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14/01/2014

VOEUX DE PIERRE LAURENT POUR LE PCF

voeux,directs,live,pierre laurentJe voudrais, à toutes et tous vous adresser mes vœux les plus chers pour 2014 en commençant par l'ensemble des journalistes présents ce soir. Que 2014 soit une année prolixe pour la presse d'information politique et générale, pour le débat démocratique, pour sa diversité, son pluralisme, son audience et sa diffusion.

Je sais que la vie de plusieurs grands titres est en péril en 2014. Or, sans l'information et le débat éclairé des citoyens, sans le pluralisme, pas de démocratie.

C'est un combat auquel je suis très attaché. C'est le devoir des pouvoirs publics d'assurer le pluralisme et d'empêcher le monopôle des puissances d'argent sur l'information. 

Mes pensées vont également aux quatre journalistes détenus en otage en Syrie, et à tous les otages français privés de liberté.

Pluralisme et liberté donc. Mais j'ajouterai, en ces moment troublés, éthique et qualité du débat politique. Soyons clairs, les révélations de Closer sont inadmissibles. Elles franchissent un pas grave dans la dégradation du débat public. La tentation du caniveau et la peopolisation de la vie politique transforment le palais présidentiel en palais princier. Ce nouvel abaissement est inacceptable.

Ceux qui emboîtent le pas à Closer en ont-il conscience ? La France regarde, atterrée, ce déballage affligeant à mille lieux des urgences du pays.

Je réaffirme pour ma part que la protection de la vie privée, la distinction entre la vie privée et l'exercice d'un mandat public doivent être préservés. La France, ce n'est pas la principauté de Monaco !

J'entends déjà certains nous dire pour se dédouaner, que la dérive, même s'il la regrettent, est inévitable. Non, en cette matière comme en tout autre, nous avons tous le choix. Journalistes comme responsables politiques.

Moi je dis stop. De Gaulle disait que la politique de la France ne devait pas se faire « à la corbeille ». Aujourd'hui, elle ne doit pas se faire dans les poubelles de certaines rédactions.

Nous avons bien mieux à faire pour notre pays, pour la France, pour la démocratie. La politique n'a vraiment pas besoin de cette nouvelle dérive. Respectons les citoyens, le débat public et revenons à l'essentiel.

***

L'essentiel, c'est ce que vivent nos concitoyennes et nos concitoyens. Nous aimons la France. La France est un grand pays qui dispose de tous les atouts nécessaires pour sortir de la crise et construire un nouvel avenir de progrès humain.

Je sais que, par millions, les Français ont fêté le nouvel an en nourrissant au fond d'eux-mêmes un espoir au cœur. Je veux leur souhaiter le meilleur et le bonheur dans leurs projets.

Ces espoirs, petits ou grands, vous me les confiez au cours de toutes nos rencontres à travers la France.

Vous me parlez de votre vie, de votre quotidien, de ce dont au final on ne vous parle plus. Vous me dites vos espérances, quelques fois faites de petites choses, quelques fois de rêve très audacieux. En somme, vous exprimez tout simplement le besoin de donner un sens à notre vie.

A vous toutes et tous, je déclare sans ambage : C'est vous qui êtes dans le vrai.

Vous avez raison d'espérer.

Vos espoirs sont la solution pour redresser notre pays.

Oui, vos espoirs isolés sont une force rassemblés !

Alors pourquoi tout semble tellement difficile, impossible, hors de portée, que tant d'entre vous, à l'opposé de tout ce qu'ils souhaitent pour leur vie en commun, le vivre ensemble, se disent finalement : Et si ce n'était pas possible ?

Moi je vous dis : c'est possible et vos espoirs sont une force. Ils sont la solution.

***

Le problème, c'est que la France, l'Europe, restent sous la domination de logiques financières étrangères à l'intérêt général. La vérité, c'est que les profiteurs de ce système sont arcboutés pour empêcher qu'on les dessaisisse de leurs pouvoirs et de leurs privilèges. C'est à cela qu'il convient de s'attaquer en y consacrant toutes nos forces.

Oui, nous devons lever ces entraves, libérer la France et l'Europe des privilèges des actionnaires et de la finance. C'est plus que jamais l'urgence !

