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05/10/2016

PRESIDENTIELLES, PROGRAMME, UNION : PIERRE LAURENT REPOND

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«Si on s'unit, le vote utile, ce sera nous»

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL ET JULIA HAMLAOU POUR L'HUMANITE
«Il n'est pas trop tard pour additionner les énergies pour 2017», déclare Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui lancera un appel, samedi, à rendre incontournable le rassemblement de la gauche critique.

pierre-laurent.jpgPIERRE LAURENT C'est un événement majeur. Écouter le peuple, lui donner la parole, tout le monde en parle mais qui le fait vraiment ? Nous estimons avoir rencontré 400 000 citoyens. 65 000 d'entre eux ont rempli intégralement la consultation. Les résultats, auxquels nous avons travaillé avec l'institut ViaVoice, montrent la profondeur des exigences populaires, celles d'une France protectrice et solidaire face à l'urgence sociale. Le 8 octobre, nous réaliserons en direct sur Internet une grande émission en présence de plusieurs centaines de ces participants.
En conclusion, je présenterai les axes pour un projet populaire possiblement commun à toutes les forces de gauche et citoyennes que nous voulons rassembler.
Puis nous entrerons en campagne sur ces axes en continuant à interpeller toutes ces forces sur la construction d'un cadre commun.


Vous avez appelé à la rédaction d'un « pacte d'engagements commun », n'est-il pas trop tard alors que chacun des candidats déclarés à la présidentielle déroule son propre programme ?
PIERRE LAURENT Pourquoi serait-il trop tard pour additionner les idées et les énergies? Au contraire, puisque chacun a travaillé, le temps est venu de confronter nos idées pour rendre plus pertinent le projet commun. À sept mois de la présidentielle, l'heure n'est pas à se résigner à la défaite que nous promettent chaque jour les enquêtes d'opinion si le paysage des candidatures reste ce qu'il est aujourd'hui. Rien ne nous fera renoncer.


En vue de la conférence nationale du 5 novembre, le Conseil national du PCF a défini trois hypothèses à examiner pour la présidentielle : décider du candidat plus tard, soutenir Jean-Luc Mélenchon ou investir un candidat communiste. Depuis votre congrès en juin, de nouveaux éléments permettent ils d'éclairer le choix à faire ?
pierre-laurent.jpgPIERRE LAURENT Je veux être précis sur les décisions prises lors de notre Conseil national. Notre première décision, la plus fondamentale, est de tout faire dans la durée pour rassembler les forces de progrès autour d'un projet commun. Ces forces sont nombreuses.
Elles se sont mobilisées contre la loi travail, ont mis en échec le projet de déchéance de nationalité, et elles défendent tous les jours les services publics. Mais le quinquennat de François Hollande en a jeté une grande part dans le désarroi et la désunion politique. Nous voulons donc reconstruire l'unité de ces forces pour un projet de gauche en rupture avec le libéralisme. Sinon, nous assisterons à la qualification des seules forces de droite et d'extrême droite qui canaliseront la colère populaire contre le pouvoir actuel, et le résultat sera gravissime. A-t-on vraiment conscience de ce qui nous attend ?

Ce ne serait pas la simple répétition de 2002, mais la victoire conjuguée de forces de droite et d'extrême droite décidées à miner les fondamentaux d'égalité et de liberté de la République. Jamais les communistes ne prendront la responsabilité de banaliser une telle perspective. Notre deuxième décision découle de ce choix fondamental. Il s'agit d'instruire les options en débat chez les communistes, en discutant des conditions dans lesquelles elles pourront nous permettre d'avancer vers l'objectif que je viens d'énoncer. Ces hypothèses ne sont pas à prendre ou à laisser, elles peuvent être enrichies par le débat, complétées, et c'est la conférence nationale qui formulera à l'issue de ce débat les choix qui seront soumis aux communistes, pour répondre aux trois questions : comment construire le rassemblement nécessaire, quelle candidature à la présidentielle et quelle campagne pour les législatives.


Le premier objectif qu'affiche le PCF pour 2017 est de battre la droite et l'extrême droite. Cela est-il possible alors que, dans la meilleure configuration, il y aura aussi un candidat social-libéral ?
PIERRE LAURENT Justement,le danger de division n'en est que plus grand. Or, j'insiste: le danger qui menace n'est pas celui d'une alternance banale. Si nous sommes devant ce danger, c'est à cause de la faillite du projet social-libéral. Je crois qu'un large rassemblement des forces de gauche prêtes à rompre avec cette dérive isolerait une telle candidature et relancerait l'espoir populaire. Nous ne serions plus dans la situation de se partager un électoral de gauche en recul, mais devant la possibilité de remobiliser des millions d'électeurs qui retrouveraient confiance et espoir dans l'avenir.


Pour vous, le danger que représente la droite est-il le même quel que soit le vainqueur de sa primaire ?
PIERRE LAURENT Oui,bien sûr, car, que ce soit Sarkozy, Juppé, Fillon ou Le Maire, chacun porte les mêmes programmes d'offensive antisociale et ultralibérale.
Il y a des différences au sein de la droite sur le thème de l'identité nationale que je ne néglige pas, mais les candidatures s'additionneront et le poids de l'extrême droite restera là.


La direction du PS pointe aussi le danger d'une droite radicalisée. Ne craignez-vous pas que l'appel au « vote utile » soit le plus fort ?
PIERRE LAURENT Si nous atteignons notre objectif, le vote utile, ce sera nous.


