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12/01/2016

VOEUX 2016 DE PIERRE LAURENT POUR LE PCF

plvoeux.jpgVœux de la direction du PCF au siège du parti.

Merci à toutes et tous pour votre présence. Le moment est donc venu de dire ensemble bienvenue à 2016 et adieu à 2015. Autant le dire de suite, notre adieu à cette année terrible est sans regret. C'est même avec une furieuse envie de retrouver l'espoir et la paix que nous tournons la page.

La paix, c'est le premier message que j'ai voulu vous adresser avec ces visages de Picasso sur ma carte de vœux. Le peintre les avait spécialement dessinés pour un congrès du PCF - nous tiendrons le prochain entre les 2 et 5 juin prochains - et Eluard les avait accompagnés d'un poème dont quelques vers figurent sur cette carte. Quel beau symbole et quelle actualité ! Picasso et Eluard unis dans l'hommage à leur parti, comme ils le furent dans leurs gestes créateurs pour célébrer la paix et la liberté.

Oui, l'année 2015 aura été terrible. Entamée par la tuerie de nos compagnons de Charlie Hebdo auxquels nous pensons tant ces jours-ci, celle de l'Hyper Cacher et achevée par le carnage du 13 novembre, au cœur du Paris populaire et festif que nous aimons tant.

Nous ferons tout pour tourner la page, pour qu'aucun peuple ne revive la même horreur, pour qu'enfin l'esprit du 11 janvier qui nous réunissait, il y a tout juste un an - celui d'une République de la liberté, de l'égalité et de la fraternité -, trouve enfin la force de se faire respecter.

Il ne suffira pas pour cela de multiplier les cérémonies sans âme, d'user et d'abuser des symboles en les vidant de leur histoire, d'accumuler les discours où les mots perdent leur sens.

J'étais hier place de la République, pour mes amis de Charlie et pour toutes les victimes de la violence terroriste. Je vous le dis, j'étais triste devant cette place de la République vidée de son peuple par le quadrillage sécuritaire. J'étais en colère devant ces mots trahis. Ceux de Victor Hugo utilisés à contre-emploi, ces paroles du Temps des Cerises, en hommage à ces communards de toutes nationalités qui ne peuvent décidément pas cohabiter avec la déchéance de la nationalité.

Oui, souhaitons nous pour 2016 au moins une chose : que les mots retrouvent leur sens et que cessent les impostures. Non, le Front national n'est pas le parti des ouvriers mais son poison, Nicolas Sarkozy n'est pas plus Républicain que Donald Trump, le programme de François Hollande n'est pas celui d'un candidat de gauche. Les expéditions punitives à Ajaccio ne sont pas des processus de défense de la laïcité, mais le contraire, et la Corée du Nord est au communisme ce que le gros rouge qui tache est au Bourgogne qui m'est cher.
Année terrible, oui, 2015 le fut décidément bien encore. Terribles les images du flot des réfugiés, du corps abandonné du petit Aylan, enfant kurde de Syrie, sur une plage de Turquie, terrible la réalité de la jungle de Calais. Souhaitons qu'en 2016, la France s’honore de redevenir une terre d’accueil hospitalière à celles et ceux qui fuient la barbarie de Daech, les guerres et les persécutions.

Terribles ces vies broyées au quotidien en France par le chômage de millions de travailleurs et de travailleuses, de jeunes, d'anciens, rejetés, broyés. Souhaitons que 2016, soit l'année du recul du chômage et qu'elle redonne toute sa valeur au travail.

Terrible cette tablée hypocrite et cynique de gouvernants européens condamnant le peuple grec à l'austérité malgré ses choix démocratiques et le courage de ses gouvernants. Souhaitons qu'en 2016, Grecs, Portugais, Espagnols soient plus forts ensemble pour se faire respecter. Le combat continue à Athènes comme ailleurs et je salue ici la décision historique du Parlement grec qui, le 22 décembre, a voté à l'unanimité, sous la présidence d'honneur de Mahmoud Abbas, la reconnaissance de l’État de Palestine. (Je salue Monsieur Salman El Herfi, ambassadeur de Palestine).

Terribles enfin, en France, ces élections régionales qui voient progresser le scénario catastrophe dans lequel la gauche risque fort de disparaître, si nous ne trouvons pas la force de redresser la barre. Souhaitons que 2016 soit l'avenir de la refondation et de la reconstruction à gauche, de l'alternative contre l'austérité et contre ce système politique verrouillé, bloqué, qui semble se complaire dans cet affaiblissement. Voilà les pages que nous voulons tourner. Soyons-en convaincus. Il ne s'agit pas pour moi de vœux pieux. La réalité, je veux la regarder en face avec les millions de jeunes et moins jeunes qui cherchent des solutions et un autre avenir pour la France. Une chose est sûre, il y a urgence.

plvoeux3.jpgLes urgences, je les connais. Vous les connaissez. En 2015, j'ai entrepris un tour des régions de France. J'ai beaucoup appris et écouté, découvert, produit des idées avec ceux que j'ai rencontrés. Des femmes et des hommes fabuleux, qui aiment notre pays, qui ont envie de construire du commun, qui ont envie d'expérimenter, qui ont envie de s'épanouir dans leur travail, dans la société. J'ai vu des fermes où les paysans construisent des circuits courts, s'intègrent dans une économie circulaire. J'ai vu des chercheurs se battre pour faire vivre une recherche utile à l'humanité.

J'ai vu des travailleurs, de véritables lutteurs, fondre en pleurs à l'évocation de la casse de leurs outils de travail et de la négation de leurs compétences. J'ai vu des syndicalistes qui ont construit leurs projets et sauvé leurs boîtes. J'ai vu des femmes et des hommes qui mettent de l'éthique dans ce qu'ils font et refusent d'être traités comme des incapables. J'ai vu des élus de terrains qui inventent, écoutent les populations. Mais j'ai compris également que tout ce monde-là était écœuré par les trahisons, les renoncements, les manœuvres politiciennes.

