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19/07/2023

POUR LA PAIX EN UKRAINE, EN EUROPE

« Nous devons tout faire, par les voies diplomatique et politique, pour mettre rapidement un terme à la guerre en Ukraine »

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Découvrez La tribune de Fabien Roussel dans le Monde
 
Le sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Vilnius s’est tenu les 11 et 12 juillet, quelques jours après le 500e jour de la guerre en Ukraine et l’agression injustifiable et criminelle de la Russie. L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est remise à plus tard par les Etats-Unis eux-mêmes, malgré les appels des va-t-en-guerre, y compris français, qui souhaitent en découdre avec l’armée russe et s’engager dans ce conflit.
Mais celui-ci s’enlise. Les dirigeants ukrainiens et russes s’engagent dans une guerre d’usure, sur une ligne de front de 900 kilomètres. Certains parlent d’une guerre qui pourrait durer plusieurs années. Les dirigeants occidentaux eux-mêmes relaient cette idée pour préparer les esprits à un conflit de longue durée.
Nous ne voulons pas revivre en Europe une guerre de tranchées, avec le spectre planant d’une escalade nucléaire. Déjà plus de 9 000 civils tués selon l’Organisation des Nations unies (ONU), auxquels s’ajoutent les dizaines de milliers de morts au combat de part et d’autre et plus de 14 millions de déplacés. Des paysages dévastés, des kilomètres de tranchées, des combats durs qui nous rappellent la guerre de 14-18. On dit que l’histoire ne se répète pas. Mais elle peut bégayer.
Nous devons tout faire, par les voies diplomatique et politique, pour mettre rapidement un terme à cette catastrophe humanitaire et écologique. De plus, cette guerre a des conséquences internationales. D’abord sur les peuples européens qui subissent les coûts de cette économie de guerre imposée à tous, avec, entre autres, l’inflation comme conséquence. Dans une économie libérale, les peuples seront toujours mis à contribution au bénéfice des marchands de canons et de la finance.
Ensuite, de lourdes menaces pèsent sur les exportations de céréales permises par l’accord conclu en juillet 2022, suspendu lundi 17 juillet par la Russie. Or l’approvisionnement en blé de la Corne de l’Afrique, déjà menacée de famine, en dépend en grande partie. Enfin, la déstabilisation possible du pouvoir en Russie ouvrirait la porte à l’inconnu pour la maîtrise du deuxième arsenal nucléaire mondial. Ce dont personne, en responsabilité, ne peut se réjouir.
Ne laissons pas les surenchères guerrières devenir incontrôlables. Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous comptons sur une victoire militaire de l’Ukraine pour libérer ses territoires, hypothèse aujourd’hui jugée hautement incertaine, soit nous empruntons une autre voie, certes étroite, mais pouvant permettre d’éviter le pire : la recherche d’une solution politique et diplomatique.
Du fait de son histoire, la France a une voix singulière à faire entendre. C’est le sens des propositions que j’ai formulées au président de la République à la veille du sommet de Vilnius. Même si ce chemin vers la paix est étroit, il faut pouvoir y travailler, lui donner de la consistance et le mettre en débat pour essayer de faire cesser le bruit des armes.
Ce chemin devra correspondre aux principes de la Charte des Nations unies et de la sécurité commune en Europe, respecter la souveraineté des peuples et donner les garanties réciproques de sécurité assurant une paix durable. C’est dans cet esprit que notre pays pourrait appeler les parties prenantes à discuter des points suivants : l’évacuation immédiate et inconditionnelle des territoires que la Russie occupe depuis le 24 février 2022, la négociation d’un statut de neutralité pour l’Ukraine lui apportant toutes les garanties sur sa souveraineté et sa sécurité dans le cadre d’une protection internationale sous l’égide de l’ONU, une négociation sur les réparations de guerre et un contrôle sur leur emploi pour qu’elles soient concrètement utiles au peuple ukrainien et qu’elles n’alimentent pas la corruption.
Il est également nécessaire d’évoquer l’acceptation par la Russie et par l’Ukraine d’un référendum internationalement contrôlé sur le statut de la Crimée et du Donbass, où la guerre a fait depuis 2014 des milliers de morts – la Russie renoncerait, ce faisant, aux résultats des référendums unilatéraux et sans valeur qu’elle a convoqués en 2022 dans les territoires occupés ainsi qu’à celui de 2014 sur la Crimée. Enfin doivent être abordés le retrait des armes nucléaires déployées en Biélorussie et le renoncement par Moscou de celles qui menacent directement l’Europe, en échange de quoi les forces de l’OTAN déployées en Europe reviendraient immédiatement à leur niveau de février 2022.
Les négociations sur un désarmement multilatéral des forces nucléaires déployées en Europe pourraient dès lors reprendre, sur la base du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Cela rendrait possible l’ouverture, dès que les conditions le permettront, d’une conférence paneuropéenne de sécurité collective en vue d’interrompre sur tout le continent la dynamique de militarisation au profit de mesures de confiance réciproque. J’ai bien conscience de formuler ces propositions dans un moment d’affrontement militaire. Chaque jour, les logiques de force et l’aggravation des haines attisent l’incendie.
Mais pouvons-nous assister en simple spectateur à l’engrenage fatal qui peut mener demain l’Europe à une guerre généralisée ? Il est temps qu’une initiative politique porte une proposition allant dans l’intérêt des peuples. Je suis convaincu que c’est ce qu’attendent les Françaises et les Français, parce que cela correspond à l’idée qu’ils se font du rôle de notre pays dans le monde.
 