La France de 2013 aura été celle des 1000 plans de licenciements, de la non inversion de la courbe du chômage avec plus de 5 millions de chômeurs, de la loi sur l'ANI qui facilite aujourd'hui la tâche des licencieurs, d'un nouveau recul du droit à la retraite, des 20 milliards de cadeaux nouveaux pour le patronat avec le CICE, de l'augmentation injuste de la TVA.

2013 aura été pour le gouvernement l'année de tous les renoncements.

Et tout ça pour quel résultat ?

Que nous annonce François Hollande lors de ses vœux ?

Que cela va continuer de plus belle.

Des commentateurs ont parlé de « tournant » social-libéral. Le porte-parole du PS à l'AN Thierry Mandon vient de dire qu'il n'y avait pas de tournant mais seulement un « outing » autrement dit un aveu public. Tout est dit.

Lors de ses vœux, François Hollande a oublié les Français. Il n'avait d'attention que pour le MEDEF. Tout a été dit pour lui donner des gages : plus d'allègements, toujours plus d'allègements, moins de dépenses publiques, moins de sécurité sociale, moins de moyens pour les collectivités locales, moins de droits sociaux, moins de droits pour le Parlement avec le recours aux ordonnances.

Le MEDEF est d'ailleurs le seul à avoir vraiment applaudi. Toutes les organisations syndicales de salariés se sont inquiétés ou ont demandé des explications. Il y a en effet de quoi s'alarmer. Car il faut être fou pour signer au bas du pacte Gattaz. Un vrai pacte de dupes.

100 milliards ! Il demande 100 milliards pour – dit-il - créer 1 million d'emplois ! Les chiffres ronflent mais les comptes ne tournent pas rond. 100 milliards pour 1 million d'emplois, ça fait 100 000 euros l'emploi. Ce n'est plus de l'aide, c'est du racket !

L’État paie les salaires du privé avec nos impôts, les profits, eux, rentrent dans les poches des patrons, et pour les remercier de ce geste, ils touchent une prime sur chaque emploi. C'est du grand art ! Non, c'est du vol ! Dans le grand loto patronal, tout le monde verse au pot mais il n'y que les actionnaires qui participent au tirage.

Non, François Hollande ne nous vendra pas ça pour une politique de gauche. C'est injuste, inefficace, générateur de monstrueux gâchis financiers. La capitalisation mondiale a atteint la somme record 62 000 milliards de dollars! Soit un doublement en dix ans.

François Hollande croit moderniser la social-démocratie française et lui faire rattraper son retard. Il fait du Blair et du Shroeder avec dix ans de retard, en oubliant que le krach de 2008 a signé l'impasse de cette troisième voie.

Aux militants socialistes, je dis : ne faites pas avec retard les mêmes erreurs que les socialistes anglais et allemands. Aux écologistes, je dis : n'accompagnez pas ce mouvement qui ne fait de l'écologie qu'une variable d'ajustement, qu'un segment juteux du capitalisme vert.

Je le dis avec des mots simples et solennels, le cap choisi par François Hollande amène à coup sûr la France dans le mur du chômage, de la précarité, de la désespérance. Disant cela je n'étonne malheureusement personne. Je ne fais qu'exprimer le sentiment profond qui gagne le pays.

Mais je m'y résous pas une seconde. Oui, je le dis : accélérer dans cette voie, ce serait signer avec le diable de la finance un pacte d'irresponsabilité.

La vraie responsabilité c'est d'emprunter au plus vite un autre chemin. Le temps viendra irrévocablement du rassemblement national pour sortir de cette ornière et redresser le pays. Car, je le dis sans me réjouir, avec cette politique l'échec est assuré. Ceux qui font miroiter des illusions nous font perdre un temps précieux que le plus grand nombre de nos concitoyens paient cher.

George Sand a écrit : « les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre » . Des erreurs du gouvernement ne naîtra rien de bon. Du désespoir peuvent jaillir des monstres, du désarroi revivre des fantômes bruns. De l'espoir par contre, peuvent fleurir des printemps.

***

Alors je propose une autre voie, un autre pacte aux Françaises et aux Français. A toutes celles et ceux qui, ayant déjà pris conscience du fiasco ou dont les doutes s'amplifient chaque jour, je tends la main et je dis : travaillons à autre chose sans tarder, travaillons à une politique de gauche qui saura allier justice sociale, nouveau modèle productif, transition écologique et nouvelle ère démocratique.