Tous sont en demande d’espoir, et ils ont trop souvent le sentiment de n'avoir ni lieu, ni moment pour se parler, pour échanger leurs expériences. Alors chacun refait le monde dans son coin, et parfois avec de belles réussites. Mais je leur dis à tous : en 2016, nous avons besoin de plus de commun, de plus de confiance, de plus d'espoir, de plus de partage. Ensemble, nous serons plus forts et le pays avec.
Alors, c'est le premier appel que je lance. C'est le moment d'ouvrir ces espaces, de rencontres, de recherches, de constructions, d'innovation, de luttes et d'actions, ces lieux de valeurs aussi. Partout, faites émerger des fabriques citoyennes, des coopératives populaires d'idées et d'actions. C'est ce mouvement populaire qui peut changer la donne.

« Une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs », assène Manuel Valls.
Moi, je vous dis, laissons Manuel Valls à ses dérives. Oui, égarons-nous au nom des valeurs, et inventons, inventons, inventons. J'ai en tête une tribune du journal l’Humanité : « Nous allons nous battre, nous autres les égarés, car notre espoir est grand et nos valeurs sont grandes… Notre Espoir, cela pourrait être le nom de notre rassemblement, le nom de ce déclic salutaire du peuple de gauche. » Voilà ce qu'a écrit Philippe Torreton, il a raison. C'est ce qu'il faut faire !

Alors, n’abordons pas 2016 le cœur plein de chagrin et de frayeur. Abordons 2016 avec au cœur nos raisons d’espérer, avec du courage et de l’envie ! Et si la flamme paraît trop pâle, si la fenêtre par où elle brille est étroite, il ne sera pas dit que nous aurons failli, en renonçant à en forcer l’ouverture, et à souffler sur les braises pour rallumer les feux du changement.

Cet espoir, il existe. Ne les écoutez pas ! Notre peuple n’a pas renoncé à tout, la société française n’est pas seulement pleine de ressentiments, d’aigreur et de repli réactionnaire. Elle est emplie aussi d’énergie, de vitalité positive et progressiste que nous allons cultiver, nourrir, faire prospérer.
La société que nous voulons, la France en commun à laquelle tant de citoyens mais aussi tant de milliers de gens sur la planète continuent d'aspirer malgré ce qui nous est arrivé, nous la savons possible et plus encore nécessaire.

Cette société, c'est celle qui osera clamer comme devise : « zéro chômeur, tous travailleurs », parce que le chômage ce n'est pas la compétitivité, c'est le poison qui ronge nos solidarités, et parce que le travail, ce n'est pas un coût, c'est la source de nos richesses.
Cette société fixera le cap résolu d'une nouvelle industrialisation productive, de la révolution numérique, et la transition écologique – avec un seul et même objectif : un nouveau mode de développement où social et écologie se conjuguent pour l'humain et la planète, pour une société du bien-vivre et du bien-commun.
Cette société, c'est celle qui redonnera du sens à l'égalité, à la liberté, à la fraternité, en refondant la République pour tous, dans les actes. C'est celle qui rendra à la France l'aura d'une nation ouverte et respectée.

Cette société, c'est celle qui reprendra la tête du combat mondial pour la paix, le désarmement et la sécurité collective par le progrès humain partagé.
Car, si nous ne prenons pas vite ces nouvelles routes, alors la France s’exposera encore à la précarité, l'insécurité, la division, la guerre et l'exclusion.
Et pourtant les voilà repartis en fanfare sur les chemins de l'abîme.

Les patrons viennent ainsi de reprendre leur offensive et d'écrire à François Hollande pour lui demander « un plan d'urgence audacieux pour l'emploi ». Mais quel est ce plan ? Aucune proposition pour l'emploi. Un seul credo, toujours le même : rendre les travailleurs plus flexibles, casser le Code du travail, en finir avec le CDI et poursuivre l'effacement des cotisations sociales. Ils ont trouvé un nouveau mot : « le contrat de travail agile ! », mais l'idée c'est toujours la même vieille recette.

Pourquoi se priveraient-ils, Macron leur a encore ouvert la porte : le modèle c'est l'ubérisation et le prétendu « entreprenariat individuel ». En vérité, la solitude du travailleur face aux patrons. Finies les conventions collectives, les grilles de salaire et de qualifications. L'embauche de gré à gré, voilà leur rêve. Nous le disons, c'est de la foutaise !
Oui, tout n'a pas été essayé contre le chômage ! Ce qui n'a pas été essayé, c'est de reconnaître le travail et les qualifications par de bons salaires, une hausse des salaires, à commencer par le SMIC aujourd'hui indigne. Ce qui n'a pas été essayé, c'est d'en finir avec l'austérité et de lancer de grands plans d'investissements pour moderniser le pays, pour la transition énergétique et environnementale : industrie, bâtiment, services publics des transports et de l'énergie, formation, éducation, recherche, sécurité.

plvoeux2.jpgPour les services du bien-vivre aussi, petite enfance, accompagnement des personnes âgées, handicapées... Ce qui n'a pas été essayé, c'est une nouvelle réduction du temps de travail hebdomadaire, mais aussi du temps de travail sur la vie en avançant l'âge ouvrant droit à la retraite. Ce qui n'a pas été essayé, c'est l'interdiction du travail détaché. Ce qui n'a pas été essayé, c'est de réformer la fiscalité, de réduire drastiquement les dividendes et les recettes financières du capital. Ce qui n'a pas été essayé, c’est de donner sa chance, une vraie chance et un vrai élan à l'économie sociale et solidaire. Et surtout, ce qui n'a pas été essayé, c'est de donner aux salariés, à leurs représentants, des droits nouveaux pour que les décisions économiques - qu'est-ce qu'on produit, comment, où, dans quelles conditions -, pour que les réponses à ces questions ne soient pas uniquement dictées pas la cupidité vorace des actionnaires ! Ne sommes-nous pas nous-mêmes trop habitués.