Fabien Roussel est secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord.
Fabien Roussel(secrétaire national du PCF, député du Nord.)

26/05/2023

Fabien Roussel : « Le legs des “jours heureux” est toujours fécond »

Fabien Roussel Ma France648.jpgLe programme du CNR demeure d’une actualité brûlante. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, y voit la « préfiguration de la perspective du communisme » qu’il s’agit de conjuguer au présent. Entretien.

Le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance voyait le jour. Quel regard portez-vous sur ce moment de l’histoire de France qui a permis, dans la foulée de la Libération, de grandes conquêtes sociales ?

La reconquête de la République, portée par le programme du CNR, nous a légué un socle de conquêtes sociales dont nous restons les héritiers. Rarement la France aura connu un si grand nombre de transformations progressistes en si peu de temps.

Les forces de la Résistance se seront ainsi situées dans le prolongement de tous les combats populaires menés depuis la grande Révolution. Cela démontre que, lorsque le mouvement populaire est fort et uni, il peut rassembler la nation autour de réformes heureuses qui lui ouvrent un chemin de progrès, de justice, de démocratie, de paix.

La place des communistes est régulièrement minorée, comme celle d’Ambroise Croizat dans la création de la Sécurité sociale. Vous en revendiquez l’héritage. Pourquoi cette bataille est-elle importante ?

Pour une double raison. D’abord, la mémoire est une dimension essentielle de la bataille à recommencer en permanence afin que les forces du travail, le mouvement ouvrier, conservent au fil du temps la conscience de leur place dans la société et de la force dont elles disposent pour transformer la France en profondeur.

Ensuite, ce qu’on appelle le « pacte de la Libération », institué dans le cadre du gouvernement du général de Gaulle, est le fruit du poids du Parti communiste français dans la Résistance et dans le soulèvement populaire qui accompagna la Libération. Cela confirme, à mes yeux, un principe majeur : lorsque le PCF est fort et influent, cela change le destin de la France. Voilà pourquoi j’appelle à un renouveau du communisme français.

Vous avez fait du nom du programme du CNR votre slogan pendant la campagne présidentielle. Pourquoi avoir choisi les « jours heureux » ?

Parce que le temps des réformes régressives, punitives, à l’image de la réforme des retraites à 64 ans, doit finir. La globalisation capitaliste nous était, il y a peu, présentée comme un temps « heureux ». Elle s’est traduite, à travers la domination sans partage de gigantesques mastodontes multinationaux et des marchés financiers, par de multiples crises, économique et écologique, alimentaire et sanitaire, sociale et démocratique. Celles-ci placent la planète face à de terribles menaces.

Icon QuoteÊtre à gauche aujourd’hui, c’est rouvrir au monde du travail, aux catégories populaires, un horizon d’espoirs. »

Le spectre de la guerre resurgit, les forces de la réaction, ici et partout dans le monde, attisent les haines, le racisme, les paniques identitaires. Alors, oui, être à gauche aujourd’hui, c’est rouvrir au monde du travail, aux catégories populaires, un horizon d’espoirs. C’est dire que le dépassement d’un modèle capitaliste dévastateur vise la naissance d’une civilisation enfin libérée de toutes les formes d’exploitation et d’aliénation.