Soyons solidaires ! Au-delà de nos différences, de nos débats, nous qui voyons venir le pire sans nous y résoudre, travaillons ensemble à un pacte de solidarité.

Ce pacte de solidarité, en quoi pourrait-il consister ?

En un cap politique, d'abord, pour tracer les grandes lignes d'une politique alternative de gauche.

En une méthode, ensuite, celle qui consiste à rassembler au-delà de nos différences quand l'essentiel nous unit : sauver la France, sauver la gauche !

C'est le moment. L'heure n'est plus à attendre ce qui ne viendra pas. Il ne suffit pas non plus de décrire et de commenter la catastrophe annoncée.

2013 a été pour beaucoup l'année de la déception et de l'amertume. Tournons cette page et repasser à l'offensive. En 2014, soufflons ensemble et soufflons très fort pour que les vents tournent vers la gauche.

Et je le dis clairement aux travailleurs de ce pays, n'attendez rien pour cela du côté de Marine Le Pen, qui n'endosse que le costume de la contestation populaire et sociale pour mieux diviser, opposer, semer la haine et maintenir la loi des plus forts.

Assez de haine ! Assez de violences sociales, sexistes, racistes ! C'est la France avec toutes ses couleurs, c'est l'Europe de tous les travailleurs, qu'il faut remettre en marche.

***

Les chantiers ne manquent pas.

Face à ceux qui préconisent le saccage de la dépense publique, de nos services publics et qui prônent l'irresponsabilité sociale des entreprises en les dégageant du financement de la protection sociale, nous voulons construire une autre voie. Braquons pour cela le projecteur sur les coûts exorbitants du capital : 300 milliards d'euros de frais financiers, d'intérêts bancaires et de dividendes versées aux actionnaires prélevés chaque année sur les richesses crées dans les entreprises ; 50 à 60 milliards d'euros d'évasion fiscale, 30 milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales sans effet sur l'emploi... Si Pierre Gattaz et Pierre Moscovici veulent des pistes de travail, nous en avons. Et d'ailleurs, à l'un comme à l'autre, je dis débattons de cela, à visage découvert, à la télévision, partout où vous le voulez, nous sommes prêts.

Nous voulons la vérité sur la fiscalité. Jean-Marc Ayrault avait annoncé une remise à plat. Mais la grand débat public a été aussitôt enterré. Et c'est entre gens sérieux, Élysée, Bercy et MEDEF, que les discussions déjà se mènent. Nous n'acceptons pas ce huis-clos à haut risque. Je réaffirme ici que nous tiendrons avant l'été des États généraux de la justice fiscale ouverts à tous. Toutes celles et ceux qui souhaitent en être partie prenante pour construire dans la transparence les propositions d'une grande réforme fiscale de gauche sont les bienvenus. En février, nous voulons instaurer un comité préparatoire largement ouvert qui en sera le lieu d'organisation. L'invitation est donc lancée. D'ici là nous poursuivrons la bataille engagée contre la hausse de la TVA. L'attaque en règle contre le « pouvoir d'achat » qui s'amplifie chaque jour à coup de taxes n'est plus supportable.

Notre pacte de solidarité, c'est aussi celui qui dit non à la haine, à toutes les formes de racisme et de discrimination. La crise qui mine toute l'Europe est propice au réveil de tous les monstres et ce danger est décuplé par la disqualification systématiquement orchestrée de tous les principes de solidarité. L'affaire Dieudonné nous enseigne sur tous les pièges tendus, et je veux dire ma conviction profonde.

Le combat politique, idéologique et juridique contre tous les racismes doit redoubler. Nous faisons nôtre l'appel lancé à l'occasion de la marche antiraciste du 30 novembre dernier : « face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle » !

Les provocations antisémites de Dieudonné sont l'odieux témoignage de cette menace grandissante. Avant cela, les attaques répétées à l'encontre de Christiane Taubira, la dédiabolisation du Front national, la banalisation dans le discours politique de thèses racistes contre l'islam ou les roms, ont constitué de sérieuses alertes. Nous réfutons la compétition des racismes, on ne combat un racisme par un autre. La machine à diviser est en marche et nous avons la responsabilité de l'enrayer. C'est pourquoi, le PCF propose que la lutte contre le racisme soit déclarée grande cause nationale en 2014.