En 2016, nous allons relancer toutes nos batailles contre le chômage et en faire une priorité. En 2015, nous avions occupé des banques, nous avions manifesté devant les préfectures pour demander la transparence des comptes du CICE. Les députés et sénateurs communistes ont demandé la constitution de commissions d'enquêtes sur les centaines de milliards mal utilisés ou détournés par le grand patronat. Le Président de la République, lors de ses vœux, a de nouveau pris des engagements. Mais on sait ce qui se cache derrière : le travail à n'importe quel prix en surexploitant la jeunesse. Nous, nous prenons l'affaire au sérieux.

Nous allons demander de convoquer au plan national, régional, des départements et des grandes villes et agglomérations, des assises pour la formation qualifiante des jeunes, des chômeurs, et de celles et ceux qui souhaitent travailler et souhaitent un temps de formation. De réunir avec les organismes d’État, les représentants des collectivités territoriales, les syndicats, les employeurs, les directions et salariés de pôle emploi, des centres de formation, les associations de chômeurs… Recenser les besoins, mettre en concordance les moyens, mobiliser les forces vives.

Zéro chômeur, tous travailleurs, c'est possible. Avec l'aide des élu-e-s communistes, rassemblons les jeunes et moins jeunes pour poser ensemble et chacun leur candidature, portons-les aux pouvoirs publics. Aidons chacune et chacun à réussir sa vie dans un cadre à la fois individuel et collectif. Sans attendre, relançons l'action pour rencontrer des syndicalistes, des associations de chômeurs et de solidarité, des hommes et des femmes concernés pour recenser les besoins et les offres, mener des luttes locales pour l'ouverture de stages ou l'embauche, pour présenter des candidatures à la formation. Partout, relançons nos campagnes pour un contrôle des fonds publics distribués aux entreprises, exiger la création de fonds publics régionaux démocratisés pour la création d'emplois et remettre sur la table notre proposition d'un parcours sécurisé d'emploi et de formation. C'est possible.

Nous ne négligerons aucun terrain même les plus neufs. Et ici même, nous tiendrons les 18 et 19 mars les premiers Etats généraux du numérique, avec la participation des grands noms du secteur, pour construire l'alternative de progrès social à la surexploitation et à l'ubérisation.
Beaucoup de choses peuvent être engagées, il faut y réfléchir et se lancer. Avec deux certitudes. La première est que nous ne pouvons attendre rien de bon des vieilles recettes, des vieilles méthodes ringardes du patronat et de Monsieur Macron : elles ont toutes échoué. La seconde certitude, c'est qu'on ne relèvera pas le défi de l'emploi, et plus généralement on ne relèvera pas les défis auxquels la France est confrontée sans mobiliser toutes les énergies, sans mobiliser le monde du travail, de la recherche et de la création. Alors n'attendons pas !

2016, ce doit être l'année de la République pour tous, pas celle de l'état d'urgence et de la déchéance de la nationalité qui, sous prétexte de combattre le terrorisme, en vérité ferait de trois millions d'adultes binationaux des sous-citoyens.
Face aux crimes, des millions de Français ont dit, toute cette année 2015, leur attachement aux valeurs de la République. Mais ce mot est chaque jour sali par celles et ceux qui l’embrassent pour mieux l’étouffer.
De quoi parle-t-on lorsque tous les puissants du monde politico médiatique nous répètent à satiété : liberté, égalité, fraternité ? La République, ce n’est pas un slogan publicitaire ou un talisman que l’on brandira tel une tresse d’ail devant des vampires. La République c’est une construction démocratique modifiée au fil des siècles, de la révolution à ce jour, dans de divers combats. Pour nous comme pour Jaurès, elle ne peut être que sociale et laïque, c'est-à-dire respectueuse de tous, attentive à donner à chacun les moyens de son épanouissement et de son émancipation.

Il y a un an, la France disait son désir de paix et de République pour refuser la peur et la division. Des voix s'élevaient pour dire le mal-être des plus discriminés. C'est à tous qu'il fallait répondre pour hisser la République vers le meilleur. Las, rien n'a été fait à part de beaux discours. Et depuis le choc du 13 novembre, c'est l'espoir du 11 janvier qui est fauché et trahi. Plus question de solidarité, mais seulement de surveillance. Plus question de liberté, mais seulement de suspicion. Des moyens pour la police, très bien Monsieur Hollande. Mais, où sont les profs, les éducateurs, les formateurs, les maîtres d'apprentissage, les personnels soignants, les espaces culturels, les emplois associatifs, que la France – soi-disant en état d'urgence sociale – attend ?

Disons-le haut et fort : l’égalité n’est pas compatible avec l’austérité ! Il faut sortir de la camisole libérale, faire mordre la poussière aux fondamentalistes de l’austérité. C’est notre combat politique et une exigence pour revivifier notre République.
Alors Monsieur le Président de la République, vous voulez changer la Constitution, d’accord. Nous aussi. Mais nous ne voulons pas la changer sous la dictée du terrorisme. Nous voulons la changer pour donner plus de pouvoirs au peuple, en finir avec ce régime plus personnel encore qu’une monarchie. Allez-y, allons-y, changeons pour instaurer la proportionnelle à chaque élection. Accordons le droit de vote à tous les habitants majeurs de France et donc aux étrangers qui vivent ici. Osez construire la République pour tous !
Mais si c’est pour décider cette incroyable déchéance de nationalité, si c'est pour faire entrer dans le droit commun l'état d'exception, alors c’est non, c’est mille fois non.

A quoi jouez-vous ? A protéger les Français ? Cela n'est d'aucune efficacité. A faire peur, à diviser, à maintenir votre rôle d'autorité ? Si c'est cela, le prix à payer pour la République est insupportable et le cadeau fait, une nouvelle fois, au Front national est indigne et malsain. Car n'est-ce pas là tout simplement ce qui vous anime ? Je le crains et nous sommes nombreuses et nombreux à le croire et à ne pas l'accepter. Oui, Monsieur le Président de la République, il est temps maintenant de sortir de l'état d'urgence et de présenter un plan complet et sérieux de luttes et de prévention contre le terrorisme. Ce plan, il devra avoir deux piliers, paix et sécurité.