N'est-ce pas tard pour entrer en campagne, quand d'autres n'ont pas attendu ?
p_laurent_0.jpgPIERRE LAURENT En oeuvrant pour le rassemblement, en consultant les citoyens, nous sommes en campagne. Beaucoup apprécient notre démarche. Les forces dominantes veulent imposer un scénario dont le pays n'a aucune envie. La majorité des gens que nous rencontrons ne se reconnaissent pas dans les candidatures telles qu'elles se présentent. Au contraire, l'aspiration à voir converger les forces de gauche qui ont refusé la dérive gouvernementale est très présente. Mais tout est fait pour anesthésier cette exigence et l'empêcher d'émerger. Nous voulons permettre aux forces de la gauche populaire et sociale de retrouver du pouvoir sur les choix de 2017, alors qu'on veut les réduire à un choix par défaut.


Vous souhaitez entrer en campagne pour les législatives, comment cela est-il possible sans décision définitive pour la présidentielle ?
PIERRE LAURENT La présidentielle et les législatives sont deux élections différentes même si, par la nature des institutions, elles sont désormais liées. Mais quel est ce lien, si ce n'est la dévalorisation des législatives, ravalées au rang de sous-élection présidentielle ? On intime aux électeurs de ne répondre qu'à une seule question : de quel député le président élu a-t-il besoin ? Nous voulons faire réfléchir à une autre question, bien plus démocratique : de quel député avez-vous besoin pour porter vos exigences ? Il faut rétablir le lien direct entre l'Assemblée nationale qui vote les lois et le peuple, qui a été rompu par la présidentialisation.


Jean-Luc Mélenchon se dit convaincu que la direction du PCF a fait le choix de ne pas le soutenir à la présidentielle. La porte est elle encore ouverte de votre côté ?
PIERRE LAURENT Toutes les portes sont ouvertes. Notre unique boussole est la construction d'un mouvement majoritaire pour un changement de gauche.
La thèse d'un choix caché de la direction du PCF est une lubie. Notre seule décision jusqu'ici, et c'est un choix politique, a consisté à ne pas mettre un candidat dans la discussion pour donner toutes ses chances au rassemblement le plus large. Cela nous honore, et j'ai senti à la Fête de l'Humanité l'écho et le respect que cela suscite. Mais, si nous n'avons pas de candidat, nous avons des idées, un projet et une pratique de rassemblement sans lesquels une victoire de gauche est impossible en 2017.
Pour construire du commun, il faut un cadre acceptable par tous. Nous en avions construit un, le Front de gauche.
La France insoumise est un autre projet, celui d'un mouvement politique unique s'imposant aux partis. Nous respectons le choix de nos partenaires potentiels qui s'y engagent, mais ils doivent accepter de travailler avec les forces qui ne se reconnaissent pas dans ce cadre : le Parti communiste, d'autres composantes du Front de gauche et des forces écologistes, socialistes, citoyennes d'accord pour faire route commune. J'espère que nous avancerons dans les semaines à venir.


D'autres candidats, au PS et chez Europe Écologie-les Verts (EELV), sont engagés dans la primaire de leur parti. L'exigence d'un rassemblement peut-elle encore trouver de l'écho de ce côté ?
placea.jpgPIERRE LAURENT Rien n'est joué pour 2017. Je suis convaincu qu'elle peut s'imposer au-delà des logiques des primaires propres à chaque parti. Les blocages sont liés à la logique présidentialiste qui fait de la construction du projet la question seconde, après la désignation du candidat. Dans un mois, EELV aura désigné son candidat, et rien ne sera réglé: la discussion devra reprendre. Au PS, ceux qui ne veulent plus de François Hollande restent plongés dans l'incertitude sur l'issue de leur primaire. Il faut donc continuer l'effort dans la durée et, d'ici là, faire entendre le plus fortement possible les exigences communes.
«La majorité des gens que nous rencontrons ne se reconnaissent pas dans les candidatures telles qu'elles se présentent. »
C'est le sens de notre consultation citoyenne. Cela doit maintenant se poursuivre par des appels, des pétitions, des réunions locales. J'encouragerai toutes ces initiatives et le 8 octobre je lancerai un nouvel appel en ce sens.


Pensez-vous que de nouvelles personnalités puissent s'engager pour faciliter ce rassemblement ?
PIERRE LAURENT Je rencontre tous les jours des personnalités de toute la gauche sociale, politique, citoyenne, qui s'inquiètent de la situation actuelle. Certaines étaient à la Fête de l'Humanité, beaucoup sont réunies dans l'Appel des cent, et puis il y a des syndicalistes, des artistes, et aussi des socialistes qui n'osent pas toujours s'exprimer publiquement.
Les conditions existent pour que ces personnalités prennent des initiatives nouvelles, j'en parle avec elles.


Des communistes ont déjà fait savoir leur préférence pour la présidentielle. N'y a-t-il pas un risque de division ?
PIERRE LAURENT Il y a très naturellement dans notre parti des opinions diverses qui s'expriment. Mais j'entends la très grande volonté d'unité des communistes. Ce que nous avons à décider, ce n'est pas seulement d'un nom, c'est une démarche globale. Je suis certain que la discussion fera progresser l'immense majorité des communistes vers une position qui les rassemble. Une fois de plus, ceux qui croient nous diviser seront déçus.


«Ce que nous avons à décider, ce n'est pas seulement d'un nom, c'est une démarche globale.» Quelle que soit l'option pour la présidentielle, le PCF aura-t-il un apport propre à faire valoir ?
PIERRE LAURENT C'est évident. Le Parti communiste est une grande force politique qui compte des dizaines de milliers de militants actifs tous les jours sur le terrain, des milliers d'élus locaux, près de trente parlementaires. Notre voix et nos propositions sont indispensables à la crédibilité d'un projet de gauche, notamment dans la lutte contre la finance, qui sera la clé de voûte de notre projet.