Ce que des hommes et des femmes avaient pu imaginer en pleine clandestinité, alors qu’une chape de plomb et de mort s’était abattue sur le pays, il nous incombe de le faire à notre tour, dans les conditions d’aujourd’hui. Notre projet communiste, c’est le droit au bonheur reconquis.

Avec sa réforme des retraites, le gouvernement s’attaque à l’un des piliers de la Sécurité sociale au prétexte de « sauver le régime par répartition »…

Ils ne veulent pas le sauver, ils veulent achever de le démanteler. Non seulement rien n’impose une réforme d’une telle violence, alors qu’il existe d’autres solutions pour garantir un système plus juste, plus solidaire et plus efficace. Nous l’avons démontré en mettant sur la table une série de propositions en ce sens, à commencer par augmenter les salaires et créer des emplois.

Mais, avec cette réforme, on sait que les pensions vont baisser. Ils veulent, en plaçant les futurs retraités devant cette perspective angoissante, ouvrir aux géants de l’assurance privée un nouveau marché juteux en forçant celles et ceux qui le peuvent à mettre de côté 50 à 100 euros tous les mois afin de partir plus tôt en retraite. En lieu et place du principe de solidarité, ils veulent faire avancer leur très vieux projet de retraite par capitalisation.

De réforme en réforme, c’est non seulement la retraite mais aussi les assurances-maladie et chômage qui sont détricotées. L’objectif, au fond, n’est-il pas d’en finir avec un système qui met la réponse à certains besoins fondamentaux à l’abri de la loi du marché ?

En posant la règle générale de l’universalité de la protection sociale, le CNR puis l’ordonnance du 4 mars 1945 ont proclamé que chacune et chacun, « en toutes circonstances », disposerait « des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes ». C’est l’exact contraire de la vision néo­libérale, qui considère que l’on ne se protège, à toutes les étapes de la vie, qu’à la mesure de ce que l’on possède.

L’ordonnance du 4 mars 1945, qui a été mise en œuvre par Ambroise Croizat et les autres ministres communistes, porte un projet de société global qui fixe à la Sécurité sociale l’objectif de répondre « à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes ». Et elle ajoute : « Le but final à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la population du pays contre l’ensemble des facteurs d’insécurité. »

C’est la préfiguration de la perspective du communisme qui veut porter l’exigence de la mise en commun contre toutes les tentations de repli sur soi et contre la volonté des pouvoirs en place de fragmenter la société.

Étendre cette logique à d’autres domaines, comme l’alimentation, est-il envisageable dans le cadre d’une économie mondialisée ?

En appelant à « une véritable démocratie politique et sociale », le CNR entendait, d’un même mouvement, assurer la protection du grand nombre contre les prédations d’un capital toujours plus avide de profits, et redonner à la France sa pleine souveraineté, industrielle, énergétique, alimentaire. Cette pression libérale sur notre agriculture s’accentue en France sous prétexte du dérèglement climatique.

Il suffit de lire la dernière recommandation de la Cour des comptes, qui remet en cause nos éleveurs de bovins. Ce débat, je l’ai mené lors de la présidentielle. Qu’il faille manger moins de viande, nous sommes d’accord, mais enfin, mangeons de la viande produite en France plutôt que celle qui est importée.

Depuis 2016, nous avons perdu 840 000 vaches. Mais nos importations représentent 20 % de la viande consommée en France. La souveraineté alimentaire, dans le respect de la planète, du bien-être animal, de nos campagnes et de nos agriculteurs, c’est essentiel et c’est toujours révolutionnaire.

Le CNR promouvait également « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques », ainsi que « la sécurité de l’emploi ». Comment être à la hauteur de ces ambitions aujourd’hui ?

La visée d’une République sociale et démocratique, laïque et universaliste, féministe et écologiste, que j’ai portée dans la campagne présidentielle, voulait renouer le fil avec ces valeurs et exigences. En défendant la réappropriation sociale et publique des secteurs clés de l’économie et en préconisant la création d’un pôle financier public permettant à la collectivité de recouvrer la maîtrise de l’utilisation de l’argent.