Pourquoi, Monsieur le Président, avoir passé sous silence dans vos vœux les efforts pour obtenir une solution politique et la fin des combats en Syrie ? Pourquoi tant de modération face aux crimes de l'Arabie saoudite, avec cet assassinat en masse de 48 Iraniens ? Pourquoi cet accord complice et honteux de l'Union européenne avec la Turquie, reprenant les négociations sur l'adhésion de ce pays, en échange du silence sur les crimes du régime d'Erdogan, avec pour prix de ce silence quelques dizaines de milliers de réfugiés. Pourquoi cette impunité à l'égard des crimes et de la colonisation israélienne. Pourquoi ce commerce des armes toujours aussi florissant ?

Monsieur François Hollande, est-ce ainsi que la France parle paix et sécurité ? Voilà pourtant les racines du danger qui menace nos concitoyens.
Alors oui, rappelons-nous encore ce soir le 11 janvier.
Le 11 janvier fut une réponse massive, digne, déterminée au terrorisme. Cet immense message populaire constituait aussi une réponse digne, massive, déterminée à tous ceux qui, utilisant les actes terroristes, ont voulu fracturer la société dans des conflits, ou pour le moins des méfiances inter-religieuses, diviser le peuple entre soi-disant Français de souche et les autres, ethnicisé les rapports sociaux. Une réponse à ceux qui voulaient, à l'occasion, ringardiser l'attachement à nos valeurs républicaines. Est-ce ceux-ci que rejoignent aujourd'hui le Président de la République et son Premier ministre ?

Le message que la France doit envoyer au monde est un message d’ouverture, d’accueil, de désarmement et de paix. « L’intelligence défend la paix, l’intelligence à horreur de la guerre », disait Paul Vaillant-Couturier. D’autres disent qu’il faut faire « la guerre à la guerre » ou « la grande paix humaine est possible ». C’est connu et c’est ce que dit le poème d’Eluard, les guerres prennent racines dans l’esprit des hommes et c’est donc dans l’esprit des hommes que doit se forger une culture de paix.

Il n’y a ni angélisme, ni tentative de justification à réfléchir pourquoi des jeunes Français se transforment en terroristes, en kamikazes. Ou, il faut se défendre ; oui, il faut des précautions, et quoi de mieux que des personnels policiers en nombre, formés, aguerris, équipés pour poursuivre les terroristes et les empêcher de nuire. Nous sommes favorables à des mesures efficaces pour que chaque citoyenne et citoyen français soit en sûreté, se sente en sécurité, y compris des mesures exceptionnelles.

Mais ça ne répond pas à la question : Comment éviter autant que possible que notre pays, nos quartiers, nos villes, nos villages fabriquent aussi des kamikazes, des terroristes ? Et là, je n’ai pas d’autres réponses que l’égalité. Je n’ai pas d’autres réponses que l’éducation, la culture. Je n’ai pas d’autres réponses que le respect, le respect de tous, de la liberté de tous, la laïcité. Je n’ai pas d’autres réponses que de donner à chaque jeune la possibilité de construire sa vie, l’envie de vivre une grande aventure humaine. Je n’ai pas d’autres réponses que le refus de la violence, que la culture de la paix et de la fraternité.

2016, sera donc encore et toujours une année de combat. Et nous serons au rendez-vous pour relever la gauche du fossé dans lequel les gouvernants s'acharnent à l'enfoncer, sous le regard réjoui de la droite et de Madame Le Pen.
Une élection présidentielle où la voix de la gauche serait réduite au silence, absente au second tour, doublée en voix off par Emmanuel Macron au premier tour, voilà leur rêve !

Nous ne laisserons jamais faire cela.

Je l'ai dit, ce qu'il faut au pays en 2017, c'est un candidat de gauche au service du peuple, un candidat porteur d'un projet de gauche pour la France, sur les valeurs de la gauche, qui rompe avec les errements du pouvoir actuel. Et cette candidature, c'est maintenant qu'il faut s'engager à la construire.
J'en prends l'engagement devant vous. Je ne ménagerai aucun effort pour y parvenir.
Il y a urgence et c'est comme pour le climat, si nous ne nous en mêlons pas, ça n'arrivera pas.
Dans les jours et les semaines qui viennent, je multiplierai les contacts, les rencontres, les initiatives. Ma porte est ouverte.

Je suis prêt à tout discuter. Comment fédérer les énergies disponibles ? Comment faire du projet commun ? Comment discuter des candidatures ? Rien n'est tabou. Inventons. Je le dis à tous, à mes amis du Front de gauche, parce que notre énergie et notre expérience seront décisives pour que nous fassions mieux qu'en 2012. Je le dis aux socialistes, qui ne veulent pas d'une présidentielle qui ressemble à la régionale de PACA ou du Nord-Picardie. Je le dis aux écologistes. Je le dis aux syndicalistes, aux responsables associatifs, l'heure est grave.

La gauche sociale et politique ne peut rester l'arme au pied face au désastre.
On me dit : primaire. Ce n'est pas ma culture, mais je dis : discutons, échangeons, construisons ensemble car :
« Quand les blés sont sous la grêle,
Fou qui fait le délicat,
Fou qui songe à ces querelles,
Au cœur du commun combat » (Aragon)

Alors, bien sûr, nous ne sommes pas au bout du chemin. Les pièges seront nombreux. Il y aura des opinions diverses. Il y aura même dans les jours à venir d'autres propositions.
Je le répète. L'urgence est d'ouvrir les portes et de parler, puisque l'Elysée n'a qu'une obsession, les verrouiller. Et donnons déjà un rendez-vous en mars pour faire le point de tout cela.
Samedi, devant le Conseil national de notre parti, je lancerai la préparation de notre congrès, qui aura lieu des 2 au 5 juin, à Saint-Denis/Aubervilliers.