Sur l'Europe, si la rupture avec les dogmes libéraux et l'austérité sont partagées à gauche, les moyens pour y parvenir font débat. Une entente est-elle possible ?
PIERRE LAURENT L'Union européenne est dans l'impasse. Elle se disloque sous la pression conjuguée des forces libérales et des forces nationalistes et xénophobes. Si la France veut retrouver une politique de progrès social, de relance productive, agricole, de transition écologique, elle doit engager la bataille pour changer les règles internationales, redéfinir son engagement en Europe en se battant pour un nouveau projet. Le débat sur ce nouveau mandat européen de la France devrait être mené avec tous les Français en 2017.
Au-delà, nous proposons l'écriture citoyenne d'un nouveau traité en vue des élections européennes de 2019. Cet objectif peut devenir commun à tous.


Pour nombre de candidats à gauche, la question du « made in France » est déterminante. Est-elle la réponse à la désindustrialisation ?
PIERRE LAURENT Elle est une part indispensable de la réponse, mais elle n'épuise pas notre vision industrielle. Je visiterai demain l'entreprise Ecopla à Grenoble.
Elle possède un savoir-faire unique en France et elle est abandonnée par les pouvoirs publics, pillée par ses actionnaires. La défense de notre savoir faire productif est un enjeu central.
Mais nos atouts doivent être mis au service de deux objectifs : produire mieux et autrement, et produire en coopération avec d'autres à travers le monde, en partageant les savoir-faire au lieu de se piller dans la guerre économique.


Les idées rétrogrades de repli autour d'une identité fantasmée ont le vent en poupe. Comment y faire face ?
PIERRE LAURENT La France est angoissée. Et cette peur de l'avenir est instrumentalisée. L'identité présumée à laquelle certains se réfèrent est redéfinie de manière rabougrie en travestissant l'histoire de notre pays, de ses racines multiples. Cette rhétorique n'est que le masque d'un projet de division des Français entre eux, et plus généralement des travailleurs de tous les pays, pour imposer la discrimination, le dumping social, la sous-citoyenneté comme on le voit avec les campagnes indignes contre les musulmans de France ou contre des réfugiés venus chercher asile chez nous. Ceux qui portent ces projets mettent en cause la France, ils ne la défendent pas. En 2017, portons le projet d'une France qui aborde avec audace son ouverture au monde et son histoire.

LE PCF RÉUNIRA SES CANDIDATS AUX LÉGISLATIVES, LE 21 JANVIER À PARIS, SUR LE THÈME : « À BAS LA MONARCHIE PRÉSIDENTIELLE, VIVE LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE ».

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05/09/2016

Pierre Laurent. la priorité, c’est « zéro jeune au chômage »

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Entretien réalisé par cédric clérin et stéphane sahuc, Humanité Dimanche

Après un été dominé par les questions identitaires, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, refuse la division du peuple et appelle à la construction de la France de la fraternité. Face à la multiplication des candidatures d'alternative à gauche, il défend un rassemblement« nécessaire » pour sortir le pays de l'impasse.

HD. Que vous inspire le climat politique de l'été ?

Pierre Laurent. Beaucoup d'inquiétude face à la volonté délibérée de la droite sarkozyste, du FN, de Manuel Valls, d'attiser la haine et de casser la société française. Mais aussi beaucoup de détermination pour aider nos compatriotes à tenir bon contre la haine. Nous avons entendu après le carnage de Nice et à propos du burkini des paroles irresponsables. Face aux crimes qui nous ont frappés, la France a plus que jamais besoin de montrer la force de sa fraternité, et sa volonté d'ouvrir ensemble le chemin d'une société de paix et de justice.

J'appelle le peuple de France à la vigilance. Ceux qui prônent la haine et la guerre veulent nous diviser pour masquer les projets de régression sociale extrêmement violents qui figurent dans tous leurs programmes. Au moment où Nicolas Sarkozy ne parle que du burkini, on oublie de dire ce qu'il propose : supprimer l'impôt des plus riches, l'ISF, doubler le CICE qui n'a servi à rien sauf à gonfler les dividendes, porter la retraite à 69 ans, aller encore plus loin que la loi El Khomri dans la casse sociale. Ce que vise la droite avec le burkini est clair : désigner un ennemi, un danger, les musulmans de France, et pendant ce temps-là, on ne parle plus des vraies raisons de la crise. Nous ne l'accepterons pas. Les musulmans de France sont nos soeurs et frères de citoyenneté. Nous avons grandi et nous vivons ensemble dans les mêmes quartiers et nous avons tous droit à l'égalité. Bien sûr, il y a une bataille dans l'islam entre des forces de progrès et des forces rétrogrades, voire criminelles comme Daech. Ces forces obscurantistes travaillent à tirer en arrière notre société. Mais pour les combattre, nous devons unir les Fran-

çais de toutes conditions, de toutes confessions, dans unw projet de justice commun, et non mettre à l'index une partie de la communauté nationale.

Mais de cet été, je veux aussi retenir la France de la fraternité que nous avons continué d'entendre malgré ce climat nauséabond. Je pense aux propos du maire communiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, dont les paroles ont eu beaucoup d'écho après les polémiques indignes entendues à Nice.