En faisant le choix de la sécurisation de tous les moments de la vie, de la naissance à la retraite, à travers l’éradication du chômage et la priorité donnée à un travail retrouvant son sens émancipateur. En faisant de la Sécurité sociale le bien commun de ses cotisants et en redonnant à nos services publics les moyens d’être un levier d’émancipation individuelle et collective. 

Source L'Humanité

22/05/2023

« je préfère que l’on nourrisse la paix, plutôt que la guerre »

fabien roussel,budget arméeLa loi de programmation militaire est examinée à l’Assemblée nationale à partir de ce lundi. Fabien Roussel s’est dit opposé à ce texte, appelant à un grand débat national avec les Français pour « qu’ils mesurent les choix » qui sont faits

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, était l’invité de France Inter ce lundi 22 mai. Il a notamment jugé « honteux », le fait que le gouvernement puisse rejeter la proposition de loi du groupe Liot - qui doit être examinée à l’Assemblée nationale le 8 juin -, visant à abroger la réforme des retraites. « C’est rendre jusqu’au bout cette réforme des retraites à 64 ans, anti-démocratique, illégitime. Madame Borne n’a qu’à supprimer l’Assemblée nationale directement », a lancé Fabien Roussel, ajoutant qu’il fallait un vote sur ce texte de la réforme des retraites car, « il n’y en a pas eu », a-t-il rappelé, faisant allusion au 49.3 utilisé en mars pour faire passer ce texte.

Un grand débat national

Mais le sujet principal de cet entretien avec Fabien Roussel était la loi de programmation militaire, examinée à partir de ce lundi. En substance, le budget des armées pour les cinq ans à venir (2024-2030), un budget de 413 milliards d’euros, soit + 40 % d’augmentation par rapport au précédent texte. Le secrétaire national du PCF fait partie de la commission et évoque un budget « exceptionnel. C’est plus que le budget de la justice, de l’Éducation nationale, de la santé », affirme-t-il. D’après ce dernier, ce budget prévoit de bâtir une armée de projection pour avoir une guerre d’avance pour investir sur des terrains extérieurs, dans des conflits lointains et plus qu’« incertains », ajoute-t-il.

Fabien Roussel se dit opposé sur le fond à ce budget mais a tout de même tenu à s’expliquer. « Avoir un budget plus important, permettant de nous protéger des menaces, d’investir dans la recherche, oui et 1 000 fois oui. Permettre à nos soldats d’être mieux équipés, mieux entraînés, d’avoir des équipements modernisés oui, et la défense c’est important. En revanche, investir à ce niveau-là, quand on demande des efforts aux Français, pour bâtir une armée d’intervention sur des terrains extérieurs, c’est pour nous un sujet, nous appelons à un grand débat national avec les Français pour qu’ils mesurent les choix », précise Fabien Roussel.

« Le risque nucléaire n’a jamais été aussi présent »

Fabien Roussel a ensuite été interrogé sur la dissuasion nucléaire. « Elle a protégé le monde, elle a empêché la guerre en Ukraine ? » a-t-il demandé. « Il n’y a jamais eu autant d’argent mis dans l’arme nucléaire, sans pour autant empêcher de guerre ; en revanche le risque nucléaire n’a jamais été aussi présent avec un Poutine qui menace de l’utiliser », a affirmé Fabien Roussel.

Le secrétaire national du PCF s’est dit pour une armée « modernisée, permettant d’appréhender les nouvelles technologies, étant capable d’intervenir sur des terrains extérieurs et de protéger nos ressortissants, de protéger nos concitoyens, c’est essentiel. Mais de là à investir dans un porte-avions au service de qui, pourquoi, ça interroge », poursuit-il.

Selon lui, en faisant le choix du nucléaire et d’un porte-avions, le ministre de l’armée fait un mauvais choix. « Le président de la République a dit, ‘nous devons avoir une guerre d’avance’, je ne souhaiterais pas que l’on ait une paix de retard. Je préférerais investir dans la diplomatie et la paix que dans la course à l’armement et dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », explique Fabien Roussel.

« Attention de ne pas franchir de ligne rouge pour qu’il n’y ait pas d’extension du conflit, que nous ne devenions pas demain des cobelligérants », a insisté Fabien Roussel au sujet de la guerre en Ukraine, revenant sur le sommet du G7, qui d’après lui, parle beaucoup d’alimentation du conflit. « Je préfère que l’on nourrisse la paix, plutôt que l’on nourrisse la guerre », a-t-il conclu.