Quant à l'affaire Dieudonné, nous avons dénoncé avec la plus grande fermeté la dérive raciste et antisémite de ce multirécidiviste de la haine en appelant à sa condamnation par la justice notamment dans le cadre des lois Gayssot. L'interdiction des spectacles quant à elle est une voie que nous avons considéré juridiquement dangereuse et politiquement contre productive. Elle ne peut être qu’absolument exceptionnelle. Nous avons également appelé les jeunes qui croient voir en Dieudonné un combattant anti-système à ouvrir les yeux. Attention à ceux qui manipulent la dénonciation de la colonisation et de l'esclavage pour nourrir une dangereuse spirale de la concurrence mémorielle. Aux jeunes nous disons, ne tombez pas dans ce piège, contre tous les racismes le PCF est décidé à mener ce combat à vos côtés.

***

Le combat européen sera lui aussi cette année une priorité avec les élections européennes. Le congrès de la Gauche européenne en décembre à Madrid a été une très bonne nouvelle. Les forces de la gauche européenne, celles qui refusent l'austérité et les diktats de la troïka sont rassemblées comme jamais pour cette bataille. Le travail mené depuis trois ans porte ses fruits.

Ainsi, Syriza, Die Linke, la Gauche unie d'Espagne, l'alliance rouge verte danoise, le Front de gauche, les communistes de Bohème Moravie, la gauche bulgare, le parti de la gauche suédoise et tant d'autres, vont à la bataille ensemble avec un porte-parole symbolique, Alexis Tsipras, leader de cette gauche grecque qui résiste avec courage depuis quatre ans et qui est aujourd'hui aux portes du pouvoir.

L'enjeu de ces élections européennes : rassembler la gauche européenne, toutes les forces anti-austérité pour dire STOP au massacre démocratique et social, à la tutelle des marchés financiers, et OUI à la refondation d'une Europe solidaire.

Des progrès sensibles sont possibles dans un grand nombre de pays dont la France. La GUE-NGL peut devenir un groupe incontournable au Parlement européen. Les batailles récentes, celle victorieuse pour sauver le plan d'aide alimentaire aux plus démunis, celle des marins de la SNCM pour le pavillon du premier registre, celle qui s'engage pour la défense des droits des femmes après la scandaleuse décision de la droite espagnole sur l'avortement, montrent le chemin.

 

J'ai travaillé samedi encore avec Alexis Tsipras, nous serons prochainement ensemble en Italie et en République Tchèque – et je l'espère le plus rapidement possible à Paris. J'étais hier à Berlin pour les commémorations d'hommage à Rosa Luxembourg et Karl Liebnecht. Je sens les forces de gauche prêtes au combat. Le 10 avril, nous tiendrons à Bruxelles un sommet européen sur la dette. Et une semaine avant, le 4 avril, à l'appel de la CES, le monde syndical interpellera les candidats lors d'un grand rendez-vous de mobilisation sociale. Nous en serons, évidemment.

 

Notre devoir est d'être en campagne rapidement. Le PCF œuvre à cela activement dans le Front de gauche et se rendra vendredi à la rencontre avec le Parti de gauche avec la volonté d’accélérer notre entrée en campagne. Elle devient urgente.

***

C'est avec la même détermination que nous sommes engagés dans les échéances municipales. Vous le savez nous y accordons une très grande importance. A l'heure où le gouvernement prétend imposer la programmation de 50 milliards de recul des dépenses publiques et fait des collectivités locales une de ses cibles prioritaires, nous savons pour notre part le prix qu'il en coûterait aux populations si on le suivait dans cette voie. Depuis toujours, nous avons mis notre énergie transformatrice au service des conquêtes ouvrières dans les municipalités populaires. Nous avons inventé socialement, culturellement, écologiquement, urbanistiquement, démocratiquement, dans des centaines de communes. Ce « communisme municipal » marque non seulement les villes que nous gérons, mais l'ensemble du paysage communal national qui est le lieu d'un investissement public massif et souvent audacieux. Nous ne laisserons pas détruire ce tissu d'innovation communale.

Et ceux qui veulent réserver aux communes le sort qu'ils réservent au budget de l'Etat nous trouverons sur leur route. Car ce qui se joue ce sont des transports publics, des crèches, des renouvellements urbains, du logement social de qualité, de l'innovation écologique...