Je pense à nos champions aux jeux Olympiques, ces jeunes venus de nos quartiers qui ont souvent commencé le sport dans des villes com-

quiéter. C'est très dangereux car, dans la société française, il existe une vraie fragilité, une profonde interrogation sur l'avenir de notre pays et du monde. Il faut répondre à cette question. Mais certains veulent masquer la vérité aux Français. Les guerres qui inquiètent les Français, les crimes qui ont été commis sur notre sol par les forces les plus obscurantistes engagées dans ces guerres trouvent leurs racines dans des politiques de domination, d'exploitation, d'inégalités au niveau mondial. Voilà ce qu'il faut remettre en cause au lieu d'expliquer tous les matins que nous sommes en guerre. La guerre n'est pas une

« Nous, les familles populaires, nous les emmenons à la mer, nous ne les chassons pas des plages. »

me Aubervilliers ou Champigny. Je pense aux initiatives de solidarité prises par les communistes cet été. Nous avons emmené à la mer 10 000 personnes, des familles et leurs enfants privés de vacances. Nous, les familles populaires, nous les emmenons à la mer, nous ne les chassons pas des plages.

HD. Mais le durcissement permanent sur les questions d'identité et d'immigration, à droite comme à gauche, ne traduit-il pas une demande des Français ?

P. L. Je ne le pense pas. La vérité, c'est que certains ont décidé d'instrumentaliser toutes les peurs. L'attitude de Manuel Valls, par exemple, est extrêmement préoccupante. Qu'un premier ministre prenne la responsabilité de poursuivre la polémique après la décision du Conseil d'État montre que la logique de division est pour eux un choix délibéré. Ils ne veulent pas apaiser mais in-

fatalité. La France est une société multiculturelle. Elle a toujours construit la force de sa République sur le respect des libertés, des croyances, des opinions et sur la capacité à conjuguer cette liberté avec le droit à l'égalité. Les trois termes de la devise républicaine n'ont de sens que s'ils sont conjugués ensemble.

La France, qui est un grand pays, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, doit porter un grand projet de paix et de fraternité. J'appelle d'ailleurs à engager toutes nos forces dans la réussite des grandes marches pour la paix qui sont organisées par les mouvements pacifistes de notre pays le 24 septembre dans 15 grandes villes. Nous devons reprendre le chemin d'un grand mouvement pour la paix, contre le commerce des armes, contre les logiques de guerre.

HD. Dans votre intervention à l'université d'été des communistes, vous parlez de société bienveillante par opposition à la société de surveillance actuelle, ne craignezvous pas d'être taxé d'angélisme ?

P. L. Je ne fais preuve d'aucun angélisme vis-à-vis des forces djihadistes et de ceux qui veulent étendre leur logique criminelle à la France en nous entraînant dans le choc des civilisations. Ces forces sont des forces néofascistes qui visent des projets d'asservissement de leurs propres peuples. Nous ne devons pas oublier qu'au MoyenOrient, les attentats tuent chaque jour des centaines de musulmans de toutes obédiences. Le combat contre ces forces doit être constant et déterminé.

Mais nous refusons qu'au nom de ce combat on nous impose un terrorisme plus soft, politique et idéologique, qui nous interdise de penser les causes et les racines de cette situation. Manuel Valls avait dit « expliquer, c'est commencer à excuser » pour justifier sa logique de guerre. Nous, nous disons qu'après un an d'état d'urgence et de mobilisation générale de nos forces de sécurité, il faut réfléchir à de nouvelles manières d'agir. Surtout lorsqu'on constate que ce terrorisme endosse de nouvelles formes et recrute des jeunes Français en travaillant dans les plaies béantes de notre société en crise. La mobilisation de sécurité indispensable doit se déployer sur des terrains nouveaux. Nous avons besoin d'un renforcement massif des services publics d'éducation, de culture, de prévention et de sécurité sur tout le territoire. C'est incompatible avec les politiques d'austérité et de retrait des services publics. Il faut par exemple des moyens et une rénovation des politiques pénitentiaires, puisque la prison est l'un des principaux lieux de radicalisation. Il faut des politiques de protection judiciaire de la jeunesse, et dans tous ces domaines les moyens humains manquent. Mais il faut plus que cela. La République pour tous ne peut pas rester un mot d'ordre vide de sens quand tant de quartiers, de territoires restent désertés par les services publics. La France doit réellement faire de la jeunesse la priorité en faisant le serment)))

)))que plus aucun jeune de France ne doit rester sur le bord du chemin. Je suis consterné par la décision du gouvernement de placer la rentrée scolaire sous le signe de la sécurité. Nous ne pouvons pas offrir à nos enfants, comme entrée dans le système scolaire, des exercices de confinement face aux risques d'attentats. La rentrée scolaire doit être une fête. Il faut dégager des moyens considérables pour permettre à la jeunesse d'espérer et de construire ensemble un avenir meilleur. La priorité que nous voulons donner à la lutte contre le chômage, c'est ce mot d'ordre : « Zéro jeune au chômage. » Chaque jeune doit pouvoir entrer à la sortie de ses études, ou pendant ses études s'il décroche, dans un système national de sécurité d'emploi et de formation qui lui assure un revenu ou une allocation d'autonomie pour accéder à l'emploi ou à la formation qualifiante.

HD. Ces propositions sont-elles issues du questionnaire « Que demande le peuple ? », que le PCF a lancé au printemps ?

P. L. La grande consultation ci-toyenne que nous avons lancée confirme que la lutte contre les inégalités, la lutte contre la finance et la lutte pour le droit à l'emploi restent les véritables priorités des Français. Nous proposons d'ailleurs de mettre au coeur du prochain quinquennat, à l'opposé de la loi El

« Il faut construire une grande candidature de gauche : belle, forte, porteuse d'un projet offensif pour la justice, la paix et la fraternité. »

Khomri sur le travail, la construction d'une nouvelle sécurité sociale. Une sécurité d'emploi et de formation qui permettrait à chacun d'accéder à l'emploi et à la formation nécessaires pour évoluer tout long de la vie. Ce projet de civilisation, à l'égal de ce qu'a été la création de la Sécurité sociale à la Libération, est une avancée dont la société a besoin pour s'extirper de la société de chômage qui la mine en profondeur aujourd'hui.