Source Sud Ouest

05/11/2022

REBATISSONS LA DIGUE REPUBLICAINE

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Le Journal du Dimanche
TRIBUNE. FABIEN ROUSSEL APRES L’AFFAIRE DE FOURNAS : « REBATISSONS LA DIGUE REPUBLICAINE »
• Par Fabien Roussel
Après la sortie jugée raciste du député Rassemblement national Grégoire de Fournas, jeudi, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, appelle à remettre à l’ordre du jour une proposition de résolution afin de créer une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour injures ou violences sexistes et racistes.
 
Voici la tribune de Fabien Roussel , député du Nord et secrétaire national du Parti communiste, en réaction aux propos jugés racistes de l’élu Rassemblement national Grégoire de Fournas :
« Jeudi dernier, le pire s’est produit dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement. Carlos Martens Bilongo, député Insoumis du Val-d’Oise, a été victime d’un propos raciste émanant d’un député du Rassemblement national (RN). Grégoire de Fournas, puisqu’il faut bien nommer l’auteur de cette infamie, s’est autorisé à dire « qu’il retourne en Afrique » au moment où notre collègue posait une question au sujet du sort inhumain réservé aux migrants qui traversent la mer Méditerranée, bien souvent au péril de leur vie.
Les propos tenus par ce député, qu’ils aient été adressés à Carlos Martens Bilongo ou aux personnes venues d’Afrique, sont racistes et xénophobes.
 
Depuis lors, Marine Le Pen tente tant bien que mal d’éteindre l’incendie, en évoquant une manipulation politique de ses adversaires. Mais au fond, peu nous importent les gesticulations ou autres explications vaseuses qui sont aujourd’hui fournies par l’État-major du RN : les propos tenus par ce député, qu’ils aient été adressés à Carlos Martens Bilongo ou aux personnes venues d’Afrique, sont racistes et xénophobes. Ils disqualifient définitivement son auteur auprès de tous ceux qui demeurent attachés aux valeurs républicaines.
Le racisme n’a pas sa place dans notre société et certainement pas au sein de l’institution où le peuple français, dans toute sa diversité, est représenté par les élus qu’il s’est choisis.
C’est pour cette raison qu’à l’exception des parlementaires du RN, tous les députés de l’Assemblée nationale présents ce jour-là se sont regroupés dans un mouvement inédit afin de demander une suspension de séance et la prise de sanction immédiate contre Grégoire de Fournas. Cet élan spontané restera le seul rayon de soleil dans cette sombre journée pour notre démocratie.
 
La gravité de l’injure proférée par ce député est venue rappeler que le RN n’est pas un parti républicain
Hélas, cela faisait bien trop longtemps qu’un front ne s’était pas constitué pour faire face à l’extrême droite. Le verni de la respectabilité habillement étalé par le RN y est certainement pour beaucoup et tout porte à croire que celui-ci a désormais craqué sous les yeux de tous, y compris de ceux qui pensaient que cette formation politique était devenue un parti semblable à tous les autres.
 
La gravité de l’injure proférée par ce député est venue rappeler que le RN n’est pas un parti républicain et qu’il demeure profondément attaché à une vision ethnique de la nation française, quand nous défendons pour notre part la nation comme une communauté de citoyens définie par des droits et des devoirs politiques.
 
Une communauté politique dans laquelle les élus doivent être les premiers à respecter ces devoirs civiques. C’est pourquoi, il y a un an, les députés communistes ont déposé une proposition de résolution visant à rappeler à tous nos compatriotes, à tous les élus et à toutes les formations politiques que la loi prévoit une sanction d’inéligibilité pour les personnes condamnées pour injures ou pour des violences à caractères sexistes et racistes. Car depuis la loi Gayssot, notre législation se fait l’honneur de considérer que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits. Il ne s’agit pas ici de restreindre la liberté d’expression comme nous l’avons trop souvent entendu, mais bien de redire que personne ne peut se cacher derrière elle après avoir prononcé des propos racistes ou discriminatoires.
 
