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24/10/2017

LOI DE FINANCES 2018 : EXPLICATION DE VOTE

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Dufrègne Jean-Paul, député de l'Allier pour le Groupe communiste

Madame la présidente, monsieur le ministre de l’action et des comptes publics, monsieur le président de la commission des finances, madame la rapporteure pour avis de la commission du développement durable, chers collègues, ce projet de loi de finances traduit les orientations que le Gouvernement entend donner à sa politique.

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, nous savons que ce budget ferait la part belle à celles et ceux que la société a épargnés : il n’y a rien là qui doive nous étonner. D’ailleurs l’idée qu’Emmanuel Macron est plutôt le président des riches s’est doucement mais sûrement installée dans les esprits, sans que nous l’ayons répété plus que les autres. De fait, en y regardant d’un peu plus près, ce n’est pas faux ! Les principales diminutions des prélèvements fiscaux prévues dans ce projet de loi de finances bénéficient aux plus fortunés ; dans le même temps, vous faites les poches de celles et ceux qui, par exemple, touchent l’APL.

Nous ne partageons pas vos orientations. Nous pensons même qu’elles aggraveront les conditions de vie d’une très grande majorité de nos concitoyens, qu’elles accroîtront les inégalités dans notre pays et élargiront encore le fossé qui ne cesse de se creuser entre les riches et les pauvres. En 2016, les 10 % des Français les plus riches détiennent plus de 56 % des richesses, alors que les 50 % les plus pauvres se partagent moins de 5 % du gâteau.Au-delà des chiffres sur lesquels je reviendrai tout à l’heure, il me paraît intéressant de mesurer l’impact de ces politiques.

Quelles conséquences pour notre société ? Quelles conséquences pour celles et ceux qui sont confrontés à la pauvreté ?

Samedi matin, en prenant mon petit déjeuner, j’écoutais sur France Info la psychanalyste Claude Halmos parler d’un problème important : celui des enfants qui vivent dans la grande pauvreté. C’était à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. J’ai eu envie de partager cette réflexion avec vous pour que nos débats ne se limitent pas à des batailles de chiffres mais que la dimension humaine y trouve toute sa place.

Question du journaliste à propos des enfants : « Cette vie dans la pauvreté a-t-elle pour eux des conséquences psychologiques ? » Réponse de la psychanalyste : «Elle a des conséquences très importantes. Parce que la misère ne rend pas seulement la vie des enfants plus difficile. Elle a une influence déterminante sur leur construction.»

Et l’échange se poursuit ainsi entre le journaliste et la psychanalyste :
- «De quelle façon ? - La pauvreté fait vivre tous ceux qui la subissent dans un monde d’angoisse, d’angoisse permanente du lendemain. Et dans la honte. Parce que, dans notre société, les personnes pauvres ont toujours honte de l’être. Les enfants sentent ces angoisses et ces hontes de leurs parents, et ils les font leurs. Et ils font leurs aussi leurs culpabilités : les parents se sentent coupables de ne pas pouvoir offrir une meilleure vie à leurs enfants et les enfants se culpabilisent d’être une source d’angoisse pour leurs parents.

- La pauvreté agit aussi sur leur construction ?

- Oui. La pauvreté fausse d’abord le rapport des enfants au désir, au plaisir et à la frustration. Tous les enfants, en effet, ont besoin d’apprendre qu’ils ont le droit d’avoir envie de tout mais qu’ils ne pourront jamais tout avoir. C’est toujours difficile pour eux à accepter, mais c’est supportable quand ils peuvent quand même avoir un peu. Mais s’ils ne peuvent rien avoir, c’est insupportable et destructeur : d’abord parce qu’aucun être humain ne peut vivre sans désirs et sans plaisirs ; et surtout parce que, dans ce cas, au lieu de faire l’apprentissage – structurant – de la frustration, les enfants sont contraints d’apprendre à se soumettre à la privation, à une privation qu’ils savent injuste, puisque d’autres enfants – ils le voient bien – peuvent avoir ce qu’ils n’ont pas.