HD. Une journée d'action est prévue le 15 septembre contre la loi El Khomri, n'est-ce pas vain de lutter contre une loi déjà votée ?

P. L. La loi votée est politiquement illégitime. Puisqu'elle a été imposée grâce au 49-3 alors qu'il n'existait pas de majorité ni dans le pays pour la soutenir, ni à l'Assemblée pour la voter. C'est dans ce contexte que les organisations syndicales ont décidé une journée d'action à la rentrée. Nous accueillerons l'ensemble de ces organisations à la Fête de l'Humanité (lire page 14 ­ NDLR). Je souhaite également que l'ensemble des parlementaires qui ont combattu cette loi travail puissent débattre

ensemble, à la Fête, des moyens d'amplifier ces nouvelles mobilisations. Il s'agit tout à la fois pour nous de combattre la loi, d'empêcher son application concrète en se mobilisant par exemple contre la publication des décrets d'application. Mais nous devons conjointement amplifier la bataille pour un autre projet de sécurisation de l'emploi. Nous avons mis en débat un projet de loi de sécurisation de l'emploi et de la formation et nous allons amplifier cette bataille pour en faire un axe essentiel des prochaines échéances politiques. Nous serons des prochaines mobilisations avec la volonté de construire, avec les forces sociales engagées, une réponse politique à la hauteur pour les échéances de 2017. Il est absolument nécessaire que dans les futurs hémicycles siègent beaucoup plus de parlementaires communistes et de gauche décidés à combattre ces projets. Ces candidatures aux élections législatives pour porter des lois de progrès social doivent être construites dès aujourd'hui avec tous les acteurs de ces mouvements sociaux.

HD. Dans le cadre institutionnel actuel, les législatives sont intimement liées à la présidentielle. Le PCF a lancé un appel au rassemblement, or les candidats portant une alternative à gauche se multiplient...

P. L. Je ne me résous pas à la disper-sion actuelle des forces de gauche alternatives. On ne peut pas accepter un scénario dans lequel droite et extrême droite imposent tous leurs thèmes et en face une candidature gouvernementale, François Hollande ou équivalent, qui ne leur opposerait que le fiasco du quinquennat actuel. La démission d'Emmanuel Macron est le signal que les libéraux veulent se donner toute liberté pour recomposer le paysage politique. C'est une preuve de plus du fiasco sur lequel débouche le quinquennat Hollande. Il a nourri au sein du gouvernement les ferments de sa propre défaite. La construction d'une grande candidature de gauche, émancipée de cet échec, est encore plus utile après cette annonce.

Cette candidature doit être belle, forte, porteuse d'un projet offensif pour la justice, la paix et la fraternité. Nous sommes dans une situation paradoxale : les candidatures issues de forces qui ont combattu la loi El Khomri et les dérives gouvernementales se multiplient mais je constate en même temps beaucoup de propositions communes, d'objectifs communs affirmés par ces candidatures. Bien entendu, il y a des différences, des débats mais il y a du commun sur l'essentiel : la priorité sur la jeunesse, l'éducation, la culture ; l'abrogation de la loi travail et la construction d'un autre projet de sécurisation de l'emploi ; le refus des politiques de division du peuple français et la défense d'une nouvelle République démocratisée pour avancer vers une VIe République ; une maîtrise nouvelle publique du secteur bancaire et une lutte déterminée contre l'évasion fiscale, au service du développement de l'emploi et des services publics. Je suis d'ailleurs certain que le livre d'Alain et Éric Bocquet contre l'évasion fiscale (« Sans domicile fisc », éditions le Cherche

Midi) va connaître un grand écho dans le pays. Il y a également du commun pour avancer vers un nouveau combat européen de la France pour sortir des logiques d'austérité et refonder un projet de progrès et de paix, ainsi que pour une transformation écologique de la société. Nous devons mettre en avant ce chemin commun possible et mobiliser les forces citoyennes, de gauche, politiques qui ont envie d'avancer vers cela. Je suis certain que des millions et des millions de femmes et hommes de gauche continuent d'attendre ce cheminlà. Les communistes devront prendre leurs responsabilités sur le soutien à une candidature au mois de novembre. Mais quel que soit le choix que nous ferons, une voix forte des communistes continuera de se faire entendre pour un projet de transformation sociale ambitieux et pour la convergence nécessaire de ces forces.

HD. Qu'est-ce qui vous fait encore croire que c'est possible ?

P. L. Ce qui m'anime, ce n'est pas la foi du charbonnier. Je pense que si nous voulons faire bouger la situation actuelle, il faut que les millions de gens qui aspirent à cette solution politique commune entrent dans le débat politique. Ils ne doivent pas regarder de loin le spectacle politique dans lequel ils se reconnaissent de moins en moins. Je les appelle à se rassembler, dans leurs communes, leurs entreprises, pour dire le projet qu'ils veulent et avec qui ils veulent le construire. Nous allons amplifier notre démarche de prise de parole citoyenne avec notre grande consultation, notamment à la Fête de l'Humanité, et nous rendrons publics ces résultats dans quelques semaines. Nous allons organiser au mois d'octobre une votation citoyenne pour que des dizaines de milliers de personnes supplémentaires puissent dire leurs exigences et leur volonté que les forces convergent. Ceux qui vont reprendre les chemins de la mobilisation sociale en cette rentrée ­ les jeunes, les salariés, les paysans ­ doivent exiger publiquement sous toutes les formes possibles cette convergence.