Les communistes vont participer activement dans toute la France à une très profonde réflexion. Un parti comme le nôtre a connu, dans sa longue histoire, ses heures de gloire et aussi bien des vicissitudes. Mais toujours, les communistes ont été présents aux rendez-vous de la France et de son peuple. Dans ce moment intense de recomposition politique, où le libéralisme semble disposer de toutes les manettes, où le danger d’extrême droite est prégnant, le PCF va devoir faire preuve d'audace, d'imagination, de créativité, d'inventivité, et de détermination pour se transformer si il veut participer avec d'autres à révolutionner la société. Nous sommes décidés à changer pour être à la hauteur.

J'invite toutes celles et tous ceux qui veulent participer à cet effort créatif à rejoindre le Parti communiste. Ce parti qui compte un peu plus de 120 000 militants, 120 000 têtes pensantes, mais qui ne demande qu’à s'enrichir de nouvelles réflexions, de nouvelles expériences, de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances. Bref de nouvelles têtes pensantes. Vous y serez les bienvenus.

Samedi je proposerai que nous mettions à disposition de tous les citoyens, syndicalistes, associatifs, militants politiques écologistes et de gauche des « fabriques coopératives » thématiques pour écouter, croiser nos propositions. Expérimentées dans plusieurs régions, et notamment en Île-de-France, je peux témoigner de la pertinence de la démarche des fabriques coopératives.
Ce sera notre début de réponse à Philippe Torreton.

Voilà, mes amis, je conclus. Je ne peux qu'avoir une pensée émue pour l'équipe de Charlie Hebdo, pour toutes les victimes et proches des différents attentats. Je ne peux qu’adresser une pensée fraternelle et solidaire aux combattants kurdes, aux démocrates turcs. A nos amis palestiniens, aux pacifistes israéliens, aux camarades du monde entier qui luttent, parfois dans des conditions extrêmes. A eux comme à vous est dédié le poème de Paul Eluard, devant lequel je passe chaque jour dans cette maison avant d'entrer dans mon bureau :
« Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom »
Liberté

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14/12/2015

Pierre Laurent. "La situation nouvelle n'est pas favorable au monde du travail"

pierre-laurent.jpgDéclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, au soir du second tour des élections régionales.

Les résultats du second tour des élections régionales sont marqués par le sursaut de mobilisation des électrices et des électeurs, avec près de 9 % de participation supplémentaire. Manifestement, les votants ont ressenti comme un grave danger pour la démocratie, l'élection du Front national à la présidence de régions. Ils ont empêché cette menace de se concrétiser. Le Parti communiste, qui avait appelé à battre le FN dès dimanche soir, pousse un ouf de soulagement.
 
Ce sera un atout dans la bataille à venir pour faire reculer les idées du Front national dans le pays. Car le danger persiste et rien ne doit faire oublier la gravité de ce qui vient de se passer : les scores atteints par le FN sont dramatiques et alarmants, un très grand nombre de conseillers régionaux du Front national sont élus, et dans deux grandes régions, PACA et Nord-Pas de Calais-Picardie, il n'y a plus de conseillers régionaux de gauche pour les combattre et soutenir les politiques publiques en faveur des besoins des gens.
 
La droite remporterait ce soir sept des treize grandes régions, soit un peu moins que ne le laissaient craindre les résultats du premier tour, mais toutes sont des conquêtes puisque la gauche gérait toutes ces régions à l'exception de l'Alsace dans le Grand Est. Dans ces régions s'annoncent des reculs pour les services publics, les politiques sociales, d'éducation et de culture, la vie des associations. Le Medef et la finance ont ce soir de nouveaux alliés dans ces régions, alors que c'est là qu'il faudrait mobiliser les richesses et les moyens publics pour lutter contre le chômage et la précarité. De nombreux combats s'annoncent dans lesquels les communistes entendent se mettre au service des populations et d'une République solidaire et fraternelle.
 
La gauche remporterait cinq régions.
 
Compte tenu des résultats du premier tour et du retrait des listes socialistes de deux régions, les communistes et le Front de gauche n'obtiennent ce soir des élus que dans cinq régions, : Ile de France, Normandie, Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, Corse et Auvergne-Rhône-Alpes. Pour le Front de Gauche, pour le PCF il s'agit d'un revers électoral important.
 
Les nationalistes remportent pour leur part la région Corse.
 
Ces deux tours d'élections régionales vont devoir être analysés en profondeur. Mais il est clair que la situation nouvelle n'est pas favorable au monde du travail. La responsabilité des politiques menées par François Hollande et Manuel Valls et leurs gouvernements est très lourde dans ce désastre. L'impasse économique, sociale, politique et démocratique dans laquelle ils ont enfoncé le pays se paie très cher. Poursuivre dans cette voie serait aller vers de nouveaux désastres et marquerait un grave mépris pour le message adressé par les électeurs. Il est urgent de sortir de l'austérité et dogmes du libéralisme.
 
Ces résultats ouvrent une nouvelle période politique. Les communistes entendent mener de front le combat contre la droite et l'extrême-droite et la construction d'un nouveau projet progressiste nourrit d'actions prioritaires et de mesures urgentes, pour sortir la gauche et le pays du piège du tripartisme dans lequel ils nous enferment.
 
En remerciant les communistes de leur engagement, je les appelle à se réunir pour tirer les leçons de cette bataille très difficile, à aller à la rencontre de nos concitoyens dans les quartiers, les entreprises... Nous n'oublions pas nos résultats insuffisants au premier tour. Nous allons devoir mettre beaucoup de choses à plat pour relancer notre combat. La direction nationale du PCF prendra toutes les initiatives pour favoriser ce débat. Se tiendront plusieurs réunions importantes dès la semaine prochaine. En janvier, le PCF lancera la préparation de notre Congrès. Trop de pauvreté, trop d'inégalités, trop de concurrence …. aux femmes et aux hommes qui convaincus que la société doit évoluer autrement, je les appelle à rejoindre notre parti pour agir ensemble. Sans attendre prenons et préparons ensemble toutes les initiatives de débats, d'actions, de rencontres avec toutes les forces citoyennes, sociales et politiques disponibles pour réinventer la gauche et un nouveau pacte d'espoir pour le pays.
 