- La pauvreté a encore d’autres conséquences ?
- Oui. Elle a des conséquences sur l’image que l’enfant a de lui-même. Parce qu’un enfant construit toujours son image en s’appuyant sur celle de ses parents. Or les parents qui vivent dans la pauvreté se sentent le plus souvent dévalorisés, exclus, rejetés et humiliés. Et leurs enfants s’identifient à cette image. Et puis la pauvreté a aussi des conséquences sur la vision que l’enfant a du monde. Parce que les souffrances qu’il endure avec ses parents lui donnent souvent l’impression que la société, l’État, sont des instances toutes-puissantes et injustes qui donnent aux uns et privent arbitrairement les autres. Cela provoque chez lui une révolte et une colère, qui peuvent le mener à la violence.
- Que pourrait-on faire pour aider ces enfants ?
- En premier lieu, entendre leur souffrance psychologique et sa gravité. Cela permettrait peut-être de comprendre, par exemple, que quand on prive un adulte de son travail et de ses revenus, on ne porte pas seulement atteinte à sa vie réelle. On porte atteinte aussi, et de façon très grave, non seulement à son psychisme mais aussi à celui de ses enfants et à leur avenir.»

Après l’écoute de cet entretien, et je suis persuadé qu’il a touché beaucoup d’entre vous comme moi, tellement il est fort, on n’a plus qu’une idée en tête : comment réparer ces situations injustes qui ont des incidences bien au-delà de ceux et celles qu’elles frappent ? Je ne peux pas imaginer que le budget que nous voterons dans quelques semaines ne prenne pas mieux en compte ces situations. Je rappelle que vingt et un milliardaires français possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population, et qu’en vingt ans, la fortune totale des dix plus grandes fortunes françaises a été multipliée par douze pendant que le nombre de pauvres augmentait de 1,2 million de personnes.

Il y a donc urgence à trouver des solutions qui marchent. Car je suis d’accord avec vous, monsieur le ministre : depuis trente ans, ça ne fonctionne pas ! Vous répondez par plus d’austérité, vous nous dites qu’il faut moins d’impôts pour ceux qui en payent beaucoup et qu’ils investiront alors dans l’économie, qui créera des emplois, et encore plus si on diminue les cotisations des entreprises en transformant le CICE en baisse de cotisations pérenne, si on diminue l’impôt sur les sociétés, si l’on taxe moins les dividendes avec la flat tax, véritable bouclier fiscal. Vous confiez les clés de la maison France aux gros actionnaires et aux grandes fortunes en leur demandant d’investir en contrepartie de cadeaux colossaux. Mais êtes-vous certain, monsieur le ministre, que c’est en enrichissant un peu plus les plus riches que vous améliorerez la situation des plus précaires ou des plus fragiles ? Bien que vous réfutiez le terme, la théorie du ruissellement risque de ne produire que quelques gouttelettes qui s’évaporeront rapidement.

Je veux dire un mot du grand patronat, et je précise toujours ce terme car j’ai le plus grand respect pour tous les vrais chefs d’entreprise qui ont poussé jusqu’au bout leur soif d’entreprendre et ont l’amour du territoire autant que le respect des salariés : ce sont eux qui investissent et créent des emplois, pas ceux qui ne voient de l’entreprise que le haut de bilan et le taux de rentabilité qui s’y rattache, à deux chiffres de préférence. Eh bien, le grand patronat, par la voix de son président, n’avait-il pas promis au précédent président de la République la création d’un million d’emplois en contrepartie du CICE ? Qu’en a-t-il été ? Les experts s’accordent sur le chiffre de 100 000 créations, bien loin des promesses qui, comme d’habitude, n’ont engagé que ceux qui les ont crues ! Dès lors, nous ne souhaitons pas de chèque en blanc !

Puis, beaucoup plus simplement, est-il raisonnable, au moment où la solidarité doit s’exprimer pour faire redémarrer notre économie, d’exonérer quelques dizaines de milliers de contribuables de sommes faramineuses ? Non bien sûr ! Je veux parler des 3,2 milliards d’euros récupérés ou abandonnés – cela dépend du côté où on se trouve – en transformant l’ISF en IFI, impôt sur la fortune immobilière. Voyant cette affaire pas très populaire et alimentant largement le sentiment d’un président des riches, vous essayez, pour faire diversion, de déminer le terrain en proposant de taxer des éléments de richesse tels que les bateaux de luxe ou bien encore les voitures de collection.

