, PCF

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30/05/2026

Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en "intellectuel collectif" »

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Natacha Malet, membre du conseil national du PCF, présidente de la commission de transparence des des débats du XLe congrès de la fédération des Bouches du Rhône

La Marseillaise : Comment se déroule le congrès du PCF ?

Natacha Malet : Les communistes ont produit des contributions. On a une commission nationale du texte qui a travaillé à l’élaboration d’un projet de base commune de discussion, qui a été envoyé aux membres du conseil national. Ils ont pu l’amender et l’ont adopté à 77%. Ce texte a ensuite été porté à la connaissance de l’ensemble des adhérents pendant cinq semaines. À l’issue de ce délai, la commission nationale de transparence des débats a validé trois textes alternatifs remplissant les conditions requises par nos statuts. Ces textes ont été ensuite portés à la connaissance de l’ensemble des adhérents par le PCF, même s’ils avaient déjà été publiés sur des sites Internet ou les réseaux sociaux par leurs signataires.

Les 6 et 7 juin, les communistes sont appelés aux urnes dans leurs sections. En quoi consiste ce vote ?

N.M. : Les communistes vont délibérer entre eux pour choisir parmi ces textes, lequel répond le mieux aux enjeux à relever pour le prochain mandat. Pour pouvoir voter, il faut être à jour de ses cotisations. Chaque communiste est appelé à se positionner sur l’un des quatre textes. Celui qui sera choisi majoritairement sera la base de discussion de tous les communistes qui pourront ensuite l’amender.

De quelle manière ?

C’est un grand exercice démocratique qui va permettre de faire évoluer le texte retenu à travers des amendements proposés et votés dans les congrès de section qui se tiendront les 13 et 14 juin, les congrès départementaux les 20 et 21 juin, et le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet. On peut aussi faire des vœux et des contributions qui sont mises en ligne sur le site du congrès afin de participer à la réflexion collective.

Le PCF est parfois considéré comme monolithique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

N.M. : Ce processus de congrès montre qu’il y a du pluralisme dans le PCF. Je n’aime pas le mot « tendance » qui ne fait pas partie de nos règles de vie collective mais, en fonction des réalités vécues dans chaque territoire par chaque militant, il est possible d’appréhender différemment les enjeux à venir tout en ayant une boussole commune qui est le communisme.

Qu’est-ce qui fait le plus débat ? La stratégie électorale, les alliances ?

N.M. : Pas seulement, nos débats ne se structurent pas autour d’enjeux électoralistes. Le congrès est l’occasion de réfléchir à l’état du monde, aux moyens de le changer, au projet de société que nous portons pour la France, à la façon de faire reculer l’extrême droite et les logiques capitalistes... C’est ce qui nous fait dire que le PCF agit en « intellectuel collectif ».

Natacha Malet, PCF

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14/04/2026

Énergie Face à la flambée des prix, les communistes proposent

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Carburants à plus de deux euros, gaz sous tension, menace sur l’approvisionnement. Pour le groupe CRCE-K du Sénat, la crise énergétique qui s’installe n’a rien d’une parenthèse. Lors d’une conférence de presse ce 14 avril, les sénateurs communistes ont présenté une proposition de loi pour bloquer immédiatement les prix, encadrer les marges et engager la création d’un grand pôle public de l’énergie.

« Nous sommes face à une crise durable, liée à l’enlisement du conflit au Moyen-Orient et aux menaces sur le détroit d’Ormuz », prévient Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K. Pour les communistes, la flambée relève autant de la spéculation que des coûts réels. Le pétrole distribué aujourd’hui a été acheté avant le pic de tension, mais il est revendu au prix fort.

Résultat, les ménages paient leur plein au prix fort. «  Un plein à plus de 100 euros par semaine, c’est près de 400 euros par mois, soit quasiment un tiers du SMIC », notent les élus communistes. Une situation qui touche, en premier lieu, les salariés dépendants de la voiture.

Trois mesures pour bloquer les prix

Face à l’urgence, le groupe CRCE-K propose un triptyque législatif. D’abord, le blocage des prix du gaz et des carburants en s’appuyant sur l’article L.410-2 du code du commerce, déjà utilisé lors de crises majeures. Ensuite, l’encadrement des marges avec transparence sur les coûts et taxation des superprofits. Enfin, la baisse de la TVA à 5,5 % sur l’énergie.

De quoi dénoncer une situation où « l’État engrange près de 4 milliards d’euros de recettes supplémentaires par mois lorsque les prix atteignent deux euros », tandis que les énergéticiens multiplient les bénéfices. TotalEnergies aurait ainsi réalisé près d’un milliard d’euros de profits sur le seul mois de mars.

Pour les sénateurs, les arguments sur un risque de pénurie ne tiennent pas. « Des pénuries existent déjà avec les prix libres. La France dispose de plus de cent jours de stocks stratégiques » avant d’ajouter que le blocage des prix est déjà appliqué dans certains territoires ultramarins, sans qu’il y ait de rupture d’approvisionnement.

Un pôle public pour sortir de la logique de marché

Au-delà de l’urgence, le groupe CRCE-K propose une refonte complète du système énergétique avec la création d’« Énergie de France ». Le projet repose sur la nationalisation et la fusion d’EDF, d’Engie et de TotalEnergies dans une structure publique organisée en trois entités consacrées à l’électricité, au gaz et aux carburants.

Objectif affiché : sortir l’énergie des mécanismes spéculatifs, garantir des prix stables et relancer une stratégie industrielle. Les communistes pointent la fermeture de six raffineries et la suppression de plus de 1 200 emplois depuis 2010.

La politique des chèques dans le viseur

Les élus critiquent vivement la stratégie gouvernementale fondée sur les aides ciblées. « En deux ans, 86 milliards d’euros ont été dépensés, sans effet durable sur les prix. Cet argent a surtout alimenté les profits des énergéticiens ». Pour le groupe CRCE-K, l’enjeu dépasse la seule question du pouvoir d’achat. Il s’agit désormais d’un choix politique entre la régulation publique et la poursuite d’un marché énergétique jugé incontrôlable. «  L’énergie est un bien essentiel. Elle doit être sortie de la logique de rente », conclut Cécile Cukierman.

Source Libertés Actus

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