Pierre Laurent,
Paris le 13 décembre à 22h.
 
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07/12/2015

Premier tour des élections régionales 2015 - Déclaration de Pierre Laurent

pierre-laurent.jpgLes premières estimations connues à cette heure des résultats du premier tour des élections régionales confirment le grave état d'alerte social et démocratique du pays.

Dans notre pays, la France, où des millions et des millions de personnes souffrent durement du chômage, de la précarité, du pouvoir de la finance sur nos vies et sur notre travail, où l'angoisse du lendemain ronge la vie de tant de nos concitoyens, où les attentats du 13 novembre ont ajouté la peur à toute cette insécurité sociale, la menace est réelle de voir la droite et l'extrême-droite diriger dimanche prochain la très grande majorité, et peut-être la totalité, des 13 nouvelles régions. Ce serait une catastrophe que la très grande majorité de notre peuple paierait cher.

C'est une situation d'extrême danger pour notre pays car le Front national renforce, après les élections européennes, sa place de premier parti politique. Le racisme déclaré de son programme libéral-populiste constitue une mise en cause explicite des valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité de notre République.

Dans ce contexte, plus de 50% des électrices et des électeurs ont une nouvelle fois choisi de s'abstenir, marquant leur défiance massive et désormais structurelle à l'égard du fonctionnement de plus en plus défaillant de notre démocratie. La colère contre tous les manquements à la parole donnée, aux engagements pris aussitôt abandonnés dans les actes, continue de grandir.

Les résultats portent évidemment la marque de la situation exceptionnelle dans laquelle se sont déroulés ces élections. Les enjeux des élections régionales ont été sciemment marginalisés. Depuis les attentats du 13 novembre, la peur qu'ils ont suscitée et l'inquiétude provoquée par l'état d'urgence ont été largement instrumentalisés et ont compliqué encore le scrutin.

Pourquoi en sommes nous là? Parce que depuis des années les attaques des pouvoirs de l'argent contre le monde du travail, les déréglementations de la mondialisations capitaliste, les politiques ultralibérales européennes ont démantelé les solidarités. Parce que la pensée unique dominante a matraqué toutes les tentatives d'ouvrir un nouveau chemin de transformation sociale.

La responsabilité des gouvernements successifs qui ont maintenu depuis dix ans, contre l'avis d'une majorité du pays, le cap de politiques d'austérité de plus en plus dures, appliquées avec des méthodes de plus en plus autoritaires, est immense. L'impasse politique, économique, sociale dans laquelle ils se sont acharnés à enfoncer le pays a nourri un rejet que plus rien ne peut arrêter.

La montée du Front national s'est d'autant plus nourrie de ce rejet que la droite des Républicains et de l'UDI et les dirigeants socialistes se sont dépensés sans compter pour installer le Front national et, en faire leur principal «concurrent», un repoussoir pour sauvegarder leur hégémonie. Ils ont eux même banalisé ses idées, espérant ainsi étouffer tout espoir de transformation sociale et favoriser leurs projets de recomposition politique. Le résultat est le désastre politique auquel nous assistons. Jamais les communistes ne s'y résigneront. Et nombreux avec eux sont les démocrates, les électeurs de toutes les familles de gauche à ne pas accepter ce scénario mortifère. Leur rassemblement dans l'action sera plus que jamais nécessaire.

Les listes sur lesquelles les communistes étaient engagés avec le Front de gauche et des forces citoyennes et écologistes ont travaillé à ouvrir un autre chemin, contre l'austérité, pour la solidarité et le progrès humain partagé. Ce soir, le score obtenu par les listes est un point d'appui pour les batailles à venir et pour battre la droite et le Front national au second tour. Ces scores sont certes encore très insuffisants. Nos ambitions demeurent pour l'avenir. Mais ce soir, sans le respect de ces listes et de leurs électeurs, rien n'est possible à gauche.

Ce soir, une chose est certaine. Le grand défi de la nouvelle période politique qui s'ouvre sera celui de la construction d'un nouveau projet de gauche solidaire et fraternel pour notre pays et pour notre République. Ce projet doit être un projet de solidarité, de prospérité partagée et de paix et non un projet de guerre, de concurrence et d'égoïsmes réciproques. Dans les semaines et les mois à venir, les communistes prendront à gauche, avec toutes les forces citoyennes, sociales et politiques disponibles, toutes les initiatives nécessaires à la construction politique de ce nouveau pacte d'avenir pour la France, pour la conduite duquel les dirigeants actuels du pays sont totalement défaillants.

Pour le second tour, le PCF veut faire respecter la volonté des électeurs qui ont accordé leur confiance aux listes citoyennes et du Front de gauche au premier tour. Pour que ces électeurs soient représentés par des élus auxquels ils font confiance, pour que les régions aux compétences élargies et utiles au quotidien, comptent des élus à gauche déterminés à poursuivre les combats contre l'austérité et par la promotion de politiques publiques de solidarité, pour battre la droite et écarter le danger extrême du Front national, le PCF appelle à construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche du premier tour. Dans ces listes, personne ne se rallie à personne. L'addition de ces listes est la seule manière d'empêcher la victoire totale de la droite et de l'extrême droite. Dans les assemblées régionales, les élus communistes agiront librement sur la base de leurs engagements devant les électeurs au premier tour pour faire avancer tout ce qui aidera notre peuple à mieux vivre.

La France ne pourra en rester là... Notre peuple est en demande de changement, de rassemblement et de sens pour se sortir de l'impasse actuelle. Il est urgent de mettre l'humain au cœur de toutes les questions sociales et non la finance.

Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français dimanche 6 décembre – 20 heures

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14/11/2015

Face aux attentats, rassemblons-nous pour la liberté, l'égalité, la fraternité, et la paix

pl1.jpgDECLARATION DE PIERRE LAURENT, SECRETAIRE NATIONAL DU PCF

Notre pays vient de vivre l'un des pires événements de son histoire. Les attaques terroristes simultanées de la nuit dernière à Paris et à Saint-Denis, revendiquées par Daesh, faisant à cette heure 127 morts et 200 blessés, sont effroyables. La France est en deuil. Au lendemain de ce carnage, nos premières pensées se tournent vers les victimes, leurs familles, leurs proches, les témoins et tous ceux dont la vie a été menacée. Pour tous, la douleur est immense. Chacun en France s'en sent profondément meurtri.

Nous saluons l'action des forces de l'ordre, des secours, des urgentistes et personnels de santé et des agents territoriaux dont la mobilisation a été exemplaire ainsi que la solidarité des habitants qui s'est immédiatement manifestée.

Moins d'un an après les attentats de janvier dernier, la République est frappée en son cœur. Alors que l’État d'urgence vient d'être décrété par le gouvernement, le renforcement des moyens de police et de justice est un impératif. L’État doit trouver durablement les moyens adaptés pour garantir la sécurité de toutes et de tous.

J'appelle notre peuple à ne pas céder à la peur, à se rassembler pour la liberté, l'égalité et la fraternité, et pour la paix. Nous devons refuser les amalgames et les stigmatisations. Ensemble, nous devons rejeter fermement la haine et les racismes.

La France est touchée par la guerre et la déstabilisation qui minent le Proche et le Moyen-Orient. La lutte contre le terrorisme appelle une mobilisation redoublée et des solutions internationales.
Elle ne pourra triompher que dans la mobilisation pour un projet de société solidaire qui place au cœur de tous ses choix l'émancipation humaine, les valeurs de la République et la paix.

Le PCF, ses représentants et ses élus, seront de toutes les initiatives qui, dans les prochains jours, permettront à nos concitoyens de se rassembler pour faire face à cette épreuve et ouvrir un chemin d'espoir pour notre peuple.

Dans ce moment tragique, le PCF a interrompu toute activité de campagne électorale.

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12:57 Publié dans ACTUALITES, ELUS COMMUNISTES, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre laurent, attentat, pcf | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

07/10/2015

Air France : Pierre Laurent dénonce l’«attitude provocatrice insupportable» de la direction

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Alors que la majorité des politiques dénoncent les violences subies lundi contre le DRH d’Air France, le secrétaire national du PCF, le sénateur Pierre Laurent, souligne que le plan de licenciement de 2.900 postes annoncé « est une énorme violence sociale » pour les salariés.

« Evidemment, on peut condamner » affirme le candidat du Front de gauche aux régionales en Ile-de-France, qui a tenu son premier meeting lundi soir. Mais Pierre Laurent dénonce le « mépris total » de la direction. Il demande à « tout mettre sur la table », de retirer le plan de licenciement et de « rouvrir la négociation ». Entretien.

humaune.jpgLe DRH d’Air France a été brutalisé hier. Manuel Valls s’est dit « scandalisé », François Hollande a dénoncé des faits « inacceptables ». Condamnez-vous aussi ces actes ?
Je crois qu’on ne peut pas sortir ces actes de leur contexte. L’attitude de la direction d’Air France est une attitude provocatrice insupportable alors que les salariés demandent depuis des semaines qu’une véritable négociation s’ouvre. Alors même qu’il y avait une manifestation de plusieurs milliers de salariés du groupe devant le siège du CCE (comité central d’entreprise), la direction a fait preuve d’un mépris total. Ça a donné cette explosion de colère. Evidemment, on peut condamner, regretter les actes commis. Mais il faut mettre tout sur la table dans ce cas et aussi l’attitude scandaleuse et méprisante de la direction. Quant il y a une telle colère dans une entreprise, on ne peut pas ne pas s’interroger sur les causes. Si la direction d’Air France et le gouvernement veulent l’apaisement, qu’ils retirent le plan Air France et qu’ils rouvrent la négociation plutôt que de stigmatiser les salariés, ce qui ne fera que jeter de l’huile sur le feu.

Donc vous comprenez la colère des salariés d’Air France ?
Oui, ce plan de licenciement de 2.900 postes est une énorme violence sociale. On est dans une entreprise où on dit depuis des années qu’il faut faire des sacrifices, travailler davantage, renoncer à ses repos. On leur dit « ça ira mieux demain » et on leur fait toujours payer l’addition des erreurs stratégiques de l’entreprise. Et le gouvernement ne rend pas de compte sur la décision de déréglementation du ciel aérien. On ne peut pas se contenter de montrer du doigt des salariés qui ont laissé éclater leur colère.

Mais les événements d’hier ne sont-ils pas mauvais pour l’image d’Air France ?
Nous ne sommes pas face à un problème d’image ou un problème commercial d’Air France. Nous sommes face à un problème qui concerne la vie de milliers de salariés et leur famille. Il concerne aussi  l’avenir de la compagnie. Les salariés contestent le fait que les plans de licenciements successifs soient la meilleure manière de sauver l’entreprise. Je vois bien que certains cherchent à évacuer le débat de fond à la faveur des incidents d’hier. Il ne faut pas refermer le dossier des choix de fond mais l’ouvrir de manière démocratique.

Que pensez-vous de l’arrivée du directeur adjoint du cabinet de Manuel Valls, Gilles Gateau, au poste de DRH d’Air France en janvier ?
J’ai appris cette nouvelle très récemment. C’est peut-être que chacun comprend qu’il y a un très grave problème de relations humaines dans l’entreprise. C’est peut être un aveu sur le fait qu’il y avait un problème d’absence totale de dialogue à cet endroit. Je ne sais pas si ça changera quelque chose. Je vois dans cette arrivée le fait qu’il y avait un problème de dialogue. Je pense que l’Etat a un rôle à jouer en tant qu’actionnaire dans l’avenir de l’entreprise Air France. Ce n’est pas le fait que l’Etat se mêle des affaires d’Air France qui me choque, mais la manière et avec quel objectif.