Les 50 millions d’euros espérés peineront à masquer les 3 200 millions gagnés par quelques-uns !
Habitant l’Allier, département au patrimoine très riche, j’aurais examiné avec intérêt la possibilité d’exonérer tout ou partie des monuments historiques classés ou inscrits pour mieux sauvegarder ce patrimoine historique exceptionnel qui peut, dans des départements ruraux comme le mien, nourrir une économie du patrimoine créatrice d’activité et contribuant à la sauvegarde de savoir-faire parfois très anciens.
Je souhaite qu’une réflexion s’engage sur cette question. Au-delà de particularités comme celles que je viens d’évoquer et qui démontrent que nous ne sommes pas emmurés dans des idéologies à jamais figées comme je l’entends parfois, nous pensons, au groupe GDR, qu’il n’y a aucune urgence à supprimer l’ISF et que ceux qui le paient ne vont pas se retrouver brutalement sur la paille.

Monsieur le ministre, vous avez raison : il faut investir pour relancer l’économie !
Depuis que j’ai rejoint l’Assemblée, j’entends beaucoup parler de ruralité. C’est un sujet que je connais bien pour avoir, lors de ma présidence du conseil général de l’Allier, de 2008 à 2015, conduit une mission avec l’Assemblée des départements de France sur le concept de nouvelles ruralités, c’est-à-dire les nouvelles fonctions, notamment économiques, pour ces territoires dans la France des métropoles, surtout pas sous un angle d’opposition mais, au contraire, sous un angle de complémentarité à un moment où de nombreux Français s’interrogent sur leur projet de vie.

Je sais que de nombreux députés de sensibilités différentes s’interrogent sur cette question sociétale et j’espère que nous saurons unir nos efforts pour aller au-delà de cette réflexion. Il y a un sujet sur lequel nous nous rejoignons tous, je l’ai constaté à maintes reprises dans cette assemblée : c’est celui du très haut débit. Les territoires ruraux ne font pas l’aumône. Ils demandent simplement à être traités de manière égale.
Là où la population est dense, comme dans les métropoles, les opérateurs investissent car le retour sur investissement est assuré et rapide ; là où la population est moins dense, il faut que s’exerce la solidarité nationale pour que ces territoires ne subissent pas des handicaps qui les feront décrocher, et leurs habitants avec.

Il est temps que ce dossier soit considéré comme grande cause nationale ! Le très haut débit, c’est l’économie de demain, donc l’emploi de demain ; le très haut débit, c’est l’assurance de trouver des réponses à des problèmes difficiles à régler aujourd’hui – je pense à la télémédecine par exemple ; le très haut débit, c’est une attractivité renforcée pour des territoires offrant par ailleurs une qualité de vie recherchée par de nombreuses familles. Eh bien, plutôt que de faire un cadeau à quelques dizaines de milliers de contribuables, faisons ce cadeau à des millions de Français qui attendent seulement d’être mieux pris en considération ! Investissons ces 3,2 milliards d’euros dans un vaste plan de déploiement de la fibre et d’autres techniques là où ce n’est pas possible. Plutôt qu’une politique du petit ruissellement pour ces territoires, menons une politique de submersion et vous verrez qu’ils participeront, de manière efficace, au redressement de la France.

Monsieur le ministre, d’autres choix sont possibles, il est encore temps. Je ne fais pas dans la démagogie. Nos propositions peuvent s’entendre, je pense à celle consistant à réserver les exonérations de cotisations ou les baisses d’impôts aux entreprises qui investissent, qui recrutent et, au contraire, d’alourdir les charges des autres, de celles par exemple qui délocalisent alors qu’elles sont largement bénéficiaires, créant de véritables traumatismes humains et territoriaux.

Renforçons la progressivité de l’impôt sur le revenu en créant de nouvelles tranches et en augmentant le taux de la dernière. L’impôt sur le revenu doit être repensé pour prendre en compte tous les revenus : les revenus du capital n’ont pas à être imposés à part pour gommer sa progressivité. On pourrait d’ailleurs imaginer que l’impôt sur le revenu rapporte davantage et ainsi réduire, voire supprimer, la TVA sur des produits de première nécessité, ou bien infléchir certaines politiques, notamment celles liées à l’environnement. Plutôt que de le diaboliser, donnons du sens à l’impôt, autant à travers ses modalités de calcul, qui devraient être mieux adaptées aux enjeux de ce siècle, qu’à travers son utilisation, qui doit être davantage perçue comme répondant aux besoins collectifs. Or, ce projet de loi de finances n’aborde pas ces questions.

Comme c’est dommage ! On ne peut pas en rester à l’injonction de diminuer les dépenses publiques et de confier son destin à quelques-uns. Un débat sur le projet de société souhaité doit précéder le vote des moyens nécessaires à l’élaboration de ce projet. Je regrette que ce temps-là n’ait pas été pris en compte. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur de nombreux bancs des groupes NG et FI.)