La majorité présidentielle de l’époque a malheureusement rejeté ce texte au motif que nous étions en période pré-électorale. Maintenant, il faut agir. La configuration politique n’est aujourd’hui plus la même et, sans doute, l’évènement survenu jeudi dernier a réveillé des consciences que l’on pensait définitivement endormies.
C’est pour cela que nous entendons redéposer cette proposition de résolution afin qu’elle soit votée le plus largement possible. Plus personne ne doit subir la violence insupportable dont a été victime Carlos Martens Bilongo. En votant ce texte, nous pouvons rebâtir une digue républicaine. Il est urgent d’y parvenir. »

12:11 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabien roussel, racisme | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

14/09/2022

Fabien Roussel : « J’assume défendre le parti du travail »

Fabien Roussel terrain.jpgEn déclarant préférer le travail au chômage, je n’imaginais pas provoquer pareille polémique. Que n’avais-je dit ? Certains ont pris leurs plus beaux airs indignés et y ont vu une saillie inspirée des pires discours de la droite réactionnaire. D’autres sont allés jusqu’à s’élever contre un racisme à peine larvé. Quel délire !

Quand on parle des autres, on parle d’abord de soi. En s’indignant ainsi, que disent-ils d’eux-mêmes ? Qu’ils ont démissionné. Qu’ils ont renoncé à la grande ambition qui devrait rassembler la gauche : celle d’éradiquer le chômage. Si l’esclavagisme revenait demain, ils négocieraient avec le Medef le poids des chaînes. Pas moi. Car le chômage tue, il bousille des vies. Il fait basculer des familles entières dans la pauvreté. Il instille partout le venin de la division entre ceux qui ont un emploi et ceux qui en sont privés. De là où je vous parle, dans ce Nord ouvrier depuis si longtemps fier de ses usines et du savoir-faire de ses travailleurs, on sait la dureté du travail et le coût du chômage. On sait intuitivement que le chômage est « l’armée de réserve » du capital, comme le disait si bien Marx.

Remettre en cause la logique libérale du chômage

C’est la menace du chômage qui permet au Medef et aux libéraux d’imposer les bas salaires, les horaires élargis sans supplément de rémunération, le quotidien infernal d’une vie sans pause et sans plaisirs. Et nous devrions accepter le chômage de masse et nous contenter de garantir un revenu d’existence ? Il est temps, au contraire, de remettre en cause les logiques libérales qui ont toujours entretenu le chômage plutôt que de l’éradiquer, qui ont préféré l’accompagner plutôt que d’empêcher le déménagement de pans entiers de notre industrie.

Ouvrons les yeux. L’industrie représentait 24 % de notre PIB en 1980 et seulement 10 % en 2019. Notre flotte de pêche est passée de 11 500 bateaux, en 1983, à 4 500, aujourd’hui. Quant à la saignée paysanne, elle nous a fait passer de 1 263 000 exploitations agricoles, en 1979, à 429 000, en 2017. Résultat : 5 millions de privés d’emplois, 2 millions de bénéficiaires du RSA, 4,5 millions de primes d’activité versées par la CAF. Et 10 millions de Français sous le seuil de pauvreté. Beau succès.

Alors, j’assume. Je me bats pour une société qui se fixe comme horizon de garantir un emploi, une formation, un salaire à chacun de ses concitoyens. Et je m’inscris en faux contre ceux qui théorisent la « fin du travail ». Ce discours passe totalement à côté des réalités qui se font jour. Ayons de l’ambition pour notre pays.

Tant de besoins mériteraient d’être satisfaits. De quoi permettre à chacun de trouver sa place dans la société et de retrouver sa dignité par le travail.

Redonner du sens au travail

Regardez ces classes sans professeurs, ces trains qui ne circulent pas faute de conducteurs, ces services d’urgences fermés faute de personnels. Qui peut croire que nous relèverons le service public sans fonctionnaires en plus ? Qui peut imaginer que nous conduirons la transition écologique sans créer d’emplois ? Qui peut penser que nous pourrons reconquérir notre souveraineté énergétique, industrielle, alimentaire sans millions d’emplois supplémentaires ni formations massives ?

Bien sûr, à titre transitoire, les salariés ont besoin de protections, d’accompagnement et je serai à leur côté pour dénoncer toutes les attaques du gouvernement contre eux, avec cette réforme de l’assurance-chômage ou encore le projet de travail obligatoire en échange du RSA.