Voilà le sens très clair de notre engagement. Poursuivre d'ambitieuses et innovantes politiques publiques de gauche au service des populations.

Nos maîtres-mot sont clairs. Service public de proximité, justice et solidarité, innovation et développement, ville pour tous, démocratie avec tous. Cette bataille va être rude dans les années à venir. Nous entendons la mener avec le maximum de forces. Déserter ces positions serait une grave erreur. L'heure est à leur renforcement.

C'est donc en toute transparence et en toute conscience des enjeux, en considérant nos responsabilités pour les populations, pour l'avenir du Front de gauche et notre ambition de refondation de la gauche, que nous avons fait ces choix.

Commune par commune, mais avec une même ambition, les communistes ont pris leur décision. La diversité des situations locales est connue. Mais non, le Front de gauche n'est pas en lambeaux comme je l'ai lu. Il est au travail, il est en débat et aujourd'hui dans toutes les communes il est au combat.

Là où toutes les forces du Front de gauche n'ont pas dans cette échéance fait le même choix, le respect des uns et des autres doit prévaloir à la base comme au sommet du Front de gauche. Pour ma part, je m'y suis toujours tenu.


 Pour ces élections municipales, je souhaite à tous les militants du Front de gauche, de convaincre, de mener campagne pourvu que l'objectif commun soit de battre la droite et l'extrême droite.

Je leur souhaite aussi de se rassembler au second tour pour faire prévaloir à gauche des objectifs de politiques publiques progressistes.

Le temps des choix a eu lieu. Le temps de la bataille est venu. Viendra le temps de tirer les leçons.

Permettez-moi de conclure en adressant mes vœux, à tous les militants de la gauche sociale, syndicale, politique, associative, représentés ici dans sa diversité. A tous, je dis ma conviction, une autre voie s'emparera tôt ou tard à gauche pour sortir de l'austérité. C'est dès maintenant qu'elle se construit.
Aux militants du Front de gauche je dis : « Nous avons encore tant de belles choses à construire ensemble ». Ma conviction est que l’œuvre entreprise il y a cinq ans est plus nécessaire que jamais, et que les débats qui nous animent ne doivent prendre le pas sur cette exigence.

Nous allons mener deux batailles électorales décisives. Ensemble nous en tirerons les leçons et nous construirons de nouvelles étapes pour le Front de gauche, son fonctionnement, son avenir. Personne ne peut se passer des autres pour avancer.

Aux communistes enfin, je veux dire que dans leurs engagements, dans ces heures passées à débattre, à coller des affiches, à taper aux portes, à manifester, à lutter sans faiblir pour que demain soit meilleur qu'hier, à se révolter face à l'injustice et à être des éternels insoumis, dans ces moments là, mes camarades, vous donnez le plus beau visage du Parti communiste français. Je connais la dureté de la lutte, la violence des défaites et la fragilité des victoires. Je connais aussi la beauté de l'insoumission, la force de l'espoir.

Nous sommes une force en plein renouveau.

Le communisme nouvelle génération prend petit à petit toute son épaisseur. Cette année encore, nous avons enregistré plus de 5000 adhésions. De nombreux jeunes rejoignent nos rangs, heureux d'intégrer une organisation qui sans jamais renier son idéal a toujours eu à cœur de se mêler de la vie de la cité. A presque 100 ans, le Parti communiste français est en marche a très belle allure.

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Nous fêterons cette année le centenaire de la disparition de Jean Jaurès et du déclenchement de la première guerre mondiale. Ces années terribles qui annoncèrent la naissance du Parti communiste français. Aujourd'hui plus qu'hier, gardons toujours à l'esprit le combat pacifiste dont Jean Jaurès reste la grande figure. Gardons aussi notre indéfectible attachement à la solidarité internationale. Cette année, notre parti lance une grande campagne de libération des prisonniers palestiniens, au premier rang desquels Marwan Bargouthi. Nous y consacrerons toutes nos forces.

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Pour conclure, j'emprunterai les derniers mots de ce discours à ce grand artiste que fut Jacques Brel. Il les prononça un 1er janvier 1968...comme une promesse de printemps :

« Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l'aventure, à la vie, à l'amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d'être vous, fier de l'être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable ».


Voeux de Pierre Laurent pour 2014 par CN-PCF