06/10/2017

Prix Nobel de la paix 2017 à ICAN

nobel_prix.jpgL'attribution du prix Nobel de la paix à Ican – Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires – est une récompense considérable pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour un monde de paix où la solidarité entre les peuples et les nations est centrale.

Je me réjouis fortement du choix du jury car cela encourage par là même toutes les organisations partenaires de cette campagne, parmi lesquelles le PCF, pour leur engagement pour une sécurité humaine mondiale.

Face à la montée des tensions ces derniers mois en Asie et aux propos belliqueux du président des États-Unis qui ont fait renaître le risque d’un conflit nucléaire, la remise du prix Nobel de la paix à Ican traduit l'aspiration des peuples à un monde de paix, de solidarité, de liberté, un monde délivré de ces armes de destruction massive.

A présent, il est grand temps que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, ratifie le Traité international d’interdiction des armes nucléaires qui a été adopté le 7 juillet dernier à l’initiative de l’ONU par 122 pays. La France doit également s'engager avec les 115 pays déclarés « zones exemptes d’armes nucléaires » dans un processus mondial de destruction des armes nucléaires.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

30/09/2017

Pierre Laurent face au Chrétiens

Pierre Laurent face aux chrétiens.jpg

Émission créée en 1997 par le quotidien La Croix en partenariat avec le réseau Radios Chrétiennes de France (RCF) et Radio Notre Dame, Face aux chrétiens est le forum politique des médias chrétiens. Chaque semaine une personnalité de la vie politique, économique, sociale, intellectuelle ou religieuse est interrogée pendant une heure par les journalistes représentants les rédactions partenaires, offrant une véritable mise en perspective de l’actualité.

Exceptionnellement cette émission sera diffusée en différé sur Chansons Rouges Mosaik Radio le dimanche 01 octobre dans le Top Magazine de midi, 18h, 23 h, le 02 octobre à 8h, dans le Magazine Reportage-Débat le mardi 03 octobre à 10h, mercredi 04 octobre à 20h }}}.

Attentif aux réactions syndicales contre les ordonnances, notamment du côté des fonctionnaires, Pierre Laurent estime que « ça va aller grandissant » . Face à cette vague, il estime que le PCF « doit entreprendre des changements importants et refonder sa capacité à accompagner les initiatives visant à transformer la société. » Quitte, éventuellement, pour le PCF, à changer de nom…
« Les migrations vont faire partie du monde du XXIème siècle » estime Pierre Laurent. Il appelle de ses voeux une « politique positive à l’échelle européenne », sachant qu’à ses yeux « ce sont les inégalités mondiales qui nourrissent les migrations. »
Attentifs aux militants et électeurs communistes qui l’ont quitté pour le FN, Pierre Laurent estime que « l’avenir est à la reconstruction d’une société de développement social partagé pour tous, et pas les uns contre les autres ». Pour lui, l’adversaire à combattre n’est pas le migrant, mais « l’accumulation des richesses de plus en plus inégalitaire ».

Migrants : « Accord avec le pape François »

« Les migrations vont faire partie du monde du XXI ème siècle » estime P. Laurent. Il appelle de ses voeux une « politique positive à l’échelle européenne », sachant qu’à ses yeux « ce sont les inégalités mondiales qui nourrissent les migrations. »

Populismes : « Ce n’est pas un phénomène allemand »

Attentifs aux militants et électeurs communistes qui l’ont quitté pour le FN, P. Laurent estime que « l’avenir est à la reconstruction d’une société de développement social partagé pour tous, et pas les uns contre les autres. » Pour lui, l’adversaire à combattre n’est pas le migrant, mais « l’accumulation des richesses de plus en plus inégalitaire ».

24/09/2017

SENAT : LE GROUPE COMMUNISTE MAINTENU

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sénat,pcf,groupe communiste,eliane assasiLa liste des sénateurs communistes élus ou réélus : Eliane Assasi, Fabien Gay Seine St Denis ; Pierre Laurent, Paris ; Cécile Cukierman, Loire ; Dominique Watrin, Pas de Calais ; Eric Bocquet, Michelle Gréaume, Nord ; Laurence Cohen, Pascal Solvedelli, Val de Marne ; Pierre Ouzoulias Haut de Seine et 2 sénateurs communistes qui n'étaient pas renouvelables : Thierry Foucaud, Seine Maritime et Christine Prunaud Côte d'Armor.