Mais quel beau défi pour un pays, pour la gauche, que de travailler à une société qui garantit à chacun d’avoir un emploi, une formation et un salaire tout au long de sa vie professionnelle. Un projet révolutionnaire qui va de pair avec l’amélioration des conditions de travail, la hausse des salaires, la réduction du temps de travail et le rétablissement de la retraite à 60 ans et vise à sécuriser tous les âges de la vie. Redonnons du sens au travail en l’émancipant de la puissance aveugle du marché et en se posant partout la question : comment produire et répondre à nos besoins, en respectant autant les êtres humains que la planète ? C’est l’ambition qui m’anime. Ni plus ni moins.

Fabien Roussel

Secrétaire national du PCF

18:25 Publié dans ACTUALITES, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabien roussel, travail | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

26/06/2022

AVEC FABIEN ROUSSEL, LE PCF A DE L'AVENIR

FR.jpgL’artiste a du talent, cela ne suffit pas.
M. Mélenchon a réussi une opération préparée de longue date de renouvellement du parti socialiste, de marginalisation des communistes, de récupération d’une partie des groupuscules gauchistes.
 
L’artiste a du talent tout en accumulant les défaites personnelles : trois présidentielles loupées et un poste de 1 er ministre avorté. L’artiste n’a pas pris sa retraite : il se veut désormais le « penseur » à la manière Mitterrand avec en perspective la présidentielle de 2027 et la mise sur pied d’une formule droite/gauche à la sauce nord-américaine avec l’aimable appui d’ex- membres du PCF rêvant d’une mutation à l’italienne.
Nous voilà en présence d’une « droite » allant des macronistes venus de toutes parts y compris des bas fonds, des centristes à la Bayrou aux fascisants à la Ciotti, et une « gauche » aux tendances socialo, écolo, coco (adieu Tours) avec aux manettes des jeunes ambitieux formés à l’école d’une social démocratie adaptée et réactivée.
L’affaire est-elle définitivement dans le sac ? Pour les communistes, baisser le rideau, ce serait aller trop vite en besogne. Il se trouve que chez ces gens là, où plutôt une large partie de ces gens là, perdurent une constante : résister.
Cette fois, forts de l’excellente campagne présidentielle de Fabien Roussel qui a redonné au PCF de la visibilité, mobilisé des milliers de communistes en errance, enfin, il a ouvert des chemins de réflexion.
Un homme jeune qui a subi les pires outrages et qui va marquer la vie politique des 10 prochaines années. Habituez-vous à son nom, à sa belle gueule, à ses réactions et réflexions populaires.
Alors ? Le temps de la réflexion sereine est venu. L’alignement et la soumission n’étant pas dans les gênes communistes et en ayant à l’esprit qu’entre les supplétifs et les furieux plus durs que durs, il est toujours difficile de se frayer un chemin respectueux et constructifs, il va falloir échanger, confronter, convaincre.
Au travail !
 
José Fort

19:52 Publié dans PARTI COMMUNISTE FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, fabien roussel | |  Imprimer |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

25/04/2022

PRESIDENTIELLE : DECLARATION DE FABIEN ROUSSEL

Marine.jpgLa déclaration de Fabien Roussel 2022 au soir du second tour:
 