La situation politique n'a pas dit son dernier mot. Si les militants de gauche dans leur diversité qui vont s'engager derrière telle ou telle candidature le font avec la volonté de dire à chaque fois : « Ceci nous est commun », « nous voulons renforcer notre unité pour gagner » ; si cette logique de convergence l'emporte sur la logique de concurrence de nos forces, je crois que l'espoir de l'unité se lèvera et la raison l'emportera. Je veux être certain d'aller aux batailles politiques de 2017 en ayant tout fait pour rendre possible ce chemin qui est le seul qui peut nous conduire à la victoire et que je sais attendu par des millions de Français.

HD. Jean-Luc Mélenchon appelle à un rassemblement à la Bastille, le 18 mars 2017, en écho à la campagne présidentielle de 2012 du Front de gauche...

P. L. J'espère également que nousserons capables de mettre ensemble sur les grandes places de France l'ensemble des forces de gauche dont le rassemblement est nécessaire pour construire des victoires en 2017. L'arc des forces est d'ailleurs assez simple à définir : l'ensemble des forces qui ont lutté contre la loi travail, ont refusé la déchéance de nationalité et refusent aujourd'hui les dérives anti-musulmanes dans lesquelles la droite veut nous conduire. Il est constitué de ces forces qui se sentent solidaires des forces grecques, portugaises ou espagnoles qui cherchent, comme

nous, à sortir l'Europe de l'austérité. Je souhaite donc que ces forces se retrouvent au mois de mars prochain. D'ici là nous devons constr ui re c e chem i n. D'ailleurs, en 2012, ce qui était frappant, c'était que notre parole était entendue chez tous les citoyens de gauche et c'est ce qui portait notre élan. Il faut reconstruire cet élan. Je ne prononcerai aucune parole d'hostilité à l'égard d'aucune des candidatures déclarées dans l'espace que je souhaite faire converger et rassembler, mes adversaires ne sont pas là. J'entends dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, de Cécile Duflot, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, au-delà de nos différences, la possibilité de ce chemin commun que nous voulons ouvrir. Je continuerai ce travail en espérant avec tous qu'ils construisent des rendez-vous d'espoir au printemps prochain.

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14/08/2016

DISPARITION DE GEORGES SEGUY : LA REACTION DE PIERRE LAURENT

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Disparition de Georges Seguy « Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager »

Ces mots de Georges Seguy, prononcés en 2013 dans sa ville de Toulouse devant les congressistes de la CGT résume pour moi qui était Georges et que fut sa vie. Aujourd'hui, les communistes perdent un camarade, un homme remplie d’humanité, de dignité, un combattant du genre humain. Je perd un ami.

Jeune communiste avant guerre, il adhère au Parti communiste français en 1942 à l'annonce de la mort de Pierre Sémard et rejoins avec son cercle de la JC, la résistance active au sein des Francs-Tireurs et Partisans français. Il est arrêté deux ans plus tard par la Gestapo en imprimant le journal clandestin de la JC, « l'Avant Garde ». Il est déporté au camp de concentration de Mauthausen. Il est le plus jeune déporté résistant de France, selon les historiens. L'horreur n'a pas de mots et pourtant Georges va s'évertuer en toute occasion à transmettre aux jeunes générations ce qu'il a vécu et ce que furent ses combats.

A la libération du camp, et son retour en France, il entre à la S.N.C.F. Il y prend des responsabilités au syndicat cheminot de la CGT et est élu secrétaire général de la fédération en 1961. Parallèlement, il est élu au comité central du PCF en 1954 et devient membre du bureau politique à partir de 1956. Pour lui, ces deux engagements étaient une nécessité pour marcher sur ses deux jambes : défendre les droits des travailleurs et changer la société. Il veilla toujours à l'autonomie des deux structures.

En 1967, il succède à Benoît Frachon, comme secrétaire général de la C.G.T. Il est un des acteur connu et reconnu des grèves de mai 1968. Capable de faire de grands meetings devant les OS de Renault Billancourt que de négocier et signer les accords de Grenelle.

Depuis sa retraite en 1982, il poursuivait ses activités militantes. Au sein de la Cgt , il animait l'Institut d'Histoire Sociale. Au sein de son Parti, fidèle à ses idéaux de jeunesse, il donnait son avis, aidait par des conseils précieux. Il travaillait sans relâche à chercher des perspectives de rassemblement des forces de gauches.

Georges a toujours été un acteur des combats de son temps : pour le droit des salariés (y compris dernièrement contre la loi El Khomri)- pour la paix (en Algérie, au Vietnam- en Irak- en Palestine Etc…), pour le désarmement nucléaire, contre le racisme, le fascisme, l'apartheid, pour la dignité humaine, pour l'égalité femme-homme, contre le capitalisme, pour une société du commun, du partage des richesses et des savoirs.
Georges a toujours été bienveillant avec les femmes et les hommes qui luttent.

Il donnait son avis, ses conseils à chaque fois que nécessaire, mais toujours dans le respect, et l'attention à l'autre.
A Michel son fils, à sa famille et proches, aux membres de la CGT, je vous présente toutes mes condoléances et celles des communistes. Nous pleurons avec toi, avec vous, un ami, un camarade, un être cher.

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15/07/2016

DRAME DE NICE : PIERRE LAURENT LE COEUR BRISE !

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Notre pays tout entier vit des heures douloureuses après le massacre de 84 femmes, hommes et enfants perpétré à Nice par un homme au volant d'un semi-remorque lancé en trombe sur la Promenade des Anglais alors que tant de familles, de jeunes, d'enfants des quartiers populaires et de toute la ville, des touristes, étaient venus fêter ensemble la Fête de la Fraternité, notre fête nationale.