Dans l'Essonne la Droite rafle pour la première fois dans l'histoire du département la totalité des 5 sièges (2 UDI, 2 Républicains, 1 Macroniste). En voix l'UDI obtient 728, les Républicains 494, Macroniste 272, liste rassemblement de gauche menée par le communiste Bernard Vera 213, liste PS 185, Ecologistes 50

Éliane Assassi : « Soit on renforce Macron, soit on vote pour le seul groupe d’opposition » Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre, L'Humanité

La moitié des 348 sièges du Sénat a été renouvelée dimanche. Éliane Assassi, présidente du groupe CRC, estime que les communistes ont été les seuls à s’opposer à Emmanuel Macron et les seuls à défendre les collectivités locales.

Que retenez-vous de la campagne des sénatoriales sur le point de s’achever ?

Éliane AssassiPrésidente du groupe communiste au SénatÉliane Assassi Elle a été rythmée par les coups du gouvernement. Le sort réservé aux collectivités locales inquiète les élus. Emmanuel Macron veut retirer 13 milliards d’euros à des territoires déjà asphyxiées par Hollande. À cela s’ajoutent la coupe par décret de 300 millions d’euros pour 2017, l’attaque sur la taxe d’habitation qui menace l’autonomie fiscale et donc la libre administration des communes, et enfin le jeu de massacre mené contre les contrats aidés. Il y a une vraie colère sur le terrain, une grande préoccupation car tout ce qui touche aux collectivités touche au service public et à la mission même des élus locaux. Mercredi, lors d’une réunion à Saint-Denis, le projet de loi logement de Macron était au centre des débats, car il constitue une violente attaque contre la définition même du logement social, contre les villes populaires, les classes moyennes et les familles modestes.

La réforme du Parlement inquiète-t-elle les élus locaux ?

Éliane Assassi Le sujet qui revient systématiquement, et c’est nouveau, est de ne pas élire des sénateurs qui permettront à Macron d’obtenir les 3/5es des voix lors d’un congrès. Les grands électeurs se rendent compte que le président pourrait alors modifier la Constitution et réduire le nombre de parlementaires et d’élus locaux. Il s’attaque à tous les échelons de la démocratie, de la commune jusqu’au pouvoir législatif. Il veut faire voter la loi en commission, à huis clos entre technocrates. Le Sénat a déjà essayé de le faire. J’ai à chaque fois mis mon droit de veto en tant que présidente de groupe. Il faut à l’évidence réformer nos institutions qui souffrent d’un déficit démocratique, changer le scrutin du Sénat et ouvrir cette chambre aux syndicats et au monde associatif pour être en symbiose avec la société. Mais le but doit être de renforcer le Parlement et les collectivités locales, au lieu de les attaquer.

Comment est perçue l’action des élus PCF ?

Éliane Assassi Tout le monde fait campagne contre l’asphyxie des communes. Mais la très grande majorité de ceux qui poussent des cris d’orfraie chez LR et au PS ont voté toutes les lois d’austérité précédentes, ainsi que les lois de réforme territoriale qui ont éloigné les citoyens des centres de décision. Les seuls qui ont résisté sont les élus communistes. Notre constance dans le combat pour la démocratie locale, les collectivités et les services publics est reconnue sur le terrain. Nous sommes aujourd’hui le seul groupe d’opposition à Macron au Sénat et il en sera de même, demain, en cas de renouvellement du groupe. Je préviens que, sans le PCF, les débats risquent d’être monocordes. Le président du groupe LREM, François Patriat lui-même, a annoncé qu’il pourra compter sur les voix d’En marche ! et du Modem, mais aussi sur celles des constructifs et d’une partie du PS, voire de certains LR. Seul le PCF s’opposera aux mauvais coups qui vont pleuvoir.

Que permet la création d’un groupe ?

Éliane Assassi D’être audible et d’exister. Cela assure une intervention dans l’Hémicycle : explications de vote, motions de rejet et propositions de lois. Nous avons, par exemple, défendu le droit de vote des étrangers aux élections locales, la lutte contre le contrôle au faciès, la renationalisation des autoroutes, la suppression du verrou de Bercy, le retour d’une police de proximité… Nous sommes en tête des sénateurs les plus actifs, selon le site Nossénateurs.fr. Avoir un groupe permet aussi de créer des missions d’information et des commissions d’enquête. Nous l’avons fait sur la fraude fiscale, qui coûte 80 milliards d’euros par an à l’État, et sur l’arnaque du Cice et du CIR. Nos révélations montrent que les richesses ne sont pas utilisées pour répondre à l’intérêt général, mais qu’elles sont accaparées par quelques-uns avec la complicité des derniers gouvernements.