François Vigna, LCP

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01/10/2015

Régionales 2015 : Accord des forces du Front de gauche en Île-de-France

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Pierre Laurent sera la tête de liste régionale du Front de gauche en Île-de-France, dans le cadre d'un trio avec Clémentine Autain, tête de liste en Seine-Saint-Denis et Eric Coquerel, tête de liste à Paris.

Les forces du Front de gauche en Île-de-France ont adopté une base commune d'accord pour l'élection régionale. Elle sera présentée ce soir à la première assemblée régionale représentative.
Des forums départementaux, une assemblée représentative régionale et des initiatives citoyennes contribueront en effet tout au long de la campagne à l'enrichir pour construire une liste de large rassemblement citoyen, écologiste et de gauche qui résiste à l’austérité et aux politiques néfastes à l’environnement.
 
Cet accord des forces du Front de gauche repose sur un socle programmatique commun ainsi que sur une démarche citoyenne, basée sur la co-construction entre forces citoyennes et forces politiques. Il prévoit également la construction d'une charte éthique et démocratique. Notre objectif est de faire prévaloir une alternative sociale, écologique et démocratique pour l'Île-de-France en rupture avec la logique d’austérité et de compétitivité portée par le gouvernement et l'orientation majoritaire du Parti Socialiste ce qui est le moyen le plus sûr de battre la droite conduite par Valérie Pécresse et l’extrême-droite.
 
Pierre Laurent sera la tête de liste régionale dans le cadre d'un trio avec Clémentine Autain, tête de liste en Seine-Saint-Denis et Eric Coquerel, tête de liste à Paris. Ils seront présents avec de nombreux candidat-e-s lundi 5 octobre à 19h à la Bellevilloise à Paris pour présenter l'ambition de notre liste.
 
Front de gauche Île-de-France,
Paris, le 1er octobre 2015.
 
Philippe Rio maire communiste de Grigny sera tête de liste Front de Gauche dans l'Essonne
 
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25/09/2015

Les parlementaires Front de gauche veulent rebâtir une gauche "en voie d'implosion"

placea.jpgÉliane Assassi, présidente du groupe CRC au Sénat, Pierre Laurent, sénateur de paris et André Chassaigne président des députés Front de gauche
 
Les parlementaires Front de gauche, réunis jeudi à Oissel (Seine-Maritime), espèrent tirer profit de la recomposition du paysage politique à gauche, avec des partis concurrents "en voie d'implosion" selon Pierre Laurent (PCF), pour créer un "mouvement de reconstruction politique populaire".
 
"On est face à une recomposition extrêmement profonde de la société française" dont "on n'a vu pour le moment que le début", a déclaré Pierre Laurent, pour qui Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), mais aussi le Parti socialiste (PS) sont "en voie d'implosion". Face à cette situation "pleine de possibilités, mais très paradoxale", il faut "un mouvement de reconstruction politique populaire", a souligné le sénateur de Paris devant les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) et les sénateurs du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) réunis pour leurs journées parlementaires.
 
"Nous n'avons aucune illusion sur un changement de cap du gouvernement", a noté de son côté le chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne, qui croit lui aussi que l'espoir est "de mise pour voir les forces de gauche construire". Pour lui, le président Hollande, "élu par l'ensemble des forces de gauche, s'est résolument engagé dans une politique libérale digne de la droite" et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avec ses "dérapages contrôlés, téléguidés", "incarne à lui seul ce glissement vers un social-libéralisme où le libéralisme prime sur le social".
 
Les élus Front de gauche ont pu se sentir "un peu seuls" au début de la législature, a souligné André Chassaigne mais "des voix se sont élevées au sein même de la majorité", en référence aux "frondeurs" socialistes. "Nous formons l'espoir que ces voix ne verront pas leurs mains trembler quand il s'agira de voter" contre les réformes libérales. Pour autant, André Chassaigne ne voit pas d'urgence à créer un nouveau groupe "rouge-rose-vert" à l'Assemblée, avec les "frondeurs" et écologistes opposés à la politique du gouvernement, comme l'ont proposé quatre députés dont une issue de ses rangs, Jacqueline Fraysse (Ensemble, autre composante du FG). Il met en avant le fait que dès la semaine prochaine, des réunions hebdomadaires auront lieu avec ceux qui le souhaitent pour lancer "un signal qu'on peut travailler ensemble" et "donner à voir cette gauche anti-libérale".
 
Quant au référendum proposé au "peuple de gauche" par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sur l'unité aux élections régionales des 6 et 13 décembre, c'est un niet franc et clair du côté des parlementaires Front de gauche. Pour Eliane Assassi, présidente du groupe au Sénat, c'est une "très mauvaise idée", qui évite de "parler du contenu et des choix".
 
Le FG est "en capacité d'être une force politique porteuse d'un projet politique alternatif, y compris aux choix qui sont mis en oeuvre aujourd'hui par le gouvernement", a-t-elle insisté.
 
Pour elle "la question, ce n'est pas d'être anti-socialiste" mais de "montrer qu'il y a une possibilité de mener une vraie politique de gauche", un point sur lequel il y a peut-être "un noeud", une divergence de vue, avec le Parti de gauche (PG, deuxième composante du Front de gauche derrière le PCF). 
 
Pierre Laurent, dont la candidature est contestée par le PG en Ile-de-France au nom du non-cumul des mandats, reconnaît aussi que le Front de gauche est confronté au "défi unitaire". Mais il dit croire à la possibilité d'"une percée politique importante". "Nous portons un projet dans lequel doivent pouvoir se retrouver des gens qui votaient écologiste, des gens qui votaient socialiste, des gens qui ne votaient plus", a déclaré Pierre Laurent. 
 
Partageant le constat d'une "vraie recomposition de la société" avec "des potentialités énormes", Jacqueline Fraysse s'est toutefois interrogée: "que faisons-nous pour faire converger ?". "Il faut quand même donner quelques petits coups de pied au derrière pour que ça avance !", a lancé la députée.
 
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