Notre nation endeuillée, profondément choquée, est saisie d'effroi et de chagrin. La solidarité des habitant-e-s de Nice et des environs, la réactivité des forces de l'ordre et des services de secours sont remarquables : aucun d'entre nous n'est prêt à céder à la peur ni à la haine.

Je veux m'incliner devant la mémoire des disparu-e-s, présenter à leurs familles et amis les condoléances du Parti communiste français, et les assurer de notre soutien, de celui de nos élus et de nos militants. Mes pensées se tournent vers les 18 blessés qui sont encore dans un état d'extrême gravité et les dizaines de blessés qui ont été atteints en souhaitant que leur vie soit sauvée, et leur dire que nous sommes tous à leurs côtés dans cette épreuve aussi tragique que profondément injuste. Comme tous nos concitoyens et tou-te-s celles et ceux qui ont choisi la France pour y vivre, j'ai le coeur brisé par cette abomination. Il n'y a aucune justification, et encore moins de fatalité, aux meurtres de masse quels qu'en soient les motivations et mobiles.

L'heure n'est pas aux polémiques politiciennes stériles mais à l'enquête et à l'aide aux victimes, à la solidarité et la fraternité.

Le Parti communiste français et ses militants seront vigilants et mobilisés pour qu'à Nice comme partout en France, la solidarité avec les victimes et leurs familles et le soutien dont les habitant-e-s de Nice et des Alpes Maritimes ont besoin soient sans faille.

C'est dans le rassemblement des femmes et hommes de paix de notre pays qu'ensemble nous ferons reculer les violences aveugles, les haines, la peur.

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09/04/2016

Pierre Laurent (PCF) : «Hollande est disqualifié pour porter les couleurs de la gauche»

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Le patron du PCF, Pierre Laurent, qui réclame le retrait total du projet de loi El Khomri, se réjouit de la mobilisation citoyenne et exclut une primaire de la gauche avec le chef de l'Etat.

Pour Pierre Laurent, « derrière la modernité apparente de la communication, Emmanuel Macron recycle la vieille lune du ni gauche ni droite qui, en général, finit toujours à droite Pour Pierre Laurent, « derrière la modernité apparente de la communication, Emmanuel Macron recycle la vieille lune du ni gauche ni droite qui, en général, finit toujours à droite ».l

Le secrétaire national du PCF, qui publie un livre sur le déséquilibre mondial des richesses, Ed le Cherche-Midi), se réjouit du « réveil citoyen » provoqué par la contestation de la loi Travail.

pierre laurent,pcf,front de gauche,hollande

Quel est l'enjeu de la manifestation d'aujourd'hui alors que le gouvernement a consenti des retouches à la loi El Khomri ?
PIERRE LAURENT. Les amendements adoptés ne font qu'égratigner à la marge un projet dont la philosophie générale est inacceptable. Cela reste de la cosmétique, des changements homéopathiques. Il faut retirer ce texte et que la discussion reparte sur d'autres propositions de sécurisation de l'emploi. Avant qu'il ne soit trop tard pour lui, le gouvernement ferait bien d'écouter ce qui se dit dans les rues.

Trop tard pour lui, cela veut dire quoi ?

Que ce gouvernement est isolé, dans une impasse totale, et risque d'entraîner une catastrophe politique menant la droite, voire l'extrême droite, au pouvoir en 2017.

nuitdebout.jpgVous vous félicitez du réveil citoyen des jeunes, de Nuit debout, mais cela ne profite pas aux partis politiques...
Ces mobilisations me réjouissent car c'est un réveil de la parole citoyenne qui a été ces dernières années tétanisée par les trahisons du gouvernement de François Hollande. Elles sont un espoir.

En termes d'espoir, en placez-vous dans une primaire à gauche ?
Hollande et Valls ont tout fait pour empêcher une primaire à gauche. Ils voudraient nous faire une opération de recyclage du président sortant, ce qui est une autre façon de la tuer. Ce n'est pas à l'Elysée de nous fixer ses conditions ! Une primaire citoyenne de la gauche n'a de sens qu'en redonnant la parole aux citoyens et en construisant une candidature alternative à celle de François Hollande qui est disqualifié pour porter les couleurs de la gauche.

Avec qui alors ?
Montebourg, Duflot, Mélenchon, moi-même... tous ceux qui voudront s'engager dans cette voie sont les bienvenus.

Et Martine Aubry ?
A elle de répondre. Elle a écrit une tribune très violente contre le gouvernement, mais elle ne s'est pas prononcée sur une candidature alternative à Hollande.

Où en êtes-vous avec Mélenchon à qui vous reprochez d'avoir annoncé sa candidature en solo ?
Dans la situation de rupture démocratique actuelle, il n'y a pas de solution si chacun part tout seul dans son couloir. La présidentielle a lieu dans plus d'un an. 2016 doit être consacré à faire converger les forces. Dans la rue, les gens ne veulent pas un chef mais des idées et un programme. Or on veut nous imposer d'abord les chefs et éventuellement les citoyens qui se rallient.

PierreLaurentlivre.jpgVous avez dédicacé spécialement votre livre à Emmanuel Macron. Vous êtes intéressé par son mouvement ?
Derrière la modernité apparente de la communication, il recycle la vieille lune du ni gauche ni droite qui, en général, finit toujours à droite. On connaît ses idées, les mêmes que dans la loi El Khomri : la déréglementation sociale, la flexibilisation à outrance. Le peuple recherche de nouvelles réponses politiques car le quinquennat Hollande a provoqué désarroi et division. Certains comme Macron profitent de ce désarroi pour ouvrir le chemin vers la droite.