La recomposition politique en cours peut-elle bousculer le Sénat ? 

Éliane Assassi Le vote n’est pas fléché. La situation politique est cette année très différente. Les années Sarkozy et Hollande ont amené à une décomposition de la droite et à une implosion du PS. Au milieu de tout cela, Macron, qui méprise et insulte les Français, s’est aussi mis les maires à dos. Cette élection ne va pas se gagner avec la calculette. Nous menons une grande campagne de proximité et nombre de grands électeurs nous disent ne plus s’y retrouver avec le PS. Ils disent avoir besoin d’une vraie gauche de combat, que nous incarnons. Des maires de droite ont le sentiment d’avoir été abandonnés par les gouvernements successifs et sont sensibles à notre constance pour la survie et le développement des communes et des services publics. Nous allons chercher chaque voix avec les dents. À la fin, le choix est simple : soit on renforce le pouvoir du président de la République, soit on soutient l’action du seul groupe d’opposition à Macron au Sénat.

06/09/2017

La fête des débats et des combats

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Dans quelques jours, les 15, 16 et 17 septembre, nous avons un immense rendez-vous, politique, social et culturel : la Fête de l’Humanité. Un événement aux enjeux considérables pour mettre en lumière les mystifications du macronisme, nouvelle version d’une droite antisociale. La puissance de la Fête sera la vôtre. Faites-en votre affaire !

Vous y êtes souhaités, espérés, désirés avec vos convictions et opinions, doutes et questions. Ici, chacun débat et échange au cœur d’une foule fraternelle, portant la volonté commune de construire un monde de liberté, de justice et de paix.

Au cœur de la mobilisation contre les ordonnances empoisonnées du mauvais docteur Macron visant à éradiquer les droits sociaux, la Fête de l’Humanité se fera puissante caisse de résonance des refus des contre-réformes, et forum pour une nouvelle sécurité sociale du travail et de la formation.

La Fête de la jonction de la jeunesse avec le monde du travail

Lieu d’élaboration collective et de partage d’expériences, la Fête sera l’immense agora qui offre à l’intelligence de chacun débats et échanges avec des intellectuels, philosophes, artistes ou écrivains, avec des syndicalistes, militants associatifs, élus locaux et nationaux, pour changer cette société minée par l’insécurité de vie et les divisions. Où trouver pareille richesse humaine, où trouver lieu plus stimulant pour donner de la force à nos combats ?

Lieu unique de découverte et de mise en partage des émotions musicales et artistiques, elle permettra d’entendre les jeunes pousses du rap français S-Crew ou les artisans consacrés de son âge d’or, la légende du rock Iggy Pop, l’icône de la chanson française Renaud, le groupe de metal Gojira, ou de passer une soirée à vibrer aux sons du DJ Feder ; d’assister à une séance de cinéma, de pousser des éclats de rire avec Pierre-Emmanuel Barré, de déguster des plats de la France entière ou de laisser le regard et l’esprit vagabonder dans les travées d’un grand Village du livre, les expositions ou les espaces dédiés aux expériences innovantes de l’économie sociale et solidaire et du numérique.

C’est la Fête de la jonction de la jeunesse avec le monde du travail et de la création contre un système qui domine, spolie, exploite, méprise.

Employés, chauffeurs-livreurs de Deliveroo, victimes de l’ubérisation, ouvriers de l’industrie menacés par les objectifs de rentabilité, artisans et commerçants asphyxiés par le système bancaire, paysans et citoyens malades du business agro-industriel, cette Fête vous est offerte pour partager les expériences, nouer des contacts, organiser des combats unitaires et réclamer que l’argent aille à la vie, pas à la spéculation.

Retraités touchés de plein fouet par la hausse injuste de la CSG, contraints de survivre avec le minimum vieillesse, vous trouverez ici fraternité et solidarité dans le combat pour que les actifs financiers soient mis à contribution.

Étudiants touchés par la baisse des APL, écœurés par la mise au pain sec des universités, empêchés d’étudier dans des filières surchargées ou obligés de conjuguer études et boulots précaires, cette Fête vous offrira les arguments et l’énergie pour faire entendre vos revendications, notamment pour combattre l’évasion fiscale.

Agents publics maltraités et dénigrés, aux salaires gelés depuis des années, vous trouverez ici les relais efficaces de vos combats pour faire vivre la République.