Mesdames et Messieurs,
Ce soir, le pire a été évité à la France.
Grâce à la mobilisation de millions de nos compatriotes, la représentante de l’extrême droite ne pourra pas, à l’Élysée, perpétrer le coup de force institutionnel qu’elle envisageait pour disloquer la République.
Elle ne pourra pas installer un pouvoir autoritaire, mettant en pièces nos principales conquêtes démocratiques, autant que les droits sociaux chèrement conquis par notre peuple.
Dans la clarté politique, sans illusion sur le projet d’Emmanuel Macron, nous avons clairement participé à ce résultat.
La bataille n’est, pour autant, pas achevée. Loin de là.
La représentante de l’extrême droite française a recueilli 42 % des suffrages, soit 8 points de plus qu’au second tour de 2017. Un résultat sans précédents depuis la Libération.
Une lourde menace pèse sur notre démocratie.
Et la victoire d’Emmanuel Macron ne peut pas l’évacuer.
Quand 42 % de nos concitoyens utilisent le bulletin de vote de celle qui propose un référendum sur le voile, l’immigration avec la volonté de créer, ce qui n’existe dans nul autre pays au monde, un régime ségrégationniste en fonction de ses origines et de sa religion, c’est grave.
Et quand 28 % font même le choix de s’abstenir, en prenant le risque de son élection, nous mesurons à quel point l’extrême droite et ses idées se sont banalisées dans notre pays.
Le président sortant, s’il est réélu aujourd’hui, l’est uniquement à la faveur d’un rejet de la représentante de l’extrême droite.
Il ne doit pas considérer que ce résultat exprime un soutien à sa politique.
Nous l’avons interpellé publiquement, à plusieurs reprises, afin qu’il entende, avec humilité, la colère qui s’est exprimée lors de ces élections concernant le pouvoir d’achat, ou même son projet de réforme des retraites.
Il a refusé de remettre en cause ses choix, sa politique, avec une pointe d’arrogance que les Français ne supportent plus.
Nous devons maintenant le battre et battre sa politique aux élections législatives les 12 et 19 juin prochains.
C’est tout l’enjeu des semaines à venir.
Les Français, le monde du travail, la jeunesse ont besoin d’une perspective d’espoir.
Ils ont besoin de réformes heureuses, positives; ils ont besoin de progrès social, de justice sociale.
Ils ont besoin de services publics, partout et pour tous.
Ils attendent qu’on mette enfin les formidables richesses que nous avons au service de l’emploi, de l’augmentation des salaires, des pensions et de meilleures conditions de travail.
Pour mettre en œuvre de telles réformes, nous aurons besoin d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, une majorité connectée aux attentes populaires.
Et pour y parvenir, nous devrons d’abord battre l’extrême droite qui progresse dans de nombreuses autres circonscriptions, hormis quelques exceptions dont nous nous félicitons, car nous avons contribué à son recul.
Mais dans une majorité d’entre-elles, la situation reste préoccupante. Créons, partout, toutes les conditions, ensemble, pour offrir une perspective de victoire à gauche dans ces territoires où l’extrême droite pourrait l’emporter.
Il nous faut ensuite enclencher une vraie dynamique d’espoir à gauche et nous adresser aux 11 millions d’électeurs de gauche du 1er tour et aux 12 millions d’abstentionnistes.
Le 10 avril dernier, avec 32,5 % des suffrages exprimés, la diversité des candidatures à gauche a permis de progresser de quatre points par rapport à 2017.
En nous additionnant, dès ce premier tour des élections législatives, nous pouvons par conséquent battre à la fois le bloc raciste de l’extrême droite, comme le bloc libéral de la droite représentée par Macron.
En nous additionnant, en nous rassemblant avec un contrat de législature, avec des engagements communs pour le pays, nous pouvons y parvenir.
C’est le sens de nos discussions avec La France insoumise, Europe-Écologie-Les Verts, le Parti socialiste.
Pour ces élections législatives, faisons tout pour être unis, retrouvons-nous autour d’un contrat de législature répondant à l’aspiration des Français sur le pouvoir d’achat, le droit à la retraite, la transition écologique et la justice climatique, les services publics, une République refondée.
Fixons-nous l’objectif d’un accord global, nous réunissant dans la totalité des circonscriptions, en évitant toute division dans des circonscriptions ayant déjà des députés de gauche, et en allant ensemble à la conquête d’une majorité de députés partout ailleurs.
Faisons-le en respectant bien sûr le rapport de force issus de la présidentielle, mais aussi en tenant compte des ancrages locaux et des différentes sensibilités à gauche.
En se rassemblant et en faisant de nos différences une richesse, toute la gauche peut, non seulement retrouver les 11 millions d’électeurs et électrices du 10 avril, mais elle peut contribuer aussi à remobiliser nombre d’abstentionnistes.
L’heure est trop grave, la menace de l’extrême droite sur de nombreuses circonscriptions trop angoissante, l’arrogance dévastatrice du président de la République trop dangereuse, pour que nous ne fassions pas preuve d’une grande responsabilité.
C’est dans cet esprit que nous discutons depuis plusieurs jours avec toutes les forces de gauche. Créons les conditions d’un tel accord.
Je redis à Jean-Luc Mélenchon, à Julien Bayou, à Olivier Faure ma totale disponibilité pour nous retrouver tous ensemble, le plus rapidement possible, pour atteindre l’objectif ambitieux que nous pourrions nous fixer à gauche.
Les communistes sont déterminés à tout faire pour aboutir et apporter notre contribution avec « La France des Jours heureux » que nous avons défendue pendant la campagne.
Je vous remercie.