Jeunesse communiste, plus de 1 000 adhésions réalisées (20/10/2026)

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Entretien réalisé par Liberté ACTUS

Loin des récits massivement relayés sur le supposé rôle dominant de La France insoumise dans le mouvement lycéen, les Jeunes communistes se sont imposés comme une force d’organisation incontournable. Fruit d’un travail d’implantation de longue haleine, l’organisation a impulsé et structuré la mobilisation dans de nombreux territoires. Entretien avec Adeline Roulet, dirigeante nationale du MJCF.

Parti des lycées le 21 septembre, le mouvement a enchaîné cinq journées nationales et gagné les universités. Le 13 octobre, il a réuni entre 161 500 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et 480 000 selon l’intersyndicale de la jeunesse. Adeline Roulet revient sur la place qu’y a prise son organisation, sur la vague d’adhésions qui a suivi et sur les chantiers qui l’attendent. (Propos recueillis le 15 octobre – NDLR)

Quel rôle joue concrètement le MJCF dans cette mobilisation ? Comment vous êtes-vous organisés pour y participer ?

Dans tout le pays, la JC (Jeunesse communiste – NDLR) a participé à près de 200 blocages de lycées à travers ses 60 fédérations. C’est un déploiement inédit dans l’histoire récente du MJCF. Nous sommes aujourd’hui l’organisation politique la plus présente dans les lycées. Nous avons également pu organiser les lycéens dans nos cortèges. À Paris, ce sont près d’un millier de lycéennes et de lycéens qui se sont unis aux Jeunes communistes lors de la manifestation du 6 octobre. Nos cahiers de doléances ont permis de porter les revendications concrètes des lycéens et de faire entendre leurs voix face à des institutions trop souvent sourdes. Dans le Gard et le Loir-et-Cher, par exemple, les Jeunes communistes ont pu participer aux rencontres organisées par les préfectures pour exprimer la colère lycéenne et ses revendications.

Pour notre mouvement, l’objectif reste de structurer cette lutte, de pousser les lycéennes et les lycéens à l’organisation et de leur permettre de tenir un dur bras de fer face au gouvernement Lecornu. Dans cet affrontement face à un État qui porte les intérêts du Capital, la jeunesse doit comprendre l’intérêt d’outils comme le MJCF. À l’heure où la désorganisation est un formidable outil de répression des luttes, seule la structuration permettra de faire avancer le rapport de force. Malgré la grande diversité du mouvement lycéen, les revendications portées sont politiques et légitimes.

Une grande partie de ces revendications rejoignent d’ailleurs celles que porte le MJCF depuis des années, à l’image de l’abrogation de Parcoursup ou de la fin du contrôle continu.

On sait que la mobilisation a été un grand moment de politisation pour ces lycéennes et ces lycéens. Mais concrètement, a-t-elle permis au MJCF de grossir ses rangs ?

Depuis le début de la mobilisation, notre mouvement n’a cessé de croître et de se renforcer. Partout dans le pays, le mouvement social a été l’occasion de voir de nombreux lycéens adhérer au MJCF, au point que nous avons dépassé la barre du millier d’adhésions réalisées pendant la mobilisation lycéenne.

Nous nous sommes dotés d’un nouvel outil d’organisation avec « Le Mouvement lycéen ». Cette structure permet de mettre la force et les moyens du MJCF à la disposition de l’ensemble des lycéennes et des lycéens qui cherchent un outil pour organiser leur mobilisation et porter leurs revendications efficacement.

Il s’agit de nouer de premiers contacts et liens entre notre organisation et des lycées où nous ne sommes pas encore assez présents. Nos jeunes fédérations sortent ainsi considérablement renforcées de ce début de mobilisation, à l’image de la Vendée, de la Somme, des Alpes-de-Haute-Provence ou de l’Oise. Fait intéressant, la mobilisation ne se résumant pas aux seuls lycées généraux, notre mouvement a pu se renforcer auprès des lycéens des filières technologiques et professionnelles. Nous avons même participé au blocage de lycées agricoles !

La mobilisation a permis à notre discours de devenir plus audible pour des pans entiers de la jeunesse populaire. Beaucoup de camarades ont pu porter avec aisance des revendications historiques du MJCF sur les lycées professionnels et les CFA.

Comment envisagez-vous la suite du mouvement social ?

Si le mouvement lycéen a pris une telle place dans le débat public, c’est d’abord par son caractère massif et ses revendications concrètes, qui ont convaincu une majorité de la population. Par leur détermination, les lycéennes et les lycéens ont su obtenir un large soutien, notamment auprès de leurs parents et du corps enseignant, qui soutiennent majoritairement la mobilisation.

Aujourd’hui, le mouvement s’étend à d’autres pans de la jeunesse, notamment dans les universités, mais son avenir dépend de sa capacité à peser sur la production, et donc à mobiliser les travailleuses et les travailleurs de France.

À ce titre, les mobilisations du samedi 17 octobre et du jeudi 5 novembre sont capitales. Le MJCF a notamment lancé un appel à la mobilisation à destination des CFA et compte porter la jonction entre les revendications des lycéens, des apprentis et des étudiants sur leurs conditions de formation, et plus globalement la lutte pour un emploi et des conditions de vie dignes.

Pour élargir ce mouvement au monde du travail, nous devons nous inspirer du succès de la mobilisation lycéenne. C’est-à-dire partir de revendications concrètes, telles que la création d’un service public de l’orientation ou un meilleur encadrement des apprentis en entreprise, pour pointer les choix politiques d’un gouvernement qui se consacre au démantèlement des conquis sociaux et à la guerre.

Quels sont les chantiers en cours au MJCF ? Qu’est-ce qui attend vos nouveaux adhérents ?

La campagne du « Mouvement lycéen » et ses cahiers de doléances nous ont permis d’enregistrer une vague massive d’adhésions. Elle a considérablement rajeuni et fait grandir le MJCF, développé son maillage territorial et renforcé la visibilité de ses actions dans les lycées. Aujourd’hui, parallèlement à la poursuite du mouvement social, nous avons deux chantiers de fond.

Tout d’abord, intégrer, former et structurer. Il nous faut faire de ce millier de nouveaux Jeunes communistes des militants actifs, disposant d’outils pratiques et théoriques et capables de militer au quotidien dans leurs groupes lycéens.

Ensuite, il nous faut poursuivre le travail de massification de notre organisation à travers son implantation dans les filières technologiques et professionnelles, ainsi que dans les CFA. Cette stratégie pose les bases d’un véritable antifascisme de masse, en s’attelant à organiser et politiser les pans de la jeunesse les plus proches de la production, mais aussi les plus touchés par le sentiment de déclassement et les plus ignorés par les organisations politiques.

Lancée à l’issue de notre dernier congrès, la campagne « Un million d’emplois » a posé les bases de cet objectif. Le mouvement social nous offre des points d’entrée inédits pour concrétiser nos objectifs dans une jeunesse qui se politise. Il s’agira donc de nous appuyer sur cette actualité, ainsi que sur la prochaine présidentielle aux côtés de Fabien Roussel, pour renforcer notre implantation dans les milieux au cœur de la production, trop souvent exclus du monde militant.

 

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