Agents hospitaliers qui œuvrez dans des conditions exécrables et malgré les sacrifices consentis au bien-être de tous, vous êtes ici chez vous.

Femmes en lutte pour la défense de vos droits, pour l’égalité salariale, venez en nombre manifester vos exigences.

Militants de la paix et du désarmement, citoyens engagés pour la défense de notre environnement, mobilisés pour la défense des migrants qui fuient guerre et misère, investissez la Fête et son Village du monde riche de ses combats universels pour la défense des droits des peuples.

Venez-y avec vos utopies, vos combats, vos rêves et vos colères. De cette ébullition peut naître un formidable sursaut pour que vivent la justice, la liberté et la paix.

Directeur de l'Humanité

27/08/2017

Réunis à Angers, les militants du Parti communiste français préparent la rentrée sociale, appellent à l’union

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Le PCF déplore le « manque de respect » de la France insoumise

LE MONDE | | Par Yves Tréca-Durand (Angers, correspondant)

Réunis à Angers (Maine-et-Loire) jusqu’à dimanche pour leur université d’été, les militants du Parti communiste français préparent la rentrée sociale, appellent à l’union et… pourfendent Jean-Luc Mélenchon.

Benoît Hamon a fait faux bon vendredi. David Cormand aussi. Mais ils ont envoyé des représentants du Mouvement du 1er juillet et d’Europe Ecologie-Les Verts. La France insoumise n’a pas pris cette peine. Aucun cadre n’était disponible pour venir faire acte de présence à l’université d’été des cousins du PCF.

« Il y a un manque de respect, c’est clair », relève calmement Pierre Laurent, le secrétaire national du parti, qui préfère ne pas insister sur cette absence. « Cela ne m’intéresse pas beaucoup d’entrer dans cette polémique. La France insoumise estime peut-être pouvoir incarner à elle seule l’ensemble des différentes oppositions, c’est une erreur. Nous, on va continuer de tendre la main à toutes les forces de gauche. » Un mantra qu’il a répété pendant près d’une heure samedi matin devant un amphithéâtre bondé.

Le patron de la fédération PCF du Maine-et-Loire est plus disert. « C’est terrifiant, lâche Alain Pagano. Que Jean-Luc Mélenchon ait une stratégie pour asseoir son hégémonie à gauche, je peux le comprendre. Mais il faudrait qu’il relise Mitterrand, son idole. Lui travaillait à rassembler la gauche. Ceux qui veulent faire cavalier seul contribuent au naufrage collectif. »

« Cette absence, c’est un manque d’intelligence »

Sur le campus universitaire de Belle-Beille, où ils sont rassemblés depuis vendredi, les 1 100 militants sont tous d’accord sur ce point. « Pour l’instant, son truc est neuf, c’est attirant, cingle Adrien, un Nantais de 25 ans coordinateur du Mouvement des jeunes communistes de France. Par contre, tout est construit autour de sa personne et de sa garde rapprochée, je ne suis pas sûr que ce soit sain pour construire une stratégie pérenne. On ne peut pas seulement faire les clowns à l’Assemblée pendant cinq ans en attendant que le fruit soit mûr. Il y a des choses à faire dès maintenant pour que les conditions de vie des gens s’améliorent. »

« Cette absence, c’est un manque d’intelligence », tacle encore Jacky Hénin, l’ancien député européen et maire de Calais venu parler de la délicate question des migrants. « S’il a été candidat à la présidentielle en 2017, c’est aussi parce qu’il a été soutenu par les communistes. On ne peut pas donner des leçons à tout le monde en refusant le rassemblement. Si on reste chacun de notre côté, on sera inutiles. »

Lire aussi :   A Marseille, La France insoumise se veut « la seule alternative » à Emmanuel Macron

Moins frontal, et visiblement lassé de cette opposition interne à la gauche, Pierre Laurent veut avancer. D’ailleurs, en cinquante minutes d’allocution, le nom de Jean-Luc Mélenchon ne sera prononcé qu’une seule fois, presque à la fin.

Le secrétaire national préfère se concentrer sur « la rentrée de combat et de riposte » qui se prépare contre le « président Macron » et ce pouvoir « qui se disait ni de droite ni de gauche mais qui ne frappe que d’une seule main, la droite ». Et d’ajouter, sourire aux lèvres, « 26 000 euros de frais de maquillage n’auront pas suffi à masquer le vrai visage du nouveau pouvoir. »

Il cite la baisse de 5 euros des APL, la suppression de 293 000 contrats aidés, la hausse de la CSG ou encore la mise en place des ordonnances et dénonce « un pouvoir libéral à forte tendance autoritaire au service des mêmes intérêts financiers ».