Article publié par le Parisien Libéré

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19/03/2016

Le livre de Pierre Laurent, intitulé 99% sort en librairie le 7 avril.

PierreLaurentlivre.jpg

Le livre part de l'étude d'Oxfam international publiée début janvier sur les inégalités mondiales et notamment le chiffre "bombe": les 1% les plus riches de la planète détiennent plus de richesses que les 99% restants.

Il a deux ambitions essentielles: faire la pédagogie du système capitaliste qui permet aux 1% d'imposer leur loi et démontrer que les 99% (et notamment les Français) peuvent reprendre la main sur le cours de l'histoire.

Contrairement à tous les livres politiques du moment, il dit "nous" (et non "je") et porte sur le besoin d'unité et de réinvestissement populaire dans la politique. On y retrouve des éléments d'analyse, de projet, la question de l'engagement, de la France et du PCF.

Contrairement à ce qu'on a pu lire dans certains médias, les questions soulevées vont au-delà de 2017 !

Destiné au grand public, 99% est un atout pour la bataille idéologique. Il met en cause les idées reçues et on peut dire qu'il tombe bien dans cette période de mouvement social contre la loi El Khomri!

C'est l'outil idéal pour aller au contact des citoyens. Cela peut aussi être un outil de formation pour les nouveaux adhérents. C'est un livre à lire, mais aussi à offrir aux personnes qui, proches de nous, se questionnent peut-être sur la possibilité de s'engager au parti.

Son prix de vente en librairie est de 9,80 euros mais dès le 22 mars 8000 exemplaires au prix éditeur de 6 euros au CN.

Un bon de commande sera également mis en ligne sur le site du parti pour les commandes individuelles qui seront, elles, gérées par la Librairie Renaissance.

Une présentation aux militants aura lieu sous la coupole, à Colonel Fabien, le lundi 11 avril à 18h30.

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16:37 Publié dans ACTUALITES, Culture, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, pierre laurent, 99 % | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

12/03/2016

L'EUROPE DOIT CHANGER !

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Le Premier ministre grec et Pierre Laurent, président du Parti de la gauche européenne, ont choisi de faire front commun pour parler d’Europe. Sous le slogan "L’Europe doit changer!", les deux hommes ont tenu une conférence, aux côtés de l’eurodéputée allemande Ska Keller (écologiste), de son homologue portugaise Marias Matias (bloc de gauche) et de Cayo Lara, le coordinateur de la gauche unie espagnole. 

"L’Europe est fermée à la misère et ouverte à la rigueur", a dénoncé Alexis Tsipras, qui a parlé, comme Pierre Laurent, d’un "moment critique" pour une Union européenne "à la croisée des chemins". "L’heure n’est pas à ériger des murs, des frontières, mais à une politique ambitieuse de paix et d’accueil", a complété le communiste français, dénonçant une nouvelle fois les récents propos - "indignes d’un pays comme la France" - de Manuel Valls en Allemagne.

"Illégal, immoral et irresponsable"
Sur l’accueil des réfugiés, "la France peut faire plus et bien mieux", a déclaré Ska Keller, qui espère que Paris "reverra sa position". Tous ont aussi plaidé pour que la Grèce ne soit pas laissée seule dans la gestion de la crise migratoire. "Les migrants ont moins de droits qu’une boîte à chaussures, que de la marchandise", a dénoncé Cayo Lara. Pour lui, refuser d’accueillir les réfugiés est "illégal, immoral et irresponsable". 

Outre la question des réfugiés, celle des politiques économiques a également été abordée. "A chaque fois qu’on a mis plus de flexibilité dans le marché du travail, nous avons vu un échec patent de cette politique", a dénoncé Alexis Tsipras. "En aucun cas, la flexibilité ne renforce la compétitivité de nos économies", a fait valoir le leader de Syriza. Et à ceux qui choisissent les thèses néolibérales, comme François Hollande, il lance une mise en garde : "Cette logique a été imposée en Grèce (...) et cela a ramené au Moyen-Age les relations du travail", a ajouté M. Tsipras. "Tous ceux qui veulent imposer ce genre de réforme doivent réfléchir et peut être étudier le cas grec", a-t-il ajouté.

"A chaque fois qu'on a instauré ce genre de politique de flexibilité, les résultats ont été catastrophiques", a commenté le chef du gouvernement d'Athènes.

"En aucun cas, cela ne renforce la compétitivité de nos économies (...) sinon le Bangladesh aurait la meilleure économie du monde", a-t-il ironisé.

"Notre mission est de créer une Union sociale, pas un simple marché", a estimé Ska Keller. "Ces politiques ont nourri un monstre, celui de l’extrême droite, du facisme, qui grandit près de nous", a complété Alexis Tsipras.

"Nous continuerons à lutter à l’intérieur de l’Europe"
Les leaders européens de la gauche radicale et écologiste ont tenu à faire passer un message : une autre Europe est possible. "Nous continuons de croire à la nécessité absolue d’une Europe différente et solidaire. Nous y travaillons", a assuré Pierre Laurent. "Même si aujourd’hui, nous sommes désespérés devant la politique menée,  nous continuerons à lutter à l’intérieur de l’Europe, pas en la quittant", a lancé Alexis Tsipras, qui veut "sonner l’alarme". 

"Changer d’Europe n’a rien d’impossible, mais il nous faut trouver des majorités politiques", a résumé Ska Keller. "Un pays seul ne peut pas changer le cours" des choses, a également plaidé Cayo Lara, qui a apporté son soutien, comme tous les intervenants, à ceux qui, en France, s’opposent en ce moment à la loi Travail. "Il faut se battre pour préserver nos acquis."

D'après article de Anne-Charlotte Dusseaulx - leJDD.fr

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