Le premier rendez-vous est fixé à la manifestation du 12 septembre. « Il faudra une mobilisation XXL. Le PCF est disponible pour construire une riposte nationale avec la ferme volonté d’imposer des reculs à ce gouvernement et de promouvoir le plus vite possible des propositions alternatives efficaces et crédibles chaque fois que ce sera possible », dit-il.

« Voici pourquoi je ne crois pas, personnellement, à la nécessité d’une parenthèse populiste, fut-elle baptisée de gauche. Non, le Parti communiste et notre projet de transformation sociale concrète ne sont pas solubles dans un populisme de gauche », ajoute Pierre Laurent, très applaudi, avant d’assurer qu’il ne dit « pas ça pour créer je ne sais quelle polémique » mais pour « souligner l’atout que représente le Parti communiste et l’originalité de sa démarche ».

L’enjeu des sénatoriales

Un PCF qui veut continuer à exister après une élection présidentielle où il a renoncé à présenter un candidat pour noyer son score dans celui de Jean-Luc Mélenchon le 23 avril (19,58 %) et des élections législatives au bilan très mitigé (2, 72 % des voix au premier tour, le 11 juin, pour 10 sièges de députés obtenus le 18 juin contre 17 pour la France insoumise). Au Sénat, où 16 sièges sur 18 occupés par des communistes sont renouvelables, l’élection du 24 septembre pose là aussi la question du maintien d’un groupe (10 élus minimum). « Les rapports de force se sont dégradés, mais on pense qu’on a la possibilité de maintenir un groupe », espère le secrétaire national et sénateur de Paris, directement concerné.

En attendant le congrès du parti, qui aura lieu en 2018 et où « toutes les questions seront mises entre les mains des militants », le prochain rendez-vous, incontournable pour les 120 000 adhérents revendiqués, reste la Fête de l’humanité qui aura lieu les 15, 16 et 17 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et qui doit être, selon les mots de Pierre Laurent, « une immense caisse de résonance à l’effervescence sociale qui s’annonce ».

23/08/2017

Salah Hamouri arrêté sans « aucun motif » par l’armée israélienne

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Laurence Mauriaucourt, Humanite.fr

Le jeune franco-palestinien a été arrêté dans la nuit par l’armée israélienne. Sa compagne, le député Alain Bruneel, la présidente du groupe des sénateurs communistes, Eliane Assassi, Pierre Laurent secrétaire national du PCF enjoignent au Président de la République d'intervenir très rapidement.

L’information a été diffusée ce mercredi 23 août sur Facebook par sa compagne, Elsa : « Salah Hamouri a été arrêté cette nuit à notre domicile de Jérusalem-Est par l'armée d'occupation venue en grand nombre le cueillir dans son sommeil. Comme souvent, les autorités militaires ne donnent aucun motif à cette arrestation et nous n'avons que peu d'informations au sujet de sa détention, il n'a pu contacter personne. Nous demandons à la France d'agir avec conviction pour protéger et obtenir la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l'arbitraire israélien ». Les internautes, souvent soutiens de longue date du militant, s'emploient à partager cette information inquiétante.

Salah Hamouri est depuis des années et sans cesse dans le collimateur du pouvoir israélien. Il avait fallu une mobilisation internationale pour qu’il soit libéré de prison en 2011. Le jeune homme, qui a déjà passé sept années dans les geôles israéliennes, avait alors été accueilli dans de nombreuses villes de France et notamment dans le Douaisi. Ainsi, immédiatement après cette annonce de nouvelle arrestation arbitraire, le député PCF du Nord, Alain Bruneel a réagit en sollicitant l’intervention du Président de la République.  « L’acharnement n’a que trop duré. », argumente le député. «  Israël ne peut continuer à confondre le légitime combat politique pour les droits nationaux du peuple palestinien avec la criminalité ou le terrorisme », tempête l’élu nordiste, dans sa lettre adressée à l’Elysée ce mercredi en milieu de journée. Exigeant du Président de la République qu’il « œuvre dès aujourd’hui », au nom de la France pour la libération de Monsieur Salah Hamouri ».

Revoir l'intervention de Salah Hamouri à la Fête de l'Humanité en 2012.